Voici une critique brève, mais comportant la plupart des groupes présents durant les 3 jours du festival.
1er élément important, il a fait beau (juste de la flotte quand j'étais dans le métro pour y aller le vendredi) et ça c'était bien sympa et pas gagné (surtout vu le temps des jours/semaines/mois précédents).
Vendredi :
J'ai écouté quelques titres de Dinosaur Jr, ça ne m'a pas emballé plus que ça. J'en gardais pourtant un bon souvenir en CD, mais là bof.
Très bon concert de Mogwai que je connaissais très peu. Pas évident de rentrer dans leur musique dans le cadre d'un festoche, mais ça m'a bien plu.
Byffy Clyro très sympa, beaucoup plus brut de décoffrage qu'en CD. Un bon concert rock.
Emilie Simon magnifique de bout en bout (bon j'avoue je ne peux pas être objectif la concernant). Ca m'a fait super plaisir de la voir enfin.
Les Hives ont bien mis le feu. Très agréable en festival, ça bouge, ça rigole, ça met l'ambiance.
Plutôt déçu par 2 many Dj's. Pas de grand intérêt à les voir en live pour moi.
La tête d'affiche de la journée était Arcade Fire. Très bon son, setlist plutôt bien fichue. Pas mécontent de les avoir enfin vus. Un très bon groupe du reste.
Je ne suis pas resté jusqu'à la fin pour aller voir le groupe qui me plait le plus en ce moment, à savoir UNKLE. Vraiment pas déçu, bien au contraire. Ca bouge beaucoup. Un excellent concert. Ca assure carrément.
Samedi :
Les Cold War Kids, bah rien de spécial, c'est sympa sans plus.
Erik Truffaz, dans le style (jazz machin chose) s'écoutait assez agréablement.
J'ai bien aimé le concert de Jarvis, même si je conçois que pour ceux qui ne connaissent, ça puisse être dur de rentrer dedans. C'est assez lent et mélancolique. Il est bien sympa en tout cas et a terminé en reprenant Paranoid de Black Sabbath.
CSS c'était marrant sans plus.
Bonne 1ère claque avec The Jesus & Mary Chain que je connaissais peu. Très bon son, ambiance sympa, morceaux bien fichus, bref un bien bon concert.
J'étais assez mal placé pour les Rita Mistouko et passé la 1ère demie heure, ça m'a soulé, donc je me suis eclipsé. Ca devait être mieux placé plus devant.
Claque énormissime pour le dernier concert à savoir Tool. Je n'avais jamais entendu un son aussi lourd et bon à la fois. Pas de temps mort, un jeu de lumière bien foutu, des morceaux torturés à souhait. LE concert du festival pour moi et de très loin.
Dimanche :
J'ai entendu la fin de Mark Ronson et ça s'écoutait.
Kelis, vu que c'est pas ma came, ça m'a gavé.
Très bon show des Kings Of Leon que je voyais pour la 1ère fois et j'en ai été ravi.
Just Jack (que je ne connaissais pas et qui n'est pas ma tasse de thé à 1ère vue) m'a bien plu.
Excellent concert de Faithless. Ils assurent bien, ça bouge beaucoup et c'est bien sympa.
Craig Armstrong chiant à mourir (et pourtant j'ai le 1er album)
Björk, comment dire ? Alors c'est sans doute une énorme artiste, une chanteuse d'exception tout ça, mais j'ai trouvé ça bien décevant. Entourée de cuivres, il n'y a pas un autre instrumentaliste (tout est programmé sur ordi), donc c'est super lent, épuré. Chez soi, ça peut le faire, mais là dans un festival de rock, bah ça fait tâche je trouve. Ai tenu 20 minutes et même les titres que je connaissais m'ont soulé. Beaucoup de gens n'ont pas tenu longtemps non plus.
Du coup suis allé voir Enter Shikari mélange détonnant de HxC, Metal, Techno machin truc. Ils avaient la pêche. Soulant à la longue, mais excellent et original.
Donc en résumé un bon festival, un très bonne ambiance, nettement moins de monde que l'an dernier (affiche moins alléchante et temps de merde avant notamment), pas certain que ce soit bon de rester sur 3 jours (2 ça suffit). Très content de mon WE en tout cas qui m'a permis de voir des groupes que j'aime bien et d'en découvrir d'autres. Je suis même tombé sur Mareva Galenter et Jack Lang (je ne leur ai pas fait mal je pense). Ah oui, ils n'étaient pas ensemble je vous rassure.
