En bon crooner branleur désireux de progresser et d'enregistrer des albums classieux, Adam Green continue à produire des disques s'éloignant de l'anti folk et lorgnant vers la pop arrangée avec soin, en toute décontraction. Notre homme s'évertue à démonter ses talents conjoints de chanteur à la voix gravement sexy (entre David Bowie et Lou Reed) et de songwriter universel s'inspirant des illustres anciens.
Avant dernier jour du festival … suprise aujourd’hui, alors que les 4 premiers jours nous avons crevé de chaud et que tout le monde se baladait en maillot sur le site, aujourd’hui il fait nettement plus frais. Il y a du vent et il y a fort à parier que le soir quand le soleil tombera il caillera (et ce fut le cas). Aujourd’hui on se dépeche car à 16h30 sur la grande scène c’est …
Mademoiselle K
… donc Mademoiselle K qui nous attend. Depuis la dernière fois où je l’ai vue à l’Espace Julien il y a eu du changement dans les musiciens qui l’accompagnent et c’est maintenant Pilou ex Spinach et qu’on a déjà vu accompagnant Julien Ribot qui assure la basse. Ca m’a amusé de le voir là. Sinon pour revenir à la musique certes il y avait beaucoup de français dans le public, mais pas que et sa musique était assez pêchu pour que ça passe très bien. Entre les morceaux elle présentait ces derniers en anglais avec le même côté halluciné / aérien que lorsqu’elle chante.
Deti Picasso
Direction ensuite la scène world pour découvrir une chanteuse qu’on m’avait présentée comme russe mais qui dans le programme est étiquetée arménienne. Tenue colorés / folkorique, musique entrainante avec violon guitare saxo basse batterie, tambour(in) … je me souviendrai plus de son sourire et de la bonne humeur communicative qui venait de la scène que de la musique elle-même mais ils m’ont fait un très bonne impression !
Punish Yourself
Changement de style avec les français de Punish Yourself qui tardent à commencer sur la scène metal (petit problèmes techniques apparemment). Une fois que c’est réglé, un petit coup de vodka et c’est parti. Comme à l’Espace Julien 4 mois plus tôt, sans la fille qui se donne des coups de scie circulaire (erreur = elle est arrivée par la suite ; merci Thomas pour la precision) et sans l’obscurité qui aurait rendu leurs peintures phosphorescentes … Quand même la pêche, le sourire, et un gros son qui fait danser tout le monde !
Fish!
Avant de retourner à la scène principale, un petit détour rapide du côté de la scène à côté (“converse”) où joue un groupe du nom de Fish! … groupe hongrois plutôt rock … je bloquerai sur le t-shirt un peu teenager du chanteur … pas assez original ni sur le fond ni sur la forme pour que je reste plus longtemps … pressé que je suis d’aller faire la queue pour accéder au devant de scène du …
Serj Tankian
… chanteur de System of a Down qui tourne maintenant sous son proper nom. Je me souvenais qu’à l’époque Sully m’avait fait écouter un truc assez traditionnel fruit de la rencontre entre ce Serj et je ne sais plus qui. Là c’était assez rock avec sa voix caractéristique qui n’hésite pas à partir dans les aigus au risque de sonner cucu … mais je n’en dirait pas plus de peur de violer le point 2 du contrat que j’ai signé juste avant de prendre des photos.
New York Ska Jazz Ensemble
Je retourne plutôt du côté de la scène converse où Fish! a été remplacé par le New York Ska Jazz Ensemble. Pas forcement le genre de groupe que je serais allé voir en concert (d’ailleurs quand ils sont passé à Marseille je n’y suis pas allé), mais puisqu’ils sont là … Et finalement çà me plait plutôt bien. Je m’attendais à ce qu’ils soient plus nombreux et que ce soit plus ska, mais finalement avec leurs mines de pas y toucher, ils assurent plutôt bien. Disons en tout cas que ça ma bien plu …
REM
Je suis ensuite parti en courant vers la scène principale où je ne voulais pas raté le début de REM où il devait je pense y avoir tous les photographes … et du coup en chemin j’ai paumé mon téléphone portable … j’ai tenté un aller-retour pour le retrouver … raté … tant pis j’y retournerai après REM … Michael Stipe est assez en forme pour me faire oublier un instant que je viens de perdre le seul lien physique que j’ai avec pas mal de monde (quel con de ne pas avoir recopier les numéros ailleurs) et que je vais peut être le sentir passer à la fin du mois (quel con de l’avoir laissé allumé) … 3 morceaux que je ne connaissais pas (je ne les suis pas de très près) mais un son et une voix reconnaissable entre mille. Ca m’a beaucoup plus plu que la dernière fois au Dôme.
