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The Arcade Fire, Artic Monkeys, Albert Hammond Jr

Arènes de Nîmes   22 juillet 2007

Concert à ne pas manquer

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    L’orgasme en 3 leçons

    Chapitre 1 : la drague
    Yeah, girl, i’m coming from New York City, I wear black slim jeans, runners and white shirts. Do you love my curly long hair ? Yeah… All my friends wear the same hairstyle… Yes, just like in the seventies… Early seventies, hippy times, not at the end with the fucking punk people…

    I play guitar in a big band, baby. You know the Strokes ? I’m sure you do because we ‘re the biggest rock’n roll band… Hum, yes, only in 2001… But we’re still fucking rock stars, you know ! You like rock ‘n roll ? Yes... Hum… You’re just like a baby doll, I love it !

    Yes, je parle un peu le français… My name ? Albert Hammond Jr. J’ai my own band maintenant. Et c’est moi qui chante, yeah, j’espère que tu seras devant baby pour me voir tout à l’heure sur la scène des Arènes. Beautiful place, tu vas voir, baby, je vais mettre le feu avec mes 4 friends. Yeah. C’est cool, ils ont aussi le même hair style que moi… the look is everything, baby.

    Notre son ? Rock, baby ? It’s just like tu trempes les riffs des Stones dans l’urgence du punk avec la distance littéraire de Lou Reed ! Typiquement New-yorkais, baby. Yes, exactement, c’est le son des Strokes… Mais the différence, c’est moi le frontman, baby.

    C’est moi qui play the guitar, qui hurle dans le micro, c’est moi que tout le monde regarde, baby. And it’s not easy à vivre… Tu me vois là, je suis cool, but, toutes les girls qui veulent coucher avec moi, yeah, c’est pas facile… Mais toi, je sens que c’est différente, baby, yes… Toi, je sens a big feeling pour toi, I don’t know, tu m’inspires, j’ai envie d’écrire une chanson en te regardant…

    Bon right now, baby, i have to go. But, i'll be back soon. On stage, on met la sono à fond et we play only 30 minutes, because, we ‘re the Stars. Yes, Fuck the Arctic Monkeys and Arcade Fire.



    Chapitre 2 : raide comme une bobine d’acier

    Oh, putain, nous, on est carrément stressés là, pfuu… Speedés à mort depuis qu’on est partis de Sheffield… Ouais, c’est moins glamour que New York, mais nous, n’empêche, on a vendu plus de CD que les Strokes qui ont été nos idoles… y a pas 5 ans… Putain, speed, la vie hein ?Aujourd’hui, c’est leur guitariste qui fait notre première partie…

    C’est incroyable, la vitesse à laquelle on peut monter et descendre dans ce cirque… Nous, on a battu tous les records de vitesse… formation, répétition, premier concert, téléchargé sur internet, signature, disque, tournée, conquête des States, deuxième album, consécration. En trois ans, on est devenu ENORMEs, même avec notre nom débile, les singes de l’Artique…

    Putain, que je suis stressé là…. Vivement qu’on retourne à Sheffield, j’aime pas les concerts en fait… et puis cette tournée qui n’en finit pas… Putain, ça va trop vite…

    Ouais, faudrait que les kids viennent chez nous un peu, à Sheffield pour comprendre pourquoi sur scène, on n’a pas l’air à l’aise, on parle pas, on joue vite et fort, et on se casse sans rappel.

    Ouais, Sheffield… Nous, c’est l’acier… A Sheffield, on a même créé l’acier inoxydable… Ouais, ta canette de Coke, c’est grâce à nous que tu peux la boire sans que ça rouille… et merde, suis trop speed, je viens de renverser la mienne

    T’as déjà visité une acérie ? Non, alors, t’as qu’à écouter les productions du label Warp qui a vu le jour à Sheffield en 87. Au début, c’était pills and Aciiiiiid House… Bon après, le label se l’est joué intello en signant des groupes d’électro en acier (Aphex Twin, Squarepusher, Autechre, Boards of Canada). Ça fait zuing boum, zwuing boum, comme une bobine d’acier qu’on lamine.

    Tu sais pourquoi je te dis tout ça ? Parce que si tu sais pas ça, tu peux pas comprendre notre musique. 2 minutes top chrono, l’énergie d’une fonderie, on change constamment de rythmique grâce à la pédale fuzz qu’on met, qu’on enlève, qu’on met, qu’on enlève, le public suit à tous les coups, c’est parfait. On raconte des petits trucs de notre vie quotidienne et puis on enchaîne la suivante, et encore et encore. Sur scène, on badine pas, on vide juste nos bières (parce que, shit, on est Anglais quand même) et on repart au four.

    2 minutes top chrono, comme sur la fraiseuse à l’usine. Faut garder le rythme tout en réalisant la même pièce en acier. Faut que ça pulse tu vois. Et tant pis si c’est un peu répétitif notre style…

    En concert, c’est parfait, les kids ont à peu près notre âge, ils comprennent ça d’instinct. On joue vite, on enchaîne, on se défonce, c’est la branlette d’ado, faut que ça gicle rapide et puis on enchaîne, on recommence parce que nous, on peut, on est jeunes et c’est pour ça que les vieux nous aiment pas trop… parce que ça leur rappelle des trucs qu’ils ne peuvent plus faire aujourd’hui.

