Du rock à la techno, la petite Björk venue du froid vous réchauffera le coeur et le corps
Dernière actu : En avant première de ses concerts du mois de juillet dans toute l'Europe, Bjork sera en concert exceptionnel le 25 juin à l'Olympia.
Ouverture des locations le 11 juin !
Pour ce troisième et dernier jour, une évidence s'impose : il y a comme un énorme trou d'air dans l'après-midi ! Pas assez motivé par Bat For Lashes (la dernière sensation indie, qui ressemble surtout sur album à du Björk unplugged, mais enfin Pierre a aimé sur scène !). Par contre les très Crampsiens The Horrors jouent en début d'aprème : il faut donc foncer ! Traverser Paris à 7 personnes n'est pas anodin, c'est donc en sueur et juste à temps, après avoir trahi les plus lents, qu'on arrive ... devant un petit panneau à l'entrée "The Horrors - annulé". Carton rouge à l'organisation : il le savaient très certainement déjà hier. Fait ch... !
Commence alors une longue errance à la recherche de la tête d'affiche perdue - ou du bon groupe non repéré... On passe ainsi un moment à Housse de Racket, Scène de l'Industrie, groupe de rock parisien d'une bêtise assumée et revendiquée, chantant à peu près aussi mal que les Naast mais eux, sans se prendre pour les Kinks... Affublés de costumes type Bjorn Borg 1979, et d'instruments qui semblent du même âge (ah, le piano-guitare, toute une époque !), ils pratiquent un disco-rap-funk-rock décérébré et plutôt rigolo qui peut rappeler dans ses meilleurs moments l'oeuvre récente de M. Katerine - leur chanson éponyme Housse de Racket, qui pompe sans vergogne au moins 3 airs ou riffs connus, est par exemple très entraînante. Bref, bête et sympa, et musicalement ça tient la route...
On jette aussi un oeil à Devotchka, orchestre de rock balkan popularisé par sa participation à la musique du plaisant Little Miss Sunshine. On note le splendide tuba rose fluo d'une jeune fille (qui taquine aussi la contrebasse) et la voix haut perchée du chanteur, qui enchaîne de jolis titres de slow pop, de folk pêchu et parfois même, de disco-musette slave qui rappelle bien évidemment le No Smoking Orchestra d'Emir Kusturica. Bref assez sympa à écouter vautré à l'ombre dans l'herbe (ou nous passerons une partie de l'aprème), pendant qu'ils cuisent en plein soleil sur scène, les pauvres...
Il est temps d'aller voir si le rock de Nelson est plus virulent branché qu'unplugged (on les avait aperçus sous cette forme dans un show-case...). Et en effet, c'est hargneux et joué avec un gros son pas mal. Leurs compositions sont recherchées et ambitieuses, souvent sur les traces de Sonic Youth et autres. Du coup pas immédiatement entraînantes, mais assez prenantes sur l'ensemble... Physiquement, on repense aussi par moments à Hollywood Porn Stars, autre groupe de jeunes rockeurs méchants et doués en costard-cravates, dont on est hélas sans nouvelles. Vers la fin ils enchaînent un longue plage noisy et un titre disco-rock plus sexy pour allumer enfin le public (Paid it All je crois) : incontestablement Nelson est un groupe prometteur, qui doit en plus être fort bon sur album !
On choisira par contre de passer rapidement sur la suite du programme de l'après-midi, soit un joyeux trio perdant... D'abord une Kelis qui a certes un groupe de rock (seule raison de sa présence j'imagine) et s'aventure donc parfois dans du rock US vaguement groovy, mais fait quand même surtout du R'n'B bling-bling (ce que je déteste viscéralement). Viennent ensuite les Kings of Leon, fratrie qui nous emmerde sur scène comme elle nous emmerdait déjà sur disque, avec ses compos prétentieuses et sans intérêt dont absolument rien ne surnage, et qui ne sont vraisemblablement connus que grâce à un bon attaché de presse, leurs gueules d'anges et leurs coupes de cheveux... trop toooooop ! Beuark.
On n'accroche pas davantage au concert de Just Jack, autre petit minet sans autres talents particuliers que d'avoir pondu un ou deux raps nonchalants comme la sympathique Writer's Block, idéal pour les soirées lounge-V.I.P branchées... mais expédiée dès le début et rendant le reste très insipide. Bref on s'emmerde ferme, et comme jamais à un festival auparavant, depuis la fin de Nelson ! Au point qu'on s'en réjouirait presque de voir Faithless, obscur groupe de dance/trip hop qui a survécu on-ne-sait-comment aux années '90 grâce à un unique tube appelé Insomnia, et doit sûrement sa présence au fait qu'ils ne doivent vraiment pas être chers - il faut bien économiser pour pouvoir se payer Björk...
