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|  | Daniel Dark + Vampire Weekend + Sharon Jones + Cavalera Conspiracy + Grinderman + Red Sparowes + Fucked Up (les Eurockéénnes de Belfort. Samedi) - 5 juillet 2008 - Pas très loin de Belfort  Par ici le vendredi !
Samedi
Je me réveille trempé de sueur. Le froid de la nuit a fait place à la chaleur du soleil. Et il chauffe, le salaud. La sueur tombe en perles du plafond de toile.Il .../...
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Par ici le vendredi !
Samedi
Je me réveille trempé de sueur. Le froid de la nuit a fait place à la chaleur du soleil. Et il chauffe, le salaud. La sueur tombe en perles du plafond de toile.Il est dix heures. Debout les campeurs, et haut les cœurs, c’est le second jour du festival ! Je jaillis hors de la tente pour trouver de l’air.

On passe l’après midi en plein cagnard, et on s’épuise à boire. On fume des kilos de clopes d’origine diverses. Vers 15h, les premiers coups de soleil s’étalent sur les torses nus. Les bobs ricards fondent comme de vieux flans. Nous sommes des fourmis qui grillent sous une loupe.
Le Norvégien arrive avec sa compagnie alors qu’on s’apprête à partir. Retrouvailles émouvantes dans le campement. Laissez-moi vous parler de lui quelques instants, avant d’attaquer la chronique.
Tel Neal Cassady, Le Norvégien est un Personnage. Connu pour roder dans les clubs marseillais, il aime traîner sa carcasse dans les concerts et les pubs. Il mesure 2m53. Porte un béret ainsi qu’une barbe d’or aux reflets orange. Chante et boit beaucoup. Nombreux sont ceux qui se souviennent de lui et de nombreuses légendes urbaines rapportent ses exploits. Sachez que le Norvégien est ce que l’on nomme communément un extraordinaire fêtard. De ceux qui laisse régulièrement leurs traces dans l’Histoire du rock. Il a éclaté la face de Jack White pendant une querelle de saloon. Il a fait s’écrouler une salle de concert en tapant sur les murs avec une béquille. Il a chanté « no fun », tout nu avec Iggy Pop, etc. etc. Bref, le Norvégien est un ami idéal.

Le Norvégien en pleine action
On prend la navette avec sa clique rigolarde. On arrive pour le dernier quart d’heure de Daniel Darc, sous le chapiteau.
Une nouvelle fois, milles excuses, je ne connais le Dark que de nom (oui, je vis dans une grotte). Une fois, j’ai lu une interview de lui dans un magazine de merde dont je tairais le nom.
« Pourquoi avez-vous mis 2 ans à sortir un nouvel album ? » demandait le journaliste.
« Parce qu’il m’a fallu 2 ans pour sortir de ma dépression. » répondait le drille du tac au tac.
Ça situe le bonhomme.
Je m’imaginais donc la chose comme molle et maladive, malgré les exclamations du Norvégien qui me soutenait sur le chemin qu’on avait rien entendu de mieux depuis Gainsbourg.
Sa stature de viking nous permet de s’approcher assez près du bonhomme, qui est en train de caracoler sur du rock brutal. Instantanément je trouve ça plutôt cool.
Daniel Darc en à certainement beaucoup chié dans la vie. Le poids des fardeaux a voûté ses épaules, et son regard semble sonder de longs tunnels noirs. J’accroche aussi à l’ironie du gars.
« Cette chanson sert à payer mon loyer » annonce-t’il. Au moins un qui garde la tête sur les épaules !
La foule compacte, faisant fi de ces commentaires acerbes, pogotte plus ou moins. Souvent, quand la musique est bonne (bonne, bonne), et que les gens sentent ce fameux « je-ne-sais-quoi » leur transpercer la poitrine, ils sont pétrifiés par l’événement. Pas besoin de sauter partout pour exprimer la compréhension que l’on a pour l’artiste. Un simple dodelinement de la tête suffit.
Sauf dans le cas du Norvégien exalté, qui rebondit comme un ressort en dressant le poing.

Le son de Daniel Darc est puissant. Les riffs de guitares se font botter le cul par le rythme binaire et primal. Du droit au but. Pan dans ta face. Les accords évoquent la course d’un type poursuivit par une meute de chiens.
Ce qui me fascine aussi, ce sont les tatouages. Un de ses bras est entièrement noir, révélant une croix chrétienne en négatif. Quelle est la véritable couleur de Daniel Darc ? Noir encre ou blanc salvation ?
Une dernière prière et c’est la fin du set. Acclamations. Réclamations. Retour de Dannie Darko. Il entame « redemption song » à cappella. Et même sans musique, on sent la révolte du reggae. Évidemment on se marre en douce, parce que quand un chanteur français chante en anglais ça fait toujours un « Ouainouainagainflaillagain. » pas très crédible. Mais l’émotion est là, et c’est bien l’essentiel. Je quitte le chapiteau, gonflé à bloc pour la suite de la soirée.
On décide d’aller voleter du côté de Vampire Weekend, qui jouent sur la plage. Hélas, l’espace sablé est déjà submergé de monde. On se rapproche du mieux qu’on peut et on écoute d’une oreille attentive.
C’est assez triste à dire, mais les suceurs de fin de semaine n’auront pas réussi à me magnétiser. D’une part parce qu’il était difficile, vu notre position, de se mettre bien dans le concert, et d’autre part, parce qu’après une écoute préalable dans le véhicule qui nous emmenait au festival, je partais avec des a priori pas super favorable.
Le groupe ne m’a pas convaincu. Le petit son lo-fi du skeud se retranscrit mal sur scène. Le délire afro-beat reste peu exploité, et c’est la dernière fois que je fais confiance à un *bip* de magazine musical à la *bip* pour choisir une galette.
On se pose à la buvette. Je roule un emblématique gros pétard qui se met rapidement à tourner dans le cercle des compatriotes provençaux. Des nuées de spectateurs indécis virevoltent de tout coté. Untel cherche des bières, Chose roti au soleil sur un coin de gazon pas encore piétiné, Truc blague avec Bidule et Machin sur le chemin de Midnight Juggernauts, Chaipaki hurle au téléphone (difficile d’entendre avec le grondement des voix et de la musique tout autour, sans compter le réseau taquin qui prend plaisir à capter aléatoirement), Les arbres gras de chlorophylle dansent en silence, l’air du lac colle un goût de frais sur la peau. Il fait beau. Il fait chaud. C’est bientôt 19h.

Le Norvégien me conseille vivement d’assister au concert de Sharon Jones. Connaissant son mythique déhanché funk (une danse pourtant pas très courue dans les fjords) et ses goûts sur, je me rallie tout de suite à sa cause. Je lui emboîte le pas jusqu’ (encore) au chapiteau. La foule est déjà de nombreuse et une foule de visiteurs a posé ses fesses sur l’herbe ombragé qui jouxte le lieu.
On parvient à se poser prés de la scène, côté cour et on attend.
Je décide de passer en mode lunette noire pour ce gig.
Ouais mec, le mode lunette noire c’est quand tu deviens trop cool pour le reste du monde tu vois ? Derrière les verres fumés se cache un mystère indéfinissable, et tu peux marcher en chaloupant comme un navire roublard. Une clope au bec accentuera l’effet, et tes pas de danses ne se dépareront jamais d’une certaine classe. Exactement c’qui faut pour Sharon Jones, mec.
Une formation soul funk qui semble provenir d’un autre temps. Costards impeccables, pas en avant puis en arrière, cous de funky chicken. Les musiciens affiche une bonne ressemblance avec les respectables Funk Brothers dans leur jeune temps.
La groove machine est parfaitement huilée, et on peut aisément rouler ses fesses sur le tempo. C’est frais, joyeux et entraînant. Le devant de la scène se transforme en dancefloor étouffant. On place nos passes avec sang-froid et attitude.
Après quelques morceaux, Sharon Jones déboule en frétillant, excitée comme une pile électrique, dans une robe blanche à la coupe sixties. Elle donne de son corps et de sa voix sans retenue, ce qui, vu son gabarit force le respect.
Elle invite un spectateur sur scène, et les deux se livre à une parfaite parade nuptiale. Je suis heureusement surpris de voir l’invité imprévu jouer le jeu avec beaucoup de feeling, sans débordement déplacé.
Je quitte le chapiteau un peu avant la fin du set, pour retrouver ma blonde. Après un long jeu de piste par sms qui me feront arpenter l’amphithéâtre naturel de la Grande Scène, je tombe enfin sur elle. On se place stratégiquement en plein milieu de la foule, ni trop près, ni trop loin, et on patiente pour les frangins Cavalera.

Ah ! Cavalera Conspiracy ! Combien de temps nous aura t’il fallu, pauvres trasheurs que nous sommes, pour enfin revoir la fraternité brésilienne se rabibocher ? Evidemment, ce n’est pas Sepultura au grand complet, mais, sous mon t-shirt Cannibal Corpse (ami du bon goût bonjour), mon petit cœur se pince d’émotion. Et également d’appréhension.
Une cohorte de chevelus s’agglutine, portant souvent les blasons des groupes de mon adolescence.
Les bourrins en chef déboulent et envoie la purée d’entrée. Sur les premiers titres, on se reçoit une sorte de neo brutal death metal (aah le metal, un genre qui aime les etiquettes à rallonge) qui ne sort pas vraiment du lot de la myriades de groupes producteurs de son gras.
Malgré tout, la franche bonne humeur de Max Cavalera et son plaisir de se retrouver en terrain conquis répand une chaleureuse euphorie dans les rangs. Et quand le duo infernal attaque ses vieux tubes, « dead embryonic cell » et consort, le headbanging antipelliculaire reprend enfin ses droits.
Igor et Grishka… Merde, pardon, Max, sont entourés d’un bassiste barbu satanique et d’un gratteur solo typiquement hardcore. Rasé, habillé en para, balaise, il place quelques high kicks digne de notre tapeur d’Outre-Quiévrain, l’inénarrable JCVD.
Je tente une percée solitaire dans le pit, mais je m’arrête à ses portes. On jurerait voir les armées du Mordor ! Trolls et orcs marrons s’en mettent plein la poire dans la gadoue, il ne leurs manque plus que des armes pour ressembler définitivement à une horde démoniaque en phase pillage de ville (heureusement non !)
La foule entière se transforme en immense vague pogotante quand le combo entame « roots, bloody, roots », l’ultime morceau du set. Entre temps, on aura également eu droit à un featuring vocal du beau-frère de Max ( ?!) ainsi qu’au remplacement du batteur par un jeune Cavalera (pas plus de douze ans !) pour un morceau de death bien primaire.
Leur forfait accompli, le gang se retire, les metalleux se dispersent, et ma chère et tendre se précipite vers la scène pour s’accrocher fermement à la barrière. Est il besoin de souligner qu’elle porte (divinement, cela va sans dire) un slip Grinderman par-dessus son pantalon ?
Pendant ce temps, je pars me balader sur le site, en vociférant comme Chris Barnes.
Comme ni Phoebe Killdeer ni Pulpalicious ne me tente vraiment, j’échoue en haut de la butte, où je trouve quelques amis posés là. Je me prépare mentalement à la tempête Nick Cave en roulant un modeste 33 feuilles.
C’est qu’il faut être près pour encaisser la lame de fond moustachue. Son précédent concert (avec les Bad Seeds au Dock des Suds), avait piétiné mon innocence par son intensité, malgré un son parfois bof. Je rechausse mes lunettes en vue d’un combat de coolitude avec le Nick (même si je n’ai absolument aucune chance de le vaincre, évidemment).
Pas moyen de rejoindre ma douce, encerclé par trois murailles de spectateurs. Elle, bien devant, bien dans l’axe, trépigne d’impatience.
Un tonnerre de hourras parcours l’audience à l’arrivée des musiciens, suivi d’un éclair d’excitation presque insoutenable. Nick débaroule. Nouveau coup de tonnerre. La weed commence à monter. C’est l’hallali.
Tous sapés comme des papes clinquants, les 4 de Grinderman produise un rock sexuel, libidineux, malsain. Un parfait écrin pour les paroles de Nick Cave, qui les psalmodie sur de démoniaques boucles de guitares saturées.
Dans la foule, la moiteur torride commence à nous asphyxier. On est serré comme des sardines. Le Norvégien est en transe, et crée un cratère autour de lui.

