Alec Empire (Les Volcaniques de Mars 2006) - 9 mars 2006 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
NO TEENAGE RIOT
Même si sa musique est un peu moins extrémiste que celle de son précédent projet Atari Teenage Riot, Alec Empire demeure un des plus grands terroristes sonores en activité... et il ne semble pas prêt à faire dans le consensuel et le politiquement correct. Bien au contraire. Son concert dans le cadre des Volcaniques de .../...
Même si sa musique est un peu moins extrémiste que celle de son précédent projet Atari Teenage Riot, Alec Empire demeure un des plus grands terroristes sonores en activité… et il ne semble pas prêt à faire dans le consensuel et le politiquement correct. Bien au contraire. Son concert dans le cadre des Volcaniques de Mars, à la Coopérative de Mai, était en effet dans la lignée de son dernier opus, le très punk Futurist, c'est-à-dire d’une rare brutalité. Il faut dire que dans le couple (à la ville, comme à la scène) Alec Empire/Nic Endo, la répartition des taches s’établit ainsi : monsieur hurle des textes anarcho destroy dans un micro sursaturé et joue de la guitare thermonucléaire, pendant que madame saccage consciencieusement des sons extra terrestres avec ses machines.
Les titres électro punk d’Alec Empire joués en concert sont tout à fait de nature à déclencher une Teenage Riot, malheureusement en ce jeudi soir, le public est apathique et peu nombreux, ce qui n’est pas propice aux débordements. Dommage… Cela n’empêche pas Alec et son corps bodybuildé de faire le show, comme on dit. Torse nu façon Iggy Pop, muscles saillants, poings menaçants, mâchoire serrée, regards noirs et guitare électrique, en partie pour la pose… Notre homme double les parties enregistrées pour les rendre encore plus violentes, et pour se donner une contenance rock ‘n roll sur les planches. C’est un déluge de rythmes frénétiques, de guitares concassées et de cris stridents qui s’abat sur le public, peu réceptif malgré le caractère immédiat des morceaux, tous plus puissants les uns que les autres. Les bidouillages électroniques « digital hardcore » sont moins bruitistes qu’avant (certains le regretteront), mais l’hommage qu’Alec Empire veut rendre au punk anglais est parfaitement réussi. Il n’y a qu’à écouter les titres Kiss of death ou Gotta get out pour s’en convaincre.
En bon disciple du chanteur des Stooges, notre homme aimerait toutefois un peu plus de participation du public… Il se jette donc sur un groupe de gens innocents après avoir menacé de slammer pendant un certain temps, en gardant une pose inquiétante, en équilibre sur les barrières de sécurité. Mais rien n’y fait, la foule ne rentrera pas en ébullition et Alec Empire n’aura pas droit à un slam d’anthologie. Il ira s’asseoir au fond de la salle pour bouder quelque secondes, avant de remonter finir le boulot, avec une Nic Endo, toujours impassible, mais qui ne quittera la scène qu’après un joli solo de bruit annonçant la fin du show. Il faudra revoir ce couple infernal dans une ambiance plus punk et plus chaude…
Dour 2002 :
Comme chaque année, le festival de Dour (Belgique) propose une affiche des plus complètes et des plus éclectiques. Sept scènes cohabitent sur la plaine de la machine à feu, qui sera le théâtre de découvertes, de confirmations ou de déceptions.
Jeudi 11 :
Le premier groupe à se produire est Alughana, et c’est la première bonne surprise de ce festival. Sur scène : un violon, une cornemuse, un digeridoo accompagnent des instruments plus rock, ainsi que la voix de la chanteuse. Le tout forme un mélange de musique traditionnelle celtique et de métal avec des touches électro, qui est fort réussi. Le concert terminé, on reste dans la magic tent pour voir Pneumatic Head Compressor, et là je dois bien avouer que je n’ai pas bien saisi la subtilité, voir l’intérêt de ce rock- hard-core. Direction ensuite la grande scène (Last Arena) pour assister au concert d’un groupe du coin, Girls in Hawaï, qui nous proposent un pop rock assez classique, empruntant ainsi ce fameux long tunnel musical creusé entre l’Europe et les Etats-Unis. Retour dans la magic tent pour écouter starfield season, mélange de rock indus métal assez expérimental. Nous retournons ensuite vers la Last Arena ou se produit Daniel Hélin et sa fanfare. Hélin évolue dans un univers assez corrosif, maniant l’humour et le second degré. La présence d’une fanfare ne fait qu’appuyer le coté festif de ce concert. Succède à Daniel Hélin un des premiers groupes attendus ici, la Ruda Salska. Le chanteur possède un débit verbal assez élevé, sur une musique là encore très festive, à base de trompette, ou de guitare. Cela restera à n’en pas douter comme un des grands moments du festival. Le concert de la Ruda terminé, c’est le légendaire Rémy Bricka qui prend le relais. L’homme orchestre (celui en costume blanc avec une grosse caisse sur le dos, une guitare dans la main, divers harmonicas devant la bouche, et des colombes sur les épaules, c’est lui !!) est accueilli avec une extraordinaire ovation. Tout le monde chante (notamment « on lève la main, on fait le signe indien lalalalala… »), et cela se termine en feu d’artifice provenant de ses divers instruments. L’homme paraît ému du tel accueil qui lui a été réservé. Après un court passage pour voir Creams and Spices (trio rock qui s’entend bien, et qui possède une attitude à la muse), cette soirée à la Last Arena à dominance festive ne pouvait se terminer qu’avec un maître du funk, j’ai nommé George Clinton. Il a écrit de nombreux tubes (We want the funck, etc…), et de nombreux artistes actuels (snoop doggy dog en particulier) ont repris ces chansons. Il apparaît comme étant très généreux si l’on regarde le nombre de ces musiciens et chanteurs. Le tout apparaît comme étant un peu fouillis, mais c’est le but non? Une fois ce concert terminé (2h15 contre les 1h15 prévus) on se dirige vers la petite maison dans la prairie ou se produit les Supermen lovers. C’est d’ailleurs le deuxième concert qu’ils effectuent après celui effectué lors des Solidays. Les auteurs de « starlight », agrémentés de trois chanteurs, nous proposent un show assez réjouissant. Mais attention, ceux qui ont adoré starlight risquent d’être déroutés par les autres titres tant ils s’éloignent du sentier commercial, mais cela reste très bon. La soirée se termine pour ma part avec le duo belge Pink Satellite qui distille une musique électronique assez cool mais toutefois très dansante.
A retenir : Alughana, La Ruda Salska, Rémy Bricka, Supermen Lovers
Vendredi 12 :
Après une nuit assez courte (le camping de Dour est un modèle d’ambiance), on se dirige non sans mal vers la red frequency stage ou se produit un groupe belge, Showstar. Bon, on leur conseillerait presque d’arrêter tout de suite, au vu de leur pop-soupe mille fois entendue, et un anglais qui couvre la pauvresse de leurs idées. Mais cela est peut être dû à la nuit difficile (1h de sommeil) qui venait de se dérouler, rendant toute objectivité et honnêteté assez délicates à respecter. On va tenter de se réveiller ensuite grâce au concert de Penthouse. Ce groupe est réellement Rock’n’Roll, le chanteur n’hésitant pas à sauter partout et à se rouler par terre pour nous communiquer sa ferveur. Il est dommage que ce groupe n’ai pas de réelle reconnaissance (ce qui les oblige d’ailleurs à se séparer d’ici peu) de l’autre côté de la Manche et c’est regrettable quant on voit et entend leur performance. Malgré cela, nous ne sommes pas encore bien réveillé et décidons d’assister au concert des Improvisators Dub. Et là je doit dire que c’est sans doute la grosse claque de ce festival. Ce mélange d’électronique, de reggae, de dub bien sûr, le tout sur un rythme entraînant a été purement et simplement extraordinaire. J’ai franchement adoré, et été réveillé, comme toute la salle d’ailleurs, et nul doute que j’irai revoir ces musiciens proposant une musique festive et dansante. Un petit tour vers Negate (groupe phare du hard-core belge, je n’ai pas trop accroché), et direction Robots in Disguise. Les chanteuses (sœurs ?) chantent sur un fond sonore électronique, et c’est assez réussi. Elles possèdent un très bon contact avec le public, ce qui n’est évidemment pas pour nous déplaire. Direction la Last Arena et un style totalement différent avec le concert de Mass Hysteria. Si la voix du chanteur est désormais plus posée qu’avant, la musique de Mass Hysteria n’en demeure pas moins violente et accrocheuse. Le groupe est en pleine forme et cela fait plaisir à voir. L’ambiance est réellement déchaînée, l’audience conquise. N’étant pas trop attiré par Suicidal Tendencies et par Soulfly, on se dirige vers la « Marmite », scène ou se produit des groupes du Nord-Pas-de-Calais. A 20h00, le trio Au Coin de la Rue entre en scène. La marmite, scène assez petite est pleine à craquer. Ce trio utilise plusieurs instruments, le tout accompagné d’un humour certain, le public ne tardant pas à être conquis. La folie gagne peu à peu la scène, tout le monde sautant partout (« L’école, on en a ??… RAS-LE-BOL »), les références s’accumulent (Ils racontent leur passage de ch’ti dans le sud de la France ou leur passage à CAAAAAAAAARRRRRRVVVVVVVVIIIIIIIIIINNNNNNNNN). Cela restera assurément un des grands moments de ce festival, ces trois gars ayant l’air heureux d’être là et étonnés de cet accueil. Nous restons dans la marmite pour regarder les Tontons Zingueurs, groupe à base d’accordéons, et là encore c’est la folie. Tout le monde saute, claque des mains, danse sur cette musique aux influences tziganes. Ils finissent d’ailleurs leur concert dans le public, les musiciens étant réellement heureux d’être là. Un petit détour vers Flexa Lyndo, très bon groupe pop belge, et l’on retourne à la marmite pour applaudir les Ogres de Barback. La configuration de la marmite rend également ce concert très festif, et tout le bien que l’on pensait de ce groupe français est confirmé. Une fois ce concert terminé, retour à la red frequency pour assister au concert de Mud Flow, qui s’affirme comme étant un des meilleurs groupes belges actuels. C’est du rock, porté par la voix caractéristique de son chanteur, et c’est très très bon. Le concert se terminant, nous nous pressons vers la bastard mix club où se produit Peaches, allemande chantant sur de la musique électronique, mais je n’ai pas trop accroché. Cette allemande a la particularité d’être la compagne du canadien Gonzales, qui lui succédait. Le Canadien n’a pas failli à sa réputation en nous livrant un show des plus réjouissants. Malheureusement, il n’avait pas sa mythique veste rose, celle-ci étant au pressing à Berlin. Pourtant il a vraiment attendu jusqu’au dernier moment avant de rallier Dour ! On s’est contenté d’un haut de survêtement qui n’était pas du plus bel effet ! A la fin de ce concert, ce sont les 2 many dj’s ( les frères Dewaele, membre des excellents Soulwax) qui prennent les platines (vers 3 heures 15 du matin) pour nous livrer un set de deux heures, que je n’aurai pas l’énergie de suivre jusqu’au bout (mon 1h15 de sommeil de la précédente nuit me rattrape !). Ceux sont eux qui ont notamment remixés New Order sur Kilie Minogue, ce qui les a placé comme maître dans l’univers de la bastard pop.
A retenir : Improvisators dub, Mass Hysteria, l’ambiance de la marmite, Mud Flow, Gonzales
Samedi 13 :
La nuit fut plus longue que la précédente (5 heures), et cela m’a permis de bien en profiter, surtout que les premières grandes têtes d’affiche arrivaient ce jour.
Réveil musical tranquille devant Maestro Echoplex. Cet homme est un songwriter à la sauce Eliot Smith, et ses chansons calmes sont parfaites pour démarrer la journée. Je pense que nous devrions réentendre parler d’ici peu de ce jeune new-yorkais. Direction la Last Arena pour voir Kinsley. Ces vainqueurs du tremplin Dour ne nous laisserons pas un souvenir impérissable. Dirty three en revanche est beaucoup plus intéressant. Avec son violon et ses musiciens, il envoie une musique assez puissante, entrecoupée par des paroles bien senties (« Cette chanson est dédiée à ma femme, parce qu’elle est….. ma femme »). Retour à la Last Arena pour le concert de Chokebore, groupe assez attendu. Ceux qui s’attendaient à assister à une prestation digne de leurs débuts au début des années 90, et leurs premières parties de Nirvana, ont dû être déçus. Pour ma part, j’ai franchement bien aimé leur concert assez calme et mélancolique, ainsi que l’attitude du groupe toujours très sympa. Après avoir dansé sur plastik sound system pendant qu’Avril installe son matériel, nous filons vers Dominique A qui nous a livré un set très