Insomnia est d'ailleurs jouée dès le début, histoire que les gens s'approchent de la grande scène clairsemée. Certes le titre est sympa, comme deux ou trois autres (God is a DJ notamment, enfin au second degré quoi !), surtout qu'ils sont joués avec de vrais instruments ! Hélas au lieu de se contenter de nous faire danser sans réfléchir (tout ce qu'on leur demandait...), le groupe et son chanteur mystique se piquent en parallèle de faire une trip-hop militante, nettement en dessous du niveau de Massive Attack par exemple, et dans l'ensemble plutôt FM et indigeste... Ca finit heureusement sur un dernier titre dance très enlevé (Salva Mea ?), pour réveiller l'assistance qui semble en grande partie s'être assoupie.
Autant on n'attendait rien des 4 groupes précédents, autant on pensait quand même accrocher plus à la prestation de Craig Armstrong dont on adore le très atmosphérique The Space Between Us. Le bonhomme assis derrière son piano face à la scène, paraît tout droit sorti des Sopranos avec son cuir et ses cheveux gominés ! Hélas n'assumant pas réellement le côté piano/violon/harpe qui a fait sa renommée, il s'est adjoint deux jolies chanteuses, et joue plutôt du trip-hop sans grande saveur ni aucune force mélodique particulière, un comble quand même ! Mais peut-être que ce bien-aimé album n'était qu'une parenthèse dans sa carrière ? En tout cas, non, rien à faire, ici non plus on n'accroche pas !
Bref on n'a tenu le coup en ce dimanche interminable que dans l'espoir de voir enfin un concert de Björk, artiste complète et hors normes dont on a adoré certains albums (même si elle nous a souvent déconcerté avec malice), et qui nous fuit sur scène depuis 14 ans et son déjà splendide Debut, jusqu'à son dernier et plutôt convaincant Volta. D'ailleurs Mademoiselle Guðmundsdóttir prend un malin plaisir à faire durer encore un peu cette attente, tandis qu'on se place difficilement - et derrière un grand drapeau hélas - dans le moulon général qui s'est formé (pas aussi imposant que pour Radiohead l'an passé, mais presque). Le concert sera-t-il à la hauteur de nos espoirs ?
La vibrionnante fée arrive en tout cas dans un grand fracas d'applaudissements et dans une robe dorée (et très meringuée), flanquée d'une troupe de filles jouant des cuivres, dans des tenues et un décor qu'on qualifiera de ... chamarré. Il est vrai qu'à la vue de sa dernière pochette d'album, il fallait s'y attendre - l'esthétique de l'islandaise peut parfois s'avérer déconcertante, surtout depuis que Björk est sorti des images virtuelles qui la passionnaient dans les années 90, pour entrer dans une phase plus textile... On est toutefois rassuré dès les premières notes d'Innocence : ça va barder ! Plus encore sur la très tendue Hunter qui est un vrai plaisir à redécouvrir, même si les violons absents ont fait place à des cuivres, non moins efficaces.
Ceux-ci font également merveille sur les choeurs d'Immature, et l'on se sent prêt à chavirer de bonheur sur Joga, d'autant que le son est parfait... La suite est un voyage dans des titres plus calmes et parfois moins connus : dans Medulla avec l'étrange Pleasure is all Mine, dans Vespertine avec la trippante Hidden Place et une ou deux autres chansons non identifiées. Le groupe se rappelle alors qu'il faut faire un peu danser les gens : un enchaînement très plaisant entre la très groovy Earth Intruders et les beats phénoménaux de la mythique Army of Me mettront idéalement le feu à l'assistance !
Mais le spectacle est aussi visuel : outre le visage maquillé (et un peu fatigué) de Björk, qui crie de petits "Merci bien !" assez régulièrement, on voit sur les écrans ses musiciens (dans la section électronique : le fidèle Mark Bell et ses acolytes) utilisant d'étranges instruments très décoratifs, comme ces potards lumineux que poussent des doigts mystérieux, ou ce grand disque où ils déplacent et font tourner ce qui ressemble à des runes, déclenchant des dessins, des vibrations et des bruits. Chiqué ou non, en tout cas c'est plutôt classieux !
Le concert continue avec certains titres nouveaux (ou alors vraiment très peu connus - je sèche !), tour à tour électro ou plus calmes... Après un retour à Homogenic avec 5 Years, on revient subtilement à du plus dansant sur l'amusante Wanderlust, lente sur le chant et les cuivres, et rapide sur le beat, tout comme Hyper-Ballad... Et remise d'une couche d'adrénaline pure et de lasers (empruntés à Tool ?) sur la toujours mortellement efficace Pluto, où la demoiselle expose (explose) tout son potentiel vocal, mais nous quitte déjà, hélas, après une grosse heure de concert !
Au rappel, après nous avoir fait chanter "joyeux anniversaire" pour deux membres de sa troupe et avoir présenté celle-ci au pas de course, l'islandais interprète avec un pianiste un joli titre tout à fait inconnu et termine, comme on l'espérait, sur la formidable Declare Independance, de loin le moment le plus jouissif de Volta, avec ses vrombissements telluriques, devant un public définitivement déchaîné ! Il était hélas écrit que le concert devrait finir tôt (et donc être trop court) : c'est toutefois le seul reproche qu'on puisse lui adresser tant il fut à peu près parfait par ailleurs - pour les amateurs de Björk en tout cas, Pierre ;-) !!
Avant de partir, on aura l'occasion de dire à ce satané anglais et son immense drapeau à la noix (qui nous a gonflé tout le concert) qu'il n'est pas à l'Eurovision, que "Seeing your stupid flag all the time is a fucking pain in the ass !" (ouais parfaitement ! Bon, j'avoue, je l'avais préparée à l'avance celle-là). Et que si on était méchant (et fort) on lui aurait probablement tapé dessus... Rhaaa, que ça fait du bien de râler un bon coup et d'emmerder un emmerdeur ! Oyez, les Anglois sont nos alliés de festivals, c'est un fait, mais boutons leurs oriflammes et leurs monstres boueux hors de France !
En conclusion, on retient de ces très sympathiques (mais très inégaux) trois jours que tout de même, pour avoir une vraie ampleur il faudra sûrement rallonger l'enveloppe (le festival est déficitaire pour 2007 mais avec 2 ou 3 pointures en plus, une en métal ou en techno par exemple, qui sait s'il n'aurait pas fait le plein ??. Ou bien baisser le cachet et/ou le niveau de prestige des têtes d'affiches (au moins Tool et Björk ont dû coûter très cher...), pour éviter des trous manifestes. De plus, un peu plus de sérieux et/ou de franchise pour prévenir des annulations ne serait pas un mal non plus (comme celle d'Amy Winehouse, malade depuis une bonne semaine : même Voici a du en parler avant le site de Rock en Seine !)
Quant au rapport quantité/prix, ça vous dit un petit calcul ? En arrondissant un poil et au tarif pass 3 jours, et pour des concerts de qualité équivalente, les Eurocks proposent 75 concerts pour 90 euros et ici, "seulement" 45 concerts pour 98 euros ! Certes on ira pas, comme un illustre c... pouf pouf, comme un député de la majorité, jusqu'à décréter ce tarif "prohibitif" - comparé à trois jours de vacances présidentielles, ça reste très abordable ! Certes la subvention attribuée par M. J-P H. est déjà très généreuse, alors on peut peut-être encore mieux faire pour le même prix, un petit effort !
Quoi qu'il en soit on ne boudera pas la sixième édition du festival l'an prochain : 3 grandes et belles scènes, un site très agréable et régulièrement nettoyé par des petites mains de bonne volonté (bravo à elles !), pleins de chouettes concerts et de petites animations sympa (ah, cette nymphette black déguisée en écolière sexy et qui chantait du Nirvana...), le métro deux fois gratuit au retour et l'horaire qui permet de continuer la fête ailleurs... Rock en Seine, c'est pas encore parfait mais c'est quand même déjà de la balle !
Alors gloire à Jean-Paul Huchon et Longue Vie à Rock en Seine !!
PS : cette chronique est espécialement dédicacée à celle dont nous avons salopé l'appart pendant trois jours et qui nous a même nourri en échange !
Voici une critique brève, mais comportant la plupart des groupes présents durant les 3 jours du festival.
1er élément important, il a fait beau (juste de la flotte quand j'étais dans le métro pour y aller le vendredi) et ça c'était bien sympa et pas gagné (surtout vu le temps des jours/semaines/mois précédents).
