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Bleubird + The Procussions + Youngblood Brass Band

Cartonnerie - Reims   8 octobre 2007

  Bon concert

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    Je ne connaissais aucun des groupes. J’avais bien compris qu’il s’agissait de hop hop hop. Mais pour le reste, ça restait vague. Ah, si quand même, je me souviens, on m’avait dit que Youngblood Brass Band, ça déchirait. Hum… « déchirer », on m’avait dit probablement autre chose, mais c’est l’idée que j’avais retenue. Ca valait le déplacement. Et donc je me suis déplacé jusqu’à la Cartonnerie pour y retrouver certains de mes amis inadaptés sociaux.
    Ca se passait dans le cabaret, la plus petite des deux salles de ce temple de la musique et du béton.



    Au milieu du cabaret, on avait monté une petite scène pour Bleubird, un canadien de Berlin, venu seul avec un lecteur de Cd, un tout nouveau lecteur de Cd. Il s’était fait volé l’ancien plus tôt dans la semaine. Bleubird est un Mc de l’école des Mc blancs qui rappent très vite, avec beaucoup de mots, parfois compliqués. Il m’a fait penser à Sole, le californien leader de l’écurie Anticon. La même manière d’attirer l’auditeur dans ces lyrics, le même goût pour les ambiances saturées à la limite du rock. Le premier morceau, cependant, reprenait Jamming de Bob Marley, la musique de Jamming par-dessus laquelle il moquait certains de nos fantasmes mélomanes : I’m gonna kill Neil Young before you made a song with him. Neil Young, j’aime beaucoup, Everybody knows this is nowhere, On the beach, Zuma, jusqu’à Greendale (pas encore écouté Prairie Wind, Living with war)… Ce serait vraiment méchant de le tuer. A Neil Young, Bleubird a ajouté Tom Waits, Mike Patton, Steve Perry, Saul Williams, suivant la meme formule, I’m gonna kill Saul Willams before you made a song with him. Et là, ça me gênait moins.
    Tout ça c’était de la blague. Bleubird est un type plutôt jovial. Une vraie pile électrique, qui a envie de nouer le contact, avec le public et avec le monde autour de lui. C’est un type qui écoute et qui questionne. Aussi bien à propos de la situation politique de l’hexagone, de la taille de notre président, que de son actualité ovale : Who is the devil ? The neo-zeland rugby team or the french rugby team ? Les deux équipes s’affrontaient au même moment.
    Derrières ces piques, il y avait aussi une petite couche de sensiblerie religieuse dans ses raps, comme un hippie born again, avec des phrases que l’on aurait cru sorties d’un manuel de coaching baptiste: “Send me an angel, send me an angel, right now”, “If you die tomorrow, would you be proud of what you did today ?”
    Et puis, il a joué avec le public, ce ne fut pas le seul, après Bluebird, The Procussions ont pas mal abusé des tactiques de bateleurs, « à droite vous faîtes whoo, à gauche vous faîtes whaa ». Je trouve toujours pénible cette manière de vouloir forcer le public à donner de la voix et lever ses bras. Je n’aime pas qu’on me dise ce que je dois faire. Mais, ici, c’est resté tolérable, c’était dans le mouvement de toute l’énergie délivrée par ces hophopeurs d'Amérique. Il y avait beaucoup de générosité et de sourires.



    The Procussions sont apparus sous la forme de deux Mc’s et un Dj. Le Dj, Dj Vajra est resté calé derrière ces platines, tandis que les deux Mc’s Stro et Medeiros n’ont cessé d’arpenter la scène en tout sens, un vrai cyclone, dont Medeiros aurait été l’œil. Avec sa voix nasillarde, sa peau blanche, on aurait cru celui-ci échappé des Beastie Boys. Musicalement, nous n’en étions pas très éloignés.



    C’est un hip hop old school qui déménage, qui secoue. Il n’y pas d’effets sur la voix comme chez Bleubird, il n’y a pas ici non plus trace de noirceur ou même de Dieu, c’est une musique purement festive, avec de temps en temps une vraie batterie et un batteur, Stro, aussi excessif que jouissif. Je crois me rappeler aussi d’une citation du Shout de Tears for Fears. Enfin… on en a pris autant dans les oreilles, que dans les yeux.



    Bizarrement, ce qui devait être le bouquet final de ce feu d’artifices hop hop hop, Younblood brass band, m’a laissé relativement indifférent. Et d’ailleurs, je n’ai pas été le seul à avoir ce sentiment, mes amis inadaptés sociaux, eux aussi ont boudé la fanfare pour aller parler à leur nicotine à l’extérieur de la salle.



    C’est un truc chouette à voir pourtant. Youngblood Brass Band. Ils sont neuf etats-uniens, des cuivres et des percussions, un noir énorme à l’hélicon, un type qui des fois lâche son tambour pour aller rapper. Ca sonne et ça claque. Mais bon, une fois qu’on a dit que c’est une fanfare hip hop, on a tout dit, c’est assez peu surprenant, même si la musique est belle et bien vivante, la grande majorité du public a adhéré, a levé les bras, dansé… Quand même.




    le 15/10/2007
    Signature :
    Bertrand Lasseguette
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