Les Antiquarks, à savoir Richard Monségu (Chant, percussions, batterie, gouaille et blagues) et Sébastien Tron (Vielle à roue électro, voix, pédalier) nous invite dans un drôle d'univers. Musique de l'Inter-terrestre, c'est à dire les musiques du monde vues d'ici, voire phantasmées d'ici. En effet, les Antiquarks absorbent, digèrent, intègrent, imaginent, les musiques d'autres cultures pour nous offrir une musique finalement fort originale.
Une vingtaine de personnes ce soir pour cette première semaine de résidence à l'Exodus. Ambiance intimiste d'une assemblée de curieux, intrigués par le disque et le communiqué de presse. On ne sait pas trop ce qu'il nous attend. La vieille à roue nous fait penser à Dupain mais à l'écoute de l'album, on sent bien qu'on est ailleurs.
Le groupe prend place dans la scène-alcove de l'Exodus. Le longiligne Sébastien Tron avec sa vieille à roue et ses pédales et le plus rondouillet Richard Monségu derrière sa batterie et diverses percussions.
Et c'est partie pour plus d'une heure d'un voyage musical, entre tour du monde et errance onirique. Difficile en effet de qualifier leur musique, ne serait-ce qu'au vue de la diversité des morceaux. Que ce soit du côté des steppes mongoles, du far-west et bien evidement du Sud-Ouest (la région où tout ce qui est au Nord correspond à l'Allemagne selon le grand-père du très loquace (et très souvent drôle !) Richard Monségu. Les Antiquarks jouent sur notre imaginaire d'Occidentaux qui aspirent au voyage, qui fantasment toutes ces contrées lointaines.
La vieille à roue se veut souvent obsédante, offrant des rythmes lancinants. Les différentes distorsions sonnent parfois comme un violoncelle ou bien vers des sons plus électroniques, voire transe comme chez leurs cousins de Dupain. Tandis que la voix racontent des histoires dans des langues qu'on ne connait pas (sauf le blues en englais compréhensible par le plus anglo-incompétent des Pinguins !). Mélopées hypnotiques qui invitent irresistiblement l'esprit à partir, errer dans des contrées oniriques.
Richard Monségu parle beaucoup. Il raconte des histoires, pas toujours cohérentes, d'Inquisition, de flibustes, de caravanes qui traversent le Sahara, de Cathares, d'hordes "barbares" venus de l'Est. Erudit et voyageur fantasque, ce gouailleur est souvent drôle, une dimension que l'on ne retrouve pas sur le disque. Humaniste certainement aussi les Antiquarks, leur musique, leurs discours sont forment une ôde au métissage, au voyage, à la découvert de l'Autre.
Au fil de ce concert passé en leur compagnie, on était ailleurs. Dans diverses contrées, entre Voyage autour du Monde et Royaume des Rêves. Un voyage où la musique balaient cette incohérence que sont les frontières entre les peuples.