Vendredi :
J'ai écouté quelques titres de Dinosaur Jr, ça ne m'a pas emballé plus que ça. J'en gardais pourtant un bon souvenir en CD, mais là bof.
Très bon concert de Mogwai que je connaissais très peu. Pas évident de rentrer dans leur musique dans le cadre d'un festoche, mais ça m'a bien plu.
Byffy Clyro très sympa, beaucoup plus brut de décoffrage qu'en CD. Un bon concert rock.
Emilie Simon magnifique de bout en bout (bon j'avoue je ne peux pas être objectif la concernant). Ca m'a fait super plaisir de la voir enfin.
Les Hives ont bien mis le feu. Très agréable en festival, ça bouge, ça rigole, ça met l'ambiance.
Plutôt déçu par 2 many Dj's. Pas de grand intérêt à les voir en live pour moi.
La tête d'affiche de la journée était Arcade Fire. Très bon son, setlist plutôt bien fichue. Pas mécontent de les avoir enfin vus. Un très bon groupe du reste.
Je ne suis pas resté jusqu'à la fin pour aller voir le groupe qui me plait le plus en ce moment, à savoir UNKLE. Vraiment pas déçu, bien au contraire. Ca bouge beaucoup. Un excellent concert. Ca assure carrément.
Samedi :
Les Cold War Kids, bah rien de spécial, c'est sympa sans plus.
Erik Truffaz, dans le style (jazz machin chose) s'écoutait assez agréablement.
J'ai bien aimé le concert de Jarvis, même si je conçois que pour ceux qui ne connaissent, ça puisse être dur de rentrer dedans. C'est assez lent et mélancolique. Il est bien sympa en tout cas et a terminé en reprenant Paranoid de Black Sabbath.
CSS c'était marrant sans plus.
Bonne 1ère claque avec The Jesus & Mary Chain que je connaissais peu. Très bon son, ambiance sympa, morceaux bien fichus, bref un bien bon concert.
J'étais assez mal placé pour les Rita Mistouko et passé la 1ère demie heure, ça m'a soulé, donc je me suis eclipsé. Ca devait être mieux placé plus devant.
Claque énormissime pour le dernier concert à savoir Tool. Je n'avais jamais entendu un son aussi lourd et bon à la fois. Pas de temps mort, un jeu de lumière bien foutu, des morceaux torturés à souhait. LE concert du festival pour moi et de très loin.
Dimanche :
J'ai entendu la fin de Mark Ronson et ça s'écoutait.
Kelis, vu que c'est pas ma came, ça m'a gavé.
Très bon show des Kings Of Leon que je voyais pour la 1ère fois et j'en ai été ravi.
Just Jack (que je ne connaissais pas et qui n'est pas ma tasse de thé à 1ère vue) m'a bien plu.
Excellent concert de Faithless. Ils assurent bien, ça bouge beaucoup et c'est bien sympa.
Craig Armstrong chiant à mourir (et pourtant j'ai le 1er album)
Björk, comment dire ? Alors c'est sans doute une énorme artiste, une chanteuse d'exception tout ça, mais j'ai trouvé ça bien décevant. Entourée de cuivres, il n'y a pas un autre instrumentaliste (tout est programmé sur ordi), donc c'est super lent, épuré. Chez soi, ça peut le faire, mais là dans un festival de rock, bah ça fait tâche je trouve. Ai tenu 20 minutes et même les titres que je connaissais m'ont soulé. Beaucoup de gens n'ont pas tenu longtemps non plus.
Du coup suis allé voir Enter Shikari mélange détonnant de HxC, Metal, Techno machin truc. Ils avaient la pêche. Soulant à la longue, mais excellent et original.
Donc en résumé un bon festival, un très bonne ambiance, nettement moins de monde que l'an dernier (affiche moins alléchante et temps de merde avant notamment), pas certain que ce soit bon de rester sur 3 jours (2 ça suffit). Très content de mon WE en tout cas qui m'a permis de voir des groupes que j'aime bien et d'en découvrir d'autres. Je suis même tombé sur Mareva Galenter et Jack Lang (je ne leur ai pas fait mal je pense). Ah oui, ils n'étaient pas ensemble je vous rassure.