Je suis stupéfait par le rémouleur principal. Paralysé par la subversivité qu’il dégage. Les gens sont tendus, agressifs. Lui les regarde avec l’autorité d’un dévot psychopathe. Le moindre accroc et ça par en baston générale me répète mon cerveau en bad trip. Rah mais qu’est ce que c’est bon ! Je marque le rythme avec un index tendu vers le ciel. Les copains autour me saisissent, on se bouscule, on beugle de bonheur.
Warren Ellis est proprement effrayant, mais il est difficile de s’en détourner. Son violon se perd dans sa barbe immonde de vieux rat. Il danse lascivement tel un dangereux derviche, des flammes infernales dans les yeux. Antique sorcier russe, on le croirait sortit de quelques maléfiques films muets. On songe au Golem, au Docteur Caligari, à toutes ses bobines au grain surnaturel qui remontent à la nuit des temps du cinéma.
J’essaye avec difficulté de rejoindre ma bien aimée dans la fureur environnante, mais le boss final, un gros Bill bien énervé, m’empêche de l’ étreindre. Quand j’arrive finalement à l’embrasser, c’est un autre empêcheur de tourner en rond qui s’amène. Il veut absolument l’arracher de sa barrière, fort peu poliment, pour s’y mettre avec sa rombière à lui. L’ambiance est poisseuse. Les lumières violentes et indécentes. Les gens sont bourrés, raides défoncés, pas bien dans leurs têtes. Ce con n’arrête pas de l’emmerder, de la toucher.Le son crade appuie encore un peu plus sur nos nerfs, imprime au pistolet à clou les notes dans nos oreilles saignantes. Il hurle des trucs inaudibles et revient à la charge. Ça devient trop chaud. Nick ondule du bassin, fout la merde. Impossible de le regarder et de profiter pendant que le lourd de service fait son sketch. Le pit bouillonne. J’en peux plus. Je lui colle un ‘accidentel’ coup de coude dans le naseau.
Le type vacille, le Norvégien l’éjecte de sa solide épaule. On peut se remettre dedans.
Je prends conscience que la musique de Grinderman est comparable a un homme se masturbant. N’est-il pas en train de chanter « I’ve got the no pussy blues ? »
Le plaisir monte lentement, sûrement, implacablement. La sève se rapproche de la lumière et plus elle se rapproche, plus on attend la libération avec impatience, jusqu'à ce qu’on ne puisse plus tenir du tout.
C’est à ce moment que mes yeux se pose sur le dos de ma copine. Et y a un truc qui me chiffonne. Pourquoi est-ce que je distingue si bien la marque de ses bretelles de bikini sur son bronzage ?
« Oh mon dieu ! »
Quelques nuages parcourent tranquillement la nuit, et Nick Cave chante pour ma copine qui vient d’enlever son T-shirt.
Le feu d’artifice explose. La musique explose. La foule explose. Je me fais asperger d’eau (bonjour la symbolique !) et aussitôt après, je suis expulsé illico par l’onde de choc du pogo, malgré les fraternelles tentatives du Norvégien pour me rattraper.
Je me retrouve complètement sonné sur le coté de la scène. Il faut que je m’asseye. Nick Cave en génial meneur de troupe, fait taire la foule, la caresse, la manipule, chante le no pussy blues.
Moi, je ne sais pas si je dois flipper ou me laisser envahir par la béatitude de cet instant. Qu’est ce qui se passe ? Seigneur, ses seins nus qui s’agitent ! Qu’est ce qui a se passer ? Angoisse. Scénarios catastrophes.
Loin devant, le T-shirt tournoie au bout du bras de ma dulcinée, la mauvaise graine lance son regard de puit droit dans le sien. Il n’y a plus qu’eux deux dans le rayon de lumière blanche.
« Ca fait plaisir de voir ça !» dit Nick Cave (ou quelque chose du genre)
Ca se mélange dans ma tete. J’arrete pas de me faire des films. Je prend le parti de me faire du mouron, tout en sirotant le rappel, un « tupelo » immense, qui me permet de jeter simultanément des regards désespérés dans tout les recoins de la Grande Scène.
Je retrouve avec soulagement ma belle à la fin de la messe, toute heureuse de son exploit. Je la félicite chaleureusement. Et je ne la lâche plus.

Elle me suggère avec insistance d’aller voir les Red Sparowes, ce que nous faisons. À l’entrée de la Loggia, on croise Philippe (Oui ! celui là même qui arpente les salles marseillaises avec une opiniâtreté de scribe pour les retranscrire avec amour dans ces pages.) et on discute avec enthousiasme de la performance de Grinderman.
NdPh voir ma chronique de ce concert par ailleurs et euh, sans copine torse nue (hélas)...
Les Moineaux Rouges tombent à pic. Après l’éreintant concert précédent, leur musique apaisante est parfaite. Moelleuse comme du coton. C’est l’occasion de s’asseoir et de planer tranquillement, tout en regardant les autres déchirés tout autour de nous (j’ai noté dans mon carnet qu’il ressemblait à des cow-boys à guirlande, mais je ne sais plus du tout pourquoi. Faut que j’arrête avec les comparaisons avec les cow-boys.)
Concert difficile à se remémorer avec toutes ses émotions. Souvenirs de longues plages mélancoliques, s’écrasant les unes sur les autres tel le remous des vagues. Écume métallique. Très bon en tout cas. On déguste de bout en bout.
Sur le chemin du retour, on s’arrette à l’orée du club DeVille, juste au moment ou la gélatineuse baleine chantante de Fucked Up slamme dans la fosse. J’espère qu’il n’y a pas eu de morts. Ce punk rock aux réminiscences d’Andrew W.K installe une rigolarde ambiance propre à combler n’importe quel gaulois amateur de stage diving groupé. L’envie d’en découdre ne me manque pas, mais c’est plus qu’il ne m’en faut pour ce soir (et surtout, je suis une grosse brêle !). On rentre donc.
Le camping est en fusion. La fête est en train de se chamaniser. On se carapate dans la tente. Les tambours furibarbarbes de la tribu locale sont encore plus frénétiques que la veille, et, tard dans la nuit, il me semble entendre des chants d’indiens Hopi.
Je ne sais pas trop si je m’endors.
(à suivre.)
Par ici le dimanche !
Photos : Flore-Anne Roth (Plein d'autres photos des Eurockéennes 2008 sur son Flickr !)
Egalement sur Concertandco, et sur ce samedi : la version par Philippe ici.
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>> Réponse (le 15/07/2008 par mehdiox)  Hello,
Bravo pour ton (très) long article. Suis à peu près d'accord sur tout sauf pour Cavalera Conspiracy... Vieux fan .../... La suite |
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>> Réponse (le 15/07/2008 par Philippe) PS : A ceux qui imagineraient légitimement le Norvégien, d'après sa description, comme étant docker et/ou tueur à gage .../... La suite |
 | Arno + A Place to Bury Stranger + Comets On Fire + Massive Attack (Les Eurockéennes de Belfort, Vendredi) - 4 juillet 2008 - Pas très loin de Belfort  Grande première pour moi que ce festival. Mes jambes molles de paresseux m'ont toujours incité à buller dans mon lit plutôt que de sortir les pieds à plus de 20km de la ville. Surtout pour aller dans .../...
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Grande première pour moi que ce festival. Mes jambes molles de paresseux m’ont toujours incité à buller dans mon lit plutôt que de sortir les pieds à plus de 20km de la ville. Surtout pour aller dans le Nord. Mon frère marseillais le sait bien, Le Nord, c’est au dessus d’Avignon. À Lyon, quelques icebergs courageux flottent parfois aux confluents du Rhône et de la Saône. A Dijon, on commence à croiser les pingouins, et à Belfort, c’est carrément banquise, blizzard et explorateurs congelés !
Et bien point de tout cela.

