Nous sommes nombreux à penser que Ben Harper est un artiste important, celui qui fait le trait d'union entre Les Inrocks et Europe 2, les rastas et les skaters, les "djeuns" et les vieux rockers. Ben Harper est un sacré musicien, il aime les belles mélodies et le son rock, et .../...

Nous sommes nombreux à penser que
Ben Harper est un artiste important, celui qui fait le trait d’union entre Les Inrocks et Europe 2, les rastas et les skaters, les « djeuns » et les vieux rockers. Ben Harper est un sacré musicien, il aime les belles mélodies et le son rock, et c’est loin d’être un idiot, ce qui ne gâche pas le plaisir.
Mais même s’il est un auteur productif , il éprouve quelques difficultés à se renouveler. Alors, Ben Harper est-il un flemmard ou manque-t-il simplement d’imagination.
Son nouvel album ne change pas la donne : bel objet, beaucoup de titres (deux CD tout de même), très bonne production générale, mais restera-t-il dans les mémoires ? rien n’est moins sur.
Le nom de l’album promet.
Both Sides of the Gun, c’est bien trouvé, énigmatique et ça sonne. Le concept général est intéressant : deux disques, l’un blanc, composé de douces balades et l’autre noir, plus rock, plus brut.
Etonnament, chacun des disques commence par son meilleur morceau.
Le blanc tout d’abord, s’ouvre sur une perle,
Morning Yearning, une des plus belles ballades de Ben Harper, qui s’est fait accompagné d’une section à corde pour l’occasion. Et puis l’album s’éteint petit à petit. Quelques chansons douces et jolies mais très classique au regard de ce qu’a déjà pu faire l’auteur, comme
Waiting For You, Never Leave Lonely Alone ou encore
Reason to Mourn. Un instru sympa
Sweet Nothing Serenade mais dans un style déjà exploré à merveille par d’autres (les Tindersticks en l’occurrence).
Le noir lui aussi s’ouvre sur son meilleur morceau,
Better Way, un blues à l’instrumentation originale. Mais là aussi, le reste est assez anonyme, du rock « bof « , du blues « mouais », tout ce qu’il y a de plus classique.
Au final, c’est quand même la déception qui prédomine. Des deux côtés du revolver, il manque un peu d’originalité. Et pourtant, cet album s’écoute facilement et avec plaisir, surtout le blanc.
Ben Harper sait écrire des jolies balades, même en levant le pied. Sa touche, sa signature, sa sensibilté, rien n’a bougé. On aime toujours… mais on attend mieux.