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Mercredi 16 mai 2012 : 10149 concerts, 20868 critiques de concert, 4716 critiques de CD.

Grinderman, vos critiques de disques


pour Grinderman en concert

Grinderman Pop - Rock


Passionnant side-project de Nick Cave (sans ses habituels Bad Seeds), pour lequel il s'est enfermé dans un garage avec d'autres bêtes hirsutes, afin de (re)jouer un rock hargneux, râclé jusqu'à l'os, tour à tour malsain ou drôle, en tout cas fascinant. Grinderman, c'est Nick Cave, Warren Ellis, Martyn Casey et Jim Sclavunos. Le deuxième volet de leurs aventures, Grinderman 2 vaut le détour !
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Artiste : Grinderman (Nick Cave)  Titre : Grinderman 2
Style : Pop - Rock / GarageBluesPunk
Grinderman (Nick Cave) - Grinderman 2Deuxième volet des aventures de Grinderman, le très justement nommé Grinderman 2 est l'occasion de vérifier une fois de plus l'inoxydable forme de Nick Cave lorsqu'il évolue avec ses acolytes aux manières d'hommes des cavernes/garagistes bruyants... Bonne nouvelle, la troupe de vieux briscards particulièrement énervés fait toujours de brillantes étincelles avec le blues concassé, le rock 'n roll sauvage et le punk déstructuré, même s'il n'y a pas de tubes radiophoniques à l'horizon (ce qui aurait été bizarre connaissant les réputations sulfureuses de Nick Cave, Warren Ellis, Martyn P. Casey et Jim Sclavunos, cf leurs concerts en forme d'odes à la violence !). Le single choisi, le maléfique Heathen Child, donne très bien le ton, ne trompant pas le futur auditeur de l'opus entier sur « la marchandise » ; ici on pratique le rite vaudou avec des instruments de musique, le vacarme stoogien, les brisures soniques et les giclées électriques limite sataniques. C'est clair, Grinderman 2 est un album extrémiste et revêche avec une seule petite caresse (la violence sourd même dans les titres - faussement - lancinants comme What I Know et When My Baby Comes) : le très pop Palaces Of Montezuma. A part cette brève accalmie (très réussie !), Nick, Warren, Martyn et Jim défouraillent à tout va : l'homme au micro rugit comme un prédicateur pris de fréquentes crises de démence, la basse gronde méchamment, le violon velvetise à souhait, la batterie martèle un rythme invitant à rentrer en transe avec cette étrange secte et la guitare cherche des tonalités inédites entre dissonance délétère et rock primitif. Quand Nick Cave vomit sa haine du consensus mou avec l'énergie du désespoir (sur Mickey Mouse And The Goodbye Man, Evil, Worm Tamer, Bellringer Blues, Kitchenette et consorts), il met une méchante raclée à la plupart des petits jeunes qui essaient de le singer ! Et c'est tout à fait ce que l'on attendait de lui !

Liens : www.grinderman.com, www.myspace.com/grinderman, www.facebook.com/grinderman, www.nickcaveandthebadseeds.com, www.myspace.com/nickcaveandthebadseeds, www.muzu.tv/grinderman (vidéo de Heathen Child).

13 septembre 2010 (Mute)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
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Artiste : Grinderman (Nick Cave & Co)  Titre : Grinderman
Style : Pop - Rock
Grinderman (Nick Cave & Co) - GrindermanNick Cave est apparu dans notre vie en 1987, dans le film Les Ailes du Désir : l'irruption de deux chansons de rock déglingué et rageur (lancinantes From Here to Eternity et The Carny) joué par un grand type maigre au visage émacié, fut un choc artistique frontal dans notre univers depechemodisé ! Depuis ce temps et avec une formation variable autour de lui (généralement appelée The Bad Seeds et organisée autour du fidèle guitariste Mick Harvey), le dandy sort régulièrement des albums de pop-rock sombre, lunaire et débraillé, qu'attendent ses fans peu nombreux mais fidèles, dont on fait plus ou moins partie.
A vrai dire on avait surtout été frappé par le diptyque Murder Ballads / The Boatman's Call, sortis l'un après l'autre il y a dix ans, et marquant un spectaculaire changement de style. Moins par les albums récents, comme Nocturama ou Abattoir Blues : trop pop, trop de piano et de gospels, plus assez de gratte, de noirceurs et de grincements... on pensait l'australien un peu lessivé. Et voici donc une nouvelle inespérée : cette fois-ci et sous le pseudonyme de GrinderMan (le rémouleur, autrement dit, le type qui se balade avec des couteaux aiguisés...), Nick Cave, le grand, le vrai, est de retour !
Relooké cowboy (moustaches et cheveux longs) pour l'occasion, il s'est enfermé dans un garage avec d'autres bêtes hirsutes, pour jouer du rock sec et hargneux, râclé jusqu'à l'os : Get It on, où la guitare n'est qu'un vrombissement, les percus et les notes de piano un écrin brut à ses aboiements, ouvre les hostilités. Suit une déclaration de guerre à la gent féminine (thématique récurrente de l'album) : No Pussy Blues, râlerie furibarde sur un harcèlement de batterie et de Korg vrombissant. La fascinante Electrique Alice, ballade blues méphitique, se transforme en un menaçant Grinderman, appuyé sur une guitare toute Reznorienne.
Sa relation aux femmes va de la supplique Don't set me free à Decoration Day, désespoir auprès d'une femme qui ne le reconnait plus : déception sur déception. Du coup Nick se défoule avec ses potes sur des rock garage nerveux : Love Bomb et la fascinante Honey Bee. Il en tire une conclusion logique sous forme de manifeste politico-misogyne assez drôle : Go tell the Women (we are leaving). 'Une gonzesse de perdue, c'est dix copains qui reviennent', disait le chanteur énervant.
Puisqu'il n'aime plus les femmes, et pas encore les garçons, personne ne sait si un jour Nick Cave recomposera une ballade aussi sublime que le Cantique gothique Where the Wild Roses Grow (grâce auquel il a probablement sauvé Kylie Minogue des enfers). En tout cas la dépouillée Man on the Moon et son orgue, et la plus orchestrale Rise, toutes deux chantées à la limite du décrochement, sont en tous points superbes et bouleversantes.
Et le trip se finit sur une version alternative de Get it On, encore plus barrée et sexy que la première, dans un studio qu'on imagine ravagé et des musiciens qu'on imagine speedés, à tous les sens du terme. Alors entre son retour à un rock garage original, déconcertant et agressif, et son inspiration retrouvée en envolées lyriques, Grinderman réhabilite largement l'image de Nick Cave en nous offrant un de ses albums majeurs, et qui (ré)ouvre des perspectives passionnantes à la suite de sa carrière.
(2007)
PS post-Eurocks 2008 - à mourir de bonheur sur scène !

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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