Certes, notre expédition au pays d’ Olivier Schoenfelder ne se fit pas sans quelques avaries et, en effet, un méchant grain nous accompagna de Marseille aux portes de Belfort.
Une fois tortillé sur les petites routes aux abords du site, nous aperçûmes enfin le camping du festival. Un immense nuage gris recouvrait la vallée et nous cracha au visage dès que nous sortîmes de la voiture. Les premiers campeurs avaient déjà installé leurs tentes et des centaines de petites bulles Quechua éclataient de ci de là. Nous fîmes popper la notre (décidément tendance la Quechua !) , puis rejoignîmes les amis qui étaient déjà arrivé . La fête commença.
Chaque nouveau convois apportait son chargement d’alcool et de camarades. L’ambiance était geek et chaleureuse.
Moi, je commençais à me sentir un peu chaud. Faut dire que ce qui est bien dans les échanges culturels, c’est surtout les alcools locaux. Je discutais grindcore au coin du feu, une merguez à la main et un verre dans l’autre. Le ciel avait oté sa couverture grise et étalait lascivement sa peau noire au dessus de nous. J’allais toucher mon premier spliff.
Et puis une main me tendit une bouteille remplie d’urine fluo.
« C’est quoi ça ? » J’ai dit en pointant le liquide radiant d’un index mou.
« Vodka banane. Tu mets des bananes haribo dans une bouteille de vodk...
-Oui je connais.
-Ca fait un an qu’elle macère.
-Donne. »
J’ai bu.
J’ai eu 27 flash.
A partir de là, pas besoin de continuer la description hors concert de l’événement. On a cramé sous le soleil, on s’est trempé sous la pluie, on s’est marré, on s’est embrouillé, on s’est éclaté, etc. Je ne vais pas raconter tout ça. C’est ce que tout festivaliers s’est rapporté chez lui, un sac d’anecdotes précieuses pour ceux qui l’ont rempli. Je veux juste ici me rappeler de l’image d’une fille un peu boulotte en train de manger une pastèque entre les tentes, sous un soleil de plomb. Les couleurs, la compostion, c’etait du Manet. J’ai plané comme un dingue. Maintenant les concerts.
Vendredi.
Arno va commencer dans dix minutes. La foule commence à devenir dense autour de la scène. On se faufile assez près sans trop de difficultés, avec tout notre barda. Chacun porte sa sacoche de choses essentielles (places, plan, clopes, jetons, godet, fric, drogues, lunettes noires, mouchoirs, tampons et suppositoires à la chlorophyle). Les bobs, casquettes et stetsons flottent comme des canards en plastique sur la mer colorée qui stagne devant la barrière de sécurité. On attend le Belge.
Je remarque les personnes qui se promènent avec leur mélange. O Evian, O Rivella, O Coca Cola, merci à vous d’avoir créé ces bouteilles formatées qui nous permette de nous balader en toute impunité avec nos mélanges alcoolisés fait maison. Les mixs les plus improbables sont permis. Le Pastis-Coca-Vin par exemple. Ou le Whisky-Jet-Chartreuse.
Ca y est le voilà ! Cris et joie ! Premiers frissons du puceau de festivals que je suis.
Par ailleurs (et ce sera le cas pour de nombreux concerts) je ne connais pas bien l’artiste (a part une vieille cassette de Wipers je connais rien). J’ai entendu il y a longtemps un titre sur un sampler de euh… rock sound (ah mes 16 ans !), ça faisait
« Putain Putain,
C’est vach’ment bien,
On est quand même
Tous
Des européens »
Avec une voix de pochtron à faire rouler les cailloux. J’avais trouvé ça sympa, mais ça s’était arrêté là.
Pas si pochtron que ça en l’occurrence, Arno. Où alors un pochtron à la Bukowski (là je sens que je suis en train de faire dans le cliché là). Grande classe, costard nuit pale, démarche de joyeux désespéré, il se dandine jusqu’au micro tandis que les musiciens s’échinent avec ardeur à user leurs instruments.
Il y a un bassiste collé amoureusement à son ampli, un clavier grisonnant et un batteur à la frappe implacable. Ils jouent un rock rampant et fluide comme une nappe de pétrole. On se prend pour des cow-boys cool du 21éme siècle.
Arno chante en français. Ah non. En Anglais. Euuuh. Il chante en quoi la ?
Des coassements écorchés dégueulent de sa bouche. On évolue dans un univers liquide. On marche dans les rues avec lui la nuit, quand les pavés brillent d’or et que les façades des immeubles plongent dans l’obscurité sans fond au dessus de nous. Tout se floute alors qu’on zigzague bras dessus bras dessous avec notre ami ventru. L’ivresse lui fait sortir son harmonica et il joue des mélodies perdues dans la nuit. Et wahouh !

Je remarque qu’il n’y pas de guitares sur scène (hormis celles, samplées, qui daignent se montrer). Et c’est peut être ce qui donne, paradoxalement, cette froideur synthétique au monde d’Arno. Ce serait comme être dans le cœur d’une machine organique. Une mécanique qui se répète, ronronne. Alors il sort son harmonica et il joue dans la nuit.
Les morceaux renforcent cette impression par le côté jam session qu’ils donnent. Les riffs sont enroulés jusqu'à plus soif, ça tourne ça tourne ça tourne, ça ne s’arrête jam…
*spoouik !*
« Merde ! »
Y a plus de son ! Coupé net. Les plombs qu’on sauté.
Un méga « booooo » sort de la foule. Les malheureux roadies se jettent sur scène. Arno et son groupe partent. Il nous embrasse, fait quelque V de la main.
On se pose tous des questions. Qu’est ce qui à pété ? Le micro, la basse, la vidéo ? Non. C’est la sono toute entière. Mais non. C’est le nœud magnétique sous le chapiteau. Roh mais vous êtes cons ou quoi ? Tout le monde sait que c’est la malédiction des Eurocks ! Nooon ? Si ! Avant il y avait un cimetière indien ici, c’est les esprits des morts qui viennent se venger ! Mouais. Y a quoi dans ta bouteille ? Mescal-Sirop de Fraise-Calva ? Oula…
« Regardez ! l’écran se rallume ! » dit une voix dans la foule.
Effectivement, les moniteurs se réinitialisent. Quelque instant plus tard. Arno réapparaît, chauffé à bloc. Vivats.
La machine reprend sans cahots. La sauce recommence à prendre dans le mixer. Et puis.
*spouiiiik !*
« Rahlalalala ! »
Même chose que tout à l’heure. Sauf qu’Arno ne reviendra pas. Au bout de 10 minutes de débat ou chacun essayera de se rappeler ses bases en electro-tech, je décide de bouger.
Un peu déçu, forcément. J’aurais aimé voir comment le personnage se creusait.
Je crapahute donc jusqu'à la Loggia, avec l’impression tenace de déambuler sur un parcours de golf envahi par les chiens de prairies (Messieurs des Eurocks, le trajet Chapiteau-Grande Scène ferait un très bon par 5 et la Plage serait magnifique pour un par 3. Pensez y.).
Me voici à A Place to Bury Stranger (‘tain c’est plus des noms, c’est des phrases les noms de groupe ! A quand « ...And You Will Know Us by the Trail of Dead » ? Quoi ? Ca existe déjà ?! Merde.)
Idem, je ne connais pas. La foule est plus disparate que tout à l’heure. Voilà les gladiateurs qui arrivent. Je fais rapidement le jeu de l’association mentale : Le bassiste ressemble à Dee Dee Ramone sans héroïne, le batteur est un bûcheron barbu du type metallus hirsutus, Le chanteur-guitariste à une dégaine de weirdo cool avec ses grosses lunettes 60’s.
J’ai du mal à rentrer dans le set. Cette noise énergique sombre parfois dans une certaine mièvrerie. Et puis je suis tombé sur des potes du camping, forcément ça déconcentre.
J’aime bien certains morceaux, certaines ambiances. À l’instar du chanteur avec sa guitare, je me surprends à surfer violemment sur la musique, abrasive comme une lame de fond.
Soudain, stupéfaction. Je vois ma copine monter sur scène et prendre le micro. Avec une jupette rouge et des bottes en cuir. Elle chante comme Betty Boop sur un morceaux complètement shbingue et jouissivement irritant.
Finalement, c’est pas elle. Mais on continue de crier son nom avec les copains.
La charmante demoiselle s’en va, et le concert prend une tournure plus intense. Les titres s’allongent et les accords de guitares deviennent comme des accords de synthés plaqués à l’infini. Genre « ZIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIOOOOOOUUUUUUUMMMMMIIIIIIIIII ». C’est super space et ça fait voyager très loin. Le weirdo survolté termine le set en fracassant son instrument puis en entreprenant de scier un des micros avec une corde arrachée. Technique interessante.
La migraine commence à poindre dans mon crâne. J’ai un peu trop mélangé de truc. Je me mets à errer avec ma chère et tendre vers les stands de machins divers.
Quelques pauses pipis plus tard et après avoir découvert que le sandwich tartiflette existait, nous retournons à la Loggia.
C’est le tour de Comets On Fire.
Débarque 4 types qui, wow (!), sont habillés comme vous et moi (c’est a dire très banalement. T-shirts moisis et jeans centenaires) ! Et ils n’ont pas de gel dans les cheveux ! Incroyab’ ! Ca me fait tellement plaisir de voir qu’ils pensent plus à leurs musique qu’a leur apparence que je saute immédiatement dans leur wagon. Et on peut dire que le train s’est emballé.
Alors, Comets On Fire, comment décrire ? Imaginez un riff de led zep qui tourne en boucle et vous aurez une petite idée de la chose. Une espèce de break sans fin où le batteur bouléguerais, où le bassiste enverrait, et où les gratteux feraient des soli monstrueux à 2000 à l’heure. On sent le groupe qui a jammé dans une salle enfumée pendant des jours des jours. L’osmose est telle qu’une chorégraphie se créée inconsciemment chez les musicos. Ils bougent d’un bloc et s’échangent des œillades qui dénoncent une véritable complicité dans le crime. Le chanteur et guitaroso virtuoso, sosie vivant de Marcel Dadi, beugle d’une voix Deep Purplienne des hymnes à je ne sais pas trop quoi, et le résultat est puissant. Un cyclone humain prend forme dans le pit, remuant la poussière qui s’envole à travers les pentacles en fils électriques au-dessus de nos têtes. Une tête de diable se dessine sur les nuages qui passent dans leurs centres. Si c’est pas wack and woll ! Les gens dansent en prenant des poses de twisters bizarres.
Grosse claque et bonne surprise.
Mais faire du headbanging forcené n’a pas arrangé ma migraine. Ça commence à jouer du marteau à l’intérieur. Retraite vers le bar à vin.
On se fait servir un dé de picrate très similaire à du liquide de frein, en moins bon, et ça n’arrange pas les choses. Je décide donc de prolonger ma pause sur un banc avec ma douce et blonde compagne.
Vu que j’ai la tête dans le cul quand Massive Attack commence au loin, je laisse ma copine bourrée s’exprimer sur le sujet. (je retranscris pêle-mêle)