Quatrième édition à laquelle nous assistons (sur 5, pas trop mal non ?) de ce bien beau festival de fin août qu'est Rock en Seine. Cette année son affiche paraît certes un peu moins sexy que d'habitude, un peu plus suiviste, voire un peu moins dense (puisque cela dure désormais trois jours). Quoi qu'il en soit quelques moments de vacances en plus, deux ou trois têtes d'affiches inédites, trois jours de paix et de musique, avec présence de boue certifiée et averses possibles, et enfin un séjour entre amis à Paris... ça ne se refuse pas !
On arrive sur le site au son de Rodeo Massacre qu'on a objectivement pas suffisamment vu pour en juger - Pierre ayant posté sur ce site des chroniques très différentes de celles-ci, elles les complèteront très bien notamment pour ce groupe. C'est donc Dinosaur Jr qui ouvrira le (Headbanger's) bal ! Ce combo mythique remonte aux sources du grunge (souvent crédités comme gros inspirateurs de Nirvana, avec leurs cousins des Melvins).
Comme le chanteur de ceux-ci, le gratteux a désormais les cheveux gris et n'entend probablement plus rien depuis des années à force de jouer, juste devant 6 amplis Marshall empilés, d'énormes riffs saignants et lourds pour accompagner les cris et les coups de boutoir de ses collègues. Mais leur rock très saturé et graisseux, parfois métal, est plutôt plaisant pour s'échauffer les esgourdes - au moins sont-ils les premiers à avoir joué, et en power trio comme il se doit, ce que les Foo Fighters s'échinent depuis à refaire à 4, et pas forcément aussi bien. Bon début donc !
C'est la troisième fois en un peu plus d'un an qu'on revoit l'écossais Mogwaï qui, contrairement à ce qu'affirmait lundi un de ces fameux torche-culs gratuits qui polluent nos villes et nos cerveaux, ne joue pas du rock "mollasson" (#@ù^$ !!...) mais un post-rock sauvage et beau à sa manière - loin dans les décibels, vrillant et vibrant, physique ! Ce qu'on peut certes facilement ne pas comprendre, surtout si on le découvre en plein jour et avec un son assez mal réglé comme ce vendredi... Bref Stuart Braithwaite et sa bande nous font physiquement souffrir (surtout la batterie, dont on sent qu'elle nous décolle un peu plus la plèvre à chaque toucher...), y compris sur la pourtant superbe Friend of the Night qui en ressort quelque peu déformée.
Travel is Dangerous souffre également du traitement qu'inflige Stuart à sa pauvre guitare, à 4 pattes, mais le plaisir s'instille tout de même peu à peu sur Auto Rock et d'autres titres des deux derniers albums. Et puis le son doit être meilleur un peu plus loin de la scène. Au formidable Glasgow Mega Snake final, on est bien obligé de se souvenir pourquoi on aimait tant Mogwaï sur scène comme sur ses formidables disques : c'est quand même un groupe de tels cadors... qu'on peut bien leur pardonner un concert mineur.
De toutes façon, une bière plus tard, on a rendez-vous dans un registre plus joyeux avec The Shins, dont le dernier album (le seul qu'on connaisse) est on-ne-peut-plus sympathique ! C'est d'ailleurs sur Sleeping Lessons et Australia (deux véritables Prozac sonores joliment boostés rock en live) que commence ce concert très, presque trop pro. Il est vrai que les types sont nettement plus agés que ce qu'on pensait : la voix juvénile du chanteur étant trompeuse, on n'imaginait pas ce quadra barbu qui semble tout droit sorti d'une quelconque administration kafkaïenne... Mais bon, la reconnaissance leur étant venue tardivement, c'est leur "first french festival ever" et ils ont l'intention d'en profiter !
Leur pop chaleureuse et plutôt rock'n'roll est en tout cas le cadeau idéal pour commencer à se salir sérieusement. Prenez une semaine de pluie, une grande pelouse, faites-y passer des engins de levage, puis lâchez-y quelques milliers de piétons, et vous obtenez des flaques marronnasse du plus bel effet visuel et olfactif, et de la boue gluante en quantité ! On patauge donc joyeusement au son de la jolie Phantom Limb et autres bonbons sucrés, heureux que ce groupe tienne largement ses promesses en live ! Un dernier shoot de l'exubérante Turn on Me et l'on quitte la grande scène rassérénés : oui, il y a bien des groupes qui arrivent à régler leur son ici, oui, la pop joyeuse peut ne pas être sans intérêt (référence aux pénibles Sunday Drivers vus ici, et vite oubliés depuis !)
