Joli plateau pour ce deuxième samedi de fiesta, suffisament éclectique pour rester un long moment, et dans de bien meilleures conditions que l'affreux chapiteau ou jouaient
ADF et
Keziah "larsens en pagaille" Jones la
semaine dernière.
Ca commence avec
Zung, un trio Reunionais qui étaient là juste pour un show case (trois quatre chansons a peine) entre folk et bossa nova.
Musique tranquillou, avec des sonorités exotiques et une chanteuse imposante et un peu farfelue dans ses intonations, un petit grain de folie qui n'était pas pour déplaire aux quelques uns qui n'étaient pas au bar.
La salle est nettement plus remplie pour le concert des brésiliens
Naçao Zumbi, qui n'ont pas manqué de dérouter avec leur funk rock métissé.
Les titres sont assez répétitifs, limite hypnotiques, avec des grosses lignes de basses, des riffs de guitare lourds sans oublier la voix très sombre du chanteur dont la ressemblance avec
Lenny Kravitz était le seul aspect amusant. Si les morceaux n'étaient pas interprétés en Portugais avec ici et là des percussions on n'imaginerait pas qu'ils viennent d'aussi loin (enfin là ils débarquaient de Seville dixit le speaker, qui précisait que des musiciens marseillais leur avaient prété des instruments, les leurs s'étant perdus dans le voyage, brr ça doit foutre les boules des trucs pareils). En fait les autres musiciens chantaient et rappaient plus tard dans le concert, rendant le set moins monotone qu'il avait commencé.
La tête d'affiche, à savoir l'Ivorien
Alpha Blondy, je dois avouer que je la connaissais sans connaître et que ça n'avait rien d'engageant. A l'instar de
Jimmy Cliff, l'écoute de ses singles
"reggae fm" (allez hop, une etiquette à la con, une) plus jeune donnait pas très envie d'aller plus loin, mais comme en concert c'est toujours mieux, pourquoi pas, les invits c'est fait ausssi pour ça. Et pour être objectif c'était bien en effet, de bons musiciens, des choristes bonnes (ma préférée c'était celle court vetue en blanc) et puis une voix impressionante, qui l'autorise à chanter deux titres accapella, dont un très engagé comme on pouvait l'attendre d'un gars portat un t-shirt à l'éffigie du grand
Bob, sur les magouilles en Centrafrique.
Tout se passe plutôt bien, puis avant le rappel, malaise. Le concert était filmé pour une soirée en direct sur Arte et le sympathique
Ray Cokes qui avait déjà expliqué avant le concert qu'il y aurait une pause revient sous les sifflets injustes de la foule, aggrémentés de huées et gestes obscènes envers son homologue Allemand. Bravo pour la politesse et la soi-disant ouverture d'esprit, personellement j'étais vachement content de voir ce grand homme de radio et qui plus est, la seule personne en à passer de la bonne musique live à la tv française, mais à ce moment-là j'avais carrément honte d'être marseillais et hate que le concert se termine (par ses deux tubes
"Sweet Fanta Diallo" et
"Brigadier Sabadi") pour que ces trouduc de bourgeois s'en aillent claquer leur fric ailleurs ou rentrer sagement chez eux.
Ce facheux incident passé, la soirée s'est royalement terminée avec les salsaleros de
Africando dont on m'avait dit le plus grand bien ici et là, et qui m'avaient beaucoup amusé un temps avec leur reprise transfigurée calienté de
"Aicha", le tube de
Khaled, c'était d'ailleurs la première et dernière fois qu'une chanson de
Goldman m'amusait. Ils ne la joueront pas ce soir, mais feront danser les couche tard avec plein de chansons d'au moins dix minutes chacune. Enfin danser c'est un grand mot vu que je ne suis pas un grand spécialiste de la salsa et que rester debout de grosso modo 20 heures à 2 heures (heure d'été hé hé) ça use forcément. Mais impossible de bouder son plaisir avec des musiciens et chanteurs (venus du Senegal, de Guinée,
"la source de la salsa" comme dit le speaker, mais aussi de Cuba et d'Europe) très talentueux, classieux, affichant une bonne humeur contagieuse et communicative. De loin le meilleur concert de cette soirée presque parfaite.