A cause de la grève de la RTM nous nous sommes gares plus loin que d'habitude ... et c'est guide par le feu d'artifice que nous nous rendons sur le nouveau lieu de la Fiesta ... c'est a dire un deux scènes, l'une sous la bretelle d'autoroute et l'autre sous chapiteau ... puisque du bâtiment originel il ne reste que les murs suite a l'incendie qui a eu lieu il y a quelques mois ...
Première bonne surprise, il n'y a en effet (comme promis dans le journal) pas de queue ... j'avoue que je n'y croyais pas ... nous faisons donc un rapide tour du lieu avant de nous rendre sous la bretelle pour assister au concert de Amadou et Mariam.
Je m'étais bien amusée lors de leur passage a l'Espace Julien il y a quelques mois, et une nouvelle fois j'ai été séduit par cette innocence doublée d'optimisme ... Je les ai même trouvés en meilleurs forme que la dernière fois, plus souriants (elle notamment).
Vers le milieu du set elle s'échappera pour venir dans une nouvelle tenue, encore plus resplendissante ... on aura le droit aux solo de guitare de Amadou et a tous leurs désormais tubes ...
On retraversera avec difficulté le public pour se rendre devant l'autre scène voir comment Anaïs s'en sort ... on passera donc a cote de l'espèce d'arène de taureaux, des stands de crêpes, jettera un oeil sur les projections murales, avant d'arriver sous le chapiteau ...
On y trouvera Anaïs en train de faire un carton (comme d'habitude) ... dans une tenue visiblement inspirée de sa scéance de photos avec Norbert Fournier ... c'est a dire qu'elle a troqué sa paire de jeans et son t-shirt mickey pour une tenue de tennis woman ... comme me le faisait remarquer Manon, pour ceux qui ne connaissent pas les photos ...
Ayant déjà vu plusieurs fois son cheap show je suis reparti avec une impression mitigée ... le son n'était pas top pour le public et visiblement encore pire sur scène (énorme larsen, ingé son qui a eu du mal a régler le problème) ... elle a même été obligée de raccourcir certains morceaux.
Cela dit c'etait quand meme tres drole. La fin de ses morceaux change encore ... seule difference par rapport aux precedents concerts ... j'ai ratee Mon coeur mon amour (ma preferee). Sinon elle a fini par son irresistible Carla Bourree qui une nouvelle fois a fait mouche ...
Apres ceci nous avons retraversé le site en faisant une petite halte dans la pièce "rock n roll" ou un DJ passait des disques ... dommage qu'ils n'aient pas mis un bon petit groupe de reprise comme les Oh wee par exemple ...
Arrivés a nouveau sous l'autoroute on a pu voir qu'un très large public était venu pour Tiken Jah Fakoly. Pour ma part je ne connaissais pas ... si ce n'est le Africa va mal que fredonnait sans cesse Edd pendant la semaine ..
Je m’attendais a un truc très variété et j’ai eu la surprise de me retrouver nez a nez avec un show des plus explosif. Très roots au niveau musical avec tout un tribu de rasta sur scène avec danseuses et pleins de cuivres qui ont fait un intro magistral a celui qui est arrivé comme le messie …
Bondissant dans tous les sens, parcourant la scène de long en large sous son poncho qui paraissait bien chaud … il a enflammée le public pendant une bonne heure et demi avec ses textes assez simples (moins que ceux de Amadou et Mariam tout de meme) mais militants.
Tout le monde avait le point levé pour réclamer l’annulation de la dette du continent africain, pour sa réelle indépendance etc … Un morceau sur ce thème dont j’ai oublié les paroles et le titre m’a vraiment fait penser a Dai Pivo. Une très sympathique découverte sur scène.
Voulant voir un peu de Moussu T et ses Joventz nous sommes partis avant la fin et lorsque nous sommes arrivés sous le chapiteau l’ambiance était bien différente. Beaucoup plus calme.
Sur scène Moussu T était tranquillement assis, comme ses deux musiciens (batterie et guitares). Pour étoffer le son il avait devant lui un lecteur de CD, ce dont il ne se cachait pas puisqu’il lancera a un moment un « Solo de Cd ». Le contraste était tel que si je n’avais pas déjà découvert le chose sur disque, je n’aurais peut être pas vraiment accroché.
Les chansons du Moussu T sont dans l’ensemble assez différentes de ce qu’il fait au sein du Massilia Sound System, même si il reprendra fris confis. Comme d’habitude beaucoup de tchatche entre les morceaux, soit pour déconner avec l’accent soit pour nous apprendre des choses et rendre hommage par exemple a cet auteur jamaïcain qui a écrit un polar sur Marseille il y a déjà bien longtemps.
