Artiste :
Steve Shiffman And The Land Of No Titre :
Steve Shiffman And The Land Of No
Style :
Pop - Rock Lorsque j’ai croisé la route de Steve Shiffman il y a maintenant 6 ans, ce dernier évoluait soit en solo soit accompagné de the land of No (qui a l’époque se résumait a Pete Hayes des the Figgs). Alors que je tentais de comprendre pourquoi on appelait cette scène anti-folk (et pas folk minimaliste ou new folk par exemple ?) dans laquelle il côtoyait Herman Dune et autres futurs Jeffrey Lewis, de ses performances solos forcement minimalistes j’avais retenu la sensibilité et l’émotion qui se dégageait de sa voix éraillée. En duo en revanche chaque fois j’ai été littéralement subjugué par le côté sauvage et brut de sa musique (garage folk ?). J’ai en effet pris une telle claque que je n’ai jamais perdu de vue ce désormais groupe qui sort enfin son premier album après plus de 6 ans d’existence. 6 longues années durant lesquels les rangs de the Land of No se sont étoffés avec l’arrivée de la (slide) guitare de Alec, la basse de Kent deux anciens The Holy Ghost, et la guitare de dAve un ancien Qatsi. Et c’est donc naturellement que tout ce joli monde est retourné en studio réenregistrer ces 12 titres qui l’avaient pour la plupart déjà été (mais en duo). Le résultat ? Un album riche et cohérent avec des morceaux qui naviguent entre deux extrêmes : de délicates ballades calmes comme Unfortunately for her (déjà présent sur son EP Tambourino), Like squirrel in chinatown, A frog in my throat ou encore Ready for you now et des morceaux beaucoup plus pêchus comme Jet lag blues, This Second ou l’excellent Tweed Skirt (seul morceau capable de calmer ma fille de 2 mois lorsqu’elle pleure). On pense souvent aux Beatles pour les chœurs, mais on se fait aussi surprendre par les nombreux changements de rythmes, d’accélérations inattendus rendant des morceaux au départ paisibles, limite chaotiques (un peu comme la Akron/family est capable de le faire dans un registre plus hippie) comme sur Here comes the cigarette girl ou One of you is lying. Bref Steve Shiffman (tout comme les Teenage Prayers qu’il m’a fait découvrir) fait partie de ses très bons artistes durs a classer (anti folk serait infiniment réducteur), issus de la bouillonnante scène new yorkaise (Brooklyn pour être précis) qui sans obligations familiales auraient certainement depuis longtemps traversé l’Atlantique et qu’il faudra donc (pour le moment en tout cas) se contenter d’apprécier sur disque (ou via internet). Pour moi assurément un de mes 3 disques de l’année 2009 !
Style :
Rock 5 titres pour commencer a se faire une idée de l’univers calme de ce canadien devenu new-yorkais (ou plus exactement brooklynien). 5 ballades minimalistes guitare sèche et chant a moitié murmurée, a moitie fredonné avec un petit quelque chose de Richie Lee* (Acetone) dans la voix, notamment sur Steve-o’s Alphabet of Woe. Le son et le chant paraissent légèrement étouffées sur Big Fat Moon, le tout est très acoustique, et peut éventuellement faire penser a Lou Reed comme sur Unfortunately For Her. Pas si étonnant qu’il se soit retrouvé deux années de suite a l’affiche du Festival Antifolk ... Pour finir un long instrumental minimaliste intitulé Spanish Fly qui achève de nous donner envie de voir ce que ça donne sur scène, ou il se produit uniquement accompagné d’un batteur.