« MMmmm… » sa moue imprime un sentiment blasé de connaisseur sur son charmant visage. « Ca manque d’un visuel. Contrairement à Ez3kiel qui tape dans le même registre, et fatalement, ca manque de beau black aux cheveux pointus qui poussent à l’intérieur du cœur. Le son est trop synthétique. Il n’y a aucun effort. »
Je rétorque qu’un fan du groupe ne doit pas ressentir les même choses.
« Non, non, c’est soporifique à souhait » rétorque t’elle en sifflant son gobelet (s’il n’y a pas deux batteurs elle râle).
L’influence de son avis et ma caboche qui n’arrête pas de cogner me font pencher de ce coté.
De là où nous sommes, Massive Attack est quasiment invisible sur scène , et les écrans géants diffuse des images bleues de musiciens glacials. J’ai l’impression de me noyer. Je reconnais le générique du Docteur House (hin hin hin). Les milliers de personnes venues communier avec l’ex groupe où qu’il y a eu Tricky dedans sont extatiques. Ils doivent bien avoir ce qu’ils sont venus chercher. Il commence à faire froid.
Péniblement, j’essaye de sortir ma tête dans le cul pour assister au show de Genghis Tron, mais une fois de retour à la Loggia je ne tiens pas bien longtemps. Les néons agressifs et le sound check ont raison de moi. La mort dans l’âme, je me résous à quitter les lieux, mi-bourré mi-défoncé. Dommage, j’apprendrais plus tard que le concert aura été très bon pour ma pot de colle de barrière : on lui aura même tiré son portrait !
Ah, faible puceau, te voilà bien attrapé ! Tu as chargé ta mule et maintenant tu ne peux plus bouger. Toi qui croyais jouer les baroudeurs de l’excès, tu rentres à la maison la queue entre les jambes !

Effectivement. Et en plein bad trip. Mais l’âme heureuse. Je repars seul alors que la soirée bat son plein. Pendant cinq minutes, sous les néons crus de la navette vide ou l’on ne distingue rien a travers les fenêtres, je me sens emporté vers nulle part.
Je trace la centaine de mètres jusqu’au camping en compagnie d’un gars aussi frigorifié et fatigué que moi. On échange nos impressions en écrasant l’herbe mouillée. On est content tous les deux.
J’achève de ramper jusqu'à la tente. Les premiers sauvages du camping se sont rassemblés et joue du tam tam de récup avec la passion d’une tribu africaine. A gauche et a droite fusent des bruits de parole, des éclats de rire et de vomis. Tout le camping pulse d’une immense vibration de fête et d’insouciance.
Je me pelotonne dans mon sarcophage décathlon et ferme les yeux.
Par ici le samedi !
Par ici le dimanche !
Photos : Flore-Anne Roth (Plein d'autres photos des Eurockéennes 2008 sur son Flickr !)
Egalement sur Concertandco, et sur ce vendredi : la version par Philippe ici. Réagir à cette critique |
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>> Réponse (le 08/07/2008 par Philippe) 4 concerts et demi pour une première journée Eurocks/camping, c'est pas si mal mon cher Vince. Bienvenue chez les accros .../... La suite |
 | Arcade Fire + Air + Klaxons + TV On The Radio + The Good The Bad and The Queen + Loney, Dear + Bikini Machine + Tryo (Eurockéennes de Belfort 2007) - 1er Juillet 2007 - Presqu'île du Malsaucy, Belfort 
Feu d'artifice final pour les Eurockéennes 2007, après deux belles journées vendredi (Marilyn Manson, Wu-Tang Clan, Les Rita Mitsouko, Amy Winehouse, Young Gods vs Dälek, Archie Bronson Outfit) .../...
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Feu d’artifice final pour les Eurockéennes 2007, après deux belles journées vendredi (Marilyn Manson, Wu-Tang Clan, Les Rita Mitsouko, Amy Winehouse, Young Gods vs Dälek, Archie Bronson Outfit) et samedi (Queens Of The Stone Age, The Hives, Deerhoof, Blanche, Bassekou Kouyaté, Editors, Maxïmo Park)… La chaleur est au rendez-vous en ce dimanche 1er juillet et la pluie - qui s’invitera lors du concert final d’Arcade Fire - ne viendra pas doucher l’enthousiasme ressenti à la vue de la prestation enlevée des Canadiens… Malgré une affluence en baisse (80 000 spectateurs en 2007 au lieu de 100 000 en 2006), les Eurocks, même avec un peu moins de têtes d’affiche, restent incontournables sur le circuit des festivals d’été. Compte-rendu…

Bikini Machine :
La journée débute pour nous avec les Français de Bikini Machine qui se démènent pour faire bouger le public sous le chapiteau. Une jolie prestation, avec des morceaux électro rock bien funky et groovy, chantés tour à tour en français ou en anglais… A signaler : deux très bonnes reprises de Jacques Dutronc et des Sonics, exécutées par un groupe en perpétuel mouvement (les instruments passent de mains en mains… ). Tout n’est pas génial, mais l’ensemble est plutôt percutant ; Bikini Machine dégage une énergie communicative qui permet de partir du bon pied dans un marathon musical des Eurockéennes en ce début d’après midi.

