Binaire - 15 septembre 2007 - La Machine à Coudre, Marseille Un concert survolté de Binaire samedi dernier à la machine à coudre. Du bon gros son à haut volume, extraits du dernier album qui envoie grâve !! Le duo nous donne à entendre leurs guitares saturées à bloc et Flo monopolise de façon avantageuse le micro, et même si on comprend rien aux paroles (entre le volume puissant et la taille de la machine à .../...
Un concert survolté de Binaire samedi dernier à la machine à coudre. Du bon gros son à haut volume, extraits du dernier album qui envoie grâve !! Le duo nous donne à entendre leurs guitares saturées à bloc et Flo monopolise de façon avantageuse le micro, et même si on comprend rien aux paroles (entre le volume puissant et la taille de la machine à coudre...), nous fait dresser les poils sur la tête... C'était déjà bon en cd mais en live c'est de la bombe !
Désolé pour Ich Bin Dead et Les Jolis, je suis arrivé en retard à la Machine à Coudre....
Binaire + Kill The Thrill - 15 Octobre 2005 - Machine à Coudre - Marseille
Une Machine à Coudre bourrée jusqu'à la gueule pour une soirée où le rock prend aux trippes et te lache plus.
Binaire c'est deux guitaristes qui se font face au bas de la scène, hurlant dans un pied de micro bicéphale. Bianire, c'est la rage du punk, l'intensité d'une noise implacable. Une boite à rythme lache les rythmiques mais on la .../...
Une Machine à Coudre bourrée jusqu'à la gueule pour une soirée où le rock prend aux trippes et te lache plus.
Binaire c'est deux guitaristes qui se font face au bas de la scène, hurlant dans un pied de micro bicéphale. Bianire, c'est la rage du punk, l'intensité d'une noise implacable. Une boite à rythme lache les rythmiques mais on la souhaiterait parfois plus discrète pour permettre aux guitares et hurlements de te triturer les trippes. Musique viscérale comme Kill the Thrill qui va leur succeder mais je ne peux m'empecher d'headbanguer, pris de convulsions irresistibles. Y a du Fugazzi, du Thugs, du Ministry derrière tout ça mais avec une intensité due à la hargne du duo, la mise en scène minimaliste où ces deux là se font face, déchainant des riffs visceraux. Un bon remède pour évacuer la rage d'une journée d'enterrement de la grève des marins. Binaire a hurlé pour moi, accompagné cette violence. Furie musicale, primaire (fuck Ratzinger !), raaah !
Vidé, épuisé, un petit tour vers le bar, difficile à atteindre vu la foule. Et dire que la soirée est loin de se terminer.
Kill The Thrill c'est l'intégrité poussée à son paroxisme. 16 ans d'une fidélité à à une musique sans concession. Rock indus, noise ambiant viscéral, mélancolique et obsessionnel. "Un mur" étant le qualificatif qui revient le plus souvent. Un mur fascinant, une vague sonore, sursaturée, une voix désespérée. Live In Marseille étant accro aux Kill the Thrill, vous trouverez de nombreuses chroniques, je n'ai rien à rajouter. Les Kill furent imperiaux une fois de plus, la vague a tout emporté.
Binaire + Kill The Thrill - 27 mai 2005 - Poste à Galène - Marseille
Première partie energique brillament assurée par le duo Binaire qui n'as pas hésité à jouer au milieu du public et à se déchainer sur un pied de micro commun, echangeant de place et d'ampli entre les morceaux et tripotant un ordinateur qui assurait toute le partie rythmique et sons.
Bref, Binaire a su chauffer un Poste à Galène rempli .../...
Première partie energique brillament assurée par le duo Binaire qui n'as pas hésité à jouer au milieu du public et à se déchainer sur un pied de micro commun, echangeant de place et d'ampli entre les morceaux et tripotant un ordinateur qui assurait toute le partie rythmique et sons.
Bref, Binaire a su chauffer un Poste à Galène rempli avant l'entrée en scène du trio Kill The Thrill qui nous ont gratifié d'un set monstrueux issu de leur tout nouvel opus 'Tellurique'.
La voix exeptionnelle de puissance de Nicolas Dick accompagnée des guitares et basse saturées de Marylin Tognoli et Frederic De Bennedetti (impressionnant de vélocité et de précision) le tout posé sur des trituration sonores et les rythmiques des machines nous entrainent dans un univers sombre et très riche dont on ne sort que plusieurs minutes apres le dernier accord.
Un concert qui confirme s'il en était besoin de la qualité des compositions et de leur executions de ce groupe phare du rock indus noise !
Kill The Thrill + Binaire - 27 mai 2005 - Poste à Galène - Marseille
Qu'est-ce qui peut bien pousser ces deux grosses centaines de gens à s'enfermer à la tombée du soir dans cette boite noire bétonnée du centre ville, à s'assurer de son étanchéïté par ce sas de fer aveugle, puis venir faire cercle autour des ces deux "nerds" ? Leur nom, c'est Binaire : ils se font face en bas de la scène, sur le sol en béton, .../...
