
Evidemment aller voir
Air pour la troisième fois, la deuxième
ici-même et par ailleurs pour la
deuxième fois cette année, c'est s'exposer à ne pas être très surpris - je ne l'ai donc pas été outre mesure. Encore que - le groupe a l'élégance de changer assez fortement de set-list, ce qui maintient un petit suspense...

Comme toujours quand on arrive avec 15 minutes de retard et selon la loi de Murphy (dont l'autre partie dit, comme chacun sait : "Arrive à l'heure, t'attendras des heures !"), la première partie
Au Revoir Simone a commencé largement en avance et on en verra que 3 chansons. Pas très grave à vrai dire - certes leur
disque d'électro-pop éthérée s'écoute agréablement en faisant autre chose ou pour se détendre à vélo, mais en concert ça n'est pas visuellement formidable - trois filles à frange, trois claviers et pas grand-chose d'autre. Un son trop mal réglé dont les titres entendus - dont je crois
A violent Yet flammable world et
Sad Song ne sortent pas indemne...

Trop de basses tue un peu les voix aériennes et la magie éventuelle qu'elles pourraient dégager... A la limite la même chose sans la (fausse) batterie qui n'apporte rien à part du boucan et des vrombissements, ce serait beaucoup plus planant et plus beau ! Décevant donc, surtout si l'on part du principe que le son est toujours mieux réglé à la fin des concerts qu'au début ! Toujours est-il qu'à 20 h 55 c'est réglé - on est pas partis pour se coucher tard...

Bref après une courte attente d'environ une grosse commande de pinte, où l'on croise déjà les trois Simonesques demoiselles, gentiment disponibles au stand merchandising, voici déjà les 2 stars d'
Air venus présenter à Marseille leur dernier album japanisant,
Pocket Symphony, aussi bon pour les fans de
Air que chiant et soporifique pour le reste du monde (dont nous ne faisons pas partie heureusement).

Vêtus de bleu clair et de blanc, avec trois musiciens en backing band comme toujours dont leur très bon batteur black (moins bien mis en avant que par le passé). Et un début tranquille qui annonce la couleur : We are
Electric Performers et la plus rapide
Napalm Love, où le son n'est pas encore formidable (ça s'arrangera par la suite, dans ce Hangar à Sucre totalement remanié cette année et dont les colonnes de béton ont enfin sauté).

Le groupe tape dans tous ses albums au fil du concert, y compris dans du "très vieux" :
J'ai dormi sous l'eau, extraite de
Premiers Symptomes, qu'on redécouvre avec plaisir, tout comme un
Remember jamais entendu en live avant, assez pop rock. Il y a aussi un passage 100 %
Talkie Walkie :
Run,
Venus et
Cherry Blossom Girl, toujours efficaces toutes les trois (d'autant que le son s'améliore).
Nicolas Godin nous souhaite enfin la bienvenue dans son concert par vocodeur interposé... avant cette chanson dont je n'ai jamais retenu le nom ("typing, working, sleeping...") et une
Mer du Japon bien speed, qui commence à échauffer le public. Pour ensuite un vrai moment de grâce avec un titre extrait de
Virgin Suicides, sans doute
Highschool Lover.

Suit l'excellente
Don't be Light et ses petits hurlements de frayeur, qui se finit très speed, ainsi que
Kelly watch the Stars, avant de s'échapper après à peine 50 minutes. Brrr, ça promet... Retour sur un autre très vieux titre sympa et un peu easy-listening, il me semble que c'est
Planet Vega, en tout cas pas encore entendu en live non plus. Puis l'inévitable et toujours très classieuse
Sexy Boy (là, même les touristes invités reconnaissent !), suivi de la planante
Femme d'Argent. Celle-ci monte progressivement en puissance pour finir assez explosive, avec strobos, et sa fin voit hélas le groupe nous quitter, ce coup-ci pour de bon.

Au final, pas déçu comme ont pu l'être beaucoup de chroniqueurs récents sur
Air - qui devaient s'attendre à autre chose que ce qu'ils entendent sur album (?). Mais quand même moins sous le charme qu'aux Eurockéennes (où il y avait 10 fois plus de monde pour les applaudir et pour le même prix 5 têtes d'affiche en plus le même jour...). Je ne peux qu'envier les gens qui ne les avaient jamais vus et qui, selon un échantillon représentatif de 3 membres de LiveinMarseille, ont aimé à 50 % ce concert.

Un truc nous gonfle un peu quand même : depuis des années ce groupe professe qu'un concert de 1 h 20 lui convient bien, sans se demander si le public n'aimerait pas, lui, 10 minutes de plus surtout quand il a payé 37 euros. Une fois de plus
Air prouve qu'il a toutes les qualités sauf... la générosité.
Photos Pirlouiiiit