On rejoint alors pour la énième fois déjà, mais sans déplaisir, la bionique Emilie Simon, aujourd'hui en robe blanche. Le fait qu'elle soit en plein air, en plein jour convient particulièrement peu à sa musique (bien plus adaptée en intérieur intimiste pour profiter de la douceur de sa voix... et de son physique délicieux), d'autant qu'il y a beaucoup trop de monde pour s'approcher (vive les jumelles !). Le set est donc très orienté pop-rock : Storm's coming (il fait pas un peu trop doux pour les manchots ?), la très rythmée Never Fall in Love et la toujours classe reprise d'I wanna be your dog.
On aime toujours bien ses morceaux plus électro, comme Dame de Lotus et In the Lake, où l'on retrouve ses étranges instruments (le bol d'eau où l'on farfouille, le brassard à joysticks, l'orgue Theremin etc.), et enfin un peu de douceur avec Swimming, qui apaise jusqu'aux anglais déjà un peu éméchés (et donc braillards) qui semblent composer une bonne partie de l'audience cette année ! Une nouveauté et une reprise de Peter Gabriel ne resteront pas dans les mémoires, ni ce concert un poil bancal (puisqu'amputé du côté intime qui est celui que l'on préfère chez la miss). Un bon moment quand même, gageons que les néophytes auront envie de la revoir en de meilleures conditions !
De toutes façons il est temps de faire place à notre groupe de punk'n'roll en costume-cravates scandinave & débile préféré sur disque comme sur scène : "Ladies & gentlemen, please welcome... The Haiiiiiiiïïïves" ! Starring Chris Dangerous, Dr Matt Destruction etc etc... et surtout le puissamment horripilant - et néanmoins très drôle - Howlin'Pelle Allmqvist, chanteur bondissant, mégalo et braillard qui a le chic de vous hystériser une foule comme-qui-rigole. D'autant plus facilement que le son est ici meilleur qu'aux Eurocks où ca vrillait littéralement les oreilles...
Selon un malheureux concours de circonstance (sandwich gobé cul-sec + alcoolémie dépassant le point de non-retour + amis aperçus au loin nous faisant signe + musique décérébrante), on se retrouve quasiment tout devant ! C'est donc hélas en plein maëlström pogo - et les deux pieds dans la merde - que l'on assistera, enfin que l'on tentera de survivre aux furibardes Walk Idiot Walk, No Pun Intended, à la bien nommée Tick Tick Tick Boom, à la tuerie Die, All Right qui nous permettra de hurler (Diiiiiie !!!) comme des porcs (All riiiiiiigh'!!!!) dans leur porcherie, ce que nous sommes manifestement en train de devenir - nous nous retrouverons avec des taches de boue jusqu'aux oreilles à l'issue du concert.
C'est donc tout un tas de leurs titres binaires et bonnards qui se confondent en un gribouillis indéchiffrable sur mes notes : vraisemblablement leur collection perso de bombes à sous-munitions, soit dans un ordre approximatif : Hate to say I told you So, Main Offender, Two Timing Touch & Broken Bones ... Celle-ci sera d'ailleurs jouée pendant que je chercherai partout mon K-Way collector des Eurockéennes 2000. Envolé de mon sac qui s'est mystérieusement ouvert, ce vêtement s'est retrouvé - absolument dégueu - 10 minutes plus tard dans les mains d'un quidam tout devant que j'ai failli occire (comme il a prétendu qu'il ne voulait pas le voler, je lui ai laissé la vie sauve dans le doute !).
Pendant ces minutes pénibles, insensible à mon angoisse et comme à son habitude, le déplorable Mr.Allmqvist chante à moitié faux, harangue le public, se prend pour un dieu, grimpe aux montants de la scène ou dans les premiers rangs, sort de nouveaux titres de l'album à paraître (apparemment aussi stupides et parfaits que les précédents), ou dégaîne l'extraordinaire A.K.A. Idiot comme si ça n'allait pas aggraver encore l'espèce de baston qui se déroule sous ses pieds depuis le début (voir les vidéos par ailleurs au bas de cette page) bref, il nous rend complètement fadas. On ressort de là exsangues, aphones, hilares (surtout celui d'entre nous qui a touché une partie du chanteur) alors avouons-le : pour nous ce concert fut le plus jouissif de la journée, parole de festivaliers éméchés...
