La soirée débute avec les
Scissor Sisters, un chanteur et une chanteuse secondés par un batteur, un bassiste et un guitariste/machiniste… Ce sont paraît-il des habitués des prestations dans les clubs, ils sont donc assez inexpérimentés en matière de concerts classiques.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils mouillent le maillot ! On a même l’impression d’avoir deux profs de fitness - pas désagréables à regarder - se trémoussant sur une électro pas très originale. Le gros problème, c’est que le monsieur, non content de se tortiller dans son Marcel moulant, s’essaye au chant ! Et hop, on a l’impression d’assister à la reformation des
Bee Gees, un groupe qu’on espérait mort et enterré !
Si cet audacieux croisement entre
Patrick Juvet,
John Travolta,
Olivia Newton John et les inénarrables frères
Gibb nous a laissés froids, de nombreuses personnes ont commencé à ressentir une forme de
Saturday night fever !
Un peu plus tard,
Death In Vegas prend un départ tonitruant avec son électro rock et ses projections perturbantes.
Richard Fearless et
Tim Holmes sirotent tranquillement des bières en faisant quelques vagues gestes en direction du public - pour la forme -, ils laissent le groupe jouer et tournent deux ou trois boutons de temps en temps… La présence scénique n’est donc pas le point fort du groupe !
La force de
Death In Vegas sur scène réside dans la puissance des compositions, tour à tour violemment électro, délicatement pop psyché ou énergiquement rock, le tout éclairé sous un nouveau jour grâce à l’écran géant où défilent des images scotchantes… Si certains sont déroutés par les titres lancinants et calmes servant d’interludes entre deux titres plus dansants, ils constituent pourtant la preuve flagrante de l’inspiration de ce groupe ! Les deux cerveaux du groupe ne se bornent pas à reproduire le même
boum boum à longueur de disques et de concerts.
L’absence des invités présents sur les disques est un peu regretable, même si leurs voix sont présentes grâce à des bandes enregistrées. On se souviendra de
Your hands around my throat joué à la fin du concert : ce titre d’électro survoltée a véritablement déchaîné les passions dans la foule…
Sans que les lumières ne se rallument et pendant que le matériel de
Death In Vegas est évacué de la scène,
2 Many Dj’s commencent leur set directement dans la fosse des photographes. Cette absence de mise en scène, assez surprenante, a au début légèrement diminué l’impact du set des deux belges, mais après… L’intégralité du public présent, 2000 personnes, est partie en vrille pendant le set de
bastard pop, d’
electro trash ou d’
electroclash made in Belgium !
Grâce leur talent unique pour mélanger l’electro, le rock, le R&B, le hip hop, le disco punk, le hard rock et autres bizarreries, les
2 Many Dj’s servent un mix brûlant à leurs fans, littéralement en transe (même dans les gradins) ! On reconnaît ici ou là,
The Stooges,
The Velvet Underground,
The Beastie Boys,
New Order,
Weezer,
Vanessa Paradis,
Guns ‘n Roses (massacré, yeah !) et plein d'autres... Tout ceci est défoncé à grands coups de beats, boosté avec des scratches et trituré par des effets divers et variés… Difficile de s’arrêter de danser avec un tel mix !
Quand on entend l’accueil réservé aux premières notes de l‘intro de
Lithium de
Nirvana et qu’on constate que sur les refrains tout le monde chante, danse et sourit, on se dit que le rock ‘n roll a un avenir radieux devant lui ! Les
2 Many Dj’s et
Radio Soulwax aussi…
(Photos : Flore-Anne Roth.)