Dès 14 heures, Bat For Lashes place les débats à une altitude très élevée… Sa musique, entre Björk, Kate Bush et CocoRosie, provoque des sensations inédites, grâce à une voix prenante, des arrangements audacieux et des musiciennes inspirées… Les tenues des quatre protagonistes sont futuristes et plutôt avant gardistes/branchées, mais l’attitude est naturelle, simple et décontractée. Pas de caprice de star donc, mais des morceaux bien écrits (cf son album Fur and gold), plutôt originaux et immédiatement captivants. Un début de dimanche après-midi comme on aimerait en passer plus souvent…
L’annulation des extraordinaires The Horrors (un groupe à voir absolument sur scène !), prévus à la même heure que Housse de Racket nous contrait à nous rabattre sur le jeune groupe francilien fan de tennis… Contre toutes attentes, et même si l’on se demande pourquoi ce groupe parodique prend la place de jeunes autres groupes écrivant de meilleures chansons, Housse de Racket a proposé un concert hilarant, décalé et assez enthousiasmant. Ils écrivent des titres anecdotiques, ils pompent leurs contemporains à tout va, ils chantent faux, ils se la pètent, non ce ne sont pas les Naast, ce sont bel et bien les… Housse de Racket, un croisement audacieux entre les Naast, le nouveau rock parisien de privilégiés sans talent, Phoenix, Air, Daft Punk et -M-. Cela pourrait être nul, ça l’est d’ailleurs eu (beaucoup) quand même, mais c’est fait avec un talent certain pour l’autodérision, un sens du spectacle inné, une conviction hallucinante et un humour ravageur. Les facéties, et autres discours débiles sur le tennis (« on fait de la musique de stade ! », « c’est super d’être sur la même affiche que Bjorn Björk » etc) se succèdent donc à un rythme effréné, à la grande satisfaction du public, conquis. Jeu, set et match donc pour Boris Bockor , Aleksander Passinshov, Tennis Mat, Vico Vix et Repi Rep.
Changement radical de style juste après, avec la musique d’Europe de L’Est des Américains de Devotchka. En plein jour, avec un son médiocre, une batterie beaucoup trop forte, ce quatuor basé à Denver n’a eu pourtant aucun mal à convaincre le public avec ses compositions tout à tour émouvantes et festives. Proche de Beirut dans l’esprit, Devotchka a la chance de posséder en son sein un vocaliste chantant comme un Jeff Buckley des Balkans, un violoniste virevoltant et une multi instrumentiste douée (trombone etc). Agrémenté de deux ou trois danses slaves, de quelques parties de Theremin (tout en jouant de la guitare, s’il vous plaît !) bien senties, le set de Devotchka a permis de prolonger un après midi divin au soleil. A revoir avec un meilleur son, dans une salle plus appropriée…
Collaborateur d’Amy Winehouse, Mark Ronson a fait plutôt bonne impression avec sa revue soul présentée sur la grande scène. Les morceaux instrumentaux évocateurs (parfaits pour des BO de films) et les titres chantés par différents interprètes se sont succèdés sans temps morts. La remplaçante d’Amy Winehouse était plus convaincante sur les titre soul Rhythm & blues que le sosie de M Pokora, mais l’ensemble était de bon aloi…
Kings Of Leon : guitares génialement basiques, chant habité, solos chromés et rythmiques énormes.
Le grand moment de la journée fut constitué par le set hargneux et sec des Kings Of Leon, quatre gamins aux allures de gravures de mode jouant comme des baroudeurs à la Creedence Clearwater Revival. Pas une trace de mauvaise graisse ici : que du bon rock ‘n roll près de l’os avec riffs de guitares génialement basiques, chant habité, solos chromés et rythmiques énormes. Pas de fioritures, juste ce qu’il fait de poses et des morceaux en acier trempé, voilà les points forts de ce groupe américain béni des dieux… Doués comme c’est pas possible, les quatre desperados aux gueules d’anges savent varier les ambiances, changer de rythme et se la jouer psyché (comme sur le premier titre de l’excellent dernier album) quand c’est nécessaire. Inutile de dire qu’on passe un moment de rêve, comme la grande majorité du nombreux public d’ailleurs, en compagnie de ce groupe d’exception. On attend la suite de leurs aventures musicales avec une grande impatience…
Comme au Printemps de Bourges cette année, ce jeune groupe a fait montre d’un abatage, d’une énergie et d’une bonne humeur rafraîchissantes. Son punk rock nirvanesque à base de hurlements, de guitares sauvages et de rythmiques ne tenant pas en place est un hommage permanent à l’histoire du rock ‘n roll hystérique. Sur scène, ça déménage sévère, dans le public, tout le monde est positivement ravi… Que demande le peuple ?