C'est donc du stand des rafraîchissements qu'on profitera du set toujours inspiré des 2 Many DJ's, déjà croisés en festival par le passé. Certes le deux deejays ne sont rien de plus que d'habiles bidouilleurs, leurs remixes ne sont même pas toujours très efficaces (car souvent très peu modifiés - un titre de Justice passé presque intact par exemple). Mais leur light show soigné et certains de leur mash-ups électrisent le public juste à point, comme par exemple un excellent match Rita Mitsouko vs Daft Punk. Au fait, profitons-en donc pour dire que les Hives n'ont jamais sorti de live en CD, mais que quelqu'un les a "accidentellement" enregistrés quand ils ont joué à Sidney en mars de cette année, et que c'est juste une tuerie totale (mais je ne vous ai rien dit...).
On retrouve pour finir ce bien joli vendredi, le meilleur groupe de rock du moment (comme on dit dans la presse spécialisée) pour la deuxième fois ici, et pour la troisième fois (!) cet été après Belfort et Nîmes : les orchestrales manoeuvres dans le sombre de The Arcade Fire ! Du coup plus grand chose à raconter, c'est comme s'il fallait raconter trois fois le même film, les mots finissent par manquer : superbe, foutraque, magique, entraînant, bouleversant même...
Ils déploient leur attirail d'instruments plus ou moins incongrus, leur orchestre bancal et anarchique en apparence, leurs chansons déglingués et finalement harmonieuses comme par miracle, et comme à chaque fois on envie terriblement les gens qui les découvrent, languissants sur Ocean Of Noise, pétaradants sur Rebellion (Lies) et fervents comme au premier jour sur Neighborhood I... Ces musiciens collectivement parfaits jouent (hélas) un peu toujours la même set-list : Keep the Car Running, No Cars Go, Haïti, NeighborHood 2, les très beaux titres de Neon Bible comme Black Waves/Bad Vibrations ou la vibrante et sublime Intervention ; ou encore Neon Bible et l'Antichrist Television Blues. Titres qui ont apparemment le chic d'agacer des athées bornés, comme si les musiciens chrétiens n'étaient pas parmi les plus fervents et les plus inspirés : voir les oeuvres totalement cul-bénites et pourtant ô combien passionnantes de Johnny Cash, David Eugene Edwards etc. !.
Bref, l'apothéose est comme chaque fois atteinte sur l'enchaînement triomphal NeighborHood 3 / Wake Up, lorsque les néons rouges passent au bleu et que Régine, Win, Richard, Marika, Kelly et les autres nous quittent, une fois de plus heureux et grisés, leur messe dite. Au final, de nos 4 concerts de ce groupe, celui concluant les Eurockéennes de Belfort 2007 reste tout de même le plus mythique, grâce à une pluie qui en avait fait un trip magique - il n'empêche, The Arcade Fire est un groupe qu'on espère revoir encore et encore à l'occasion de leurs futurs albums... On quitte le site ivres (et par là-même, à peu près ruinés) mais guillerets - l'expérience est concluante y compris pour ceux qui viennent ici pour la première fois !
Les divers endroits visités ensuite (soit deux lignes de métro et un fast food dévalisé à l'autre bout de Paris) seront par contre copieusement maculés de cette boue collante et nauséabonde si caractéristique du site et, il faut l'avouer, nettement moins photogénique que celle, plus ferrugineuse et donc d'un très joli rouge brique, des Eurockéennes de Belfort.
Comme on pouvait s’y attendre cette dernière journée fut la plus réussie et aussi la plus crevante !
Ca commence tranquille avec The Film qui jouent dans un chapiteau bien trop grand pour leurs style et ambitions : au Café Julien l’an dernier ce fut explosif, ici c’est juste correct, malgré une énergie indéniable.
Certains morceaux passent bien, comme « Top of the hopes » et leur single « Can you touch me ? », les riffs et les louches de saxo sont là, le peu de gens présents apprécient.
Sous le petit chapiteau, on va voir quelques morceaux de Psykick Lyrikah, le groupe de rap Rennais estampillé intello. Les ambiances saupoudrées de bons scratches distillées par le dj sont intéressantes, par contre le mc a un flow très monotone pour ne pas dire ennuyeux. On décroche assez vite.
