Arno est un artiste hors norme et ça, tout le monde le sait. C’est un poète, un écorché vif, un rockeur, un grunge… mais avant tout
Arno est un Punk, un vrai, un pur.
En fait, c’est un véritable anarchiste de la musique qui démontre par son talent que l’anarchie peut aboutir à quelque chose de bien voire de très bien tant qu’elle est appliquée par des gens consentant et raisonnés. Il a cette formidable capacité à captiver l’attention du public de part son attitude sur scène, toujours vacillant (à chacun de ses pas, on a l’impression qu’il va se ramasser par terre pour ne jamais se relever), dedans à 300%, habité par une sorte de force mystique, éthylique et psychédélique.
Mais
Arno est un punk car sa musique est punk, comme le tout premier morceau qu’il a écrit à 15 ans d’après ce qu’il dit et qu’il nous interprète sauvagement. Il a le don d’ingurgiter des chansons, de les digérer pour les restituer à sa façon. Il nous a fait pas mal de reprises dans lesquels « il a changé tout le bazar » comme il dit. Ainsi, j’ai du mal à reconnaître
Baby you can drive my car, des
Beatles, tout comme la reprise des
Stones spécialement dédicacé « aux fesses de Mike Jagger ».
Il est même capable de transformer en chef d’œuvre, une chanson de variété d’
Adamo, à savoir le classique des
Filles du bord de mer. Il digère comme ça aussi la merveille de
Brel, à savoir,
Le bon Dieu
Le meilleur moment de ce concert restera sans aucun doute le 4ème morceau :
Dans les yeux de ma mère. Ce dernier est archi connu, entendu et réentendu des dizaines voire des centaines de fois, mais quand
Arno commence à le chanter, accompagné seulement de son valeureux et talentueux pianiste
Serge Feys, cela fait ressortir en moi des émotions intenses, jusqu’alors profondément enfouies. Je pense à ma p’tite mère moi aussi et lorsque la chanson s’arrête, j’ai les larmes aux yeux, ce qui ne m’est jamais arrivé auparavant.
On pourrait alors penser que ce concert était l’un des meilleurs de ma courte vie, voire le meilleur mais ce n’était pas tout à fait le cas car celui-ci est allé (pour moi en tout cas) decrescendo. Mis à part quelques morceaux comme
Lola,
Je veux nager ou
Vive ma liberté, et les différentes reprises qui ont franchement retenu mon attention, le reste est assez vite oublié en sortant.
Comme le dit mon ami
Pirlouiiiit, « la 1ère fois que tu le vois, tu prends une claque phénoménale, la 2ème fois, un peu moins, la 3ème, encore un petit peu moins… et ainsi de suite ». Et à vrai dire, c’est exactement ce que j’ai ressenti pour la première fois que je le voyais. En le voyant apparaître sur scène et jusqu’aux
yeux de ma mère, je prenais une claque monumentale qui s’est estompée au fil du concert à tel point qu’après les deux rappels, je n’étais pas triste de ne pas le voir réapparaître une 3ème fois.
Ce qu’il faut dire tout de même malgré ce decrescendo, c’est que sa musique respire l’authenticité. Rien de formaté dans ses chansons (et celles des autres qu’il s’approprie à merveille) bien au contraire, tout y est presque expérimental. Ses musiciens sont très très bons également, notamment<
Rudy Cloet, son batteur qui le suit depuis 25 ans maintenant et pourtant, il n’a « encore jamais vu son zizi » et il en est très content. Malheureusement, je n’ai pu retrouver tous les noms donc je ne peux pas tous les citer. Mais chacun avait son petit quelque chose. Le gratteux possède un coté très punk-rock, sauvage et efficace, le bassiste, qui vient de Yougoslavie ou un pays comme ça d’après
Arno et qui par conséquent ne coûte pas cher du tout comme il le dit, m’a littéralement fait bloquer par son jeu, à la fois tonique, original et entêtant. Enfin, l’accordéoniste donne du corps à tout ça en plus de l’inévitable pianiste
Serge Feys.
Au bilan, le concert était de bonne qualité même si ce n’est à conseiller qu’aux amateurs voire aux fans d’
Arno, l’authentique punk, écorché vif.
Photos ratées Pirlouiiiit