Deuxième soirée de ce
Babel Med 2008, et autant le dire de suite, depuis 3 ans que je viens ici (avec plaisir) ce fut la soirée la plus pauvre au niveau quantitatif, enfin un groupe antillais (comme hier soir) et un dj ont quand même sauvé ma soirée…
Comme la veille, je souhaitais démarrer par un concert au « cabaret » avec
Zabit Nabizade, artiste d’Azerbaïdjan, mais comme hier soir (voir chronique) il y a une attente immense pour entrer, et comme les concerts durent 45 minutes…autant me replier sur la chinoise
Gong Linna, qui joue presque au même moment à « Urbain V »…hélas, là c’est pire, autant d’attente et des spectateurs collés jusqu’au fond en plus le son que j’entends de l’extérieur ne me donne pas trop envie.
Ca fait déjà presque une heure que je suis là, il est difficile (vu le monde) de se rendre d’un point à un autre du festival, et je n’ai encore rien vu…A 22h, pas le choix, une seule artiste est programmée sur les 3 salles et c’est la vedette de la soirée : la nigériane
Asa qui commence à avoir une certaine reconnaissance et a visiblement attiré pas mal de gens ce soir.
En apéritif, on a droit au groupe déambulatoire de la soirée : la fanfare moldave
Vagabontu. Ils mettent une ambiance assez chouette au milieu du public. Ce sont de vrais manouches, vrais de vrais, dents en or, costumes du dimanche et maillots de foot…Ah enfin, du bon son à se mettre dans les oreilles, et surtout une bonne humeur et une énergie communicative. Merci.
Ensuite, Asa joue donc devant une salle comble, toute acquise à sa cause. Personnellement, je ne suis pas du tout séduit par cette pop/folk. Je reste presque toute la durée du concert vu qu’il n’y a pas grand-chose à faire ailleurs, pas d’autres concerts et personne dans les allées...
L’ambiance est bonne. Asa fait participer le public. Elle dit en franglais (on parle anglais au Nigeria) qu’elle se sent seule ce soir à Marseille…Qu’elle aimerait bien que quelqu’un monte sur scène pour chanter avec elle. Finalement, deux spectatrices se sont dévouées et ont plutôt bien assuré le truc.
Bref, c’est sympa, je fais des efforts pour essayer d’aimer, mais j’y arrive pas, c’est
définitivement pas mon truc. En plus, la demoiselle a beau être du Nigeria, ses chansons n’ont aucune dimension world, c’est typiquement anglo-saxon.
Ensuite, je pars découvrir le sénégalais
Amadou Baldé. Il me semble reconnaître à la cora, le « local » Oumar Kouyaté. Les compos sont plutôt pas mal ficelées et ça fait du bien d’entendre de la cora, mais hélas un gros problème de son (la guitare acoustique est sur-mixée, elle couvre tout le reste) affaiblit considérablement l’impact des chansons.

En plus, je ne sais pas si c’est dû à ces problèmes de sons, mais Amadou Baldé ne chante pas tout à fait juste et ça devient parfois un peu irritant. Dommage, car à la base, je le répète, les compos sont pas mal.
Bon dans ces conditions, ma soirée commence sérieusement à devenir très décevante.
Finalement, je me retrouve dans la grande salle où les réunionnais de
Maloya all stars jouent déjà depuis une demi-heure. Et là, contre toute attente, c’est la très très bonne surprise. Maloya all stars joue un peu dans le même registre que les Papis du Bélé de l’an dernier.
Leur musique est uniquement à base de percussions. C’est donc pour le moins rythmé. Tout le monde joue des percus, tout le monde chante, tout le monde danse.
En plus, leurs habits colorés sont du meilleur effet. Et les deux danseuses font merveilleusement tournoyer les volants de leurs jupes.
Bref, il ne m’aura pas fallut longtemps pour être à fond dedans et avoir le sentiment de me trouver dans les îles.
Je regrette d’avoir rater le début, car c’était vraiment le groupe de la soirée à voir !
Comme hier soir, j’ai beau être assez peu sensible aux musiques antillaises, l’énergie développée est telle, qu’il est quasi impossible de rester insensible à ce qui se passe sur scène. Plusieurs fois, le chanteur principal demande « comment ça va dans le moulin ». Visiblement, ça va bien. Merci pour ces instants de chaleur tropicale qui commencent à presque sauver ma soirée.
Ma soirée sera finalement complètement sauvée par le dj de fin de soirée : le hollandais
mps Pilot. Là aussi, difficile de rester insensible, et de ne pas se laisser complètement emporter par ce qu’on entends. En plus, la piste de danse est bien remplie et l’ambiance vraiment bonne.
mps Pilot fait dans l’electro-world : quand les musiques les plus traditionnelles (flamenco, oriental, tzigane,…) sont mixées avec de la tech ou de la drumnbass.
Chez d’autres dj, ça peut parfois s’avérer de mauvais goût mais avec mps Pilot, pas de risque c’est mixé avec goûts et on a envie de danser jusqu’au bout de la nuit.
Enfin, j’ai commencé un peu à sortir du truc vers la fin, quand il a commencé à mixer de la pop africaine…En tout cas, merci & last night a dj saved my life, again…
Photos & video par Mos Taky 69