Style :
Pop - Rock Avec son nouvel album Neon Bible, Arcade Fire offre onze morceaux absolument superbes à sa cohorte de fans basés dans le monde entier… Après avoir vendu plus d’un million d’exemplaires de son génial et précurseur album Funeral (qui a donné des ailes à une vague de groupes dans la veine « pop indé mélancolico euphorisante »), le groupe de Montréal s’est enfermé dans son studio/église pour écrire une passionannte suite de ses aventures. Longtemps coupés du monde extérieur pour travailler nuit et jour à la création des titres aussi fulgurants que complexes, ne se souciant pas du commercialement correct - malgré la signature avec le géant Universal -, les huit musiciens composant Arcade Fire peuvent aujourd’hui être fiers de leur nouvel opus, vraiment très réussi… Parés d’arrangements aussi grandiloquents (orgues emphatiques) que vrillants (cordes stellaires) ou lumineux (guitares stridentes s'envolant vers les cieux), les nouveaux titres dégagent toujours ce mélange extrêmement émouvant de mélancolie tenace et d’irrésistible désir de vivre. Les voix de Win Butler - en savant fou fan de David Bowie, Neil Young, David Byrne et Daniel Johnston - et Régine Chassagne - en gamine perdue, son accordéon en bandoulière, dans un film gothique de Tim Burton avec du Joy Division en bande son - font plus que jamais un effet énorme sur l’auditeur, à la fois assailli par des bouffées de joie et par des dépressions/tempêtes sous un crâne… En pénétrant dans cet océan de bruit ourdi par un collectif aux idées foisonnantes, l’on se découvre des envies de courses nocturnes et échevelées dans d’inquiétants bois, à la recherche de paisibles clairières pour vivre d’amour et d’eau fraîche en compagnie de sa dulcinée. Oui, carrément ! Neon Bible regorge de tubes imparables (Black mirror, No cars go, Keep the car running, The well and the lighthouse etc) comme de titres aussi intimistes qu’universels (Ocean of noise, My body is a cage, Windowswill) et semble promis, comme son prédécesseur, à apporter du réconfort et de l’énergie (renouvelable) à des foules entières lors de grands messes scéniques très attendues.
A lire également, le compte rendu du génial concert donné par Arcade Fire au festival Rock en Seine, fin août 2005, ainsi que des chroniques des superbes prestations du groupe aux Eurockéennes, le 1er juillet 2007 et aux Nuits de Fourvière, à Lyon, le 18 juillet 2007.
5 mars 2007 (Barclay - Universal) Signature :Pierre Andrieu
Artiste :
Arcade Fire Titre :
Funeral
Style :
Pop - Rock Malgré son titre, - Funeral -, l’album du groupe de Montréal Arcade Fire possède des vertus dangereusement euphorisantes… Si la mélancolie est bel et bien présente, de nombreux titres sont accueillis par l’auditeur avec d’incontrôlables bouffées de joie. Tout ceci est rendu possible par un songwriting débridé (entre pop panoramique, post rock élégiaque, rock accrocheur, folk abrasif et bidouillages hallucinants), des arrangements délicieusement farfelus et des voix magiques… Si l’on analyse attentivement les cordes vocales du chanteur principal, Win Butler, on trouve un savant mélange entre les organes de Jonathan Donahue (Mercury Rev), Wayne Coyne (Flaming Lips) et David Bowie, rien que ça. Chaque fois que cet illuminé s’approche du micro, c’est pour faire décoller son auditoire vers de lointaines sphères. Dès le début de l’album, on est littéralement saisi par cette voix venue de nulle part, mais aussi par des montées de cordes saisissantes (la violoniste de Godspeed You ! Black Emperor et Thee Silver Mt. Zion Orchestra participe au disque), une basse imparable, des harmonies vocales belles à en pleurer (on pense aux Beach Boys et à Polyphonic Spree), un piano déchirant, des claviers débridés, un accordéon surprenant et des guitares sachant être discrètes ou surpuissantes. S’il n’y avait que ça, ce serait déjà beaucoup, mais il y a également Régine Chassagne, une chanteuse incroyablement bouleversante qui double la voix de son acolyte ou interprète des merveilles en solo (le morceau/chef d’œuvre In the backseat charrie un flot d’émotions contradictoires avec son chant sur le fil, ses cordes aériennes et sa rythmique énorme). Pour son premier album, Arcade Fire réussit le tour de force de proposer une musique à la fois recherchée et accessible, mélodique et aride, triste et joyeuse, recueillie et dansante, planante et énervée… Où s’arrêteront ils ?
A lire également, le compte rendu du génial concert donné par le groupe au festival Rock en Seine 2005.