La soirée « Soucoupes Violentes » du festival
Les Volcaniques de Mars a permis de se chauffer les oreilles avec
Biocide, de revoir avec plaisir le groupe bordelais
Sleeppers et de découvrir les ovnis
Makoto Kawabata & Jean-François Pauvros.
Les Marseillais de
Biocide commencent la soirée devant un public peu nombreux et mou. Seule une jeune fille énervée pogote en incitant les autres à faire de même, en vain… Cet immobilisme n’est pas dû à la prestation de
Biocide, les quatre métalleux ne ménageant pas leurs efforts pour séduire le public métal/noise. Puissants sur scène et cherchant à explorer de nouvelles voies,
Biocide mérite d’être découvert par les « Metal addicts »…
C’est avec un plaisir non dissimulé qu’on recroise la route du groupe bordelais
Sleeppers après le festival Osmose en 2001. Le set de
Sleeppers a déchaîné les passions ; le public, désormais en nombre, se massant contre la scène pour communier avec les musiciens dans une sorte d’orgie sonique.
Ce groupe survolté et tendu comme un arc s’appuie sur une rythmique en acier trempé pour décocher des flèches empoisonnées de guitares/hurlements dans le cœur des fans de noisy métallique. Le guitariste/chanteur est particulièrement impressionnant pour ses parties de guitare tranchantes et ses vocaux hurlés à s’en faire péter les cordes vocales ! Si le chant du bassiste convainc moins, son jeu de basse lourd et violent donne une puissance de feu phénoménale au groupe. Vous l’avez compris, si vous apprécier le mélange de métal et de noisy, il faut voir aller
Sleeppers sur scène !
Beaucoup de personnes désiraient assister au set de
Makoto Kawabata & Jean-François Pauvros pour tester la solidité de leur système auditif et apprécier les improvisations soniques du duo expérimental. On nous avait annoncé 6 amplis sur scène et orage au désespoir (sic), la scène du Pocoloco ne comportait que quatre amplis. Ils s’avéreront largement suffisants et on se demande encore comment les personnes aux oreilles collées aux baffles et non protégées ont pu tenir sans s’évanouir !
Assis sur deux chaises avec leurs guitares en main et penchés sur leurs instruments, le duo commence son impro pianissimo avant de se lancer dans des passages multo fortissimo. Quand le Japonais à la tignasse inextricable,
Makoto Kawabata, se lève de son siège pour mieux martyriser sa guitare, on a l’impression d’assister à un duo entre
Slash de
Guns n’ Roses et
Joey Ramone (
The Ramones) dont
Jean-François Pauvros est le sosie presque parfait…
Une simple impression visuelle car les sonorités crées en direct par ces deux malades de la matière sonore font plutôt penser au bruit causé par l’explosion nucléaire d’Hiroshima combinée avec les bombardements sur Dresde et les éruptions de lave en fusion de la Chaîne des Volcans d’Auvergne… Faite de montées, d’orages violents et d’explosions sonores hallucinantes, cette symphonie déstructurée et improvisée a emmené le public assez loin !
Armés d’archers et de divers instruments de torture, les deux complices ont vraiment sorti des sonorités insoupçonnées de leurs guitares conçues initialement pour jouer du rock ‘n roll innocent dans des soirées étudiantes américaines dans les années 50 !
Au bout d’un certain temps les deux hommes se relèvent et débranchent leur système infernal. On se souviendra longtemps et on versera une larme en évoquant avec des trémolos dans la voix le meilleur moment de ce spectacle :
Makoto Kawabata se levant brusquement de sa chaise pour jeter sa guitare par terre avec une violence inouïe avant de la piétiner joyeusement pendant que
JF Pauvros usine « tranquillement » un motif sonique de fin du monde ! Les tympans en bouillie, les yeux exorbités, la cervelle en morceaux, on ressort comblé du Pocoloco…
(Photos : Ludovic Lefrançois.)