Loney, Dear :
Quelques instants plus tard, le Suédois Loney, Dear a l’opportunité de présenter sa musique au festivaliers agglutinés sur la scène placée sur la Plage ensoleillée. Un club intimiste aurait été plus approprié pour la musique délicatement folk pop de ce songwriter plutôt doué, mais un peu timoré en live. Si la mayonnaise a un peu de mal à prendre dans l’ambiance festive et décontractée qui règne sur le sable belfortain, on remarque néanmoins une très belle voix et des morceaux qui tiennent la route. On pense furtivement à Sufjan Stevens, l’on se dit que notre homme et ses musiciens devraient plus se lâcher pour véritablement convaincre, avant de se dire que le lieu n’est tout simplement pas adapté. A revoir dans un autre cadre…

TV On The Radio :
Véritables bêtes de scène habituées à se produire sur de grandes scènes, les New-Yorkais de TV On The Radio ont une nouvelle fois impressionné par leur puissance de feu quasi surnaturelle sous le chapiteau des Eurocks. Ah, se laisser transporter par les guitares tournoyantes, le chant possédé et les rythmiques impérieuses de TV On The Radio… C’est vraiment le trip total, qui fait tout oublier et planer à 4000 mètres sans l’aide du moindre produit licite ou illicite… L’équilibre parfait a été trouvé entre la soul, le groove, le rock bruitiste et la pop sidérale par ces alchimistes diaboliquement doués ; dans ces conditions, avec un son puissamment évocateur, TV On The Radio n’a aucun problème pour emmener une foule entière dans son univers passionnant. Et comme à chaque fois, à la fin du set, on reste comme orphelin.

The Good The Bad and The Queen :
Heureusement, pas le temps de se laisser aller à des états d’âme, le super groupe The Good The Bad and The Queen a déboulé sur la grande scène pour accompagner paisiblement le début de soirée ensoleillé et engourdi de festivaliers avachis, mais souriants. « C’est bizarre, c’est la même voix que Gorillaz ! » dit une jeune fille à son amie, qui lui répond du tac au tac : « C’est normal, je crois que c’est le même chanteur… » Oui, le nouveau projet de Damon Albarn (Blur, Gorillaz, donc… ) réunit Paul Simonon, le mythique bassiste du Clash, Tony Allen, le batteur de Fela Kuti et Simon Tong, le guitariste de The Verve, pour un résultat plutôt sympathique sur disque et sur scène. La pop teintée de soul prodiguée par The Good The Bad and The Queen est une invitation au rêve éveillé et à la relaxation : le chant boudeur, les mélodies cotonneuses et les rythmes alanguis produisent un délicieux effet décontractant. On se croirait presque à Woodstock ou à l’île de Wight pour un festival de hippies… Sans forcer son talent, et en s’enquillant une bouteille de Whisky avec le toujours excellent et flegmatique Paul Simonon, Damon Albarn fait le strict minimum au chant et au piano, avant de lâcher quelques « Thank you very much » endormis. Le super groupe est un peu sous utilisé mais tout cela sonne finalement bien, sans être renversant.

Klaxons :
Renversant, le show des très hype Klaxons l’a, lui, été à Belfort… La foule hystérique qui se presse sous le chapiteau devient dingue dès les premières minutes du show des fluokids anglais, devenus des héros à a fois rock ‘n roll et dancefloor. Leurs titres méchamment vrillants donnent immanquablement envie de se jeter partout ; le chapiteau devient donc une immense piste de danse bien rock. Le rêve quoi… Tous les publics (branchés, pas branchés), les sexes (hommes, femmes) et les âges (jeunes et un peu plus vieux… ) sont réconciliés en un clin d’œil pour participer à la fiesta. Et les Klaxons apprécient cette ambiance de feu. Ce qui les poussent encore à appuyer sur le champignon pour donner tout ce qu’ils ont. Le résultat est un concert de rêve où chaque titre est un tube imparable (Goldskans, It’s not over yet etc etc). Ah, que c’était bon !
Tryo :
Juste après les très risibles Tryo font un triomphe sur la grande scène avec leur chanson reggae démago et ultra facile. Ils représentent l’archétype du groupe détestable ayant cartonné après avoir bien étudié le comportement du jeune qui aime fumer des joints, kiffer le bon son entre potes au coin du feu quoi hein et se ressourcer en dehors des villes polluées (c’est méchant la pollution, hou la la !). Les chansons soi disant engagées (pour la légalisation du cannabis, contre la télé réalité, le racisme etc etc) et drôles (je raconte mon lendemain de cuite, ce genre de choses passionnantes… ) sont une véritable insulte à l’intelligence. Que ce genre de groupe ramasse la caillasse comme les autres lors de lucratives tournées des Zéniths devant un public de trentenaires nostalgiques et beaufs passe encore, mais qu’il soit programmé aux Eurockéennes, on se demande vraiment pourquoi. Oui pouquouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ?????

Air :
Fort heureusement, pour oublier ce (court, on n’est pas maso… ) mauvais moment le groupe Air se charge de nous faire évoluer en apesanteur pendant le durée de son set classieux et bien mené. Les morceaux du nouvel album du duo versaillais – Pocket symphony – sonnent beaucoup mieux en live que sur disque et s’intègrent parfaitement à une set list mélangeant les différentes époques… Jean-Benoît Dunkel et Nicolas Godin sont accompagnés par un groupe de pros discrets et sachant parfaitement ce qu’il doit faire… Les voix vocodérisées, les synthés analogiques, les guitares sèches, les basses rondes n’ont donc aucun mal à créer des atmosphères entre rock planant et pop lumineuse… C’est du grand art. Le public, très chaud (certains slamment carrément, ce qui fait sourire les musiciens) respectent les moments calmes et se déchaînent sur les passages plus enlevés. Et l’on passe un moment de rêve, qui nous place idéalement sur la rampe de lancement pour le décollage final avec les Montréalais volants, Arcade Fire.

