Mon cher Bernard .
Je sors de la première représentation de ta tournée ce soir à Rueil .
C'est la troisième fois que je te vois sur scène .
C'est je crois le meilleur orchestre qui t'ai jamais accompagné .
Parfois mieux que Bréant et Arroyo réunis .... Mahut reste imbattable ...
.... et je ne me suis jamais autant emmerdé .
Le seul qualificatif que j'ai trouvé te concernant est : triste .
Triste ta soi-disant révolte qui ne trompe plus personne tant elle est sous-tendue par ton propre contentement de toi - et soulignée par tes cuirs à X000 Euros pièce .
Tristes tes très grégaires attaques sur la taille de Sarkozy avec en fond d'écran "je vous l'avais bien dit il y a trente ans" ou "attendez-vous à savoir" - non ça c'était Geneviève Tabouis ...
Triste ta manière de serrer les mains et d'embrasser les enfants à la fin du spectacle... on aurait dit Chirac... il ne manquait qu'une Bernadette avec une permanente empesée à la laque à meubles pour t'accompagner.
Penses-y pour la prochaine ville ouvrière que tu visitera après Rueil : Versailles, Monaco, Neuilly tiens - après tout, tu vas bien prendre l'argent là où il est .
Je n'ai pas grand-chose à faire de Sarkozy, mais je lui reconnais au moins le courage de ne pas avoir peur de ce qu'il est, ce qui n'est pas ton cas, avec tes airs de guerillero de salon pour mémère emperlouzée (largement majoritaire ce soir comme tu as pu le voir).
Si tu veux l'attaquer, attaque-le de face, sur ce qu'il fait, et pas façon "Argentin de Carcassonne - madame, je fais ce que je peux" .
Lorsque la révolte devient conventionnelle et majoritaire, elle change de nom : elle s'appelle parts de marché ou audimat selon les cas et ne sert plus de toute façon qu'à faire vendre .
Tu vends, tant mieux pour toi, mais tu m'a gâché ta musique.
Quant à ta révolte ... tu es indéboulonnable de ton créneau bien calé dans le système.
Encore une fois tant mieux pour toi mais tu m'as fait perdre mon temps ce soir car tu vieillis mal...
... Argentin de Carcassonne.
Pierre ANDOLENKO