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The Herbaliser / X-Ecutioners / David Walters / Joey Starr / Birdy Nam Nam / Wang Lei (Festival Marsatac)

J4 - Marseille   23 septembre 2005

Concert à ne pas manquer

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    Le petit frère des Transmusicales de Rennes (dixit les organisateurs) a tenu toutes ses promesses pour sa première grande soirée.

    Première constat : il y avait (beaucoup) de monde. Le pari de Marsatac, 7e édition, est en passe d'être tenu, en tout cas, du côté du public qui s'est déplacé en masse et de loin (j'ai même vu une plaque de...Strasbourg...).
    Deuxième constat : rien à regretter des docks des Suds qui a cramé voici 15 jours et où devait se dérouler le festival. Le J4 (grande esplanade entre le Vieux port et le quai d'embarquement des ferrys) est en soi magique, surtout quand il fait très bon comme ce soir (pas moins de 20 °C dehors, bien plus dans les 2 tentes). Certes, la déco n'y est pas, mais le son oui. Dans les deux immenses tentes blanches, le son était merveilleusement bien équilibré. Félicitations aux techniciens.
    Troisième constat : après plus de 4 heures de hip hop à fond les manettes, qu'il est bon de rentrer chez soi (pas trop tard) et d'écouter, tiens, au hasard, Nick Drake...Ah, ça repose, ça coule dans les oreilles...
    Quatrième constat : Marsatac est VRAIMENT un festival de découvertes...La preuve ? On y va pour ceux qui passe dans la grande tente (X-ecutionners, Herbaliser, Joey Starr...) et on en ressort avec d'autres idées en tête, toutes pêchées dans la petite tente.

    Allons-y pour les groupes. Faute à un genou plutôt récalcitrant, je suis arrivé vers 21h30 et j'ai quitté le navire vers 2H du mat. Je n'ai pas donc tout vu...Alors, j'ai vu quoi ?
    Un technicien du son complètement bourré avec sa copine qui tanguaient ensemble en vidant des bières gratos, de grands cons qui se fritaient version capoeria hip hop, des jeunes vite fatigués assis par terre, des vieux en pleine forme, un service d'ordre qui va même jusqu'à fouiller dans les paquets de cigarettes, et puis, beaucoup, beaucoup de personnes avec le sourire (certainement content d'avoir choisi, dans la même soirée à Marseille, la première de Marsatac pour 21 euros plutôt que 50 cents au dôme pour 37,5 euros...)

    Sur scène, tout n'a été qu'une leçon de scratch. Cela a commencé avec les 3 New-Yorkais de X-ecutionners. Bon, d'accord, ils sont virtuoses, il font cela avec les mains, les coudes et même la langue...mais... ça reste juste un bel exercice de style. Car à force de casser tout phrasé mélodique pour montrer combien ils sont agiles avec les scratchs, ils finissent par rendre leur set un rien monotone...Un samedi dans une MJC pour apprendre à des jeunes comment scratcher, pourquoi pas, mais là, il y avait quand même un paquet de gens devant eux qui ne demandaient qu'à vibrer...

    Ben, ils sont partis assez rapidement pour aller se rincer le gosier et vibrer avec LA révélation (pour moi) de cette première grande nuit : DAVID WALTERS. Le jeune homme, en plus d'être beau comme un dieu, chante très bien et est multi-instrumentiste. Assis au beau milieu de la scène de la petite tente, il balance avec son sample des beats, se charge de la percu , trempe ses mains dans de l'eau pour faire vibrer un étrange instrument, prend sa guitare, se lève, se rassoit.
    Il nous entraîne loin, à mi chemin de ses îles des Caraîbes (dont il est originaire) et le son si urbain du Hip Hop. Les scratchs et les boucles ne se suffisent pas à eux-mêmes, portées qu'ils sont par une espèce de mélancolie des îles...C'est entraînant, triste, amusant, revigorant, épatant, surprenant...

    On le quitte un peu avant la fin pour ne pas louper le crew de The Herbaliser. 10 musiciens sur scène dont une énorme section de cuivre et plein de bière. En voilà qui ne sont pas Anglais pour rien...ça part en musique de film comme ils savent si bien le faire...Un morceau, deux, trois, quatre...On commence à s'ennuyer, à regretter l'absence d'une chanteuse à oa voix soul comme sur leur album quand intervient un MC de Birmimgham qui bouge un peu tout cela le temps de 2 chansons...Les bras se lèvent, ça commence à remuer dans l'asistance, mais les english ont décidé de nous la jouer ambiente (trop de lager et de cônes backstage ?)...
    Donc, ça retombe un peu dans l'instrumental (d'un bon niveau, mais c'est comme tout, on s'en lasse à force...) et public commence à s'éclipser par paquet. Dommage

    Hop, on se rince le gosier et dans la petite salle commence le set de Wang Lei, l'inévitable artiste chinois de toute manifestation occidentale...Bon, on se croirait à Sollac avec sa techno métronome et ses petits beats aigues. Il a beau se la jouer Samouraï avec sa queue qui se balance sur la tête, on s'emmerde vite.

    Dans la grande tente, c'est l'heure de la grande gueule de Joey Starr...Il a amené ses potes qui passent des vinyles et lui, fidèle à sa belle dentition, héructe de sa voix si caverneuse des "Hoauuu" et des "Marseille t'es mou" et des "Oahhhh". En gros, il manque juste Kool Shen quoi...Le public (salaud ce public, exigeant, intransigeant, pas copain, qui fait la claque au début pour y croire mais se barre aussi sec si ça ne va pas), le public, donc, se barre en douce, par petits jets.

    C'est que la petite tente est pleine à craquer, elle. Il s'y déroule un petit miracle pour les Birdy Nam Nam (merde, comment ils font pour trouver des noms aussi cons...)
    4 MC blanc becs de Paris qui s'éclatent sur leur platine...Et le public qui suit. ça bastonne des basses, ça scratch (encore !!!), ça rigole sur scène et ça sourit dans la salle qui ne désemplit pas.... C'est pas un dancefloor, c'est bien mieux que cela...Une espèce de mélange entre les beats froids des années 80 rehaussé de pirouettes hip hop...Bon, je ne sais pas si je suis dans le vrai, mais le public, lui a choisi, le salaud. Il n'est pas parti avant la fin du set...

    Mon genou n'a pas tenu encore 1h30 pour aller s'énerver sur le set de Kid Koala, le petit prodige canadien...Mais comment pourrait-il faire mieux que sa prestation l'année dernière dans le Cabaret rouge lors du...Marsatac 2004 ?

    le 24/09/2005
    Signature :
    stéphane Sarpaux
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