Plutôt sympathique mais pas transcendent … en tout cas dans ce contexte la. Je pense que dans un des ragga baletti au Balthazar ça doit être carrément plus efficace.
On s’éloignera un moment allant même jeter un œil sur la grande scène ou Fakoly est toujours aussi excitée. On ira prendre l’air, visiter les autres « salles » et lorsqu’on reviendra sous le chapiteau ce sera pour trouver RIT. Je n’avais pas vu le jeune homme depuis son concert au Moulin (pour le Festival On Connaît la Chanson), mais son dernier album (Sans tambour ni trompette) dont il fêtait ce sortie la sortie est un véritable bijou.
C’est donc le première fois que je le vois sans sa barbe … ça change ! Je l’ai trouvé aussi changé dans son comportement. Toujours un peu timide mais plus loquace … Ce soir il n’avait que sa guitare et quelques pédales pour ce qui était en fait un showcase. Il ne jouera donc que quelques morceaux (trop peu) et parlera beaucoup (un peu trop), mais ce fut agréable tout de même a cette heure tardive.
Pour finir nous nous sommes dirigés une dernière fois vers la grande scène pour redécouvrir Dupain. Je n’ai jamais été très fan, mais il faut aussi avouer que je ne les ai jamais vu dans de bonnes conditions sur scène non plus. J’étais donc impatient de découvrir leur nouvel album, qui présente la particularité de compter pas mal de titres en français (avant tout était en provençale), que je n’avais pas eu le temps d’écouter vraiment avant.
En m’approchant de l’immense scène (ça change du Balthazar), j’ai du mettre mes bouchons, car le son était vraiment très fort. Sur scène ils sont maintenant 5 : le joueur de vielle, Sam au chant, un batteur, le bassiste et un joueur de oud.
Ce que j’ai vu ne ressemblait plus vraiment a ce que j’avais vu ou écouté avant … il y a bien toujours un son commun mais les textes toujours aussi militants perdent un peu de leur superbe avec le passage en français. Cela dit j’ai bien aime l’avant dernier morceau que j’entendrai avant que Manon ne vienne ne me taper sur l’épaule pour me dire que c’était l’heure d’y aller …
Je regarderai donc Sam danser bizarrement quelques minutes de plus tout en m’éloignant … et je dois reconnaître que sans bouchons, en repassant sur le cote de la scène en partant j’ai moi aussi trouvé cela insupportable niveau son … comprenant alors leur empressement a partir.
La première soirée de ce festival haut en couleurs avait déjà été très chaude et très rock'n'roll : Sunday Drivers, Louis Bertignac et Louise Attaque, que du bon.
Mais le deuxième soir, ce fût carrément énorme !
Pour l'apéro Raul Paz a bien chauffé le public avec sa musique cubaine très actuelle, mais le son était malheureusement pas terrible et beaucoup trop fort. Beau moments tout de même, notamment le duo avec Bertignac.
Ce sont ensuite Amadou et Mariam qui ont enchâiné sur la grande scène. Et là, l'ambiance est devenue très chaleureuse. Leur son part de la musique traditionnelle (malienne) mais il est bigrement enrichi d'influences plus récentes comme le rock, le reggae et le blues. Le couple de chanteurs rayonne, et les musiciens s'éclatent totalement. Mention spéciale au percussioniste et au batteur qui ont emflammé la scène !
Et puis est arrivé celui que personne n'attendait mais que tout le monde avait espéré : Manu Chao. Ambiance surchaufée dans le parc de Valmy. Manu joue 2 titres avec Amadou et Mariam, dont il a produit l'album. Mais la star sait rester à sa place en ne leur volant pas la vedette, alors que cela aurait été si simple...
Puis c'est l'heure de Tiken Jah, qui nous offre un grand concert. Du très bon reggae, à l'africaine. Un show impécable avec des très bons musiciens et un son parfait. Et au bout d'une petite heure, qui revoilà ? L'ami Manu Chao qui revient nous interprêter un de ces titres avec les zikos de Tiken Jah. Excellent ! La soirée devait se terminer ainsi, c'est d'ailleurs ce qu'ont cru les 3/4 du public, en partant après Tiken Jah.
