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Belle and Sebastian, The Beta Band, Miss Kittin & the hacker, Doves, Primal Scream, Chemical brothers (Benicassim Festival)

Benicassim   2, 3 et 4 Aout 2002

Concert à ne pas manquer

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    Salut,
    voilà mon compte rendu de ces trois jours passés à Benicassim qui si il n'a pas reservé de grosses suprises, s'est revelé à la hauteur des ambitions des programmateurs : à part Reading difficile d'aligner autant de bons groupes pop, rock et electro comme ceux que j'ai vu.
    J'y étais déjà allé en 99 et depuis le site s'est agrandi avec deux nouvelles scènes sous chapiteau, une tente chill out où il y eut un BJORK MIX très couru (vu la queue on imagine l'hysterie si l'islandaise avait été là) et une espace adsl d'où j'ai pu vous écrire l'autre jour.
    Premiers concerts vendredi avec les mancuniens de IAM KLOOT qui jouent un folk acoustique très agréable avec des paroles vachardes (resumées par le leader par un leitmotiv "this a song about ... and disaster") et des mélodies addictives à souhait comme "Twist" ou "86's tv".
    THE NOTWIST n'ont pas fait que sortir un des meilleurs albums de l'année, ce sont aussi des performers hors pair, avec un set parfait très new order certes mais franchement excellent. Mention à un instrumental impressionant et à "Pilot" leur tube joué en dernier.
    Une petite curiosité pour continuer les NOSOTRASH groupe de filles espagnol apparament assez connu là bas, le public chantait plusieurs de leurs compos qui ne depassent pas 2 minutes. Charmantes et sans prétention aucune, dommage que je ne comprenne pas leur langue.
    THE MONGOLFIER BROTHERS est un de ces groupes rares dont les albums sont difficilement trouvables chez nous et c'est bien dommage : une musique lente et assez sublime, magnifiée par la voix de Roger Quigley qui m'a fait un peu penser à Morissey, intimiste à souhait.
    Tout le contraire de MISS KITTIN AND THE HACKER qui fut une des grosses claques du festival : une foule en délire, des dizaines de photographes, l'évenement était attendu. Caroline est encore plus belle et coquine sur les photos et a une présence et un charisme telle que la futilité des paroles et son accent français ne sont que des détails.
    Sur fond d'électro 80's et minimaliste elle danse comme une deratée, interpelle le public et le fait chanter ses desormais classiques "1982", "Life on mtv" et bien sûr "Franck Sinatra" et son mythique refrain "motherfuckers are so nice/suck my dick /and lick my ass". Elle finira ce show dantesque par une reprise du sweet dreams des Eurythmics on ne peut plus appropriée : une djette grenobloise propulsée sans perdre la tête (rencontrée plus tard sur le site elle sera encore plus attachante que sur scène) tient du rêve.
    Après ça pas trop envie d'aller voir beugler MUSE, on ira donc se reposer un peu en se bouffant une bonne gauffre et reprendre ses esprits en sirotant une bonne bière. Et en pestant contre le système de paiement des lieux, faut d'abord acheter des tickets pour etre servis et en plus les tickets sont pas les memes selon les stands argh...
    Tiens en parlant de stands, y a un grand choix de fringues, badges, disques et autres à prix raisonables, faut juste pas avoir peur de braver la cohue dans ces espaces assez reduits.
    On verra ensuite DJ SHADOW mixer dans un chapiteau bondé quelques uns de ses morceaux cultes de "Endtroducing" à Unkle avec sa dexterité legandaire et un son impeccable. Pas resté jusqu'à la fin mais c'était excellent.
    Beaucoup trop de monde et trop fatigué pour pleinement apprécier la tête d'affiche du soir, THE CURE, d'autant que la bande à Robert Smith ne joue que des chansons récentes et lentes ce qui rime hélas un peu avec chiantes. Pas grave on aura quand même vu de (pas trop) près une légende et bien merite quelques heures de sommeil et miracle une douche !!

