 | FM + Catherine Ringer - 17 Juillet 2008 - Les Voix du Gaou - Six Fours les plages  Je ne regrette pas mes trois quarts d'heure de trajet, adossée à la porte des toilettes du TGV direction la presqu'île du Gaou où nous attend Catherine Ringer , la charismatique auteur-compositeur-interprète des Rita Mitsouko avec ses 28 ans de carrière. Et c'est en hommage à Fred Chichin son compagnon de vie et de scène, décédé il y a huit .../...
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Je ne regrette pas mes trois quarts d’heure de trajet, adossée à la porte des toilettes du TGV direction la presqu’île du Gaou où nous attend Catherine Ringer , la charismatique auteur-compositeur-interprète des Rita Mitsouko avec ses 28 ans de carrière. Et c’est en hommage à Fred Chichin son compagnon de vie et de scène, décédé il y a huit mois, qu’elle poursuit sa tournée alors interrompue, faisant vibrer sa voix avec d’autant plus d’émotion, une Rita pour un Mitsuko.
Après avoir franchi une centaine de barrages policiers (je confesse ici une probable démesure, Marseille oblige..), je me retrouve en mode pinte écumeuse les pieds dans l’eau à sagement guetter mon heure, cernée par de cigales champêtres gravitant sur un horizon carte postale ; ça change des festivals-gymnase à l’arrière-goût de sueur. Ma bouteille d’eau sans bouchon (alerte triple rouge pour plan vigipirate _on n’est jamais trop prudents..), je longe le sentier de la presqu’île avec mes quelques 900 compagnons-randonneurs, et ancre mes tongs sur un bout de pinède sableuse. Ma bouteille d’eau tombe, son bouchon qui se trouve dans la poche du vigil à l’entrée n’a donc pu stopper l’hémorragie. Le bar refile de l’eau payante et la pinte écumeuse s’enflamme, version ‘ici, c’est pas un PMU à Créteil, OK ?!’. Bref, cale sèche et poireautage sur gravillons le temps que les 150 personnes du staff spécialisées ‘régie plateau’ finissent de lustrer les planches.
Arrive FM , alias François Maurin, première partie apparemment choisie par Catherine. Quintet de cordes & cuivre intimiste sur fond de reprises improbables, de Blondie à Madonna en passant par The Cure . Deux violons et un violoncelle aux cordes frôlées, un trompettiste et notre chanteur en costume et guitare. Le voilà qui tente quelques traits d’humour un peu gauche, qui le rendent tout à coup très solitaire, et ravi de profiter du public de Dame Ringer , ne parvient plus à quitter la scène. « Allez monsieur, il faut y aller maintenant ; vous ne pouvez pas rester là »..
F.M. n’était pas le summum de la super éclate et de la marrade à grands coups de claques dans le dos, et le public trépignant le sable applaudit avec politesse. Ce n’était peut-être pas la première partie d’ambiance idéale pour Catherine Ringer ; à revoir dans un autre contexte.
Les fans de longue date s’impatientent, les fausses alertes se succèdent ; en faim, les projecteurs s’éteignent de concert ; Catherine Ringer et ses musiciens entrent en piste. En habits couleur locale (toute de bleu vêtue), une longue natte noire -que coiffe tout de même un chapeau excentrique- Catherine Ringer nous observe, à la fois enjouée et émue. « Fred est peut-être dans le coin ; ce soir, c’est pleine lune » et le « aouh » du chien-loup salue les anges.
Auréolée par le groupe qu’elle avait constitué avec Fred pour leur dernier album ( Variety ) –on notera la splendide harmonie entre la couleur rouge du clavier et la chemise rouge de son pianoteur- Catherine évolue au creux de son univers fantaisiste, dans un ballet à la fois provocant et aérien, tout en rage gracieuse, ondulant son corps esquinté de spasmes. Catherine danse, twiste, pousse les murs et rêve à grand fracas, dans une énergie contagieuse. Poupée de cire, poupée de son ; débordante, belle et touchante.
Catherine enrichit son répertoire Mitsoukien de ses diverses influences musicales, comme l’artiste italienne Mina Mazzini , le groupe Mink DeVille , un des précurseurs de la scène punk-rock américaine, ou encore David Bowie ( Red Sails) et le Velvet ( After hours ), qu’elle reprenait déjà au tout début avec Fred sur des scènes alternatives. Catherine dégaine l’harmonica pour ‘L’ami ennemi’ et la guitare sèche pour ‘Marcia Baila’ . L’émotion est palpable, l’atmosphère est à la tendresse et la mélancolie : ‘Ma vieille ville’ , ‘Les amants’, et ‘Live in Las Vegas’ qu’elle chante abritée dans l’ombre d’un haut de forme ...et pourtant la magie opère, le show flambe, enlevé comme un véritable hymne à la vie et à sa pétillante mosaïque que le deuil peine à ternir.
Catherine sourit. Trois salutations théâtrales pour trois rappels en forme d’ovation. Catherine sourit. A mes pieds, quelques enfants dorment ; leurs parents s’enlacent, tendrement.
Un ange passe.
Photos : Adeline F.
http://www.flickr.com/photos/adelineferrante/sets/72157606261287933 Réagir à cette critique |
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