Björk : ne sait plus trop quoi inventer pour épater le bobo…
Tête d’affiche incontournable ayant rameuté le gros des troupes sur le Parc de Saint-Cloud, Björk a offert au public, visiblement sous le charme, un concert déjà vu, facile et sans chaleur. A l’image de son dernier album, très fade et constamment soporifique, la diva islandaise – qui possède toujours un joli brin de voix, il faut lui accorder ça – semble avoir fait le tour de la question sur scène : elle ne sait plus trop quoi inventer pour épater le bobo, et toutes les chansons se ressemblent… Très rapidement, un sentiment d’ennui apparaît, et les images du concert magique de Radiohead - l’année dernière, au même endroit - reviennent en mémoire.
Rock en Seine 2007, comme les autres éditions de ce festival sponsorisé par Jean-Paul « coeur de rocker » Huchon (encore à créditer d’un édito jeuniste assez risible dans le programme du festival), a permis de passer un week-end parisien riche en concerts mémorables. Le passage à trois jours de festivités a un peu dilué la qualité, mais la programmation reste quand même extrêmement classe.
Björk - 23 août 2007 - Arènes de Nîmes C'est dans les magnifiques arènes de Nimes que la joile fée Björk est venue se poser au mois d'août 2007...
+ de 15000 personnes venues de toute la France pour la voir : elle si unique et si rare ! .../...
C'est dans les magnifiques arènes de Nimes que la joile fée Björk est venue se poser au mois d'août 2007...
+ de 15000 personnes venues de toute la France pour la voir : elle si unique et si rare ! Pour nous elle a tout donné : une voix pure comme du cristal, un son ENOOORME, une peche d'enfer. Bref une artiste hors du commun qui vous fait passer du frisson le plus intense à l'extase et la joie le temps d'une chanson. Tout simplement inoubliable.... Réagir à cette critique
>> Réponse (le 29/02/2008 par Seb) Un très bon concert techniquement parlant, rien à dire ni sur la voix qui est toujours parfaite, les musicos, les .../...La suite
Miss Kittin & The Hacker + Björk - 19 Juillet & 23 Août - Pont du Gard & Arènes de Nimes MIS KITTIN & THE HACKER - Pont du Gard, jeudi 19 juillet 2007
BJÖRK - Arènes de Nîmes, jeudi 23 août 2007
Petite chronique groupée de deux stars de l'électro, de styles, générations, .../...
MIS KITTIN & THE HACKER - Pont du Gard, jeudi 19 juillet 2007
BJÖRK - Arènes de Nîmes, jeudi 23 août 2007
Petite chronique groupée de deux stars de l’électro, de styles, générations, nationalités et tailles différents, mais groupées ici du fait de leur passage à peu de temps d’écart dans deux hauts lieux de la Romanité en Gaule narbonnaise -le Pont du Gard et les arènes de Nîmes-, mais aussi du fait qu’ayant eu la chance de voir les deux, le constat que j’en fais est celui d’une grande satisfaction doublée d’une paradoxale légère déception dans les deux cas.
MISS KITTIN, d’abord, dont j’ai pu découvrir une des rares prestations live à proximité du célèbre aqueduc romain, le 19 juillet.
(photo DjXphil)
Elle n’était pas seule aux commandes, si ce n’est celles de la programmation, puisque la grenobloise avait carte blanche pour animer la soirée, et elle avait choisi pour cela des complices de qualité.
Un certain Arnaud Rebotini d’abord avait la « charge » d’accompagner le somptueux coucher du soleil sur les vieilles pierres antiques. Nous ne pûmes hélas pas trop en profiter, occupés que nous étions à circuler sur le pont puis à patienter 3 bons quarts d’heure pour se faire servir des bières à un bar à l’entrée du site. Mais de loin c’était plutôt de bonne facture, avec de l’ambiant, de la techno légère, de la vieille Goa, et même quelques trucs encore plus poussiéreux des années 80 comme le génial A Forest de Cure (introduit en douceur par un titre électro très proche au niveau des accords), et le non moins fabuleux split mix de Never Let Me Down Again de Depeche Mode.
Le DJ Arnaud Rebotini (photo DjXphil)
Puis la nuit venue apparut THE HACKER, le grand copain de la Miss Caroline, accompagné d’une étrange fille aux mélopées aigues cachée sous une grande robe à capuche brillante. Pas mal, pas mal, mais étrange style atmosphérique, au point de se demander s’il s’agissait bien de lui. Mais oui, pas de doute, quand la miss montre son visage (avant d’enlever complètement son déguisement monacal), plus de doute, Kittin & The Hacker sont là sur scène !