    Samedi ça commence par une imposture bien de chez nous, les dj's du magazine MAGIC ! qui mixaient devant une vingtaine de journalistes sans réussir à attirer du monde. Pourtant ils passaient des bons morceaux ("let's push things forward" de The streets ou une selection de reprises assez jouissive) mais en dehors du milieu branché parisien la sauce ne prend pas, c'était assez risible de voir ces accredités avec badge se prendre en photo et se regarder, en attendant certainement d'écrire que c'était génial dans leur numéro de rentrée.
    On est bien content de les laisser pour aller voir les insaisissables JACK et leur chanteur habité, un drôle de concert hanté par une violoniste et un guitariste déchiré à je ne sais quelle substance, jonglant avec les style d'une chanson à l'autre.
    Presentée comme la Cat Power espagnole, AROAH séduit avec des morceaux de folk tristes et calmes chantés sur un ton monocorde mais avec beaucoup de conviction. A découvrir sur disque pour les amateurs, idéal pour reprendre des forces avant le groove délirant des écossais de THE BETA BAND, un des meilleurs groupes de cette cuvée 2002.
    Tous ceux qui connaissent leurs 3 ep's le savent, la musique de ces gars est totalement inclassable entre pop, rock, hip hop, electro parfois dans la même chanson. Sur scène c'est tout aussi fou et boosté par un son énorme, des danses bizarres et des visuels à se tordre de rire. Quand ils enchainent des chansons au psychedelisme contagieux comme "Dry the rain", "Inner meet me" ou le magnifique "She's the one" l'ambiance atteint des sommets qu'il sera difficile de rencontrer par la suite.
    Ce sont les pourtant très bons SUPER FURRY ANIMALS qui feront les frais de ce choc, leur concert sur la grande scène est pas mal mais il leur manque la folie des meilleurs jours et de leur morceau "Nothern lites" qu'ils n'ont scandaleument pas joué, vraiment dommage mais bon j'étais surtout venu sur ce très grand espace pour mes idoles intimes BELLE AND SEBASTIAN.
    Je pense vous avoir suffisament rabaché les oreilles avec ce groupe, pour moi l'un des plus doués de ces dernières années. Si en France ils se font très discrets, c'est la deuxième fois qu'ils viennent à Benicassim et vu le nombre de t-shirts ils comptent de nombreux fans alors que leur musique n'est pas franchement du rock de stades.
    Ca sera mon seul regret, les voir dans une scène immense et entouré d'une foule disproportionée à mon gout.
    Sinon c'était un moment magique, ils ont joué quelques unes de leurs merveilles "Dog on wheels", "Like Dylan in the movies", "Sleep the clock around", "The boy with the arab strap", le superbe "Lazy line painter jane" avec Monica Queen et pour finir un "Legal man" survolté et delicieusement 60's.
    Direction ensuite le chapiteau où évoluent les sous estimés SAINT ETIENNE qui ont joué quelques morceaux inédits dans la lignée du précédent. Des sucreries electro-pop susurées par une Sarah Cracknell toujours aussi craquante qui reçut d'un admirateur un maillot de foot de l'équipe stéphanoise à son nom, super moment de complicité et bon concert dans l'ensemble.
    Pour RADIOHEAD c'est une autre histoire, impossible de s'approcher avant une bonne demi heure vu le troupeau (je n'emploie pas ce terme au hasard) de fans agglutinés depuis le debut de l'après midi alors qu'ils ne jouaient qu'à 2 heures du mat'. C'est donc assis au départ et en regardant l'écran géant que les vois pour la 3ème fois. C'est toujours aussi bien mais je suis moins fan qu'avant, l'enthousiame n'y est plus trop et c'est surtout quand ils joueront des morceaux de "The bends" et "Ok computer" que j'apprécierai. Impressionant en tout cas de voir autant de gens pour une musique aussi complexe, le charisme indéniable de Thom Yorke y est sans doute pour beaucoup.
    Ca y est on peut enfin avancer maintenant que les fans vont se coucher et c'est parti pour une heure de pur rock n' roll, du vrai avec PRIMAL SCREAM qui mettent le feu alors qu'on est déjà bien crevé.
    Assez éloigné du son electro de leurs derniers disques mais avant tout autant d'énergie ils enchaineront des bombes comme "Miss Lucifer" ou "Swastikkka eyes" devant un public en folie, on ne pouvait pas mieux terminer cette 2ème journée, trop épuisés pour danser à 5 heures du mat avec RINOCEROSE mais bon il vaut mieux se ménager la suite.