Adam Green
Je passerai ensuite tout le set de Goran Bregovic à parcourir les même 500 mètres qui séparent la scène « converse » de la grosse scène à regarder par terre … (merci à celui qui me fera lever les yeux et ne pas rater la jolie éclipse ...) et à faire des aller-retours avec le bureau des objets trouvés (où ils avaient une grosse vingtaine de téléphones mais pas le mien). Et puis quand j’ai laissé tomber je suis allé voir Adam Green. Je dois avouer qu’il mas surpris. A la vu des photos ou descriptifs vus ici et là je ne m’attendais vraiment pas à ça ! Une grosse voix entre celle de Cohen et Cave une attitude délirante, plutôt à la Higelin, une tenue extravagante, un contact avec le public très interactif (deux bisous sur les lèvres d’un gars qui était parvenu à déjouer la vigilance des vigiles, enfilage de chapeau mexicain et tricot à raie en provenance du public, …). Seul ou avec tout son groupe, qui comptait ce soir deux choristes visiblement amusés comme nous par ses péripéties (elles devaient être nouvelles), il captive. A revoir !
et une petite de Mademoiselle K : ici,
une petite de Deti Picasso : ici,
et une petite de Serj Tankian : ici
et une petite de Punish Yourslef : ici
et pour finir une petite des REM : là
ps : pour info je recevrai un sms le lendemain (sur le téléphone de svet) m’indiquant que mon téléphone m’attend au poste de police de Sziget (bien fait de pas l’éteindre tout compte fait).
>> Réponse (le 25/08/2008 par Philippe) Et que dit ce fameux contrat cher Pirlouiiiit ? Que vous n'avez pas le droit de trouver ce que vous photographiez... .../...La suite
Une soirée entre folk, pop et rock dans un 22 d'Auron affichant complet... La première journée du Printemps de Bourges 2008 a permis à toute une flopée de bons groupes de faire leurs preuves ou de confirmer leurs talents dans deux petites salles intimistes et devant un public enthousiaste. Pendant ce temps, juste à côté sous le phénix, 6000 fans de variétés consensuelles acclamaient Rose, Renan Luce et Chistophe Willem... C'est le lot commun d'un grand festival : il en faut pour tous les goûts, aussi discutables soient-ils.
Syd Matters :
Déjà vu il y a peu pour un extraodinaire concert en tête d'affiche au festival les Volcaniques de Mars, Syd Matters a confirmé son éclatante forme du moment. malgré le peu de temps alloué à sa prestation, le groupe parisien a fait très forte impression ! Il faut dire qu'avec un répertoire irréprochable, des harmonies vocales à tomber à le renverse, des musiciens habités, un son de rêve et des éclairages impeccables, il faudrait être vraiment très difficile pour bouder son plaisir. Ce concert aux fortes réminiscences des travaux pop/folk de Thom Yorke et Radiohead s'est en outre terminé par un passage post rock aussi surprenant que superbe. A voir absolument sur scène !
Constance Verluca :
Dans un style beaucoup moins intimiste et plus chanson française folk, Constance Verluca a su tirer son épingle du jeu, en usant de son humour corrosif, de son charme et de sa bonne humeur communicative. L'ensemble se révèle plaisant, même si l'on n'est parfois pas franchement loin de la variété française.
Cocoon :
Si l'on en juge par l'accueil triomphal qu'il a reçu au 22 d'Auron, le groupe clermontois Cocoon faisait partie des têtes d'affiche de cette soirée, un an à peine après son passage en tant que Découverte du Printemps de Bourges 2007. Son excellent album truffé de tubes, la présence décontractée du charmant duo et la qualité des morceaux - tour à tour mélancoliques ou enlevés - sont des atouts qui semblement parler au grand public, et c'est tant mieux... On est parfois à deux doigt du dérapage car le public est vraiment chaud et trivial ("à poil !"), mais Cocoon s'en sort avec sa classe et ses sourires. Quelles que soient les circonstances, Mark et Morgane chantent toujours divinement leurs titres délicats, en grand professionnels qu'ils sont désormais. Vivement le prochain album de Cocoon !
La Maison Tellier :
Dans un style plus country folk et plus aride, La Maison Tellier a su capter l'attention du public avec un concert entre chanson française de qualité (à la Bertrand Cantat/Noir Désir), folk rustique et country ancestrale. Les titres sont bien écrits, arrangés avec autant de goût que d'authenticité et interprétés avec foi ; tant et si bien qu'on se laisse emporter par la musique de ce groupe normand un peu bourru.
French Cowboy :
Les Nantais de French Cowboy ont confirmé à Bourges leur statut de groupe de scène imparable. Les compositions signées Federico Pellegrini (à lire : une interview récente du monsieur), excellentes sur disque, prennent une dimension supplémentaire en live : les ex-Little Rabbits habitent littérallement les morceaux tout au long d'un concert quasi parfait, c'est du grand art ! La désormais traditionnelle reprise folk rock du Back to Black d'Amy Winehouse est l'ultime preuve de bon goût et de savoir faire d'un groupe appelé à régner de nouveau en France. Et ailleurs.
Adam Green :
Malgré un début de show un peu déroutant (c'est quoi ces arrangements kitchissimes ? se dit-on en nous mêmes... ), le songwriter new-yorkais Adam Green - habillé comme un clone du chanteur d'Aerosmith avec un t-shirt noir à franges blanches - a finalement embarqué le public - clairsemé et mou au début - dans son monde absurde et fascinant. Le roi de l'antifolk/pop a réussi à su convaincre grâce à ses talents d'entertainer complétement fou (il va jusqu'à rouler des pelles au premier venu monté sur scène), de chanteur crooner à la voix grave façon Lou Reed drôle et de songwriter doué (influences : Velvet Underground, Bob Dylan et les Beach Boys). Entre deux facéties et autre danses débiles, notre homme - qui ressemble à une sorte d'iggy Pop bedonnant, non agressif et aux cheveux bouclés quand il empoigne son pied de micro - n'oublie pas de chanter comme un demi dieu et de faire plaisir à ses fans en interprétant des titres à la demande (Jessica Simpson, Kokomo des Beach Boys etc etc). Comme il le dit si bien, ce gars là a tout compris du show busyness ! Et il revient pour de généreux rappels alors que la majorité du public est allée voir le show survitaminé des rockers de Hushpuppies. A la fin du show, l'on se dit qu'Adam Green a la classe, et que ce n'est pas près de changer !
Hushpuppies :
Les Hushpuppies ont la classe eux aussi, se dit-on en assistant à la fin de leur show supresonique. Compos en acier trempé, musiciens hystériques, chanteur classieux, lumières vrillantes, son démoniaque : cette troupe de jolis énervés a tout pour cartonner dans la monde entier, et en France, si l'on en croit la réponse ultra enthousiaste du public de Bourges ! Les pogos et autre slams se succèdent à un rythme infernal jusqu'à la dernière note du concert high energy des Mods de Hushpuppies. Bien envoyé messieurs !
Adam Green + Hal + The Gnomes - 7 juin 2005 - Le Trabendo, Paris
Le mardi 7 juin, un Trabendo complet accueillait successivement The Gnomes, Hal et la vedette de la soirée, celui qui fait crier les filles à la seconde même où il pointe le bout de son nez : Adam Green...
The Gnomes
C'est le groupe de scène d'Adam Green, The Gnomes, qui a la lourde tache de débuter la soirée devant un public en .../...
Le mardi 7 juin, un Trabendo complet accueillait successivement The Gnomes, Hal et la vedette de la soirée, celui qui fait crier les filles à la seconde même où il pointe le bout de son nez : Adam Green…
The Gnomes
C’est le groupe de scène d’Adam Green, The Gnomes, qui a la lourde tache de débuter la soirée devant un public en train de prendre possession des lieux. Les quatre membres du combo new-yorkais alternent avec bonheur les morceaux de pop très calmes et les titres presque violents, à la Velvet Underground. Partagé entre le batteur, le guitariste et le bassiste, le chant est plutôt bien assuré. Le tout est agrémenté avec un orgue électrique du meilleur effet. Si la musique proposée est nourrie d’influences classieuses, l’ensemble manque quand même un peu d’originalité. Le public passe toutefois un moment agréable avec The Gnomes.