Mais qui est ce petit gars en rouge sur scène qui mixe des titres bien sympas ? Vous l'avez compris, c'est lui, il est toujours là, et il à pas l'air d'avoir sommeil. Après un bon quart d'heure de mix, Manu reprend la guitare, le micro, et entame un mini concert mythique, accompagné de son excellent guitariste Magyd. Ils ont joué "les titres qu'ils jouent d'habitude dans les bars de Barcelone". Une demi-heure de pur bonheur pour la centaine de chanceux qui sont restés. Manu n'avait pas joué en France depuis l'été 2003. Et là, il est passé, en ami, en prévenant le festival de sa visite dans l'après midi seulement...
Et il a fini son concert en nous disant "à très bientôt, avec tout Radio Bemba !"
On en garde un sourire béat depuis quelques jours.
Et pour finir le festival en beauté, 3ème jour en chanson déjantée, avec Camille, Paris Combo, Hyperclean (coup de coeur extra-terrestre) et Mooossieur Higelin).
On commence cette deuxième journée avec Cake, groupe que je connaît très peu. Les musiciens ressemblent a des purs rednecks texans et leur musique serait idéale dans l'autoradio d’une belle américaine traversant une autoroute dans le désert. Par contre sur une scène de festival dans la campagne francomtoise ça reste dispensable. La journée commence en douceur.
Puis je me rend à The National –encore une découverte- qui joue sous le chapiteau. Je met du temps à rentrer véritablement dans le concert.
Mais petit à petit la musique du groupe et leur jeu de scène (qui se la joue un peu autiste) arrivent à me faire plonger dans le set. Le chanteur balancent de longues envolées qui donnent le frisson. Jolie découverte donc.
Après les cris de The National, on passe à quelque chose de plus rose, Amadou & Mariam. Le couple aveugle du mali joue toujours ses chansons aux paroles naïves (« et maintenant on va faire une chanson contre les dictateurs qui nous divisent » ; « je veux vous entendre crier pour la paix »,…). Assez énervé par leur « tube » (Mon amour ma chérie) et partant avec un mauvais apriori, j’ai été néanmoins conquis par leur musique dansante et légère.
Autour de moi tout le public donne l’impression d’être joyeux. Et –ce doit être un signe- leurs chansons ont chassé les nuages sur la presqu-île de Malsaucy et un rayonnant soleil arrive pendant leur set.
Vient ensuite le groupe que j’attendais le plus aujourd’hui, Ghinzu. Je ne les avais plus revus depuis leur excellent concert au Poste à Galène en octobre dernier, quand ils ne passaient pas encore sur Europe 2. Même si la taille du public a changé, leur entrée est toujours aussi mégalo (avec en fond la musique de Starwars). Et s’ils n’ont plus leurs perruques, ils commencent encore leur set par une de leur plus belle chanson, Blow qui malgré sa longueur passe toujours aussi bien en live. Vient ensuite le génial High Voltage Queen (The Reign of) et le public qui bouge beaucoup. Mais ce n’est rien avec l’explosion qui suit leur tube Do you read me ? Peu de nouveaux titres sur la set liste (même s’ils font une très belle reprise de Blue suede shoes) même s’ils jouent deux chansons du premier album et qu’ils font toujours leur reprise de Purple Rain. Excellent concert ou le public a bien réagi. Le tout est de savoir les prendre au deuxième degré
Direction ensuite le chapiteau, où se joue une création spéciale pour les Eurockéennes avec une rencontre entre Nosfell et Ez3kiel. Si je suis très fan de Nosfell (que j’avais vu lui aussi au Poste à Galène, qui était alors à moitié vide) j’aime nettement moins la musique d’Ez3kiel. D’où ma difficulté à véritablement rentrer dans le concert – même si mélange est très bien fait, les deux artistes ont vraiment réussi à mélanger leurs deux univers et éviter la simple superposition.
Pendant que Cali va jouer ces chansons d’amour insupportables sur la grande scène, je me rends voir Tom Vek à la Plage. Il sera a l’image de la plupart des nouveaux groupes anglais du festival (Bloc Party, The Killers) en étant incapable de faire un concert potable. Les musiques ont été entendues cent fois ailleurs et il ne dégage rien de bien intéressant.
Viennent après le deuxième épisode des Chroniques Bumcello. Le violoncelliste et le percussionniste de -M- jouent sur des musiques semi-improvisées, mais le résultat est assez décevant. Heureusement les invités remontent la performance. Si Catherine Ringer et Fred Chichin des Ritas pourtant prévus, ne sont pas là, Chocolate Genius nous montre qu’il maîtrise la gratte. Il y a surtout Susheela Raman qui vient poser sa voix sublime sur deux musiques, notamment un Bolo Bolo d’anthologie. Malgré ce concert reste une semi-déception (j’en avais auparavant entendu beaucoup d’éloges)
La tête d’affiche du jour c’est Garbage. S’ils m’avaient sauvés d’un pitoyable concert des Red Hot il y a trois ans à Nice en faisant une première partie un peu punk, ils sont revenus à un rock plus FM. Leur résultat est donc gentillet, pas totalement désagréable mais aseptisé et assez dispensable. Mais bon il faut bien faire quelque chose en plus de boire des bières en attendant le concert de Vitalic, d’autant que Kasabian a annulé en dernière minute.
