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Artiste : Tindersticks   Titre :  The Something Rain
Style : Pop - Rock
Tindersticks - The Something RainA l'approche du cap des vingt ans de carrière pour les Tindersticks, le fameux groupe anglais de pop capiteuse ajoute un mirifique nouvel album à sa discographie, déjà bien pourvue à ce niveau-là... Le disque s'appelle The Something Rain, il est composé de neuf titres plus longs qu'à l'accoutumée et il a été mis en boîte dans le studio de Mr Staples, Le Chien Chanceux, à La Souterraine, France, après un an de travail. Comme sur le dernier opus, le noyau dur des nouveaux Tindersticks - David Boulter (storytelling, claviers, glockenspiel, cloches, percus), Neil Fraser (guitare électrique), Earl Harvin (batterie, percussions), Dan McKinna (basse, claviers, choeurs) et Stuart A. Staples (chant, guitare, enregistrement, mixage) – bénéficie des interventions lumineuses de musiciens doués pour apporter un plus en à peine quelques notes : Terry Edwards (sax), Andy Nice (violoncelle, soprano sax), Thomas Bloch (crystal baschet), Gina Foster (voix), Julian Siegel (clarinette basse, tenor sax) et Will Wilde (harmonica). Autour de la voix toujours sublime de profondeur et d'expressivité de Stuart Staples, la troupe réussit une fois encore à créer des atmosphères feutrées qui permettent à l'auditeur d'embarquer illico presto dans de magnétiques titres évoluant entre pop, rock, soul et jazz. Les fans ne seront pas en terrain inconnu, on reconnait instantanément la touche de velours des Tindersticks, mais rien n'apparait comme figé, daté ou déjà entendu : le long premier titre permet à David Boulter d'utiliser sa voix, le saxophone est omniprésent sur le disque, la voix de Gina Foster est une belle (re)trouvaille et l'on remarque ici ou là des idées de songwriting (plus étiré) ou d’arrangements (boites à rythme... ) qui surprennent agréablement. En toute discrétion, sans chercher à épater la galerie par des effets de manches, les Tindersticks livrent aujourd'hui certains de leurs meilleurs morceaux (Show Me Everything, This Fire Of Autumn, Medicine, A Night So Still, Slippin' Shoes, Frozen... ). Des compositions qui sonnent « intemporelles », comme la plupart de leurs petites sœurs parsemant déjà abondamment les œuvres du groupe de Stuart Staples.

A lire également, des chroniques de concerts des Tindersticks à Tulle aux Lendemains Qui Chantent, fin 2010, à La Route du Rock 2008, à la Coopérative de Mai en 2003 et au Festival de Sédières, en 2002.

Liens : www.tindersticks.co.uk, www.myspace.com/tindersticksofficial, www.facebook.com/tindersticksofficial, vimeo.com/33165113 (vidéo de Medicine), www.facebook.com/cityslangfrance (écoute intégrale du disque en avant première)

20 Février 2012 (City Slang)


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Artiste : Limousine   Titre :  II
Style : Pop - Rock / PopJazz
Limousine - IITrès, Très bel album de pop 'n jazz planante, cinématographique et super évocatrice pour les Français de Limousine avec le sobrement intitulé II... Laurent Bardainne (de Poni Hoax, au sax et aux claviers), David Aknin (de Bitchee Bitchee Ya Ya Ya et Jamaica, à la batterie), Maxime Delpierre (de Paris et Viva & The Diva, à la guitare) et Frédéric Soulard (de Maestro, aux claviers) semblent carrément touchés par la grâce sur les neuf morceaux figurant sur leur très réussi dernier né : atmosphères psychédéliques très prenantes, arrangements ultra classieux, mélodies réellement envoutantes et influences au dessus de tout soupçon (on pense fortement aux ambiances créées par Angelo Badalamenti chez David Lynch, mais également à Brian Eno, à Air et aux synthés de Rick Wright chez Pink Floyd... ). On navigue donc en plein bonheur, bien loin de la Terre ferme ; les arpèges de guitare ou les riffs en slide surfent sur d'enchanteresses nappes de synthés aériens, un saxophone suavement subtil s'immisce dans la conversation et... c'est magique, on vole littéralement ! La Gaviota, Ondine, Three Flip, Kimono, The Reindeer et autres stratosphériques perles musicales instrumentales permettent de tripper gravement et d'en redemander encore et encore (et ce n'est que le début d'accord, d'accord) à chaque fois que l'album prend fin... Faites preuve d'intelligence pour voyager  : économisez de l'argent et protégez mère nature, en testant tout de suite, là, maintenant, cette Limousine pour partir vers un ailleurs interstellaire...

