Pas beaucoup de monde mais bonne petite soirée avec pour commencer Frédéric Nevchehirlian qui assure tout seul comme un grand la première partie, avec guitare et samplers mais sans le reste du groupe Vibrion annoncé au départ.
Quelques slams a capella de haute volée, plus des morceaux parfois instrumentaux issus d’une création jouée cet été aux Nuits Caroline qui m’étaient inconnus.
Le dernier, chanté avec Clara du groupe Jours, comptine électro pop hilare et décalée, était une bonne surprise.
Après un changement de plateau sur le son de Calexico place à la fine Sarah Slean, chanteuse Canadienne tout comme la tête d’affiche, dont je ne connaissais qu’un titre, une reprise de Radiohead qu’elle n’a hélas pas interprété ce soir.
Quelques chansonnettes au piano dans le plus pur style Tori Amos, à la fois douces et exubérantes, entrecoupées de grimaces et d’explications dans un français approximatif.
Un peu court pour se faire une idée exacte du talent de la demoiselle, mais pas désagréable.
Mine de rien c’est la 4ème fois que je vois Buck 65 en un laps de temps relativement court.
En 2003 à Marsatac et en 2004 dans cette même salle, c’était excellent, à Belfort la même année, décevant, il était accompagné d’un groupe de rock des plus pénibles.
Ce soir rien de tout ça mais il n’est pas seul pour autant, on retrouve sa belle Claire Berest qui chante sur le dernier album et puis un gars assez foufou, ancien collègue de base-ball à ses dires, qui s’occupera surtout du coté théâtral.
Le concert est en effet autant musical que visuel, on connaissait le goût de Buck pour la mise en scène mais avec ses acolytes on a droit à un vrai petit spectacle inhabituel pour un concert de rap, voire concert tout court.
Il est habillé en capitaine (un clin d’œil à la grève de la scnm ?) tandis que son ami fait le mariole avec sketchs et divers numéros de jonglage.
On ne lui en demandait pas tant, trop de couleur distrait le spectateur comme dirait l’autre.
Et la musique dans tout ça ? On retrouve ce qu’on aime chez lui depuis ses premiers disques, un hip hop sans œillères fortement teinté de blues, avec un timbre rocailleux aussi à l’aise en rappant qu’en roucoulant façon crooner clopeur.
Avec toujours ces scratches entre deux couplets qui fonctionnent à merveille et ravissent le public.
On n’en dira pas tant de son amie aussi aguicheuse que peu convaincante au micro, un timbre un peu dissonant et un accent français assez risible.
C’est gênant sur certains titres (cet embarrassant « Devil’s eyes » version piano en ouverture) mais pas très grave au final compte tenu du charisme du monsieur et des instrus efficaces sur lesquelles il pose.
Les tubes « 463 », « The centaur », « Le 65isme » (très bien en live celle là), « Wicked and weird » et au rappel « Protest » nous font passer un très bon moment, même s’il nous a habitué, à mieux, à plus habité.
Il nous laisse avec des classiques punk d’Iggy Pop et Wire vers 23h mais nul doute qu’on le reverra ici ou ailleurs vu qu’il s’est installé en France et qu’elle le lui rend bien.