Le set de Château Flight n’est guère plus passionnant, l’invité vaguement prestigieux Burgalat est aux abonnés absents, le claviériste moog et le flûtiste sont un peu là pour faire joli alors que les dj balancent une house pas désagréable mais anodine, genre musique papier peint qui passe sur certaines radios, du coup comme on a le choix ben on zappe.
Whomadewho est le bon plan sur la scène d’a coté, ces Danois font danser avec des morceaux punk funk aussi simples qu’irrésistibles. Les samples sont utilisés à bon escient, les lignes de basse ultra efficaces, le guitariste à moustache assure. Deux reprises pimentent le tout, « Flat beat » de Mr Oizo et « Satisfaction » de Benny Benassi dans une version rock qui déchaînent un public déjà enthousiasmé. Leur album sorti chez Gomma vaut également le détour, ne le ratez pas.
Les Chiliens de Panico jouent une musique assez similaire mais leur chanteur en fait un peu trop dans le genre « j’ai pris des drôles de trucs backstage », on y croit moyen. Quelques morceaux pas mal cependant comme «Lupita » ou le brut de décoffrage « Que pasa wei » et pour les males aux premiers rangs, une bassiste fort charmante, c’est déjà ça.
Pas pu suivre le dj set de Riton, le peu que j’ai entendu était d’obédience électro pop avec un « Funky town » aussi inattendu qu’apprécié par une foule compacte.
L’évènement pour les amateurs de rock indé résidait en la venue de dEUS et ceux-ci n’ont pas déçu, malgré un dernier album très inférieur à ses prédécesseurs. Sur scène c’est une autre histoire, le groupe de Tom Barman alterne moments de tension et décharges électriques efficaces. Les vieux fans se régalent avec les classiques « Instant street », « Fell off the floor man » et au rappel le rageur « Suds and soda ». Set néanmoins assez court festival oblige.
C’est avec d’autres belges que nous terminons sur les rotules, les 2 Many Dj’s qui n’avaient bizarrement jamais foulé le sol Marseillais malgré leur succès planétaire. Prenant à contre-pied l’option tout guitares de la soirée ils livrent un mix beaucoup plus électro que leur tournée de 2003, avec quelques clins d’œil rock (« Sergent Pepper », « Song 2 », « Les cactus »…) dynamités par des beats qui tapent fort, très fort.
On reconnaît Laurent Garnier, Mu, Technotronic ( !), Vitalic, Miss Kittin, Tiga et son addictif « You gonna want me » habilement enchaîné avec la nite version de leur « E-Talking » sorti sous l’identité Soulwax mais le reste est plus pointu. Inutile de préciser que le triomphe est au rendez vous alors que les frêres Dewaele laissent à Agoria et Jack de Marseille le soin d’achever les clubbers les plus avertis.
Seconde soirée plus rock et électro du festival de Marsatac. Toujours autant de monde (enfin, surtout après la fin du match de l'OM, on est à Marseille, quand même), toujours un son très bon, mais sur scène, et contrairement à la vielle, c'est surtout dans la grande salle que tout s'est joué...
En général à la seconde journée d'un festival, nous ne sommes plus dans les mêmes dispositions. On connaît les lieux, les petites astuces (comme les bars qui font bière et ceux qui n'en font pas, le bon timing pour aller pisser sans attendre 2 heures comme des cons en file indienne,etc...), on est plus à l'aise en somme. Tout cela nous rend beaucoup plus disponible pour la musique et curieusement beaucoup plus exigeant, vous ne trouvez pas ?
J'arrive à peine 5 minutes avant que ne débute le set de Château flight sous la grande tente. L'un à la batterie, l'autre devant son ordi, Burgalat annoncé n'est pas là (je ne pense pas pour autant que cela aurait changé grand chose)...Le son est énorme, carré. l'ordi balance des basses, la batterie joue de la cymbale, un flutiste vient faire un morceau dans le style Saint-Germain (mais bien en-dessous quand même)
Voilà tout est dit, on est dans l'électro de masse qui fait des bonds et des rebonds et des bons et des rebons et on se casse.