Liens : www.facebook.com/pages/LIMOUSINE, www.myspace.com/limousineband, ...

16 Janvier 2012 (Ekler'o'shock - Differ-ant - Idol)


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Artiste : Chinaski   Titre :  La Fin D'un Souvenir
Style : Pop - Rock
Chinaski - La Fin D Le fait de sortir un album entier tous les un ou deux ans a-t-il un sens pour un artiste qui écrit en permanence et qui en plus ne bénéficie pas d'une machine promo suffisante pour espérer passer en radio et voir ses disques rester en bac plus de 2 semaines ? Combien de très bon albums ont ainsi été enterrés sans même parvenir jusqu'à nos oreilles ? Peut être est-ce en partant d'un constat de ce genre que Jean-Louis a décidé de désormais sortir ses morceaux sous formes d'EP. Après Celsius 232 en 2011, le revoici donc avec la fin d'un souvenir, nouveau recueil de 5 morceaux, dont les titres sont, comme sur le précédent, reliés par une phrase au dos. On retrouve son chant appuyé, désabusé. Son style très parlé semble même poussé à l'extrême ici (on est plus dans spoken word accompagné de musique que la chanson). On a parfois l'impression que la musique n'est finalement plus là que pour poser des ambiances plutôt pesantes ou angoissantes, sur lesquelles Jean-Louis pourra poser sa voix nonchalante. Pas de tube évident sur ce disque (comme Les Rides l'était sur son Noces de Zinc par exemple) mais de nouvelles tranches de vie (Une guitare se rappelle, si vous saviez madame) ou des fictions très cinématographiques (le film de Dorothy Baum, le vertige de Carlotta Valdez qui a des petits airs de Tom's). Le dernier morceau (Douceur d'été) quand à lui semble tiré du receuil Fantaisie Littéraire des Correspondances de Manosque où on ne serait pas étonné de croiser Chinaski un de ces jours. En tout cas en attendant qu'il se décide à sortir sur disque sa Chaise du Pardon (sublime reprise de the Mercy seat de Nick Cave), ou à venir jouer du côté de chez nous, nous avons maintenant 5 titres de plus pour patienter...

2011 (Chinaski)


Signature : Pirlouiiiit

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Artiste : Kids In Glass Houses   Titre :  In Gold Blood
Style : Pop - Rock
Kids In Glass Houses - In Gold BloodJ’ai découvert ce groupe Kids In Glass Houses en fin d’année 2011 dans le cadre du festival Bring Of The Noise Ouï Fm sur la péniche du Petit Bain. Ce jour-là, j’étais venu pour Anathema (lire le compte-rendu sur le site... ) et j’avais bien accroché sur ces Gallois totalement inconnus pour ma part. Cette nuit- là, j’avais entendu de bonnes compos et j’avais constaté que le groupe disposait en plus d’une sacrée énergie communicative sur scène. Même si ce format «Rock ado» ne me séduit pas tant que ça voir pas du tout, et oui, on se fait vieux pour ce style et tant mieux d’ailleurs (Lostprophets, Funeral For A Friend et ces pathétiques 30 Second To Mars) faut avouer que l’album mérite une oreille attentive et vous pousse donc à éviter de tomber dans les idées préconcues. In Glass Blood est le 3ème disque du groupe qui sort à peine un an après le précédent «Dirt». Plus mature que les précédents, il est dans son ensemble réussi. Les titres sont plutôt simples dans la structure et on trouve pas mal d’accords qui font montés le tout en puissance et en énergie. Cela joue bien, c’est carré, c’est mélodique également et la production n’a aucun défaut tant elle s’adapte parfaitement à cette musique. J’aime bien également la voix puissante et légèrement éraillée du chanteur Aled Phillips. Ce n’est donc pas un chef d’oeuvre ce disque mais c’est un bon album bien foutu qui séduira les jeunes rockeurs et un peu moins les anciens qui eux, préférent en général un son plus gras et moins polissé. Anciens et jeunes rockeurs, laissez-vous tenter par ces diables rouges !

