Festival Plage de Rock : Bang Gang + Does It Offend You, Yeah? - 17 juillet 2008 - Les Prairies de la mer - Golfe de St-Tropez "Inside" de Bang Gang fait partie de mes morceaux de musique cultes. Aussi, quand j'ai lu sur mon site préféré qu'ils se produisaient dans le golfe de Saint-Tropez, eux qui sont si rares en concert en France, j'ai bloqué la date du 17 juillet.
Un camping comme seule la Côte d'Azur peut en inventer avec parc d'attraction à l'intérieur, une scène .../...
« Inside » de Bang Gang fait partie de mes morceaux de musique cultes. Aussi, quand j’ai lu sur mon site préféré qu’ils se produisaient dans le golfe de Saint-Tropez, eux qui sont si rares en concert en France, j’ai bloqué la date du 17 juillet.
Un camping comme seule la Côte d’Azur peut en inventer avec parc d’attraction à l’intérieur, une scène en plein air au milieu d’une cour bordée de snacks où tous les serveurs parlent anglais (et seulement anglais), une faune qui vous rend heureux de ne plus faire de camping depuis longtemps, mais c’est gratuit, alors on ne va pas se plaindre…
En plus, Bardi passe à quelques mètres de ma table et tout heureux que quelqu’un le reconnaisse, il vient me serrer la main et échanger quelques mots avant de s’installer sur scène. C’est donc Bang Gang qui va ouvrir les hostilités et non Does It Offend You, Yeah? C’était prévisible : pour finir la soirée dans un camping tropézien, il faut se déhancher méchamment, et ça, c’est pas trop le genre de la maison chez Bardi Johannsson. Mais je redoutais que ça signifie également que sa prestation soit écourtée. La suite me donna raison.
Dix minutes avant l’heure prévue, Bang Gang entre sur scène dans l’indifférence générale. Les bénévoles du camping s’approchent de la scène histoire de signifier aux autres spectateurs qu’ils en ont le droit eux aussi. Le public était bruyant et peu connaisseur et pour cause : il était constitué pour une énorme majorité de clients du camping qui ne devaient plus avoir de jetons pour les autos tamponneuses.
Cinq musiciens composent le groupe. De gauche à droite : un guitariste rythmique qui chante plutôt bien, un bassiste, un batteur et un claviériste. Et devant, Bardi guitare et chant, qui va agrémenter la plupart des morceaux d’un petit solo. A déplorer l’absence de voix féminine qui donne tant de sensualité aux morceaux sur les albums.
Set list prévue : Inside / Follow / Something Wrong / Everytime I Look Into / One More Trip / Forward And Reverse / Lost In Wonderland / Ghost From The Past / Everything’s Gone / The World Is Gray / I Know You Sleep / Black Parade / Find What You Get
Soit six morceaux de leur dernier album sur lesquels les claviers étaient remplacés par une guitare supplémentaire ce qui sonnait beaucoup plus rock and roll. Mais ils ont été obligés de tailler dans le bifteck, leur temps de scène étant limité pour laisser la place au groupe suivant, et des morceaux sont passés à la trappe dont… « Inside »!!! Pour la peine, je leur enlève une étoile.
Après le show, Bardi m’a dit qu’ils étaient en tournée en octobre en France mais que toutes les dates et les lieux n’étaient pas encore connus. Espérons que les programmateurs du Poste à Galène par exemple (qui ont souvent de bonnes idées) puissent le faire venir à Marseille.
Le temps d’aller se chercher une barbe à papa et Does It Offend You, Yeah? entre en scène. C’est beaucoup moins ma tasse de thé, même si je reconnais apprécier certains de leurs morceaux en écoute sur MySpace. De plus, ils ont un son original. Eux, ils avaient une vingtaine de fans qui connaissaient leur répertoire. S’ils lisent ce papier, ils pourront compléter pour en dire du bien.
Moi, je suis parti après « We Are Rock Stars ». Et j’ai mis « Inside » à fond sur mon autoradio. Non mais ! Réagir à cette critique
>> Réponse (le 09/08/2008 par Eric) FGrimaud - 9 août 2008 Je suis allé au concert de Plage de rock pour assister aux prestations musicales de BANG GANG et de Does it offend you, .../...La suite
Devendra Banhart Band + Mugison + Bang Gang + Raul Paz (Festival de Sédières 2005) - 22 juillet 2005 - Granges du Château de Sédières, Clergoux
Devendra Banhart Band
Pour la soirée d'ouverture de la partie dédiée aux musiques actuelles du festival de Sédières, il ne fallait pas arriver en retard : la tête d'affiche, Devendra Banhart, étant programmée en tout début de soirée. Le brillant (et prolifique) songwriter américain n'a eu aucun problème à convaincre le public - un peu .../...