Miss Kittin (photo DjXphil)
Le set sera plutôt court, avec une douzaine de titres, quasiment tous issus de leur First Album, choix déconcertant et discutable à mon avis, car malgré un son très bon, la plupart de ces titres sont trop répétitifs et minimalistes musicalement (boîte à rythmes, basse électro et un petit son pour la mélodie en général). Bref, difficile de faire décoller l’audience. Quelques frémissements quand même sur Stock Exchange, et surtout Frank Sinatra (mais normal pour ces titres qui sont parmi leurs meilleurs à mon sens). Sinon, en général le public s’agite au lancement d’un titre puis se lasse très vite, comme avec Stripper (très marrant mais ultra-long) ou 1982 (dont l’intérêt réside hélas principalement dans les paroles faisant référence à plein de vieux tubes new wave). Pourquoi ne pas avoir joué des titres potentiellement fabuleux sur scène comme Professional Distortion ou Meet Sue Be She du 2e album I.Com ? Mystère. Ironiquement, seul un titre de The Hacker parviendra à mettre vraiment l’ambiance : Flesh & Bone, joué initialement avec l’américain Ian Clarke, alias Perspects (ex-Le Car, groupe que celui-ci formait avec Adam Lee Miller du duo électroclash Adult.), mais chanté ici très efficacement par Miss Kittin, et véritablement transfiguré par le live puisque je n’avais pas vu jusqu’alors en ce titre un grand intérêt.
The Hacker et Miss Kittin (photo DjXphil)
Néanmoins, c’est surtout après, avec le mix de DJ Hell, le découvreur des 2 compères et patron de leur label International Dee Jay Gigolos Records, que les berges du Gardon commencèrent à ressembler à un gigantesque dancefloor à ciel ouvert (bon OK c’est plus facile a priori un DJ set que du vrai live avec ses propres titres, mais quand même ce type-là sait s’y prendre pour mettre l’ambiance). Enfin bon, ce fut quand même une grosse hallu de pouvoir remuer sur Miss Kittin & The Hacker et ses gros sons analogiques sur cette plage avec en fond le Pont du Gard, un excellent souvenir !
(photo DjXphil)
Autre bon trip électro-romain à un mois pile d’intervalle, avec BJÖRK, venue investir les arènes de Nîmes de son univers unique le 23 août. Une tout autre dimension musicale, bien sûr (d’autres moyens aussi, forcément), mais un même goût de légère amertume pour moi en fin de prestation, malgré un très bon spectacle.
Je ne m’étendrai pas sur la première partie, M.I.A, une espèce de R’n’B-ragga-électro répétitif à deux voix féminines un peu trop criardes à mon goût, malgré quelques titres écoutables vers la fin (il paraît que les paroles sont pas mal).
M.I.A / Mathangi "Maya" Arulpragasam au centre (merci SaWaSdEe pour l’info !)(photo Benjicok)
Rentrons plutôt dans le vif du sujet : originalité, délire, voix d’enfer et sensibilité encore au rendez-vous pour Björk, dont j’avais déjà pu apprécier des prestations live (en vidéo mais aussi une fois en vrai lors de la tournée Post, à Montpellier).
Musicalement, beaucoup de titres réorchestrés comme toujours, un choix varié sur plusieurs périodes, sans « bourriner » du tube, et dans une logique en deux temps qui se tient : calme d’abord et moins calme ensuite.
Le côté expérimental aussi, avec la présence sur scène d’une table à musique électro-acoustique, sur laquelle divers musiciens viendront s’amuser à déplacer des petits blocs runiques pour créer des bruitages de fond (plus de détails ici.).
Visuellement léger, sans grands écrans, mais bien pensé : longs drapeaux et oriflammes aux couleurs flashy avec des motifs de poissons, crapauds et autres dragons, Björk en robe large aux couleurs de l’arc-en-ciel, une troupe de jeunes choristes-cuivres habillées avec d’amples habits (qui empêchèrent quiconque de vérifier si elles portaient bien leur nom : Wonder Brass) multicolores et fluo, semblables à des balançants télétubbies avec des petits drapeaux sur la tête, et quelques effets de lumière bien puissants comme d’inattendus jets de flammes ou des tirs croisés de gros lasers verts, sans parler de l’orgiaque pluie de paillettes finale, qui me fit vaguement regretter de ne pas avoir été dans la fosse.