Hop, petite tente et là, grosse claque...Les 3 Anglais de Riton (basse, guitare, batterie) sont sur scène et ça balance dans un rock basique avec des riffs qui donnent envient de sauter en verticalité, en bougeant juste un peu la tête en rythme et les épaules un chouia aussi...allez et puis, on lâche le bassin et nous voilà bientôt libéré dans une danse effrénée...On pense très fort aux sautillants Hot Hot Heats, aux !!!, et puis aussi à...Gert Muller...Car le guitariste qui ne cesse de sautiller dans tous les sens porte un maillot de foot blanc très seventies et surtout une énorme moustache...Messieurs, c'est la dernière mode à Londres...Va falloir s'y faire...Premier coup de chaud de cette soirée
On les quitte un peu avant la fin pour filer dans la grande tente et découvrir la soi-disante dernière hype parisienne (aï,aï). Panico, soit un combo de chiliens émigrés à Paris...Bon, moi aussi j'ai pensé à ces indiens en pancho qui jouent de la flûte dans les rues...
Mais, je me demande si finalement, c'est pas mieux que leur copains qui se la pêtent sur scène... On entend dans leur musique tout le rock alternatif depuis 10 ans (surtout les Pixies) mais c'est tout. Ils ont du avoir une mauvaise digestion ces jeunes gens. Et puis surtout, la voix de leur chanteur est insupportable, ce qui est quand même très gênant au final...D'ailleurs, je n'ai pas été le seul à quitter rapidement la salle...C'était ça ou je montais sur scène pour leur casser la gueule tellement ils m'ont énervé avec (en plus du reste) leur pose de "je me la pête à Paris et je suis hyper sûr de moi" (pas de problème, peuvent continuer là-bas)
Bon, là, faut que je vous raconte. Au J4, l'endroit du festival, on est face au port passagers, port justement en grève car les gars de la SNCM ont bloqué leurs navires à quai pour protester contre une trop problable privatisation (et ce qui s'ensuit en général...suppression d'emploi, augmentation des tarifs, diminution de la qualité du service à bord, économie sur l'entretien et dans quelques années...un gros accident genre l'eau qui entre partout...)
Alors, je ne sais pas si l'ambiance un peu révoltée de l'autre côté du grillage de séparation a influencé les gens du festival, mais à un moment, une trentaine de mecs, n'en pouvant plus d'attendre dans les files qu'un toilette se libère, se sont révoltés.
Ils se sont mis à courir sur le côté et à pisser tous en rang contre le grillage. Ils ont bientôt été rejoints par d'autres (donc moi) ce qui faisait que l'on était bien 50 à montrer notre quêquête enflée de bière au pauvre vigile et son chien qui ne savait plus vraiment quoi faire...fin de l'anecdote.
A nouveau plus léger, on reprend le chemin de la petite tente pour aller découvrir WhomadeWho, un trio danois déjanté dont tout le monde parle sur le site....Mais, on voit juste un blond en tunique rouge au platine avec un son électro très convenu...Déception, j'imagine que le groupe s'est décommandé à la dernière minute...Pas d'explication, tant pis, on reprend une bière...Et puis une autre aussi...Faut se mettre au diapason car la suite sera 100% Belge...
Finalement, on a tout le temps de se caler à proximité de la scène pour voir la tête d'affiche de cette soirée, dEUS. Comme l'écrivait Pierre pour leur concert voici 2 jours à Clermond, leur set est simplement parfait.
Ils commencent avec 3 morceaux de leur nouvel album, qui passent encore mieux en live, et puis Tom Barman prend une guitare sèche en entame l'héroïque Instant Street. Et là, le concert bascule vraiment dans la folie. Un pogo s'organise en bas et sur scène, les musiciens s'éclatent, surtout en enchaînant avec Fell on the Floor Man et Them form Turnpike. Après, ils peuvent bien reprendre des morceaux de Pocket revolution, il auraient repris Dalida c'était pareil ... C'était simplement le feu...
Et cela n'a duré qu'une heure avec un petit rappel...Le temps d'en prendre plein la tête, de mouiller le maillot et de se dire qu'ils n'ont rien perdu durant le break de 6 ans...On ira vérifier dans quelques semaines que l'autre moitié du Groupe, le guitariste Stef Kamil Carlens vieilli aussi bien. Il passe avec son groupe Zita Swoon au Poste à Galène le 14 octobre, me semble-t-il.
On ressort de la tente, la "place" est noire de monde.
