Lezerb, un trio clermontois emperruqué, ouvre les "hostilités". C'est le groupe de l'ancien chanteur de Bad Grass (pas la peine de se cacher derrière une perruque et des lunettes de soleil !) que j'avais vu au square Blaise Pascal à l'époque de Rock Au Max : quelques années après, mes trompes d'Eustache s'en souviennent encore ! En ce temps là, ce charmant jeune homme poussait des hurlements particulièrement sataniques ! Aujourd'hui, le poids des années aidant, Lezerb joue une variété française de bon aloi : on pense à David Hallyday, Jean-Jacques Goldman, ils jouent des chansons d'amour langoureuses, calmes et mélodieuses ! Que c'est émouvant ! Snif, snif... Heu, non, je déconne : c'est moins violent qu'avant (en particulier le chant qui est... chanté en français et plus hurlé) mais la musique arrache bien, ce n'est pas particulièrement de l'easy listening ! Dans une bien belle chanson le chanteur demande en boucle : "aidez-moi, aidez-moi, aidez-moi, aidez-moi plutôt à me recouvrir de terre, aidez-moi à m'ensevelir", il nous parle aussi de ses membres "en putréfaction". Comme je le disais, c'est grand public, ça plaira à tout le monde ! Le chanteur et le batteur chantent tous les deux, il y a de longs passages instrumentaux dissonants (bien agréables !), la basse et la guitare ont un son assez abrasif et des samples viennent enrichir le son. Comme dans Mickey 3d, le batteur fait le pitre, il raconte ce qui lui passe par la tête, c'est plutôt drôle ! Ils ont l'air très contents de jouer à domicile : ils promettent même de repasser bientôt par Clermont-Ferrand après leur tournée mondiale triomphale ! Tant mieux !
Je ne connaissais pas Aston Villa, je croyais qu'ils avaient appelé le groupe en hommage au club de foot londonien ! Que nenni ! Il paraît que c'est parce qu'ils sont fans des voitures anglaises Aston Martin et du révolutionnaire mexicain Pancho Villa ! Va comprendre ! En tout cas moi, je préfère le Manchester United d'Eric Cantona : du beau football, des victoires et un bon Kung Fu dans la gueule d'un crâne rasé provocateur, xénophobe et haineux. Ce geste aurait du lui valoir une décoration par la reine d'Angleterre ! Heu, de quoi, parlions-nous ? Le concert d'Aston Villa commence par une chanson où le chanteur (chauve) part un peu dans les aigus, il n'en faut pas plus à ma voisine pour hurler son amour à Pascal Obispo, le chanteur de Grand Obispopo Football Club ! Il s'agit seulement d'une lointaine ressemblance physique et les inoubliables chansons, "Lucie", "L'important, c'est d'aimer", ne seront heureusement pas interprétées par Aston Villa. C'est une tournée acoustique : sur scène, il y a un percussionniste (agréables, ces percus !), un batteur, un bassiste, un guitariste acoustique et un chanteur sur tabouret. La voix du chanteur est plutôt sympathique et rappelle parfois celle de Daran (et ses chaises), les musiques sont pas mal aussi. La version acoustique et le chant font frôler à Aston Villa la variété sans jamais y tomber, finalement, on passe un bon moment avec des gens souriants et aimables. Le guitariste fait constamment le pitre en commençant une intro de boogie et en esquissant les pas de danse de Chuck Berry, le chanteur a la banane pendant tout le concert et communique bien avec le public. "J'aime regarder les filles", la chanson de Patrick Coutin, vient nous rappeler le temps où les seins des filles étaient gonflés par le désir de vivre et non pas par le désir d'avoir du silicone !
Aston Villa a délivré un bon concert, carré, et plutôt rafraîchissant : on ne peut pas écouter que du punk rock à donf tout le temps, il faut varier les plaisirs !