Damned ! Avec toutes les oreilles que nous laissons collectivement traîner, comment se peut-il qu'un bluesman de la classe de Bjørn Berge nous ait échappé jusqu'à ce jour ? Bon, heureusement l'honneur est sauf, il a été spotté une ou deux fois en concert (où il semble .../...

Damned ! Avec toutes les oreilles que nous laissons collectivement traîner, comment se peut-il qu'un bluesman de la classe de
Bjørn Berge nous ait échappé jusqu'à ce jour ? Bon, heureusement l'honneur est sauf, il a été spotté une ou deux fois en
concert (où il semble excellent), mais quand même. Parce qu'il faut bien commencer quelque part, reprenons donc à
I'm the Antipop, 3 ans et son 9ème album, déjà.
Norvégien géant à lunettes, tatouages apparents et bouc, il semble avoir bien un petit air de parenté avec
James Hetfield, voire de voix (au moins sur
Show me how to live)... Mais la ressemblance s'arrête là, puisque l'animal fait partie de ceux qui croient encore (à l'instar des réjouissants
Rodrigo y Gabriela), à la puissance éternelle de la simple guitare acoustique à 6 ou 12 cordes, sans distorsion ni pédale - et pas seulement pour des slows...
Au point d'oser, et ça c'est couillu si on nous passe l'expression, des titres de guitare pure comme
Hmm, pourtant passionnante d'un bout à l'autre ! Il faut dire que le bon géant ne s'autorise aucun chichi à part un tout petit tambourin de temps en temps, et quelques doublages de guitare ou de voix en studio, d'ailleurs,
Bjørn Berge joue seul en live !
Et autant dire que, costard ou marcel, il n'est pas là pour vendre des cravates, ni pour se planquer derrière sa technique : ça défouraille sévère dès
Testify et
Heartbreaker, sans jamais pour autant sacrifier des mélodies lancinantes pour faire du riff pur : des putains de chanson, en somme ! Tout comme
Antipop, remuant anthem où la guitare est râclée sec, au plus près de la ferraille, tout en braillant avec une fille dans un interphone. Mais il sait aussi groover comme jamais on l'aurait cru d'un scandinave (
Buena), de sa belle voix ample et grave. Il a aussi le culot de reprendre sans crainte (et sans
Flea !) un standard absolu comme
Suck my kiss des
Red Hot Chili Peppers, ou encore
N.I.B. de
Black Sabbath (et apparemment, pas mal d'autres standards-de-balèze comme
Ace of Spades sur scène). Ou se lancer dans des balades romanesques, la très classique
Louise ou la plus relevée
One Believer, superbe relecture slidée du méconnu
John Campbell). On peut alors bien lui pardonner quelques titres anecdotiques ou un poil mollassons (
Ruphus)...
Croisement incongru et excitant entre
Seasick Steve, The Legendary Tigerman, un metalleux et un guitariste classique de conservatoire, on ne peut qu'humblement recommander ici de découvrir (avec nous) la déjà longue discographie du fascinant sieur
Bjørn Berge, héros du blues venu du froid, et de son
duende viking unique, de nature à déclencher des feux de plancher partout où il branche un ampli...
(2007)