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Quantic Soul Orchestra, Koop, Zongamin, Matthew Herbert Big Band, Blackstrobe, 2 many dj's...(Festival Pantiero 2003)

Esplanade Pantiero, Cannes   16.17.18 Aout 2003

Concert à ne pas manquer

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    Capitale du cinéma mondial pendant une quinzaine au printemps, Cannes accueillait en ce week end estival la fine fleur des musiques éléctroniques, qu'elle soit mélées au jazz, au rock ou au funk. Cette 2ème édition alignait une brochette d'artistes scèniquement rares ou très en vue, dans un cadre nickel.

    Samedi :

    Ca commence avec les lyonnais de Mei Teï Sho qui nous servent un reggae assez sombre et hypnotique, servi par une batterie métronomique et hanté par un chanteur toaster qui lutte comme il peut pour faire bouger les premiers (pas très nombreux) arrivés. Pas vraiment ma tasse de thé mais un warm up efficace par un groupe émerite qui fait souvent mouche.

    Mention au dj qui s'occupait de faire patienter pendant les changements de plateau, toujours très pointu dans ses choix. La suite est très funky et chic avec des anglais épatants, le Quantic Soul Orchestra, ils sont une bonne dizaine sur scène, impeccablement habillés et présentés par un meneur enthousiasmant avec des "Ladies and gentlemen" de rigueur. Quelques instrumentaux et d'autres morceaux chantés par une diva blonde très à l'aise et pleine d'énergie comme sur une reprise de "Hold it down" de 4 Hero. Sans conteste un des concerts les plus classes que j'ai eu l'occasion de voir cette année, une entreprise jouissive de dépoussièrage d'un genre plus samplé que joué de nos jours, à découvrir absolument.

    Mr Scruff est la tête d'affiche de ce premier soir, et nous convie à un dj set espiègle puisant dans la musique black au sens large, du jazz au funk en passant par le hip hop (avec des bombes de Ugly Duckling et Dizzee Rascal entre autres) et ses propres morceaux à lui qui sont un peu un mélange de tout ça comme sur ses classiques à lui "Spandex man" et surtout ce swing des temps modernes qu'est "Get a move on" qui fait toujours son effet. On appréciera également les dessins animés faits maison qui étaient projetés pendant que le Mancunien ballançait ses sons.

    Dimanche :

    2ème soirée plus calme avec en ouverture les Suédois de Koop qui donnent dans le jazz classieux avec de très discrètes touches trip hop. Pas grand chose à signaler, c'est plaisant, bien joué, parfois un peu trop lisse mais la chanteuse asiatique Yukimi Nagano insuffle charme et vie à pas mal de titres comme ce "Summer sun" aux délicieux accents bossa nova.

    Avec une formation nommée Crazy Penis on pouvait s'attendre à quelque chose de plus déjanté que cette house poppy assez inoffensive, agréable mais pas transcendante. La chanteuse bouge bien du popotin, l'alliance des boucles et de percussions fonctionne bien mais il manque ce brin de folie qu'on aime chez Moloko auquels on pense à plusieurs reprises. Enfin je dis ça mais en grand fan de disco (on ne se refait pas) j'ai bien dansé, mais on était pas nombreux dans le même cas, beaucoup étaient assis ce qui est un peu un comble pour ce genre de concerts.

    La plupart étaient visiblement venus pour Matthew Herbert et son Big Band qui nous ont gratifié d'une prestation étonnante entre musique de cabaret et experimentations soniques. Comme à son habitude de ne pas utiliser les musiques des autres, il sample et rejoue des bruits divers comme le déchirement d'un journal ou des onomatopées. Allié à la grandiloquence de l'orchestre qui devait compter une bonne quinzaine de musiciens. Le résultat est saisissant et il se passe toujours quelque chose et ceux qui suivent les efforts discographiques auront la joie d'entendre des versions réarrangées pour l'occasion de "Café de Flore" (avec ses notes sublimes d'accordéon) et la présence de son égérie Dani Siciliano qui illumina plusieurs chansons dont "The audience". Un grand moment.

    Contraste absolu en rentrant à l'hôtel (à Cannes La Bocca) avec un dénommé Gerard Sinclair qui nous a bien fait rire avec son groupe approximatif, ses danseuses en bikini qui se trémoussaient sur des reprises zouk ou variété involontairement comiques, un saxophoniste qui joue "Chihuahua" pendant la présentation et des répliques navrantes ("Pour ceux qui ont pas la tv, ça s'appelle star academy", "vous en voulez encore ? eh ben écrivez au maire !"). Un autre monde, vraiment.

    Lundi :

    Dernier soir en ce qui me concerne bien que le festival se poursuivait le lendemain avec Tony Allen et Mamout Ahmed entre autres. Ce troisième plateau est celui qui a rassemblé le plus de monde et ce dès le premier concert, en l'occurrence le Japonais Zongamin qui a agréablement surpris. Son album était déjà très bon, mais en live c'est encore mieux, avec une section rhythmique canon, c'est à la fois rock et funky, majoritairement instrumental, très accrocheur et tubesque ("Serious trouble", "Spiral" et "Tunnel music" font remuer presque instinctivement la foule) sauf à la fin où un drôle de chanteur cagoulé en survet' cuir vient dynamiter "Whisplash" et la reprise imparable du "Make it happen" de Playgroup. Excellent.

    Blackstrobe n'est pas aussi constant dans cet exercice perilleux qu'est la retranscription d'une musique plutôt electro avec des instruments mais, c'est pas mal non plus. Ivan Smagghe lance des sons trafiqués pendant qu'Arnaud Rebotini impose sa voix d'outre tombe son style gothique à la Sisters of Mercy, sur certains morceaux comme "Innerstrings" ou "Me + Madonna" (leur tube) ça rend bien, sur d'autres ça fait un peu forcé, et ça n'a pas manqué d'en dérouter la plupart, dommage.

    De toute façon, il n'y en avait ce soir que pour nos amis belges les 2 Many Dj's qui ont encore une fois mis le feu avec leur cocktail explosif de rock electro rap mélant gros tubes récents ("House of jealous lovers" des Rapture, "Emerge" de Fischerspooner, "Seven nation army" des White Stripes, "Beat connection" de Lcd soundsystem, "Bucci Bag" de Andrea Doria ...), vielles scies indémodables (de Nirvana à House of Pain en passant par le génial "Wordy rappinghood" des Tom tom club) et grands écarts jouissifs (qui d'autres qu'eux oseraient mixer le "Got your money" de Old dirty bastard avec..."Cargo de nuit" d'Axel Bauer ?) pendant plus de deux heures de ce qu'ils aiment à décrire comme de la musique qui a des couilles comme par exemple parmi tant d'autres le déjanté "Art star" des Yeah yeah yeahs ou "I don't give a fuck" de Peaches (des filles qui en ont).
    Certes tout ça n'a pas grand chose d'original, l'amateurisme punk revendiqué des frêres Dewaele donne parfois l'impression de facilité, mais fuck it, quand il s'agit de se défouler ces "2 many clichés" sont toujours aussi bons.

    Signature : Sami
    le 20/08/2003
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