2011 (Roadrunner Records)


Vignette lebonairSignature : lebonair
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Page Web Conseillée : www.kidsinglasshouses.com
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Artiste : Lonah   Titre :  Entre Chien Et Loup
Style : Pop - Rock
Lonah - Entre Chien Et Loup Il y a des disques plus faciles à chroniquer que d'autres. Soit parce qu'on connait déjà l'artiste sur scène ou sur disque, soit parce que la filiation est évidente … Lonah n'est pas de ceux là pour moi. De plus, la pochette un peu cheap (sans offense) a retardé se cachent une douzaine de titres. Il faut dire que Lonah ne prend pas l'auditeur avec des pincettes. Après une intro mystique elle embraye sur le premier vrai titre de cet album, je te connais beau masque qui pourrait se situer quelque part entre Les Elles, Charlotte Etc et Paris Combo (je sais ça fait beaucoup à la fois, mais c'est le cas). Juste après nouveau changement d'ambiance brutal puisqu'on passe à un titre en anglais. Sur ce Take your spoon and run qui commence avec un beat techno (à la Ultra Orange) on pourrait la rapprocher plutôt d'un groupe comme Garbage ou Mylene Farmer (ce qui sera encore plus marqué sur Avatar). Bref des styles quand même assez différents entre lesquels on oscillera tout au long du disque, avec comme liant un piano très présent (et entrainant) et cette voix assez haut perchée à laquelle on finit par prendre goût. Bref un disque bien étrange qu'il aurait été bien plus facile d'appréhender si on avait eu l'occasion de la voir sur scène ! Ce dont on espère avoir l'occasion un de ces quatre. Si vous voulez en savoir plus sur cet « electro rock hallucinée » comme elle le définit sur son site, et même y participer en remixant en direct les morceaux c'est par par là.

2012 ( Lonah - Quemarprod - Socadisc)


Vignette pirlouiiiitSignature : pirlouiiiit
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Artiste : Anaïs   Titre :  A L'eau De Javel
Style : Pop - Rock
Anaïs - A L En 2005 Anaïs avait surpris tout le monde avec son Cheap Show (enfin tout le monde, sauf ceux qui suivaient Opossum depuis 2000 où ceux qui avaient vu ses premiers concerts en solo dès 2003). Après son succès qui dépassa tout ce qu'on aurait pu lui souhaiter, il y a eu le deuxième album, forcément décevant, même s'il comportait quelques morceaux sympathiques. Avec ce troisième album Anaïs semble avoir retrouvé son souffle. Comme libérée de toute pression, Anaïs est revenue à ses premières amours (du temps où elle animait l'émission Comme le parfum sur Radio Zinzine) : le music hall. Ainsi ce disque compte 12 reprises de chansons qui ont connu leur heure de gloires interprétées par Edith Piaf, Eliane Embrun, Marie Dubas, Rina Ketty, Lily Fayol et autres noms qui ne diront pas grand choses aux fans d'Anaïs, mais auxquelles elle rend hommage avec brio ! Que les reprises soient proches des originales, plus rock, country, voire électro, elles restent homogènes et s'écoutent avec plaisir. Très vite, on fredonnera les titres les plus dynamiques comme Je n'embrasse pas les garçons ou Si j'étais une cigarette (avec son final à la Blur), au passage on sera évidemment sidéré par les textes de certains morceaux comme ce Tango stupéfiant, on sera amusé par le très Bourvil l'Anisette, et on notera sur un titre la voix du chanteur de Blood Arm (avec qui elle avait déjà fait un chouette duo) ou cette étonnante adaptation (en français) de Tina Turner. On a une nouvelle fois la confirmation qu'Anaïs peut absolument tout chanter et, pour notre plus grand plaisir, c'est ce qu'elle continue à faire au lieu de se spécialiser dans un registre particulier (elle aurait sans doute pu faire un disque comme Selah Sue par exemple). Finalement le seul bémol de ce disque sincère est la première piste. En effet si les quelques intermèdes caractéristiques comme le début de Merci mon ami ou les pleurs de bébé sur En douce sont de petits clins d'œils sympathiques, en revanche l'intro (trop longue et pas assez drôle) aurait été beaucoup plus à sa place en chanson cachée. En tout cas Anaïs est de retour, et ça fait plaisir !