Qu'est-ce qui peut bien pousser ces deux grosses centaines de gens à s'enfermer à la tombée du soir dans cette boite noire bétonnée du centre ville, à s'assurer de son étanchéïté par ce sas de fer aveugle, puis venir faire cercle autour des ces deux "nerds" ? Leur nom, c'est Binaire : ils se font face en bas de la scène, sur le sol en béton, guitare en bandoulière, murs d'amplis à portée de main ... Est-ce une sorte de combat clandestin d'arrière-salle ? Les lumières se tamisent, un temps de flottement, et j'assiste au premier round de ce match surréaliste ...
Les voix, hurlées, sont jetées tour à tour au visage de ces deux jumeaux improbables, une rage animale sort de leur bouche comme des aboiements, arbitrée par un disque dur plat qui bat sa propre mesure de violence électrique. Les têtes, autour d'eux, se tournent. Des sourires guoguenards s'échangent, des clins d'oeil complices, des têtes se mettent à bouger. La furie qui s'échange là, à quelques centimètres des gens, semble paradoxalement créer une sorte d'amusement mâtiné d'un plaisir morbide;
pourtant, rien n'est vraiment drôle dans ce qui se joue : bientôt trempés de sueur, les deux types ramonent leurs guitares ou leurs basses en déversant sans faiblir leur démence calculée, où se téléscopent violence, désespoir, furie, syncopes même quand la machine immobile enclenche de tels tempos qu'il devient presque impossible pour les deux humains de s'accoupler à elle dans un déferlement de colère saccadée, à mi-chemin entre électronique congelée, punk nihiliste et noisy rock répétitif.
Binaire, expression musico-bruitiste urbaine poussée à un paroxysme, jouée au milieu des urbains eux-mêmes : comme blasés de trop de béton, de bruit et d'odeurs irrespirables, ils avalent cette poussée de non-sens hurlante avec bonhommie, comme rivés face à un écran de jeu video à la violence illimitée, isolés l'espace d'un instant d'une réalité inutile au profit d'un espace-temps où s'éructe avec drôlerie toute l'absurdité de l'existence.
Cet écran s'éteint après un dernier triturement mécanique.
On attend.
On attend Kill The Thrill. Car tous se sont pressés ici pour une seule raison : descendre.
Face à un grand escalier invisible dont les premières marches sont déjà noyées d'ombres épaisses, nous assistons à l'arrivée des trois "passeurs". Leurs amplis clignotent, deux regards s'échangent sur scène, et les portes de la folie de Kill The Thrill s'ouvrent enfin.
Qui n'a jamais vu "Le Cri" de Munch ne peut vraiment comprendre ce qui sort de la bouche de Nicolas Dick : sa voix troglodytique souffle immédiatement le vent d'un monde si noir que s'abat sur le Poste à Galène une ombre épouvantable, et que l'on descend soudainement chacune des marches de cet escalier terrifiant jusqu'à sentir sur nos chevilles les premières froideurs glaciales de cavités souterraines insondables; de là, la pente ne cessera plus. Au centre, Marylin, sorte d'ange habité de la douleur d'une icône moyen-ageuse, accompagne de sa basse ce chant hypnotique, et l'on plonge avec elle dans les délices inavouables d'un enfer christique;
à sa droite, son compagnon d'infortune, tête rentrée dans une masse de cheveux sombres, demande à sa six-cordes de lâcher les orages telluriques dont elle semble pleine comme une bête au bord de l'accouchement, et ce trio d'outre-tombe construit lourdement une muraille qui, au lieu de s'élever, s'enfonce inexorablement dans le sol. Kill The Thrill descend dans des noirceurs qu'aucun d'entre nous n'a le potentiel de visiter : ce n'est plus de la spéléologie, c'est de la minéralogie : un catalogue de roches aveugles et infranchissables, de coulées de lave figées et inconnues dont nous ne pouvons qu'entendre l'écho metallique.
Eux trois qui partagent ce monde édifiant aux côtés d'autres créatures oubliées se tiennent sur le pont d'un navire fantôme hurlant en chute libre sous la tempête, cheveux en bataille, une main cramponnée sur un bout de mât détrempé : nous, nous sommes ballottés au gré de vagues infranchissables et noires, et plus personne ne sourit.
Le mur de guitare s'enfonce dans nos coeurs, la bouche de Nicolas Dick se déforme pour laisser passer des souffles cauchemardesques, et une machine invisible pilonne une mesure inaltérable qui martèle la cadence de ce voyage gigantesque.
Effectivement, il faut bien que ces trois là aient vaincus toutes les peurs pour parler si bien des nôtres : Kill The Thrill témoigne de nos angoisses les plus enfouies, et les magnifient dans un lyrisme épouvantable, aux côtés des plus grands :
Dante et Jérôme Bosh se tiennent à leurs côtés, et je quitterai le Poste à Galène comme un spectre, hanté par quelques vers de Baudelaire : "Dans nos cerveaux ribote un peuple de démons / Et quand nous respirons, la Mort dans nos poumons / Desend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes."