Style :
Pop - Rock Avant même de se jeter dans Ciel de Fête, 3° opus d'Alexandre VARLET, sombre poète dont on avait perdu la trace depuis son magnifique et alambiqué Dragueuse de Fond, on pouvait présumer qu'on ne tenait pas là une de ces galettes markettées à la machette, en passe d'être diffusée à grand renfort de formules pisse-vinaigre pour cerveaux en disponibilité. Et çà même si la mise en avant un tantinet surlignée de sa signature chez Fargo - label folkement pointu et peu fourni en artistes français, avec Emily Loizeau ils seront dorénavant 2 - relève de ce genre de procédés limite pénibles.
Malgré tout, une fois le disque avalé par la platine, le pressentiment n'est que confirmé et on découvre, non sans surprise, dès les premiers morceaux (l'instrumental Le Lit de la rivière et l'hymne solaire Montre-toi) notre artiste sous un nouveau jour : moins torturé dans le verbe, plus rèche sur le son.
Pour caricaturer un peu, VARLET est porteur de ce qui pour beaucoup encore est un paradoxe insupportable - ceux là même qui à l'époque crachaient à gros glaviots sur les Sylvain VANOT et autres Tue-Loup - et qui relève pour d'autres d'une qualité artistique imparable : savoir mettre en valeur d'une instru à la couleur anglo-saxonne appuyée - entre cold wave et rock brûlant pour paraphraser Fargo - une volonté assumée de proser des textes en français.
Alors, bien évidemment, la puissance de ce disque ne se résume pas à une simple parade d'artiste arborant en gage de qualité les stigmates de ses écoutes prolongées des vieilles scies dark ,Personal jesus de Depeche Mode ou le Porcupine des têtes à claques jouissifs d'Echo and the Bunnymen en tête.
Non, le charme est bien ailleurs, dans sa structure même, singulière et tellement attirante. Assis sur une production luxueuse, sans fioritures mais tout de même chiadée, cet album est capable de s'insinuer dans le quotidien, voire même d'en approcher l'intimité (un morceau comme La Providence, est un condensé d'audace, disons, suggestive !).
La voix de VARLET n'est évidemment pas non plus innocente (la berceuse éthérée Tutti Quanti en est une belle preuve) dans ce lien étrangement étroit qui nous rapproche petit à petit de l'artiste et de son oeuvre. Une sorte d'union sacrée qu'on voudrait, à satiété, pouvoir consommer.
Cet album tape direct au coeur. Il pousse à voyager tout azymuth (Le Sens de l'Orientation), comme ces nuages, zonards hirsutes dans le ciel des longs jours de fête, autant qu'à se lover,au bord d'un chemin creux, au plus près d'un brasier (Presque Monde) qui jamais ne cesserait de se consumer. Juin 2007 - Fargo http://www.myspace.com/alexandrevarletmusic www.fargorecords.com Signature :Zeu Western Manooch Page Web Conseillée : http://blog.myspace.com/goummo
Artiste :
Alexandre Varlet Titre :
Ciel De Fête
Style :
Pop - Rock Malgré son titre, le troisième album – plutôt réussi – d’Alexandre Varlet n’est pas particulièrement festif… Ciel de fête exhale en effet d’intenses parfums tout droit venus de la cold wave et de la folk music, deux styles connus à juste titre pour être sombres et torturés… Enregistré en duo avec Nicolas Leroux du groupe Overhead, ce disque tranchant avec la chanson d’ici mélange des réminiscences de Joy Division, Nick Drake, The Cure et Leonard Cohen avec des mots en français. Le soin apporté aux ambiances et aux sons constitue un parfait écrin pour accueillir les textes – parfois un peu trop facilement lyriques, mais allant souvent droit à l’essentiel – d’Alexandre Varlet. Si tout n’est pas marquant sur Ciel de fête, l’album regorge de titres que l’on garde en mémoire : l’aérien et orageux Le sens de l’orientation, les apaisés Tutti Quanti et Presque monde, l’enlevé Montre toi, les tubesques Mes yeux et Les sentiments et le final du disque avec l’insidieux titre Ciel de fête. Un disque qui nécessite plusieurs écoutes attentives et qui mérite qu’on lui donne sa chance…