Il est vraiment désespérant de constater que le Théâtre Antique de Vienne est presque vide pour une affiche aussi alléchante que celle proposée pour ce troisième soir des
Côtes du rock 2003. Le fait que le groupe
Indochine attire plus de monde que les stars américaines
R.E.M. était déjà un indice : un artiste doit passer à la radio ou à la télé sinon il n’existe pas…
C’est donc dans une atmosphère feutrée que les terribles
The Eighties Matchbox B-Line Disaster investissent la scène. Un petit club enfumé et survolté serait plus propice mais le groupe, avec un nouveau bassiste, décide de tout donner, comme à chaque fois ! Leur concert à la
Coopérative de Mai en juin avait été mémorable, leur prestation à Vienne prouve définitivement que ces mauvais garçons s’adaptent à toutes les situations. Devant la faible influence et l’apathie du public, le chanteur,
Gary McNight décide de descendre pour réveiller le rocker qui sommeille en chacun de nous. Il vient donc doucement hurler aux oreilles des amoureux tranquillement accoudés à une rambarde ses textes ultra violents. Et ça marche : un début de pogo se dessine même peu après… Il faut dire que le psycho punk rock usiné par nos cinq forgerons du bruit est assez irrésistible. La palme de la puissance revient aux deux guitaristes au jeu complémentaire et débridé…
The Eighties Matchbox B-Line Disaster mérite vraiment d’être vu sur scène.
C’est le chanteur belge
Arno qui poursuit la soirée avec ses chansons imparables. Malheureusement, le monsieur semble dans un mauvais jour et ne parle presque pas au public, il semble un peu ailleurs. Mais, même dans une petite forme, il chante parfaitement et ses impeccables musiciens font le reste. On ne peut qu’être conquis par ces morceaux émouvants, drôles ou énergiques. Parfaitement intégrés aux classiques d’
Arno, les morceaux du nouvel album sont accueillis avec enthousiasme. A l’instar de son concert à la
Coopérative de Mai en février dernier,
Arno a rempli son contrat : le public apprécie et chante en chœur sur
Les filles du bord de mer,
Putain, putain ou
Vive ma liberté…
On gardait un souvenir divin du concert des
Tindersticks donné l’été dernier au
festival de Sédières en Corrèze. Celui de Vienne ne restera pas aussi longtemps en mémoire, la faute à l’absence de cordes, à un public de plus en plus clairsemé et au froid.
Malgré tout les
Tindersticks n’ont pas donné un mauvais concert, les chansons du nouvel album,
Waiting for the moon, comme les classiques du groupe n’ont pas laissé le public indifférent, loin de là… Si
Stuart Staples ne dégage pas une énergie et une joie de vivre incroyables sur scène (on le savait déjà), sa voix - après quelques atermoiements - se fait rapidement captivante. Comme toujours, le ténébreux chanteur est parfaitement secondé par les cinq autres musiciens (violon, guitare, basse, batterie, claviers). On attend avec impatience la tournée française en octobre pour apprécier cet excellent groupe dans une ambiance plus adéquate.
A lire aussi sur ConcertAndCo.com : une
interview de Stuart Staples, le chanteur des Tindersticks, à Sédières en juillet 2002.
(Photos Jean-Pascal Blache, le 23 octobre 2003 à Clermont-Ferrand)