    Dimanche enfin, on pense que le meilleur est derière nous vu le nombre de groupes espagnols dans l'après midi qui parraissent bien gentils sous le chapiteau fiberfib. CARROTS ouvrent le bal avec des mélodies mille fois entendues mais avec une fraicheur et une bonne humeur communicative qui faisait un peu penser aux Monkees, dispensable mais sympa quand même.
    On sera un peu moins indulgent avec NICE MAN qui jouait un "pop-opera" assez incompréhensible : entre chaque chanson (assez banales il faut bien le dire) le chanteur racontait une histoire et faisait des blagues qui tombaient un peu à plat.
    NEIL HASTEAD n'est pas tout à fait un inconnu vu qu'il a déjà sorti des disques avec son groupe Mojave 3, de la pop countrysante très calme et sans grand génie, parasitée qui plus est par des larsens facheux.
    Ca ne s'arrange guère avec le belle DOT ALISON qui remplaçait en dernière minute l'autrement plus original Cornelius qui avait annulé. C'est pas que ça soit nul ce qu'elle fait, la musique electro pop n'est pas désagrable mais ça manque cruellement de mélodies et de chansons, impossible de dissocier un titre de l'autre et de ne pas bailler...
    Du coup on ira à mi chemin voir PERRY BLAKE qui lui est un authentique songwriter, inégal sur disque certes mais capable du meilleur. En live il assure avec une classe toute irlandaise, une voix de velours, un coté distant assez marrant (quand il se moque du son moyen de la scène qui lui donne l'impression de "chanter dans une baignoire" où quand il dit à un fan qui l'interpelle de loin de lui ecrire par mail). Un coté soul très plaisant sur "The road to Hollywood" et pour finir son chef d'oeuvre de spleen qu'est "The Hunchback of San Francisco" la chanson pour les lonely de la planète qui prend toute sa dimension sur scène.
    Après ce grand moment presque inesperé, les choses serieuses recommencent sur la grande scène avec les DOVES qui triomphent avec un set parfait de rock emphatique et maitrisé, les mélodies imparables de "Pounding", "There goes the fear", "Catch the sun" et "Here it comes" mettent tout le monde d'accord et l'instrumental de fin cloturait en beauté un des meilleurs concerts rock vu ces jours-ci.
    Viennent ensuite les stars de la britpop SUEDE, rarement convaincants sur disque mais très efficaces en live, notament avec le cabotinage forcené de Brett Anderson qui chante toujours aussi bien même s'il en fait des caisses.
    Et ses fans garçons et filles auront apprécié les déhanchements en jean moulant. Plus glam tu meurs ! Mais pour ces tubes imparables que sont "She's in fashion", "Animal nitrate" et "Trash" on ne fera pas la fine bouche cette fois.
    Surtout qu'après il y'a le must de la soirée : les CHEMICAL BROTHERS et leur armada technologique d'effets visuels et leurs machines infernales prètes à faire danser les quelques 30 000 rockers et clubbers unis sous les rhytmes effernés de "Star guitar", "Out of control", "Block rockin'beats" et surtout "Hey boy, hey girl" dont la foule reprend en coeur l'infernal gimmick "Superstars dj's here we go !!!!". Les morceaux sont transformés avec un tel talent que ça depasse le cadre du simple mix, le son est cataclymisque (il parait que ça s'entendait du camping) et même après trois nuits blanches et une vingtaine de concerts, impossible de ne pas danser.
    C'est aux versaillais de AIR qu'incombe la lourde tache de succèder aux freres chimiques et par la même occasion de finir ce festival, tache qu'ils s'acquiteront avec beaucoup de subtilité avec des instrumentaux de toute beauté, des fulgurances ici et là ("Don't be light"), un magnifique "Playground love" chanté par Jason falkner, des vieux tubes méconnaissables comme "Sexy boy" et "Kelly watch the stars" dans une atmosphère qui leur est particulière. le parfait concert chill-out qu'il fallait pour redescendre en douceur et garder des dernières forces pour défaire les tente et rejoindre le car, épuisés mais heureux. J'ai beau aller chaque été depuis 4 ans à des festivals d'été c'est une experience toujours aussi excitante qui a le mérite de dépayser et d'oublier quelques temps les soucis et la routine.
    Prochaine étape la route du rock à St malo, d'ici là à bientôt et vive la musique !!!

    Signature : Sami
    le 06/08/2002
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