J’avais beaucoup entendu parlé de Vitalic avant leur concert et il est vrai qu’ils sont très efficaces pour faire remuer le public, à en juger les réactions de mes voisins. Néanmoins leur minimalisme me rebute et je pars donc avant la fin du set, fatigué et heureux de cette deuxième journée de festival.
J'y suis allé avec pour motivation première de voir (une fois dans la vie avant son auto destruction) Didier Super et quelques trucs sympas. Toute la programmation chanson néo réaliste française et métal/punk me faisait plutot peur mais en fait il y avait moyen d'y échapper facilement.
Au final,j'ai trouvé le week end formidable, le site de la base de loisirs offre des scènes idéales et correctement sonorisées et quasiment tous les concerts auquels j'ai assistés m'ont au moins interressé et pour quelques uns enthousiasmé franchement.
Mon top personnel sera:
1 Modey Lemon, je les avais ratés aux transmusicales et bien je comprends leur présence au festival rennais, plutot exigeant dans sa prog. Modey Lemon, c'est du garage rock américain, ils viennent d'ouvrir pour la reformation de Dinosaur Jr et grosso modo c'est selon moi les Kings of Leon puissance 10000. Concert extraordinaire, et c'est pas forcément mon genre.
2 Rinocérose, ils ont soulevé un public qui ne les connaissaient pas et obtenu parmi tous les groupes que j'ai vu la plus grande ovation. Une fantastique machine à danser. Concert tout de meme rendu pénible pour moi (sans faire mon vieux con)par des gamins de 15-18 ans qui se ramènent après 20 minutes voyant que ça bouge bien et qui pogotent comme des cons,ce sont surement les memes petits branleurs qui ont tentés de prouver leur virilité en allant siffler et lever des doigts devant le concert de Kyo. A noter le présence au micro de Mark Gardener, l'ancien chanteur de Ride sur un titre et celle du chanteur danois du groupe Dead Combo qui cloturaient plus tard la soirée dans un déluge de riffs sur synthé à la Suicide.
3 Riton. Comme Rinocérose, très bonne musique pour sauter en l'air dans tous les sens. La fusion parfaite entre la culture rock et la culture rave (pas étonnant que Laurent Garnier soit fan). Dans un genre pas si éloigné, il fout la honte à des méga star comme les Death in végas, je trouve.
4 LCD soundsystem. Parfait comme d'hab. Peu de monde, ils cloturaient le premier soir à 1h mais gens motivés pour passer un bon moment et ce fut le cas.
5 Le Tigre, le groupe électro rock américain m'a complétement convaincu, ce que l'écoute distraite de leur disque n'avait pas réussi au contraire de ceux de leurs cousines anglaises des Robots in disguise. Vraiment excellent concert et comme pour Rinocérose, elles ont retourné une bonne partie d'un nombreux public ...
Par ailleurs, Louise Attaque et Amadou et Mariam m'ont bien plu. Louise Attaque, si tous les gens qui vendaient des disques en France étaient aussi bon qu'eux, on pourrait écouter les radios Fm sans honte. Pour le couple malien, la simplicité des chansons et de leur attitude est tout à fait réjouissante, la qualité des compositions et de l'interprétation (des solos jamais redondants, des montées rythmiques jouissives) excellentes.