5 mars 2012 (anaisinyourface.com - Polydor – Universal Music)


Signature : Pirlouiiiit

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Anaïs actuellement en concert

Artiste : The Last   Titre :  Hostile Territory
Style : Pop - Rock
The Last - Hostile TerritoryCela faisait maintenant 3 ans que l'équipe du Moulin (qui avait par le passé soutenu des groupes comme Nation All Dust, Usthiax, Agop, Oh! Tiger Mountain, Cap'tain Carnasse ...) nous suggérait fortement de nous pencher sur le cas de ce jeune quatuor marseillais. Il me faudra pourtant 2 ans pour arriver à les croiser sur scène (c'est dire le nombre de concerts qu'il y a à Marseille !). Ce soir là, j'avais été frappé par ce que dégageait leur chanteur Charles, mais c'est véritablement avec ce vinyle (dont la sortie fut repoussée) que j'ai enfin vraiment compris pourquoi ! Charles Louaas (chant/guitare), Maxime Aknin (guitare), Mathias Bogey (basse) et Jean-Patrick Salussoglia (batterie) signent en effet là un remarquable 5 titres ! Remarquable déjà parce qu'il ne sonne pas comme la plupart de ceux des groupes du même age et tout simplement parce que leur "Post Punk / Rock Vintage qui sonne très britannique" comme ils l'écrivent fait très anglo-saxonne en effet. Certes on trouve ça et là quelques influences, mais elles paraissent tellement hétéroclites (j'ai pensé à Mike Patton, Nada Surf, Strokes, Web Wilder...) que l'on peut difficilement les accuser de singer tel ou tel courant / artiste. Bref à l'écoute de ces 5 morceaux (qui ne sont donc disponibles qu'en vinyle - 5,5 euros - ou en digital - 3 euros) on se dit qu’on tient là un groupe qui, tout en sonnant finalement assez classique, nous emmènera peut être hors des sentiers mille fois battus !

2011 (the Last - bandcamp)


Signature : Pirlouiiiit

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Artiste : Karpatt   Titre :  Sur Le Quai
Style : Pop - Rock
Karpatt - Sur Le Quai Et de cinq ! Sans jamais avoir vraiment atteint le grand public (télé, radio), comme leurs collègues des Têtes Raides ou Ogres de Barback, Karpatt sort son cinquième album qui réjouira les fans de la première heure comme ceux des groupes tout juste cités. En effet (et comme bien d'autres) Fred Rollat (chant-guitare-tambourin), Hervé Jegousso (contrebasse-basse) et Gaétan Lerat (guitares-cajon-banjo) continuent à creuser leur sillon avec entrain sur scène comme en studio. Sur ce nouvel album ce qui frappe à la première écoute c'est la ressemblances de certains morceaux avec les Négresses Vertes (sur On a), la Mano Negra (J'adore ça) ou La Tordue (sur Cyclope), mais il serait dommage de s'arrêter à ça sous peine de passer à côté de quelques perles. A noter aussi quelques collaborations bien sympathiques comme ce chant féminin, ou au niveau des textes avec 2 signés de Jehan Jonas (ce qui donne envie de découvrir la discographie de ce chanteur français mort en 1980), 1 signé Christian Olivier (qui sonne moins Têtes Raides que Chien Loup par exemple) et 1 de Nicolas Jules. Difficile d'ailleurs si on ne le sait pas de différencier ces 4 textes des 16 autres de l'album (ou du reste du repertoire de Karpatt), c'est à dire des textes souvent légers pour des sujets profonds (comme sur La Danse) voire tragiqueq (comme sur le très d'époque Un jeu que je vous laisse découvrir). Impossible de s'ennuyer sur ce disque où cohabitent des morceaux acoustiques sautillants comme Fakirs (qui aurait pu être sur Dans le Caillou) et des morceaux carrément électriques comme Chien Loup ou English Song. Au final un disque plus que recommandable à acheter et à écouter (jusqu'au bout !) en attendant de les retrouver sur scène !