Pour la soirée d’ouverture de la partie dédiée aux musiques actuelles du festival de Sédières, il ne fallait pas arriver en retard : la tête d’affiche, Devendra Banhart, étant programmée en tout début de soirée. Le brillant (et prolifique) songwriter américain n’a eu aucun problème à convaincre le public - un peu clairsemé malheureusement - de ses multiples talents (écriture de morceaux superbes, chant habité, jeu de guitare rustique à souhait). Entouré par un bon groupe de baba cools (deux guitares, batterie, basse, orgue), Devendra Banhart chante avec ce trémolo si particulier qui est sa signature. Notre homme semble ravi d’être sur scène dans ce qui ressemble pour lui à une église, il s’autorise même un verre de vin rouge et parle entre les morceaux pour mettre un peu de « liant ». Grand seigneur, il laisse même ses deux guitaristes au look hippie/bohème pousser la chansonnette. Pour un peu, on se croirait en Inde (ou en Californie) en 1970 dans une communauté de routards assis autour d'un feu pour écouter George Harrison chanter… Au cours du set du Devendra Banhart Band, les ambiances varient agréablement : les morceaux sonnent folk/rock, rhythm and blues, soul ou country/pop. Grâce à son charisme incroyable, Mr Banhart tient parfaitement son public en haleine. Celui-ci semble fasciné par sa présence, étrange et androgyne. Si certaines fans regrettent la barbe qui couvrait son visage il y a peu, ce nouveau look lui donne un visage encore plus ambigu : un mélange fascinant entre Ian Astbury (ex The Cult et maintenant remplaçant de feu Jim Morrisson chez les Doors), Charles Manson (un songwriter prometteur ayant dérapé dans le crime) et une femme andalouse ou indienne… Comme la voix évolue entre un timbre masculin et des tonalités féminines, on a souvent l’impression d’avoir plusieurs personnes en face de soi. Le concert se poursuit sans anicroches avec quelques reprises bien senties : une de Lauryn Hill des Fugees (et de Charles Manson de The Charles Mansons dixit Devandra) et une cover d’un excellent titre de Canned Heat. Le morceau joué en rappel par le leader du Band est tout simplement renversant ; quelques arpèges de guitare et cette voix si troublante suffisent à donner des frissons pour un bon moment…
Mugison
Mugison : voilà un Islandais extrêmement (c’est le cas de le dire) original ! Commencé par un concours de larsens, poursuivi par une série de comptines électro folk rock bien trash et traversé par des morceaux folk ‘n pop très beaux, son concert fut une ébouriffante expérience sonore. Ce jeune homme un peu enrobé ayant un sévère péte au casque, a prouvé en une heure chrono qu’il était parfaitement possible de cacher dans la même enveloppe corporelle un Thom Yorke débarrassé de se ses tics (la voix de Mugison évoque celle du chanteur de Radiohead sur les titres les plus calmes), un Tom Waits branché sur le 220 volts (quand il hurle comme un damné avec une voix d’outre tombe) et une sorte d’Elvis des fjords ayant une furieuse envie de ne pas de mourir (quand il roucoule une chanson d’amour avec sa fiancée). Si vous ajoutez à cela un jeu de guitare très particulier - entre sonorités folk, gros son rock et basse -, des samples et parties de boîte à rythme surprenants et une quantité non négligeable de grossièretés ou non sens gueulés dans le micro (il fait hurler « Putain de merde » au public pour le sampler et le repasser en boucle, classe !), vous obtenez un concert très original, parfois un peu déroutant mais sans aucun doute marquant… La preuve : quand, après le concert, Mugison passe au milieu du public pour vendre ses disques, ils sont nombreux à craquer pour ses albums (les deux pour la modique somme de 20 euros).
Bang Gang
Peu après, c’est au tour d’un autre groupe en provenance du pays des geysers de fouler les planches de salle de spectacle du Château de Sédières : Bang Gang, le projet tout droit sorti du cerveau perpétuellement en ébullition de Bardi Johannsson. Celui-ci arrive à la fin du premier morceau, l’excellentissime Inside, pour bien montrer à l’assistance que le lider maximo, c’est lui. Sa présence, mi inquiétante (cette tête de psychopathe premier de la classe devenu misanthrope après avoir subi des brimades de la part de ses petits camarades), mi drolatique (ces discours gratinés en français : « On va foutre la merde à Sédières ! » ; « Vous buvez beaucoup, demain vous aurez mal au cœur et vous vomirez dans la fosse septique ou les égouts… » ; « Je suis Johnny Hallyday, et là, c’est Jane Birkin. ») se révèle proche de celle d’un fantomatique Brian Wilson , véritable chef d’orchestre mais musicien intermittent : au début, l’homme n’assure que de très discrets choeurs et joue peu de guitare… Les morceaux trip hop (on pense souvent à Massive Attack) sont portés par la voix évanescente de la chanteuse du groupe et par les jolies envolées planantes du combo islandais. Tout ceci est relevé de temps à autres par des guitares furieuses venant durcir le popos. Malgré cela, après l’interprétation parfaite du slow gorgé de cordes Follow (qui évoque fortement le titre The power of love de… Frankie Goes To Hollywood) et une version superbement lancinante de Stop in the name of love des Supremes - toutes deux présentes sur l'excellent album Something wrong -, on sent la monotonie s’installer, à cause du chant monocorde de la vocaliste et du son souvent trop propre. C’est le moment que choisit Bardi Johannsson pour habiter ses morceaux avec son chant d’ange déchu (aux ailes dangereusement froissées) et des influences plus folk (Forward and reverse) ou rock (Find what you get). Pour prolonger ces moments en apesanteur, on aurait aimé que Keren Ann viennent reformer Lady & Bird avec son acolyte ou simplement chanter en duo le magistral Forward and reverse… Mais malgré cette absence (prévisible), la prestation de Bang Gang en Corrèze a permis de voler intérieurement au dessus des forêts et lacs de ce superbe département, grâce aux œuvres de Mr. Johannsson...
Raul Paz
Pour clôturer cette soirée éclectique intitulée « entre la glace et le feu », le Cubain Raul Paz avait pour mission de faire danser tout le monde, ce qui fut le cas des aficionados de ce musicien ayant une forte envie de percer en France. Pour les autres - non amateurs des rythmes chauds de la salsa -, le caractère très pro de l’interprétation et les textes trop cliché (« revolucion, marijuana » etc etc) étaient une excellente occasion de garder des forces pour la soirée, copieuse, prévue le lendemain…
A lire également : les chroniques sur les autres concerts de l'édition 2005 du festival de Sédières, ainsi que celles des années 2002 et 2004.