
Pour transmettre à l'auditeur le plaisir que l'écriture de son disque lui a procuré, un artiste doit pouvoir générer "un espace de Jouissance". Cet espace,
Adama Yalomba l'a dessiné à l'intérieur même de ces chansons aux rondeurs mélodiques on ne peut plus aguichantes.
Avec le soutien de quelques pointures aux mains habiles et généreuses, de
Cheik Tidiane Seck à
Piers Faccini en passant par
Keziah Jones ou
Manjul, et sur la base d'une expérience énorme acquise sur scène auprès d'autres personnages de renom comme
Ali Farka Touré,
Afel Bocoum ou encore la sublimissime
Oumou Sangaré,
Adama marie sur ce
Kassa toute la magie de la musique malienne. S'y croisent les différentes traditions musicales de ce coin du monde...Bambara, Boso, Linguala, tous ont droit au chapitre.
En treize titres, aussi puissants qu'ouvragés, ce disque donne lieu à des étreintes électriques et quelques ébats langoureux entre la voix sucrée de
Yalomba et le jeu percussif de ses compagnons de route, invités comme membres de sa famille (sa femme comme son frangin sont en effet de la partie).
Déployant tout un attirail de nuances, les chansons comme les instrumentaux, prouvent qu'
Amada est bien plus qu'un multi-instrumentiste doué, c'est aussi et surtout un compositeur remarquable. C'est vraiment extraordinaire de sensations chamarrées que de l'écouter moduler les ambiances, de plage en plage, juste pour partager ces instants de volupté. Sur le plan humain et artistique, c'est bien cette notion de communion qui prévaut. La jubilation, contagieuse, c'est le moins qu'on puisse dire, que provoque l'écoute prolongée de ce
Kassa - l'odeur en Bambara - n'a d'ailleurs d'égale que le niveau d'incandescence de ces chansons pop, véritables révélateurs de ce que signifie pour lui l'ouverture à l'autre : le partage d'un désir non entravé, à 150 % assouvi.
Et, pour tout vous dire, à la fin du disque, ça devient évident : oui, ça va aller mieux, c'est inéluctable !
2010 - Black Eye/Makasound
http://www.myspace.com/adamayalomba