Arcade Fire :
Deux ans après avoir été enchanté par leur set en plein jour au festival Rock en Seine, Arcade Fire nous a à nouveau emmené loin, très loin, dans la nuit pluvieuse de Belfort. Le set titanesque des Canadiens a enchanté le public présent devant la grande scène, malgré les trombes d’eau qui s’abattaient sur la presqu’île du Malsaucy. La très craquante et émouvante Régine Chassagne (chant, batterie, accordéon etc), l'inquiétant et intense Win Butler (guitare, mandoline etc) et leur virevoltants acolytes nous ont plongé dans un océan de bruits divins, du genre de ceux qu’on aimerait entendre lors du repos éternel au paradis (s’il existe !). Présenté avec un son magistral et dans une scénographie réussie (de multiples néons rouges et de petits écrans ronds disséminés partout sur scène), les morceaux des deux albums - Funeral et Neon Bible - de l’ultra talentueux combo ont - comme à chaque fois qu’on les écoute – fait passer du rire aux larmes en un instant (magique). C’est donc le cœur battant, les yeux pétillants (ou humides) et dans un état d’esprit euphorico mélancolique qu’on a reçu In the backseat, No Cars Go, Wake up, Neighborhood, Ocean of noise et Keep the car running (entre autres) lors du show mémorable d’Arcade Fire à Belfort. Un show qui met un point final à un week-end très réussi. On reviendra donc avec grand plaisir l’année prochaine !
Site du festival : www.eurockeennes.fr
Photo : Flore-Anne Roth
A lire également, les comptes rendus des Eurocks 2007 signés par Philippe... Réagir à cette critique |
|  | (mes) Eurockéennes de Belfort 2007 3/3 : TV on the Radio, The Good the Bad & the Queen, Klaxons, Laurent Garnier, Air, The Arcade Fire - 1er juillet 2007 - Presqu'Ile du Malsaucy, Evette-Salbert  Pour le Samedi c'est par ici !
Comme souvent aux Eurockéennes, on aborde le troisième jour avec sérénité, ayant déjà vu autant de bons concerts en 2 jours qu'en une année entière à Marseille, .../...
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Pour le Samedi c'est par ici !

Comme souvent aux Eurockéennes, on aborde le troisième jour avec sérénité, ayant déjà vu autant de bons concerts en 2 jours qu'en une année entière à Marseille, Strasbourg ou même Paris. On l'aborde aussi avec du retard, notamment à cause de la vilaine petite pluie dégueu qui est tombée en début d'après-midi et à découragé nos velléités. Dommage pour Stuck in The sound ou Bikini Machine que quelqu'un pourra peut-être raconter à notre place. En tout cas on a bien entendu en arrivant (et les mamies d'Evette-Salbert aussi ...) le metal très méchant de Hatebreed, qui avait l'air pas mal du tout - petit regret d'autant qu'on a pas vu Sick of it All non plus. Et qu'on ne peut décemment pas considérer le show de Marylin Manson comme un vrai concert de metal.

On atteind donc le chapiteau au moment de l'entrée en scène des toujours énervés TV on the Radio, coupables de deux des albums de rock les plus déconcertants des 5 dernières années. On constate que Kyp Malone (le guitariste barbu) et le hurleur Tunde Adebimpe (j'adore ces noms !) sont allés chez le coiffeur - il était temps... Leur stoner-funk rock n'en reste pas moins hirsute, malpoli et revêche, avec des titres délicieusement horripilants comme Dirty Whirlwind Ou Let the Devil In, ou les formidables murs de guitare de Dreams...

Le groupe, emmené par le sorcier blanc David Sitek est toujours adepte des "ouh ouh ouh" comme sur le titre Province, des "oh oh oh" comme sur Tonight, et de toutes formes de hurlements en général, souvent proférés au mégaphone. On écoute avec bonheur la très excitante Playhouses (où Tunde hurle les basses) et I was a Lover (où Kyp miaule les aigüs). Difficile de dire si on aime ce groupe plus qu'il ne nous agace, en tout cas il nous tient en haleine. Par contre et comme à l'accoutumée pour les concerts de post-rock, la moitié du public s'en est allée avant la fin, ratant un terrible pogo noisy non identifié (Wash the day away ?), dans un tonnerre de stroboscopes. Un peu hermétique, mais sacrément recherché !

Ce qui est sûr c'est qu'on sera moins secoués par The Good, the Bad & the Queen, à la performance très reposante, très agréable... et presque soporifique. Impeccablement costumés et dans un décor qui évoque le Londres du 19ième, c'est d'abord un quatuor de violonistes qui prend place, rejoint par la bande réunie par Damon Albarn dont deux membres nous impressionnent vraiment par ce qu'ils représentent : Tony Allen et l'afro-beat furieux de la famille Kuti, Paul Simonon et l'énorme héritage du Clash... On aura d'ailleurs d'yeux que pour lui, nettement plus charismatique que l'ex-chanteur de Blur, qui passera d'ailleurs la majorité du concert assis au piano. Damon Albarn a la classe ? Paul Simonon EST la classe. Ce genre de choses ne s'explique pas, petit.

Il attaquent par le très kitsch slow 80's Life, puis la balade Northern Whale. A peine plus pop, Kingdom of Doom ou Three changes, pas suffisantes pour que Simonon, qu'on sent piaffer un peu, puisse vraiment s'exprimer, pas plus qu'Allen qui se retrouve à un moment, c'est le comble, avec pour toute percu un simple oeuf en plastique à agiter... Les chansons se suivent néanmoins agréablement : Behind the Sun, The Bunting Song, The Good the Bad & the Queen ou encore, la très belle Green Fields (ne pas rater par ailleurs la version "The Last Song" par Marianne Faithfull). On oubliera avec indulgence la prestation de l'espèce de gros rappeur repoussant qui est venu nous gonfler vers la fin.

Incontestablement le groupe a su créer une atmosphère, aussi mélancolique que les poches sous les yeux de son chanteur à la mine droopyesque. Et un vrai moment de chanson en anglais, mélancolique, qui nous aura permis de nous reposer un peu les oreilles. Réunir de grands musiciens est très louable et la sauce a même plutôt bien pris - ils ont pondu un agréable disque à écouter les dimanches pluvieux - ou le dimanche aux Eurocks. Le projet donne quand même l'impression d'être un assemblage de chevaux de course, retenus au petit trot par un jockey dépressif, voire un peu sadique... Dommage.

Le réveil va en tout cas être vigoureux avec les pétaradants Klaxons, qu'on attend au tournant pour voir s'ils vont se sortir en live de leurs phénoménales compositions (un titre paru aux Inrocks laissait un peu sceptique). L'explosif Bouncer nous cueille à froid et nous rassure sur leurs capacités, comme leurs titres tous plus fulgurants les uns que les autres : l'énorme Atlantis to Interzone, les tubesque Golden Skanks ou Two Receivers sont parfaitement expédiés, et à toute berzingue encore. On décollera définitivement du sol sur notre préférée, Magick, dont la descente-remontée sera diaboliquement menée avec un énorme blanc au milieu, déclenchant des rugissements de la foule.

Certes les gamins sont 4 au lieu de 3 mais on veut bien leur pardonner, d'autant que tous participent au chant sur Gravity's Rainbow ou Totems, non moins impressionnantes. Même les chansons qui ont le don de nous énerver sur disque (Isle of Her qui sonne d'ailleurs très TVOTR, ou It's not over yet) sont si impeccables qu'il est dûr d'y résister. Revers de la médaille quand on joue si vite : le groupe se tient aux 50 minute qui lui étaient initialement allouées, et finit donc 10 minutes plus tôt que prévu ! En tout cas on peut bien appeler leur style innovant de la "nu-rave" ou autres patronymes stupides, les Klaxons sont d'abord un immense groupe de rock en devenir ! Confirmation du jour.

On s'aventure à présent dans un grand blanc sur la programmation puisque rien ne nous tente vraiment et surtout pas Tryo (qui ne remplit pas sa scène d'ailleurs). Or on garde un bon souvenir d'une prestation ancienne à l'époque d'Unreasonable Behaviour : allons-y donc pour Laurent Garnier et son électro jazzy-cérébrale dans la loggia transformée en sauna. Certes l'homme a le chic pour mettre son public sous tension avec des montées interminables, épaulées au saxophone, au clavier ou par un chanteur black...

