Bon ce soir j'ai l'impression que c'est vendredi … peut être parce que demain c'est férié et que cette après midi il n'y avait plus grand monde là où je bosse … en tout cas je me rends à l'Exodus à 20h30 pétante … ici ça commence à l'heure … pour découvrir le nouveau groupe de Sam le chanteur de Dupain. Comme ca risque de finir tôt, après j’irai surement faire un tour au Poste (concert metalo-gothique) et à l'Intermédiaire (house) …
En arrivant devant l'Exodus du beau monde … Hakim Hamadouche (apparemment plus là pour prendre des photos que jouer du luth), le trombone des Kanjar'Oc (dont d'ailleurs Sam porte un t-shirt), Manu du Cor de la Plana, Thierry de l'Escale St Michel … bref des potes qui sont venus voir des potes jouer. Tant mieux ça fait du monde à l'Exodus. En fait Carpienia (c'est le nom du groupe) ne jouera qu'une vingtaine de minute en ouverture d'un groupe réunionnais à propos duquel je connais encore moins de choses …
Les trois de Carpienia se mettent donc en place. 2 aux luths ou mandoles (je ne connais pas la différence) et un aux percussions. Il y a donc Sam et Nielo aux mandoles et au chant et de Bijan (Chemirani) aux percussions. En fait c'est déjà ce dernier que j'avais vu à la soirée Slam et souffle à Martigues en compagnie entre autres de Serge Teyssot-Gay et Frédéric Nevchehirlian .
Je me demande un peu ce que je suis venu faire ici, en effet je ne suis pas très fan de la voix de Sam et je savais très bien en venant que c'était lui qui chantait … mais c'est pas grave, j'essaie encore. Et j'ai bien fait, car je ne sais pas si je m'habitue à son timbre un peu nasillard, je ne sais pas si je m'habitue à son accent marseillais qui avait du me paraître exagéré les premières fois mais là ça ne me choque pas …
Je dirais même que ça me plait sur la plupart des morceaux. Le chant est en français (sauf sur un des morceaux), on comprend donc mieux de quoi il s'agit. Je ne me souviens plus très bien de quoi cela parlait, mais je sais que j'avais trouvé les textes assez jolis. Un des morceaux m'a fait pensé à Les Vivants.
Le chant de Sam toujours assez plaintif est soutenu par celui de Nielo (choeurs et refrains). Au milieu, Bijan, imperturbable joue sans broncher de sa « derbouka » ou de sa caisse. Ses doigts vont vite, très vite … il module les sons qui sortent de la caisse avec son pied. J'imagine que c'est classique mais je n'avais jamais fait attention avant.
Les deux autres s'excitent sur leur mandoles. Par moment ils ont l'air de gratter tellement fort que je me demande si ils ne vont pas finir par péter un corde ou deux. Elles tiennent ; tant mieux. En tout cas j'aime bien ce côté rock n' roll et les grimaces qui vont avec.
C'est déjà (après 5 morceaux ?) la fin de leur set, on arrive à les faire prolonger d'un morceau. En tout cas je suis conquis. Encore un bien chouette groupe ! ps : à noter que Sam et Bijan font aussi partie de La Troba Nova, avec Hafid Douli et Manu Théron (décidemment !) que je me ferai un plaisir de découvrir un peu plus tard dans la semaine …
Après une pause pour les fumeurs, pendant lequel on évacue les instruments de Carpienia et installe ceux de Lansly(et pendant laquelle je me caille un peu) … c'est au tour de duo réunionnais de faire son entrée sur la petite scène de l'Exodus. Je suis tout de suite saisi par leur coté mystique.
Un grand blanc cheveux tirés en arrière, se tenant très droit, habillé en noir avec une guitare blanche, et un indien habillé en noir lui aussi, avec turban, équipé d'un tambourin. Les deux ont l'air de flotter. Ils sourient et ont l'air apaisés … j'avoue : je pense à une secte.
Et ce n’est pas le premier morceau qui va m’enlever cette impression … au contraire. Le grand reste très droit, il est complètement absorbé par ce qu’il chante (et auquel je ne comprends rien) ; l’autre joue du tambourin de façon très sérieuse aussi, levant régulièrement une de ses jambes tel un flamand rose.
Que disait la petit bio sur le programme de l'Exodus : « Lansly est un duo originaire de l'île de la Réunion installé depuis quatre ans dans le sud de la France. Les deux musiciens étant eux même issus d'un métissage entre Asie, Afrique et Europe, leur musique emprunte naturellement aux différentes cultures. […] Leur goût pour les sonorités ethniques les conduit à utiliser tout un arsenal d'instruments allant des percussions (tablas, tavil, calebasses, pandero…) aux instruments à cordes (guitare, sarod, dan tranh…). »
C'est vrai que leur musique est assez mélangée. Selon les morceaux et les moments on pense à différents trucs, avec toujours ce côté mystique très présent. Les influences indiennes sont très palpables. A plusieurs moment ça m'a évoqué Susheela Raman.
La deuxième caractéristique de leur musique (et dont certains auraient fait leur arguments commercial) c'est la langue imaginaire qu'ils utilisent. Très honnêtement j'ai bien du passer la moitié du concert à me demander si c'était un dialecte peu connu ou si c'était le fruit de leur imagination.
Et bien comme chez l'ami Nosfell ce qu'ils chantent (et qui sonne très bien) ne veut rien dire. Ce n'est pas gênant du tout, c'est même amusant et d'une certaine façon impressionnant. Je serais bien incapable de dire une phrase dans un langage imaginaire sans retomber sur quelque chose que je connais déjà.
Mais contrairement à Nosfell (et c'est ce qui m'énerve prodigieusement chez lui et me fais complètement sortir de son univers) pas de blah blah sur un pseudo monde imaginaire entre les morceaux. Juste quelques explications sur ce qui les a éventuellement inspiré.
Vers la fin - je ne me souviens plus combien de temps ça a duré mais ça m'a paru très long - ils ont échangé leurs positions. Le percussionniste a pris la guitare, dont il a fait un usage un peu plus funky que le précédent, et c'est le chanteur qui s'est tout doucement installé derrière les percus.
Même si ils sont meilleurs dans leur rôles originaux ça apportait un peu de diversité ce qui n'était pas pour me déplaire. Je resterai patiemment jusqu’au bout, même si j’ai été tenté de partir un peu plus tot …
Après ce long concert, et n'étant pas en vélo (mal au genou) j'ai eu la flemme de pousser jusqu'au Poste à Galène j'ai donc juste fait un petit tour à l'Intermédiaire où Blondinaman s'excité derrière ses platines et machines, pendant que Raptus encourageait le public à danser un peu plus proche de la scène.
Je profiterai de passage de DJ Raptus derrière les platines pour m’éclipser sournoisement et ne gouterai donc pas au mix de Fred Mato qui a parait il « tout pété » à la suite de nos deux marseillais.