Rien que pour tout ça et pour 60 euros, j'ai pas perdu mon week end. Les seuls trucs que j'ai trouvés mauvais étant Soulwax, Kasabian (au moins,pour un groupe anglais ils faisaient pas la gueule, mais t'enlèves les singles joués à la fin, ça décolle pas), et tous les groupes de chansons néo réalistes française que j'ai quand meme voulu prendre le soin d'écouter un peu. Les Wriggles, par exemple, je crois qu'à part Yannick Noah, je vois pas de trucs plus chiants dans la scène française actuelle. A la rigueur,le reggae de Sinsémilia m'est bien plus agréable que tous ces groupes à accordéons, trompettes et tout le toutim qui bousillent souvent leurs chansons en parlant et balançant des banalités humanistes en veux tu en voilà. De ce point de vue, la présence de Didier Super qui se fout de la gueule de tout le monde fut le contrepoint idéale à ces musiciens bien pensants sans talent pour la plupart (je suis toutefois parti avant Mano Solo, qui je pense a lui des chansons et plus d'interet). Le concert de Didier Super (ou plutot son one man show) a été un bon moment, on a bien régressé, les vannes sur le public, le show buziness, les pauvres, les enfants étaient bien amenées, le bonhomme ayant de la répartie (on se demande ce qui est écrit, ce qui ne l'est pas). D'un point de vue musicale (si j'ose dire), le point culminant du concert fut la reprise de "I wanna be your dog" devenant "je veux etre une star". La seule chose à souhaiter étant que Didier arrète bientot parceque si le happening est marrant,je doute qu'il le reste longtemps. Par contre, les Modey Lemon, faut pas qu'ils arretent ! Le programme du festival les comparait à une version underground des White stripes, je leur souhaite un succès plus large, meme si contrairement au couple de Detroit, ils ne semblent pas posséder "la chanson" pour les faire connaitre.
Le printemps revient et l'atmosphère bon enfant du festival de Bourges est toujours aussi agréable. Les concerts commencent à l'heure à Bourges, qu'on se le dise. Mais malheureusement le public attend toujours aussi longtemps pour pénétrer sous le chapiteau du Phénix.
AMADOU & MARIAM, toujours aussi souriants, débutent cette soirée aux couleurs très africaines. On regarde si Manu Chao est à la guitare comme lors de leurs 3 concerts parisiens ; petite déception, mais les musiciens tiennent la route. L'ambiance monte très vite. On sent qu'ils sont de plus en plus populaires : ils le méritent, ce couple d'aveugles maliens est vraiment chaleureux et sincère dans ces textes. Le final est grandiose : "la Réalité" est applaudi de bout en bout. Malheureusement pas de rappel : on a l'impression qu'à Bourges il faut tenir la montre pour laisser le prochain artiste commencer à l'heure dite.
Le petit décor en forme de feuilles pour la chanteuse malienne est vite monté et voici l'envoûtante ROKIA TRAORE. Entourée d'instruments traditionnels : Balafon (grand xylophone), N’goni (petite guitare à 4 cordes), djembé etc… Même si elle chante en malien, l’émotion passe très vite.
Puis le public se resserre, pas mal de jeunes sont venu voir la voix de la rue de l’Afrique de l’ouest, le successeur d’Alpha Blondy : l’ivoirien TIKEN JAH FAKOLY. Entouré d’une petite formation de cuivres (saxo, trompette, trombone), le son très lourd balance rapidement le public. Il alterne quelques titres de son dernier album avec ses classiques : tous ces textes sont très revendicatifs : la dette africaine, la pauvreté, l’esclavage, la politique françafricaine, la dictature des présidents etc…. Il résume et dénonce toujours aussi parfaitement la situation catastrophique de l’Afrique de l’ouest et fait reprendre à la foule ses slogans : « Quitte le pouvoir ! Africa va mal ! ». Pour le final il interprète l’excellent « Y’en a marre » des présidents assassins, des aides détournées, des populations affamées…. Ca fait du bien d’entendre des textes engagés à la LKJ, bien loin des clichés du reggae roots habituel et d’un monde qui n’existe pas (Jah, Babylone, love, harmonie etc…). En plus, ce soir les chansons sont toutes en français : pour faire mieux passer son message ?
Enfin la salle se vide quelques peu ; le son change carrément : il devient très lisse pour accueillir la voix de BERNARD LAVILLIERS. Même si il introduit ses textes comme des invitations au voyage (c’est sympa), ses textes ressemblent à du Kerouac de bas étage.
Personnellement je remarque qu’il a toujours autant de certitudes lorsqu’il explique les genres de musique qu’il aborde : comme si il venait professer au public la vraie salsa, la vraie musique brésilienne. D’ailleurs pas mal de monde quitte le chapiteau ; à tel point qu’un gars de la sécurité à la sortie nous disait « Partez pas tous, le vieux y’ va se retrouver tout seul ! »
Deux regrets cependant. L’ordre de passage des artistes a été mal choisi : Rokia Traoré et Bernard Lavilliers (tête d’affiche !) auraient dû passer avant Amadou & Mariam et Tiken Jah Fakoly qui ont enflammé le public. Pas de duos entre les africains ce soir qui se connaissent pourtant bien : on a l’impression d’assister à des prestations pré formatées et sans improvisations.
Néanmoins le public est toujours aussi varié : de 7 à 77 ans, c’est ce qui fait le charme du printemps de Bourges.