2011 (Karpatt / Believe / L'autre Distribution)


Signature : Pirlouiiiit

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Karpatt actuellement en concert

Artiste : Automatic Sam   Titre :  Texino
Style : Pop - Rock
Automatic Sam - TexinoLa Hollande, l’autre pays du fromage, tu parles Charles, l’autre pays du rock tu veux dire. Les Hollandais d’Automatic Sam viennent de pondre un sacré bon disque. C’est une sorte de rock garage teinté de blues avec un coté stoner car il sent le désert dans une version cradingue et énergique. Jon Spencer, The Black Keys, Triggerfinger, cela me fait penser à ces groupes à l’écoute de cette galette, à Kyuss aussi parfois mais les Automatic Sam ont leur personnalité, une patte. On frise parfois la folie, le dangereux. L’épaisseur sonore est là bien aider en cela par une production équilibrée mais un poil trop criarde à mon avis. On invente donc rien ici car le style colle à une période des années soixante dix bien marquée mais Automatic Sam a du talent. Texino est un premier album réussi malgré le chemin empreinté car blinder et saturer de groupes de ce genre sur le marché. Automatic Sam mérite vraiment qu’on le sorte du lot pour prendre le temps d’écouter leur musique. Elle en vaut la peine.

2011 (Suburdan Records)


Vignette lebonairSignature : lebonair
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Page Web Conseillée : www.automaticsam.com
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Artiste : Lana Del Rey   Titre :  Born To Die
Style : Pop - Rock
Lana Del Rey - Born To DieLa deuxième moitié de 2011 a été squattée par un buzz insensé autour de la bouche pourtant improbable-sans-bistouri de Lana Del Rey, créature blonde vaporeuse et lynchienne, susurrant Video Games : une jolie vidéo en collage et une chanson accrocheuse avec de la harpe - on ne mesure pas toujours l'impact fulgurant de la harpe dans la pop moderne, elle peut pourtant rendre un concert merveilleux ! Fin janvier 2012, voici enfin le nouveau disque de Lana Del Rey, supposé affirmer sa consécration (elle en aurait déjà fait deux autres, avant d'être mise sous les sunlights). Titre de l'opus : Born to Die, une tautologie qui vaut presque l'indépassable Killed by Death de Motörhead...
Problème, dès ce premier titre, elle semble tirer toutes ses cartouches : arrangement grandiloquent (pop-rock orchestrale un peu bourrative avec effets), pour porter un joli petit brin de voix, mais trop empesée par ailleurs (on y sent des effets appuyés un peu scolairement...). Il reste à sauver Blue Jeans, trip-hop bancale (pourquoi ce cri mâle idiot tout au long du titre ? le producteur de ce disque est vraiment un sadique et/ou un crétin) mais incontestablement émouvante et instantanément marquante... On peut aussi repêcher Million Dollar Man, qui jouée seule au piano ferait un slow jazz assez touchant.
Hélas le reste est gâché par la propension de Lana Del Rey au hip-hop, qui donne des résultats assez foireux (Off to the Races, qui lorgne vers Britney Spears). Et du coup la Miss essaye d'inventer le R'n'B symphonique, ou quelque chose comme ça (Diet Mountain Dew, National Anthem etc.). Quant au refrain de This is what makes us girls, on dirait une imitation de Madonna, tout comme Radio. Le problème étant qu'on en a déjà une vraie, et qui ne fait pas que de bons albums... Par charité, on ne commentera pas le passage en français dans Carmen, ou l'abominable Summertime Sadness...
Conclusion qui s'impose après écoute, jamais démodée : Don't believe the hype ! Video Games était hélas bien sa plus belle chanson, presque tout le reste étant tour à tour soit anecdotique, soit raté. Pire, ses prestations live sont loin d'être complètement rassurantes - voir son passage terriblement scolaire au Saturday Night Live où seule Blue Jeans convainc en partie...
Moralité, il ne suffit pas d'avoir un look de vamp extraterrestre échappée de Mars Attacks ! et une promo interplanétaire pour se créer un univers artistique cohérent, et susceptible de susciter autre chose qu'une curiosité passagère chez l'auditeur ! Dommage. De toutes façons rien de ce qu'on pourra écrire ici ne l'empêchera de vendre des millions d'album au petit peuple dominical de la Fnac, de Carrefour et des magasins Cultura, où l'on lui consacre déjà des mètres et des mètres de linéaire...

(2012)


Vignette PhilippeSignature : Philippe
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