Dans la petite tente, Kenny Larkin a commencé son set. On nous promettait un son de Détriot moins techno, plus aventureux (jazz, blues...)...Bon va falloir s'entendre sur le thème aventureux car ce que j'ai entendu, c'était quand même bien les usines de Général Motors...J'avoue n'être pas resté très longtemps, donc ce jugement à prendre avec des pincettes...
Ce qui est bien avec l'électro, c'est que le changement de plateau ne prend pas trop de temps...Après les Anversois, voici donc rapidement venu l'heure des Frères gantois de 2 many DJS. La foule se regroupe dans la grande tente et c'est parti pour 2 heures de mixes endiablés. La première heure, c'est de la bonne grosse électro de boite de nuit avec des montées et des descentes tout ce qu'il y a de plus reglementaires...Mais comme c'est vraiment bien fait, on se laisse prendre au jeu...Puis les frères Dewaele commencent à fouiller vraiment dans leurs vinyles et nous sortent un peu de tout...de la dance des années 80, du rock des 70s...On reconnaît les chansons sans être vraiment capables de mettre un nom dessus...Mais que c'est bon de pouvoir se défouler sur ce genre de musique qui nous ôte tout a priori! C'est vraiment l'hédonisme total !!!
Seul petit bémol, ce grand tambouille belge qui aurait quand même mérité un peu plus de dynamisme dans le mix...
J'avoue ne pas être resté jusqu'à la fin du set car à force de me reposer sur un seul genou, le valide a fini par céder dans le pogo de dEUS...Moi voilà ainsi clopi clopant à rentrer chez moi à 3 heures du mat...
In fine, je pense que Marsatac, avec cette édition, a franchi un nouveau palier. La programmation variée, exigante et équilibrée a fini par fidéliser un public de plus en plus nombreux (surtout depuis que le petit Alek a rejoint la bande)...Donc, comme chaque année, j'ai envie de dire, on félicite les organisateurs et on leur souhaite de récupérer et bien du courage pour trouver un endroit pour l'année prochaine...
Capitale du cinéma mondial pendant une quinzaine au printemps, Cannes accueillait en ce week end estival la fine fleur des musiques éléctroniques, qu'elle soit mélées au jazz, au rock ou au funk. Cette 2ème édition alignait une brochette d'artistes scèniquement rares ou très en vue, dans un cadre nickel.
Samedi :
Ca commence avec les lyonnais de Mei Teï Sho qui nous servent un reggae assez sombre et hypnotique, servi par une batterie métronomique et hanté par un chanteur toaster qui lutte comme il peut pour faire bouger les premiers (pas très nombreux) arrivés. Pas vraiment ma tasse de thé mais un warm up efficace par un groupe émerite qui fait souvent mouche.
Mention au dj qui s'occupait de faire patienter pendant les changements de plateau, toujours très pointu dans ses choix. La suite est très funky et chic avec des anglais épatants, le Quantic Soul Orchestra, ils sont une bonne dizaine sur scène, impeccablement habillés et présentés par un meneur enthousiasmant avec des "Ladies and gentlemen" de rigueur. Quelques instrumentaux et d'autres morceaux chantés par une diva blonde très à l'aise et pleine d'énergie comme sur une reprise de "Hold it down" de 4 Hero. Sans conteste un des concerts les plus classes que j'ai eu l'occasion de voir cette année, une entreprise jouissive de dépoussièrage d'un genre plus samplé que joué de nos jours, à découvrir absolument.
Mr Scruff est la tête d'affiche de ce premier soir, et nous convie à un dj set espiègle puisant dans la musique black au sens large, du jazz au funk en passant par le hip hop (avec des bombes de Ugly Duckling et Dizzee Rascal entre autres) et ses propres morceaux à lui qui sont un peu un mélange de tout ça comme sur ses classiques à lui "Spandex man" et surtout ce swing des temps modernes qu'est "Get a move on" qui fait toujours son effet. On appréciera également les dessins animés faits maison qui étaient projetés pendant que le Mancunien ballançait ses sons.
Dimanche :
2ème soirée plus calme avec en ouverture les Suédois de Koop qui donnent dans le jazz classieux avec de très discrètes touches trip hop. Pas grand chose à signaler, c'est plaisant, bien joué, parfois un peu trop lisse mais la chanteuse asiatique Yukimi Nagano insuffle charme et vie à pas mal de titres comme ce "Summer sun" aux délicieux accents bossa nova.