    C’est aussi pour ça que nos concerts durent 1h 15 maxi, parce qu’après, on a un peu mal aux couilles et puis, de toutes façons, le public peut pas bander durant 2 heures…

    Enfin, dans les Arènes, y a un moment, j’ai bien rigolé parce que notre formule marche tellement bien qu’y a une blonde qui est montée sur les épaules de son copain et s’est foutue les seins à l’air.

    Yeah, I Bet You Look Good On the Dancefloor !



    Chapitre 3 : retenir le plus longtemps possible

    Bon qui c’est qui parle là… Régine, Tim, William, Richard, Sarah, Wim… Ah non, pas l’autre dingo qui balance son tambour dans les airs à chaque concert… lui, chais pas, il a du foutre de la coke dans son sirop d’érable, il fout trop le bordel sur scène, c’est incroyable, on se croirait aux débuts d’Arcade Fire… Merde, maintenant, on joue devant 8 000 personnes, on est tête d’affiche, on a un matos d’enfer, une déco de scène, des projections vidéos… ça peut plus être le kiff d’avant, changement d’instruments à chaque morceau, faut rationaliser, parce que bon, déjà que le public a attendu 45 minutes pour changer le plateau, faudrait pas qu’on mette 10 minutes entre chaque morceau…

    Pour les concerts d’été, on est 10 sur scène. Faut bien ça pour faire face au public de plus en plus nombreux. Chez nous, au Canada, on a enregistré le second album dans une église qu’on a racheté pour le transformer en studio. Alors, on s’est dit qu’on allait transformer la scène en autel. Sur les 5 petits écrans , on balance, avant de monter sur scène, un extrait d’une télé-évangéliste qui harangue la foule. Au fond, on a pendu deux immenses velours rouge sur lesquels on projette des images et surtout le livre ouvert de « Neon bible ». On a même un élément de déco, des tubes d’orgues, qu’on suspend au dessus des claviers. Là, si vous avez pas compris qu’on allait vous faire une messe… Mais attention, nous on veut juste vous convertir à l’orgasme collectif.

    Pour notre partouze, on aime bien les voitures. Alors, on commence par Keep the cars running, puis Laïka. Mais, là, on sent qu’il y a comme un problème technique, on n’est pas trop contents, ça rentre pas en osmose, on sent le public en décalage, alors, hop, du coup, le troisième morceau, ce sera No Cars Go.

    Voilà, ça va mieux, on commence à se chauffer, le public entre dans notre voiture… Et puis chez nous, y a en pour tous les goûts : nos belles violoncellistes ont revêtu leurs plus belles robes, les hommes ont mis leurs belles chemises stylisées (traits rouges, blancs ou bleus courent de haut en bas, comme des faisceaux lumineux), Régine conserve son petit côté espiègle avec sa robe bouffante bleue, son nœud rouge et ses mitaines…

    Voilà, on est là, on est beaux, venez nous rejoindre dans notre voiture, vous allez connaître l’extase en chantant des « Ohhh Ohhh » sur Wake Up ou en frappant frénétiquement des mains comme je vous y invite à plusieurs reprises sur Tunnels ou Rebellions.

    De toute façon, c’est inutile de résister. Parce qu’à 10, on dégage tellement d’énergie et de persuasion que vous ne pouvez pas ne pas vous laissez emporter… Et je vais vous expliquer pourquoi… Prenez Interventions, par exemple, qu’on a repris en rappel avec Wake Up… Ecoutez bien…

    Arcade fire ne joue pas en rupture rythmique comme les petits d’Arctic Monkeys. Non, nous, on confectionne des cathédrales de rythmes. On a tout piqué à la New Wave en fait. Ça part avec n’importe quel instrument mais une section rythmique martiale comme le rythme cardiaque Boum Boum boum. Puis, on ajoute un instrument, puis un autre et puis encore un autre, toujours en boucles répétitives, et on fait monter le tout doucement avec les cordes, les cuivres et les choeurs.

    Là, maintenant, tu entres progressivement en transe parce que l’amoncellement des rythmes fait vibrer tout ton corps. Et puis, d’un coup, tu sens la menace poindre dans la chanson, écoute bien, à chaque morceau, c’est comme si t’avais peur que ton cœur explose. Et ça arrive jamais avec le même instrument. Un coup, c’est le tambour, un coup, c’est le clavier, un coup, les cordes. Tout semble s’accélérer et nous on retient le plus longtemps possible cette explosion libératrice. Ça te rappelle rien ?

    Chaque chanson d’Arcade Fire, c’est ton rythme cardiaque quand tu fais l’amour. C’est pour cela qu’il est inutile de résister à venir nous rejoindre dans notre voiture.

    Parce qu’on chante l’amour comme personne. Alors, public, libère toi, laisse toi envahir par tes émotions, nous sommes les preachers d’une nouvelle religion, Oublie tes carcans et tes frustrations, descend dans l’arène et faisons l’amour tous ensemble. Rien ne sera jamais plus comme avant après un concert d’Arcade Fire.


    Vignette stephane sarpaux
    Signature : stephane sarpaux
    le 23/07/2007
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