La venue de Beck à Bourges était déjà un évènement en soi, sa prestation a été exceptionnelle.
La première partie de The Electric Fresco est plutôt anodine. Le jeune homme s'auto-sample comme l'ont fait récemment Dominique A ou Joseph Arthur. La prestation est assez ennuyeuse et celui-ci rachète sa soirée en effectuant des passements de jambes et en sautant comme un forcené.
Puis entre sur scène le californien.
C'est la seconde fois que je le vois après le concert mémorable du Zénith de Paris pour la tournée Midnite Vultures.
L'ambiance est intimiste et l'on se dit que tout ceci va être très sage. Beck est habillé comme Gainsbourg à la fin de sa carrière (chemise claire, chaine, veste noire, jean et de superbes bottines).
Il alterne dans un premier temps les titres de ses albums récents susceptibles d'être joués en accoustique. Sa voix est plus belle que jamais.
Et même si la plupart de ces chansons sont très émouvantes, il n'hésite pas à blaguer avec le public et s'amuse d'un rien.
On a ainsi droit à une impro en français avec la dizaine de mots qu'il connaît("Bonjour", "Le soleil", "Bon voyage"). Le public est conquis, Beck est visiblement content de sa connerie.
Sur scène, en plus de guitares, il a emmené un vieux piano de conservatoire, un synthé acheté dans les années 80, une boîte à rhytmes ("This is my friend, his name is Rolland") et un étrange accordéon en forme de valise.
Au bout d'un certain temps, après avoir notamment interprété quelques titres de son superbe Sea Change, le concert prend une toute autre tournure et Beck se met à oser certaines choses sans jamais sombrer dans le ridicule.
Where it's at au piano (!), Loser accompagné de sa boîte à rhytmes ou encore une version absolument magnifique de Lord only knows finissent de conquérir un public qui finit la soirée debout, lui offrant une ovation.
Le concert s'achève par des impros durant lesquelles Beck change d'instruments au sein de chaque morceau confirmant un sens du rhytme et un talent de musicien absolument hors norme.
Je sors de ce concert radieux et je me dis que ce frêle personnage est probablement un des derniers génies de la musique contemporaine.
A voir et à écouter absolument !