N'attendez plus une minute : il faut vous procurer au plus vite le nouvel album des indispensables Bolik ! Après leur très recommandé premier disque (Bolik ; 2007) et quelques remarquables EP (Les Militants, 2003, et Old Wave, 2005) les quatre oulipiens musicaux débarqués d'une .../...

N’attendez plus une minute : il faut vous procurer au plus vite le nouvel album des indispensables
Bolik ! Après leur très recommandé premier disque (Bolik ; 2007) et quelques remarquables EP (Les Militants, 2003, et Old Wave, 2005) les quatre oulipiens musicaux débarqués d’une autre galaxie viennent de mettre en orbite neuf nouvelles chansons du meilleur goût. Le titre de l’album
« Le stress du travail tue l’être humain » suffit à évoquer l’état d’esprit du quatuor clermontois… Mais comment décrire la musique de Bolik à ceux qui ne seraient pas déjà acquis à la cause bolikienne ?
Il paraît bien difficile de ranger
Bolik dans une quelconque catégorie tant leur univers est atypique et riche de mille influences. Une description générale a de quoi déconcerter : ils chantent en anglais comme en français, oscillent entre pop, post-punk, et folk psychédélique tout en chérissant les sons électroniques ; ils aiment les ballades louches et hallucinogènes autant que les popsongs catchy ; les rythmiques dansantes autant que les envolées noisy ; ils peuvent se montrer sombres et totalement légers au sein de la même chanson ; ils mélangent savamment guitares, claviers vintage Korg MS10, synthés CASIO achetés aux puces, cloches, crécelles, voire kazoo dans une joyeuse alchimie…
Il faut imaginer une symbiose singulière et pourtant parfaitement cohérente entre
Syd Barrett, The Fall, Superflu, Pascal Comelade ou encore
Stereolab, loin cependant de tout pastiche ou mimétisme. Bolik évolue ainsi depuis quelques années dans univers totalement original et personnel, en marge de toutes les modes. Leur musique hors normes aurait sûrement pour équivalent architectural le Palais Idéal du Facteur Cheval ou la « maison tordue » de Sopot en Pologne, lieux fantasmagoriques sortis de l’imagination de quelque hurluberlu descendu des nuées (http://www.facteurcheval.com/ http://www.linternaute.com/actualite/magazine/photo/ces-batiments-etranges/la-maison-tordue-de-sopot.shtml ).
Mais venons en à l’album proprement dit ! Chacun des neuf titres nous emmène dans le monde abracadabrant des quatre olibrius clermontois. Le premier morceau « Mes oublis », étrange et biscornu, sonne comme une rencontre entre Josek K et Stupeflip se terminant comme du Bjork ( « Army of me »). « Août 1 » déconcerte par sa longue introduction aérienne qui débouche sur un post-punk discoïde acéré et hypnotique, qui avait d’ailleurs conquis le public de leur récent (et très bon) concert à la Coopérative de mai (Clermont-ferrand). Avec l’excellente « Birmingham » on retrouve une atmosphère beaucoup plus typiquement bolikienne, faite d’une improbable rythmique bringuebalante et de drôles de sons de synthés 8bits rappelant les jeux vidéos vintage. Après cette réjouissante fantaisie, ils enchaînent avec « Down », un titre pop plus classique mais immédiatement convaincant (dont on peut voir la vidéo sur youtube: http://www.youtube.com/watch?v=fcJNkCgpDnA ). Vient ensuite le parfaitement réussi « Welcome » (un des meilleurs titre de l’album selon moi), joyeuse loufoquerie à la fois catchy et riche de multiples parties aussi pertinentes qu’inattendues. L’enthousiasme ne fait que redoubler avec « Bad weather », véritable hit qui n’a rien à envier à « Love you » de Syd Barrett, mélangeant l’ambiance des comédies musicales hollywoodienne des années 1950 et celle des popsongs les plus légères des Kinks. Encore sous l’effet bienfaisant de Bad Weather, on tombe sur le tube « Atchoum », chanté en duo avec la chanteuse des Wendy Darlings, qui s’impose comme le titre-phare de l’album, beau, fin et vraiment touchant d’authenticité.
L’album se termine avec la superbe Hunger and Shame, chanson renversante, habitée par une inspiration peu commune, qui parvient à restituer intacte la magie du live et montre une fois encore que les Bolik savent passer tout en finesse de la légèreté à la profondeur.
L’album « Le stress du travail tue l’être humain » se termine sur ces paroles: « Most of of the time we just got drunk…and had a bit of fun »…
Un dernier mot. Pour avoir vu
Bolik au moins quinze fois en concert, je tiens à dire que chacune de leur prestation fut surprenante et toujours jubilatoire… Conjuguant l’esprit farfelu et l‘humour de Devo avec la décontraction de Pavement, ils semblent à l’aise en toute circonstance et toujours prendre un plaisir fou à jouer. Programmateurs de festivals, de salles et de bars à concerts, vous pouvez donc miser sur eux sans hésiter !
Liens :
www.myspace.com/bolik,
http://fr-fr.facebook.com/bolikmusic,
http://open.spotify.com/album