Mais les deux minutes de boum-boum libérateur finales sont rares, on se fatigue un peu de les attendre d'autant que ses visuels sont très répétitifs et pas réellement magnifiques. C'est donc du bar qu'on profitera de ses titres plus anciens, comme Crispy Bacon, et d'un autre hit final, étiré sur dix minutes (titre oublié). On se demande quand même quel sadisme ou masochisme le pousse à ne pas jouer The sound of Big Babou, son plus grand tube et le plus entraînant. Bref une prestation solide et sérieuse, mais pas délirante quand même. On passera aussi quelques instants au sound-system voir les Fluokids, paraît-il collectif arty et créatif - en l'occurence on n'a vu qu'un simple pousseur de disques d'électro, sans intérêt même quand ils remixent Justice...

Ca ne fait rien si on s'emmerde un peu, puisqu'on sait qu'on ira bientôt se consoler dans les bras d'Air, nos chouchous depuis toujours, qui nous attendent sous le chapiteau. Ayant peu révisé leur discographie (qui fait déjà partie de notre ADN musical), on identifie quand même dans cette heure de plaisir à l'état pur, des "vieilleries" comme La Femme d'Argent, les très rock et inévitables Kelly Watch the Stars, Don't be Light (et la sublime Sexy Boy évidemment, qui n'a sur scène pas grand rapport avec sa version album).

Tout de blanc vêtus et appuyés par un percussionniste black qui nous avait déjà impressionné par le passé, messieurs Dunkel et Godin se partagent comme d'habitude la voix de robot et la voix de fillette, dont le duo fait toujours des merveilles. Quelques petits mots de temps en temps nous rappellent qu'ils ne sont pas que de grands sorciers du son mais aussi des gars sympathiques. Laissons les goujats et les imbéciles (qui ne les ont jamais vus en live et ne sont pas là ce soir) traiter leur oeuvre de "musique d'ascenseur" : si les gens dansaient tous avec un grand sourire dans les ascenseurs, ça se saurait...

Pas mal, mais pas trop, de titres du dernier album Pocket Symphony, une très rock Mer du Japon, une emballante Redhead Girl ou encore Somewhere between waking et Once Upon a Time. Un bon retour aussi sur Talkie Walkie avec notamment Cherry Blossom Girl et l'énigmatique Run. On constate qu'on avait oublié à quel point ils sont bons sur scène ! Un petit regret pour finir : qu'ils n'aient pas amené Charlotte Gainsbourg dans leurs bagages pour défendre leur excellent projet avec elle. Ne boudons pas notre plaisir, ils nous ont quand même largement envoyés en l'Air (hum)...

C'est à ce moment précis, après avoir été félicité deux foix en cinq minutes pour mon T-shirt Wolfmother, quand on croyait s'en être tirés, que la bascule météo s'est faite (peut-être à cause d'un ami que je ne citerai pas et qui a cru bon de dire qu'on avait eu vraiment de la chance de ce point de vue) : une divinité farceuse a décidé - et on ne peut pas lui donner complètement tort - que la grand-messe païenne finale des extravagants The Arcade Fire aurait plus de gueule sous la pluie. Et en effet c'est heureux comme des enfants qu'on s'est rués une dernière fois à l'assaut de la grande colline embouée, à l'entame de Keep the Car Running. No Cars Go achève de nous remonter le moral et l'énergie, sur le pressentiment que ce concert va être, forcément, formidable.

The Arcade Fire ... Quel autre groupe, inconnu il y a deux ans, jouerait déjà en clôture du plus grand festival de rock de France ? Comment expliquer la vague de bonheur et l'envie irrépressible d'embrasser des inconnus en voyant la belle Régine Chassagne chanter Haïti ou reprendre l'émouvante In the Backseat ? C'est peut-être simplement parce que le groupe a énormément tourné et gagné en maturité depuis leur premier passage français à Rock en Seine en 2005 : ils étaient bons, mais un poil trop foutraques et bordéliques, et là ils sont juste devenus extraordinaires... Richard Parry, l'arrangeur en chef, ne passe par exemple plus son temps à taper sur tout ce qui bouge et se contente juste...de faire vibrer 10 000 personnes.

Même les nouveaux titres sonnent déjà comme des classiques : Ocean of Noise ou Black Waves - Bad Vibrations nous emportent très loin, on en oublie la pluie qui tombe et ce festival qui s'achève déjà... Personne ne pensait pouvoir y échapper et en effet, c'est un intense frisson de communion qui parcourt la foule quand retentit l'orgue magnifique d'Intervention, et l'enchaînement des Neigborhoods 1 & Neighborhood 3 où la pluie redouble (et une larme naît même au coin de l'oeil). L'émotion est à son comble quand le grand Win Butler et sa voix cabossée dégainent l'époustouflante Rebellion (Lies).

Conscients de l'effet électrisant de leurs chansons, le groupe n'en rajoute pas dans les paroles, mais Régine et Win expriment à plusieurs reprises une compassion sincère pour les êtres épuisés, trempés (et néanmoins euphoriques) que nous sommes. Il est vrai que ceux qui sont encore là un dimanche soir à 0 h 30 sous la pluie ne le sont pas par hasard. En rappel, le groupe nous donne Black Mirror et laisse éclater sa joie sur un Wake Up triomphal. Ils finiront le concert en nous disant que nous sommes le meilleur public qu'ils aient jamais eu et, pour une fois, on aura envie d'y croire. Rideau.

On concluera ces chroniques sur une image qui nous a marqué : 3 très jeunes gens émus, qui se tenaient par les épaules sous la pluie en écoutant la fin du concert, et semblaient se demander s'ils pourraient revenir un jour aux Eurockéennes. Qu'ils se rassurent : cette question, je me la suis posé déjà 13 fois, et ça m'a toujours porté chance ... Pour notre part, en vieux briscards, nous nous sommes fixés entre amis le but d'être présents, non seulement pour les 20 ans des Eurock's qui ne vont pas tarder, mais aussi pour leurs 50 ans, nom de Zeus ! Alors ... Longue vie aux Eurockéennes et au Eurockéens !!
PS : le seul salaire reçu pour ce minutieux travail de chronique, c'est les commentaires (même les pas contents) qui montrent qu'il a suscité de l'intérêt. On a raté selon vous le meilleur concert de l'édition 2007 ? Vous avez adoré Phoenix et détesté les Hives ? Vous pensez qu'Amy WineHouse est une pouf' et Josh Homme un poseur, bref, vous n'êtes pas d'accord avec nos jugements ? N'hésitez pas, surtout, réagissez !
Illustrations par Philippe
Des petites vidéos à tous ces concerts, c'est par ici !
A lire aussi sur Concertanco : la même journée, version Pierre Andrieu !
Flashback : Chroniques des Eurockéennes 2006, 2005, 2004, 2003,... et puis aussi un retour sur les années 1994 à 2002 ! Réagir à cette critique |
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>> Réponse (le 10/07/2007 par Waw !) justement, Amy Winehouse est une traînée et Josh Homme un frimeur, Les Phoenix sont des Dieux et les Hives des galopins .../... La suite |
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