(photo Benjamin Gibert)
Voilà, tout réuni en somme pour un sublime spectacle, ce qu’il fut pour le reste du groupe avec lequel j’étais et probablement pour beaucoup de monde, sauf que moi je ne fus pas pleinement satisfait.
D’abord, la réorchestration c’est bien en soi puisque ça dénote un souci de l’artiste de ne pas s’endormir sur ses lauriers et de céder à la facilité… sauf quand le résultat n’est pas probant. Or, là, la tendance lourde était de remplacer moult chœurs de Björk et parties synthétiques plutôt sympas par des chœurs féminins (à la Medulla) et des parties de cuivres. Et mon problème, c’est que les chœurs ça me saoule vite, et les cuivres constituent la catégorie d’instruments acoustiques que j’aime le moins…
photo n’ayant théoriquement pas sa place ici puisqu’elle date du 1er des 2 concerts aux arènes le 21, mais comme elle est belle, ce serait dommage de s’en passer ; A noter que Björk était vêtue différemment (photo Benjamin Gibert)
Mais mon souci principal ce soir fut le choix des titres. Je sais bien que c’est toujours dur de faire plaisir à tout le monde (si tant est que ça intéresse Björk, car c’est peut-être tout simplement son propre plaisir qu’elle cherche, et on ne lui en voudrait pas), mais là en l’occurrence j’ai trouvé que ça manquait de titres que j’aimais ET de titres qui bougeaient. Pour le dernier album, dur de juger puisque je ne l’ai pas encore écouté, mais la majorité des titres que je ne connaissais pas ne m’ont pas emballé. Medulla, comme les autres albums précédents, fut représenté par 3 titres (Pleasure is All Mine, Vökuró et Oceania), mais je n’ai pas adoré, déjà je ne suis pas fana de cet album et ensuite je trouve que son intérêt réside surtout dans la dominance de la voix et de ses sons (celle de Björk mais aussi toutes celles non chantées utilisées en habillage musical ou mises en rythme), or en concert ça ne ressort pas du tout. Pour Vespertine, le choix était facile mais bon, avec Hidden Place (génial), Pagan Poetry (très proche de l’original mais comme celui-ci est très bon, pas de souci) et Unison.
Les Islandaises de Wonder Brass (photo Benjamin Gibert)
Par contre, pour Homogenic, malgré la présence d’un très bon Hunter (avec une fabuleuse projection finale de gigantesques filets arachnéens par Björk sur la foule), et de Jóga, pas de trace de l’excellent Bachelorette… alors qu’une ex-planète aride et glaciale eut droit de citer : Pluto (ce titre me stresse). Post fut représenté par l’excellent Army of Me (puissant), Hyper-Ballad (version sympa) mais aussi le très dispensable I Miss You (seule note positive : le délire final sur ce titre), alors qu’un petit Isobel par exemple n’aurait pas fait de mal. Et surtout, le grand absent fut Debut, totalement ignoré ; Quelle tristesse de n’avoir pu s’envoler sur One Day ou Play Dead, ou gigoter sur Human Behavior ou Big Time Sensuality ! Car oui, je me suis rendu compte à cette occasion que j’attendais en fait aussi d’un concert de pouvoir bouger mon corps, comme un robot plutôt qu’avec sensuality certes, mais bon si je veux move my body personne ne me l’empêchera, vakjögglunga !!! (cherchez pas, c’est une immonde insulte islandaise). Or là, j’ai trouvé la première partie « calme » trop longue (surtout compte tenu des sautillements permanents de la petite créature des glaces aux pieds nus, qui laissait augurer une montée de tension plus rapide).
(photo Benjamin Gibert)
Mais j’ai trouvé aussi la seconde pas forcément terrible niveau choix de titres « qui bougent » (le final avec cette chanson-slogan technoïsante Declare Independance notamment : l’ambiance au rendez-vous, mais un peu trop « boum boum » à mon goût comme titre).
Pour finir sur une note un peu plus positive, pas de regret quand même, voir Björk en concert reste un moment fort, et le cadre ne gâcha pas les choses même si les prestations au même endroit de Manu Chao ou de Depeche Mode resteront pour moi plus marquantes (car peut-être plus en résonance avec le lieu ?).
D’autres photos de DjXphil et Benjamin Gibert (aka Song of the Storm) ici et là