correct. Avril, la nouvelle sensation électronique, était un peu la curiosité de la journée. Pour cause de Dominique A, nous n’avons vu que le dernier quart d’heure, mais c’était franchement très bien, Avril n’hésitant pas à brûler (pour de faux ?), son mini-pc qu’il a trituré tout le concert. Cela restera un court mais bon souvenir de ce festival. D’après ce que j’avais lu ici ou là, Miossec arrive rarement à jeun lors de ses concerts, et en plus chante faux. Est-ce le micro-climat gris qui règne autour de Dour, en tout cas Miossec a chanté juste et était net. Il a un très bon contact avec le public (distribution d’instruments divers) et le public le lui rend bien (jet de T-Shirt). Pendant le concert il dit en guise de clin d’œil « Bonjour, nous sommes Millionnaire » en référence au groupe qui devait être présent à cet heure là mais qui a annulé car étant retenu à la frontière italienne (ils seront reprogrammés le lendemain). A la fin du concert, on sent une légère agression extérieure. Mais qui sont tous ces gens qui affluent de la sorte et qui piétinent le territoire que nous avons dressé depuis 3 jours ? Et bien se sont les fans d’Indochine spécialement (et uniquement d’ailleurs) venu pour applaudir Sirkis et sa bande. Il faut dire que Indochine s’est constitué une solide et fidèle base de fans depuis leurs débuts. Je me retrouve devant et c’est réellement la folie. J’ai déjà fait les fosses de Muse ou de Placebo, mais là je dois dire que j’ai eu du mal à accompagner les autres lorsqu’ils sautaient, car cela allait trop vite (surtout quand on a dormi 6 heures en deux jours et que à coté de nous les gens sont tous frais, c’est pas juste !). Toutes les chansons étant des tubes, tout le public chantait, et la musique d’Indochine, qui s’est assez radicalisée avec le dernier album, permettait aux pogoteurs de tous poils de s’adonner à leur passion ! Tous les classiques sont passés, et je me suis même surpris à chanter l’Aventurier, moi qui suit loin d’être un fan d’Indochine. Sirkis a l’air très touché de cet accueil, refait deux rappels très bons et nous promet de revenir l’an prochain. En terme de nombre (15 000 personnes) et d’ambiance, cela restera très certainement LE concert de ce festival. Direction la marmite pour voir la fin de Herman Dune (j’aime bien la barbe d’un des membres du groupe) et surtout pour voir Programme. Le duo, constitué d’un ex-Diabologum, joue avec une guitare (et parfois un saxo) et un fond sonore programmé. Les paroles sont dictées sur un son uniforme, mais ce pas le plus important. Le plus important c’est justement ces paroles qui dénoncent certains dysfonctionnements de la société actuelle, le tout donc sur une musique assez expérimentale. Allez pour (se) terminer, on va assister au concert de Alec Empire, membre du groupe Atari Teenage Riot, et ses déflagrations sonores. Cela joue très (trop) fort, et je ne tient pas longtemps.
A retenir : Chokebore, Avril, Miossec, et l’ambiance d’Indochine
Dimanche 14 :
Nous fûmes réveillé par des digeridoo et des « DEBOUT DOUR !!!! » assez tôt le matin, lors de ce qui allait être la journée la plus chargée. Et le public ne s’y est pas trompé car il est venu en nombre.
Nous débutons la journée avec le concert de Morning Star, ce fut un concert formidable émaillé par deux pannes de courant, ce qui leur a permis de mettre en exergue leurs qualités de musiciens et d’improvisateurs. Cela restera un très bon souvenir. Nous nous dirigeons vers la red frequency, et sa journée consacrée au hip-hop, avec le groupe Psy 4 de la rime. Le rap n’est pas trop mon truc, mais j’ai bien apprécié leur prestation qui en plus d’avoir du bon son, avait un fond. Yannis Odua a également fourni une très bonne prestation, et justifie bien sa réputation montante dans le reggae français. Sur la Last Arena , les anglais de Six by Seven se produisent et débutent leur show par le magistral « Another Love Song ». Le style de Six by Seven n’a pas convaincu certaines personnes, mais personnellement, j’ai bien apprécié. A deux pas de là, dans la petite maison dans la prairie pleine à craquer (probablement plus de 4000 personnes) se produit les très attendus Dionysos. Je les ai déjà vu 3 fois, et je dois dire que leurs concerts sont de mieux en mieux. L’ambiance est indescriptible, Matthias - le chanteur – saute partout, n’hésite pas à deux reprises à « slamer dans le pogo » comme l’on dit dans le milieu, et à escalader un de piliers de la tente vers la fin du concert. Babeth est toujours très jolie, et les musiciens jouent très bien ! Leur présence au festival de Dour 2003 sur la grande scène a dors et déjà été confirmée, enfin fortement