Hal
Juste après, les jeunes irlandais de Hal ont fait bonne impression avec leur pop légère et fraîche joliment influencée par Brian Wilson et ses Beach Boys, Buffalo Springfield et Neil Young, les Byrds et les Beatles, entre autres… Chœurs haut perchés, mélodies superbes, sonorités vintage de claviers et de guitare, chant doucement juvénile : tout l’attirail du jeune groupe pop fasciné par ses aînés est de sortie. Mais, à l’instar d’autres Irlandais fascinés par les USA, The Thrills, Hal arrive à écrire des chansons accrocheuses, originales et délicieusement surannées. Ces bijoux pop rendent nostalgiques des plages de sable fin baignées de soleil… et de tout ce qui va agréablement avec. Hal est sans aucun doute un groupe à suivre.
Adam Green
Un peu plus tard, quand Adam Green pénètre sur la scène du Trabendo, l’hystérie gagne immédiatement les fans du play boy new-yorkais. Il faut dire que l’ex Moldy Peaches a mis le paquet, comme on dit : cheveux longs plaqués avec soin, raie sur le côté, veste rouge de dragueur de casino, chemise blanche et sourire enjôleur. Mais l’essentiel est ailleurs : l’homme possède une voix grave à la Lou Reed qui tranche remarquablement avec son physique un peu chétif.
Dès Gemstones, le premier titre joué par Mr Green et son backing band plutôt effacé (voire fatigué ou blasé, c'est selon), le public est conquis… On a l’impression d’assister à un gala d’un chanteur pour femmes accompagné par un groupe de bal amélioré. Las Vegas n’est pas très loin… Pourtant, les chansons sont tellement drôles (les textes sont très épicés et truffés de non sens), le contact du bonhomme est si agréable (il est détendu et visiblement content d’être là) et les morceaux sont si bons qu’on s’accommode de ce côté volontairement kitsch, finalement assez charmant même avec ses « défauts », comme le dernier album du monsieur, Gemstones. Et c’est avec une joie non dissimulée (difficile de ne pas sourire en écoutant les paroles) qu’on se délecte d’un show aussi bricolo que réglé à l’américaine. That’s entertainment baby !
Le fringuant New Yorkais n’est pas à une facétie près : il imite à la perfection le lapin qui gambade dans les champs ou l’Egyptien qui marche dans la rue, et ses mini reprises de dix secondes a capella sont assez savoureuses... Il commence par Kokomo, la pire chanson des Beach Boys (Brian Wilson ne l’a pas composée, ceci explique cela ; elle a servi de Bo au lamentable film Cocktail, avec cette endive de Tom Cruise), puis le public a droit à Let’s Talk about sex des inoubliables Salt ‘N’ Pepa et, enfin, Adam tente - sans véritable succès - de jouer l’intro de Purple haze de Jimi Hendrix lors d’un court passage bruitiste à la guitare électrique… Mais le Trabendo a également droit à une vraie reprise de Kokomo, qui réconcilierait presque avec cette chanson, et à une version magique d’un titre chanté par Nico avec le Velvet Underground : I’ll be your mirror. Et l’on comprend où ce curieux songwriter veut en venir : il rêve tout simplement de composer des symphonies anti folk/pop de poche en mélangeant le rock du souterrain de velours, la pop des garçons de la plage et la folk music gravement décalée… Et il y a arrive plutôt bien, le bougre, si l’on en juge par la qualité de ses oeuvres : Carolina, Friends of mine, Choke on a cock, Emily, Jessica etc etc.
Après une séance de chansons à la demande – où le groupe joue les titres demandés par le public –, le concert se termine avec deux rappels réclamés avec ferveur. Le dernier est une nouvelle version de Kokomo (décidément… ) chantée en duo avec une fan très drôle. Et puis c’est fini. C’était une excellente soirée, on regrettera seulement que les passages très réussis où Adam Green joue ses morceaux seul à la guitare soient trop peu nombreux. Tant et si bien qu’on rêve de le voir en solo…