Et de deux pour Aznavour ! Deux comme le nombre de concerts qu'il a donné à Marseille hier et aujourd'hui, deux comme le nombre de fois où je le vois avec plaisir.
Le prix des places est toujours exorbitant, mais bon, Maman est fan et moi j'apprécie vraiment ses prestations et ses classiques, donc on va pas chipoter si près de Noel... Environ 5000 personnes ont du avoir la même reflexion ce soir là, et c'est donc dans une ambiance recueillie que le Maestro va se produire.
Je passe rapidement sur la première partie assez horripilante, incarnée par un brin de femme espiègle, qui pendant 35 minutes va nous balancer de la chanson francaise à texte genre Anais et consorts, à la mode ces derniers temps.
J'avoue qu'il y a de sympathiques passages textuels ("13 ans", "Poor lonesome cowgirl"), une reprise qui a un peu reveillé l'audience ("Do do l'enfant do"), mais globalement ca m'a insupporté au bout de deux titres...
Question de goût peut être, mais malheureusement pour Agnès Bihl, un goût apparement partagé par l'ensemble... Elle quitte d'ailleurs bien vite la scène dés son dernier morceau...
Bref, c'est anecdotique, et on passe gentillement l'entracte de 25 minutes à papoter, attendant que les zicos s'installent, et que Charles Aznavour (alias "Le petit vieux" ;)) veuillent bien nous honorer de sa présence.
Je trouve que plus il avance dans l'age, plus il s'adoucit dans ses propos cinglants dès lors que quelque chose lui déplait où n'est pas pile à la place ou il le voudrait.
Par exemple, une personne s'est faite sermonnée à cause de la lueur de son portable, qui génait l'artiste. Mais il a posément expliqué le pourquoi du comment, et n'a pas coupé de titres à cause de ca. Déjà mieux que par le passé...
Autre exemple, juste avant les trois derniers titres, où il explique que nous on aime bien les "bis", qu'on veut chacun notre chanson lors de ces "bis", mais que lui il n'aime pas les "bis", et qu'il ne pourra pas contenter tout le monde, car c'est lui qui choisit les derniers titres, point barre !
Ca reste Aznavour et son caractère, mais c'est plus coulé que par le passé. Il s'attendrit, et c'est pas plus mal. Car en deuxième partie de show, on a droit à pas mal d'explications de texte, sur sa carrière, ses rencontres décisives, des anecdotes sur certaines chansons.
En fait, il a déroulé son spectacle à l'envers.
Les huit premiers morceaux sont nouveaux ou récents. Du quelconque parfois, du trés bon, notamment ce duo avec sa fille sur "Je voyage", du court, mais on reste toujours scotché au phrasé du bonhomme, à ce qu'il raconte ( toujours beaucoup de nostalgie, d'amour, mais aussi des thèmes plus à la mode comme l'ecologie), à sa voix, et à sa classe innée...
C'est avec "Et pourtant" que Charles va replonger dans son passé. Et enfin prendre le micro pour nous parler, pour nous raconter. Sans grosse tête mais sans fausse modestie, avec une gentille auto ironie, une lucidité donnée par ses décennies de carrière.
Il va nous conter ses trois rencontres les plus importantes, en les illustrant des premières chansons issues de ces collaborations: le vieux "Il pleut", sonnant désuet (pour son ami Pierre Roche), le méconnu "Viens" (pour Becaud), et le magnifique "Non je n'ai rien oublié" (pour Georges Garvarentz). Et puis les classiques s'enchainent, à la grande joie d'un public tout acquis à sa cause. "Les plaisirs démodés", "Avé Maria", "La Bohème", "Désormais", "Yerushalaim"... Pour finir avec "Mes emmerdes", "Il faut savoir" (un grand moment) et "Emmenez moi".
J'avais lu beaucoup de mauvaises critiques concernant le justesse de sa voix, des trous dans ses textes...Ma foi, on a dû tomber dans un bon soir, un soir excellent même dirais-je, car à plus de 80 ans, ce grand artiste n'a flirté qu'une ou deux fois avec les limites de la justesse, sa voix en elle même reste merveilleuse, et je n'ai relevé aucun faux pas, aucune hésitation, dans ses plus que nombreuses paroles ! Il a toujours la grande classe, et il sait se faire accompagner par les meilleurs musiciens, dont ce pianiste de formation classique aux nombreux prix internationaux, cette section cordes impeccable, cet accordéoniste "piqué" à Serge Lama (pendant l'année de repos de ce dernier)... bref un plateau nickel pour un recital non moins etincelant.
Le seul bémol comparé à il y a trois ans, c'est qu'au lieu de deux bonnes heures, le set n'aura duré qu'une petite heure quarante (mais sans pause, faut relativiser aussi, surtout si on prend en compte le nombre de titres et l'age du personnage), et surtout son choix d'omettre des titres comme "Que c'est triste venise, "La Mamma", ou l'indispensable (à mes yeux) "Les comédiens", me parait plus que dommage. Mais en même temps il s'est fait plaisir, avec de vieilles chansons dépoussiérées qui ont du ravir les fans les plus anciens.
Le grand Charles etait en forme (et en rythme au vu de ses nombreux pas de danse !), tant pis pour les autres, fallait être au Dôme ce soir ou la veille (au vu des echos des potes présents).
Plus de photos du concert de la veille par Pirlouiiiit (reconcilie avec cet impressionant petit bonhomme qui il y a 6 ans m'avait paru beaucoup moins sympathique) ici et qui lui, contrairement a Gandalf a été touché par le sincérité (et la violence des textes) d'Agnes Bihl ...
J’avais été prévenu la veille que les textes d’Agnes Bihl pouvaient être violents et en effet j’ai pris une claque l’autre soir lorsqu’elle a attaqué son morceau Touche pas à mon corps. Ce morceau qui en effet traite de l’inceste a surpris / calmé / refroidi le Dôme (qui n’était pas franchement en délire de toute façon) … moi aussi je l’ai trouvé choquant, mais comment ne pas choquer avec un tel sujet … je remercie Charles Aznavour d’avoir invité une telle première partie. Je ne sais pas si elle parle en connaissance de cause, mais ce qui est sûr c’est que le morceau est très fort et que lorsqu’elle le chante (éclairage minimaliste à contre jour) le Dôme entier (plein et hétérogène) a écouté.
J’espère me tromper mais je me dis que statistiquement il devait y avoir dans cette salle .../... >> La suite
Je ne comprends pas les critiques que j'ai pu lire concernant la justesse de la voix de Mr Charles ...hier soir le chant a frisé la perfection (et j'ai l'oreille !!), je me suis tout simplement régalé ! Une voix incomparable qui emplit le Dome dès le premier morceau ...
Quelques morceaux chargés d'émotion (je n'ai rien oublié entre autre) alors que chantés 1000 fois ...c'est le talent !
Le Scarabée - Roanne - 6 décembre 2008 EXTRAORDINAIRE soirée hier 6 décembre 2008 au Scarabée de ROANNE (42) !
Charles Aznavour est un remarquable auteur-compositeur doublé d'un interprète talentueux. Sa prestation de grande classe restera inoubliable pour tous ceux qui auront eu la chance d'y assister...
Sans parler de sa performance (plus d'une heure trente, sans entracte) durant laquelle il donne beaucoup et avec simplicité. Il prend un plaisir évident sur scène à communiquer sa passion pour les mots et les mélodies...
Un moment rare dans tous les sens...
Une inauguration de cette magnifique salle plus que réussie !