Sur la grande scène du festival de Benicàssim, les trois membres de
Black Rebel Motorcycle Club ont semblé bien petits et vulnérables. Ils n’ont malheureusement pu compter sur le soutien du public, complètement indifférent à leur musique : seuls quelques applaudissements épars ont salué leurs morceaux, pourtant excellents !
Peter Hayes, à la guitare et au chant,
Nick Jago à la batterie et
Robert Turner, à la basse et au chant, n’ont rien à se reprocher : ils ont donné une super concert. Peut être aurait-il fallu les programmer dans un lieu un peu plus intime comme le FIB Club, par exemple...
Micros placés bien hauts à la
Lemmy Killminster ou à la
Liam Gallagher, Peter et Robert se sont partagés le rôle de chanteur avec un égal bonheur pour les trompes d’Eustache. Le résultat : un rock lancinant et psychédélique réellement puissant ! Une batterie nucléaire, une basse colossale et un mur de guitares ont été les principales armes de
BRMC en Espagne. Mais ce qui a déplu à certains esprits chagrins, outre leur rapide ascension et leur ressemblance avec
The Jesus and Mary Chain, c’est la variété des styles abordés : rock; pop, punk. Cette spécificité les rend attractifs et originaux : ils ont réussi à créer de multiples ambiances, parfois au cours du même morceau.
Les moments forts du concert ont été, bien évidemment, l’exécution magistrale de
Whatever happened to my rock ‘n’ roll (Punk song), un morceau génial qu’on peut écouter en boucle sans se lasser,
Awake et ses montées de guitares monstrueuses,
White palms avec sa Wah-Wah et son rythme tribal et
As sure as the sun qui prouve que nos trois mauvais garçons en cuir peuvent aussi écrire des titres presque pop. En fait, le premier album de
BRMC regorge de perles ! Tout le concert a été joué sous des lumières rouges et des fumigènes balancés avec abondance, ce qui a donné un côté encore plus mystérieux et tourmenté à cet étrange club motocycliste.
Quand la grande messe noire prend fin, on a deux choses en tête : revoir très rapidement ce groupe dans un petit club enfumé et hurler
« whatever happened to my rock ‘n’ roll » dans les oreilles des afficionados de
«Rinôçérôse» en cassant avec véhémence son mobilier de camping…