souhaitée, par la direction du festival. Un petit tour vers Marc Huyghens (le chanteur de Venus), et l’on retourne à la petite maison pour voir Tarmac, la moitié de Louise Attaque. J’ai bien été (agréablement) surpris par leur concert, plus énergique que l’album, et par leur comportement, à mille lieux du comportements qu’ils arboraient avec Louise-Attaque. J’aurai bien aimé voir le Peuple de l’Herbe, mais mes jambes m’ont dit que cela n’était pas raisonnable. Donc j’ai assisté au concert des Girls Against Boys, groupe new-yorkais. Je connaissais un peu, et je dois dire que j’ai bien aimé. La musique puissante portée par une voix un peu monotone donne un mélange assez réussi. Quelques problèmes de mixage sonore viendront entacher cette performance, mais cela reste de très bonne facture. Les Saian Supa Crew étant sur une scène trop lointaine là encore (en plus ils ont annulé) , nous nous dirigeons vers An Pierlé qui joue dans la petite maison. Et cela fut un superbe concert. La jeune femme est super sympa, fait une impro de «La lettre à Elise » pendant que ses musiciens reprennent Kilie Minogue (nanana nananana…), et arrive à trouver une petite copine pour son batteur dans le public ! Malheureusement, la foule se presse sur la scène d’à côté, Noir Désir s’y produisant. Nous ratons donc les dernières minutes du concert de An, pour pouvoir avoir une place correcte. La encore des centaines de personnes sont venus uniquement QUE pour Noir Désir. Ces gens n’ont visiblement rien compris à un festival comme Dour. D’autant qu’ils observent les autres concerts d’un œil moqueur ou sont même complètement désintéressés mais squattent les premières places des concerts précédents pour ne rien rater de Cantat et sa bande. Enfin cela doit être la fatigue qui fait que je m’énerve de la sorte. Noir Désir divisera les spectateurs. Les fans (je dois en faire partie, mais je n’aime pas trop ce mot) ont bien aimé, voire adoré. Les autres, certainement plus objectifs ont eu une impression plus que mitigés. Il est vrai que si l’on se retrouve trop loin de la scène, on a peut-être du mal à accrocher. Alors que dans les premiers rangs, cela était déchaîné. Bertrand Cantat aurait pu également nous épargner sa petite réflexion envers les organisateurs du festival, d’autant qu’il semble établit que ce sont les Noir Désir qui étaient en tort (Ils avaient annulé à 21 jours du festival, pour des raisons de surbooking, alors ce sont eux qui font leur calendrier !). Cela permettra à quelques crétins d’applaudir (ils ne sont venus que pour Noir Désir, le reste ils n’en n’ont rien à faire), les autres huant pour défendre ceux qui nous avaient offert cette si belle programmation ces 4 jours. Bref, le festival se termine pour ma part sur le concert de Jeronimo, artiste belge qui n’aime pas le silicone (parce que « Le silicone, c’est DEGUEULASSE !!! »), qui a des petits problèmes avec sa femme (« Je crois que ma femme me trompe, mais je tiens bon »). Il termine avec un rappel a capella, avec une chanson, sur Monaco. Son univers 2eme degré, accompagné d’une très bonne musique nous fait terminer ce festival sur une excellente note.
Rock Dans Tous Ses Etats - 28 juin 2002 - Evreux Vendredi 28 Juin :
Alors que s'égosille la jeune pousse de The Music, qui semble rencontrer des difficultés liées à la mue et à son statut de groupe Anglais du mois, la majorité des festivaliers patiente encore à l'extérieur de l'enceinte, qui accueille la 19ème Edition du "Rock Dans Tous Ses Etats".
La première soirée, complète depuis .../...
Vendredi 28 Juin :
Alors que s'égosille la jeune pousse de The Music, qui semble rencontrer des difficultés liées à la mue et à son statut de groupe Anglais du mois, la majorité des festivaliers patiente encore à l'extérieur de l'enceinte, qui accueille la 19ème Edition du "Rock Dans Tous Ses Etats".
La première soirée, complète depuis plusieurs jours en raison de la présence d'une locomotive sponsorisée par Jean-Marie Messier & co, s'avéra très éclectique et riche en événements.
Doté de deux scènes, dont la seconde un peu plus petite, le festival proposait de nouveau cette année le Banana Club, voué aux musiques électroniques : pour le moment ce troisième site cherche un peu son public et rares sont les adeptes à se donner corps et âme aux dieux de la House.
Mardi Gras Brass Band, fanfare germanique assez méconnu en France, investissait la grande scène vers 19h00, pour proposer un son digne des meilleures shows de twirling. Certains devaient se souvenir, subrepticement, d'une majorette -avec un zeste de nostalgie- qu'ils admiraient lors des défilés communaux et dont ils étaient secrètement amoureux.
Sur la scène B, enchaînait, sans transition, ...And You Will Know Us By The Trail Of Dead. Remplaçant de dernière minute de Thievery Corporation, ce quatuor Texan met la guitare saturée en avant à travers des compositions très dures, qui rappellent par moments le New York Hardcore, mais l'immensité du lieu ne lui sied pas et l'ensemble finit par devenir difficile à suivre.
Paniqués, ils en briseront leurs guitares ! A redécouvrir dans un petit club (pourquoi pas l'Abordage ?).
Joseph Arthur, Américain qui connaît le succès hexagonal mais demeure méconnu dans son propre pays, brandissait ensuite sa guitare électro-acoustique pour égrener ses mélodies "neilyougiennes" extraites notamment de son dernier album "Redemption son" et n'omettait pas de remercier la foule massée au sein de l'hippodrome de Navarre, pour son chaleureux accueil.
Kid Loco diffusait sur la petite scène sa musique de salle d'attente, afin de faire patienter les 10 000 Ebroïciens d'un soir, avant l'arrivée de Tiken Jah Faholy, nouvelle star Ivoirienne du reggae.
Même si ses textes peuvent paraître un brin naïfs, TJF sait de quoi il parle lorsqu'il évoque les difficultés de l'Afrique, à la différence d'un Pierpoljak, par exemple, 100% récupérateur.
Vers 22h45, débutait la prestation la plus remarquable du vendredi : miss Lisa Kekaula et ses acolytes des Bellrays, déjà à Evreux en mars dernier, enchainèrent riffs sur riffs, sans temps morts. Leur répertoire soul-punk est cohérent et l'ensemble des titres joués bénéficia d'une mise en scène minimaliste impressionnante : The Bellrays ont été grands.
Rock'n'roll !!
Les groupes qui ont clos la soirée devraient s'en inspirer.
Samedi 29 Juin :
Alors que le soleil était à son zénith, Mr Neveux déversait ses sonorités lounge, devant un parterre encore clairsemé.
Evreux étant une ville d'eau à dimension humaine, certains auront fait l'impasse sur les "petits groupes", pour découvrir son histoire ou ses hypermarchés, et aérer leurs t-shirts Slipknot (leader comme l'an dernier au RDTSE, en tant que signe vestimentaire d'appartenance à une "tribu")...
Le groupe surprise annoncé à grands renforts de publicité, s'avère être une étonnante...surprise. A.M.60, formé récemment, évoque les compositions de feu Porno For Pyros (qui avait à sa tête le pape de l'alternatif US Perry Farrel, fondateur de Jane's Addiction et du Lollapalooza Tour) et la fluidité des titres comme la présence scénique du combo surprend agréablement.
Les inconnus Dirty Three sont spécialisés es-côté obscur de Nick Cave. Bizarrement, ils dédieront leur dernier titre à Dee Dee Ramone - second faux-frère à chuter définitivement, après Joey, l'an dernier. Ce dernier doit se retourner dans sa tombe, en entendant sa reprise de Louis Armstrong, illustrer une publicité de la marque aux chevrons !
A l'heure de l'apéritif, Miossec se présentait sur scène. Une fois sur les planches, il ne sait plus quoi faire : fumer une cigarette, boire une bière, agiter un chiffon rouge, jeter des rouleaux de rubans adhésifs dans le public ou encore massacrer ses plus beaux titres.
Et le pire se produisit : ex-leader d'Atari Teenage Riot, Alec Empire est respecté et sa dernière livraison est supposée être une revisite version électro des 30 dernières années. Mais Alec Empire est surtout un terroriste sonore et nuira à quantité d'oreilles, pendant près de 3/4 d'heure, avec ses hurlements apocalyptiques et ses bpm abracadabrantesques.
Dyonisos allait susciter, en revanche, l'unanimité : ils peuvent flirter, sans complexe, avec le titre de groupe scénique Français (à égalité avec les Wampas).
Mathias, chanteur et leader du groupe de Valence sait tout faire (sauter, plonger, rouler...). Il n'hésitera pas à se jeter à deux reprises dans la foule et la parcourra en simulant une brasse, pour terminer son morceau a cappella juché en haut d'un pylône situé à une cinquantaine de mètres de la scène.
Mathias symbolise à lui seul la vigueur du Rock Dans Tous Ses Etats et son caractère indispensable dans le paysage Français des festivals.