Apres une semaine bien chargée (notamment) musicalement avec un tour à l'
Intermédiaire (
Basalte et
Polyéthylène), à la
Machine à Coudre (
Nationale7), puis à l'
Embobineuse (
Capitaine Carnasse et
David Lafore) ... un petit tour en bateau vers les Iles du Frioul me fera la plus grand bien ...
Bon si je vais là bas ce soir c'est aussi car il s'agit de le première soirée des
Nuits Caroline et que je vais y voir un spectacle de danse (
« multimedia sound specific installation » comme on dirait outre atlantique) suivi du premier concert dans le coin du collectif
Aixinki dont j'avais beaucoup aimé le
disque.
Apres avoir englouti un sandwich jambon fromage, nous ressortons de l'Hôpital Caroline pour assiste à cette création de la troupe
Skalen (création en 2003 mais qui n'avait pu être jouée pour raisons climatiques). Au début je suis un peu suspect ... et puis finalement assez rapidement je rentre dans leur truc ...
Il n'y a pas franchement d'histoire, mais c'est beau, ça coule tout seul, c'est impressionnant techniquement, superbe visuellement et très fluide. De plus c'est la première fois où je vois un spectacle "multimédia" où chacun des composants a autant d'importance et apporte un truc indispensable à l'« histoire ».
On suit les danseurs librement, on se retrouve parfois dans leur chemin ... ils sont 5 (3 de la troupe
Skalen plus deux invités pour cette création) et dansent parfois dans des endroits diamétralement opposés, ce qui nous force a faire des choix.
En entrant dans la cour on entend la musique de
Jean Marc Montera (grand gourou du GRIM) et de ces deux acolytes (dont un pas âgé du tout) que l'on devinait à peine au départ. La musique, un mélange de machines, bruits mais aussi instrument à corde (un espèce de luth ?), colle parfaitement à la danse ...
Au fur et à mesure que la nuit tombe, les projections commencent à prendre de plus en plus d'importance. La façade filmée et reprojetée sur elle même avec un petit décalage est superbe, tout comme cette trainée de lumière blanche qu'une danseuse trace sur le mur en se déplaçant et qu'elle finit par envoyer aux autres.
Le dernier tableau avec ces projections vertes où les corps des danseurs se mélangent à leurs ombres et leurs négatifs est particulièrement saisissant aussi ... et à la fin, comme par magie, lorsque la musique commence à s'estomper, un avion passe au dessus de nos têtes pour un fondu sonique magique, entraînant nos regards vers le ciel pour une parfaite conclusion.
Bref j'ai été réellement enchanté par ce spectacle et ne peut que m'attrister à la pensée qu'il ne sera a priori pas rejoué ... en tout cas je vais essayer de garder un oeil sur les prochaines projets de
Skalen.
Apres une pause buvette pendant laquelle nous avons eu le temps de regarder l'installation située sur le mini temple au centre de l'Hôpital, c'est au tour de
Aixinki de nous emmener en voyage. L'espace est plongé dans l'obscurité, les multiples instruments sont posés par terre et arrivent par les escaliers de derrière nos trois percussionnistes, un peu comme des voleurs ... mais drôles (l'un deux sautant comme un kangourou). En fait ils rejoignent un quatrième larron du nom de
Cyril Pelegrin (pour la petite histoire c'est lui qui avait enregistré le disque de
Opossum)
Ils attaquent par un morceau a capella plein de
takatitakite et autres sons claquants, avant de prendre place derrière leurs instruments et de nous envoûter avec deux morceaux tirés de leur disque (ceux ou il y a une vielle dame - ici en sample - qui chantent). C'est non seulement envoûtant, mais aussi entraînant … il fait beau et bon ... superbe.
Puis ils invitent
Yelena Balbec, l'ex voix de
Na Zdorovie, toujours aussi rebelle et troublante avec sa voix grave et son regard inquiétant. Elle partira ensuite et reviendra juste après un petit intermède très
Deschiens dans l'esprit, pour une deuxième morceau.
Puis après un solo de triangle (trois en fait) et un ou deux morceaux percussifs, pendant lesquels je me suis maudit d'avoir oublié ma pile de rechange (heureusement il y avait Emma),
Jean Philippe Barrios (coordinateur du projet, et ex-
Opossum) appellera
Frederic (chanteur de
Vibrion) pour une "improvisade", pour un final superbe. Visiblement très à l'écoute ils l'ont parfaitement accompagné ...
Globalement c'est ce qui s'est dégagé de ce concert ... des musiciens qui se connaissent, s'apprécient, se regardent et s'écoutent en jouant, et qui s'amusent ... sentiment extrêmement contagieux ...
Les deux dernières jolies photos sont de Emma !
Site des
Nuits Caroline :
http://marsdesign.free.fr/caroline/
Site de
Skalen :
http://www.skalen.fr
Site de
Aixinki :
http://www.lemoulin.org/aixinki1.htm