Avec une formation nommée Crazy Penis on pouvait s'attendre à quelque chose de plus déjanté que cette house poppy assez inoffensive, agréable mais pas transcendante. La chanteuse bouge bien du popotin, l'alliance des boucles et de percussions fonctionne bien mais il manque ce brin de folie qu'on aime chez Moloko auquels on pense à plusieurs reprises. Enfin je dis ça mais en grand fan de disco (on ne se refait pas) j'ai bien dansé, mais on était pas nombreux dans le même cas, beaucoup étaient assis ce qui est un peu un comble pour ce genre de concerts.
La plupart étaient visiblement venus pour Matthew Herbert et son Big Band qui nous ont gratifié d'une prestation étonnante entre musique de cabaret et experimentations soniques. Comme à son habitude de ne pas utiliser les musiques des autres, il sample et rejoue des bruits divers comme le déchirement d'un journal ou des onomatopées. Allié à la grandiloquence de l'orchestre qui devait compter une bonne quinzaine de musiciens. Le résultat est saisissant et il se passe toujours quelque chose et ceux qui suivent les efforts discographiques auront la joie d'entendre des versions réarrangées pour l'occasion de "Café de Flore" (avec ses notes sublimes d'accordéon) et la présence de son égérie Dani Siciliano qui illumina plusieurs chansons dont "The audience". Un grand moment.
Contraste absolu en rentrant à l'hôtel (à Cannes La Bocca) avec un dénommé Gerard Sinclair qui nous a bien fait rire avec son groupe approximatif, ses danseuses en bikini qui se trémoussaient sur des reprises zouk ou variété involontairement comiques, un saxophoniste qui joue "Chihuahua" pendant la présentation et des répliques navrantes ("Pour ceux qui ont pas la tv, ça s'appelle star academy", "vous en voulez encore ? eh ben écrivez au maire !"). Un autre monde, vraiment.
Lundi :
Dernier soir en ce qui me concerne bien que le festival se poursuivait le lendemain avec Tony Allen et Mamout Ahmed entre autres. Ce troisième plateau est celui qui a rassemblé le plus de monde et ce dès le premier concert, en l'occurrence le Japonais Zongamin qui a agréablement surpris. Son album était déjà très bon, mais en live c'est encore mieux, avec une section rhythmique canon, c'est à la fois rock et funky, majoritairement instrumental, très accrocheur et tubesque ("Serious trouble", "Spiral" et "Tunnel music" font remuer presque instinctivement la foule) sauf à la fin où un drôle de chanteur cagoulé en survet' cuir vient dynamiter "Whisplash" et la reprise imparable du "Make it happen" de Playgroup. Excellent.
Blackstrobe n'est pas aussi constant dans cet exercice perilleux qu'est la retranscription d'une musique plutôt electro avec des instruments mais, c'est pas mal non plus. Ivan Smagghe lance des sons trafiqués pendant qu'Arnaud Rebotini impose sa voix d'outre tombe son style gothique à la Sisters of Mercy, sur certains morceaux comme "Innerstrings" ou "Me + Madonna" (leur tube) ça rend bien, sur d'autres ça fait un peu forcé, et ça n'a pas manqué d'en dérouter la plupart, dommage.
De toute façon, il n'y en avait ce soir que pour nos amis belges les 2 Many Dj's qui ont encore une fois mis le feu avec leur cocktail explosif de rock electro rap mélant gros tubes récents ("House of jealous lovers" des Rapture, "Emerge" de Fischerspooner, "Seven nation army" des White Stripes, "Beat connection" de Lcd soundsystem, "Bucci Bag" de Andrea Doria ...), vielles scies indémodables (de Nirvana à House of Pain en passant par le génial "Wordy rappinghood" des Tom tom club) et grands écarts jouissifs (qui d'autres qu'eux oseraient mixer le "Got your money" de Old dirty bastard avec..."Cargo de nuit" d'Axel Bauer ?) pendant plus de deux heures de ce qu'ils aiment à décrire comme de la musique qui a des couilles comme par exemple parmi tant d'autres le déjanté "Art star" des Yeah yeah yeahs ou "I don't give a fuck" de Peaches (des filles qui en ont).
Certes tout ça n'a pas grand chose d'original, l'amateurisme punk revendiqué des frêres Dewaele donne parfois l'impression de facilité, mais fuck it, quand il s'agit de se défouler ces "2 many clichés" sont toujours aussi bons. Réagir à cette critique