Vers Minuit, les 2 salles qui se jouxtent, le 22 ouest et le 22 est, ont vu affluer des quantités incroyables d’accrédités avec leur sésame autour du coup, pas tous vraiment là pour écouter la musique, mais plutôt boire un verre aux deux bars et encombrer les salles.
Pourtant la soirée avait commencé sans eux.
Au 22 ouest c’était Hip Hop, avec les américains de Atmosphère. Un flow efficace des 2 rappeurs : un black et un blanc, aidés par les beats d’un DJ masqué façon FLNC en conférence de presse...risible.
Mais tout le monde était venu pour Buck 65. Quel show !!! Son hip-hop inclassable explose sur scène. Il n’a cessé de blaguer ou jouer avec le public et même en français dans le texte !
Son flow et ses paroles sont incroyables : un mélange de slameur, de troubadour, de prédicateur, d’harangueur de foule. Entre quelques scratchs très visuels, il s’est même permis , le temps d’une chanson, sans musique, de captiver le public avec ses histoires poétiques. Le buzz autour de lui est mérité.
Dans un style plus classique, les 3 américains de Little Brother ont montré que le hip-hop US est réellement un ton au-dessus. Beats efficaces, 2 MC’s en ping pong non stop, rigolades avec le public. Bref un bon exemple d’un solide groupe de rap US, tee shirt de basket XXL et serviette sur l’épaule.
Un réelle contraste avec le crew qui du Toxic Undercontrol, où les nombreux membres sont apparu sur scène, un par un, comme des stars ! Les 2 ex Saian Super Crew présents n’y pourront rien : c’est trop caricatural ! Des dédicaces incessantes, des cris pénibles pour chauffer le public, une assurance insolente : on se croirait le soir sur Skyrock !
Après quelques chansons, ils sont passés à « Laisse nous faire » : un incroyable titre misogyne du genre aux relents gansgta. Trop c’est trop, la salle n’était plus alors remplie qu’au quart !
Tandis qu’à côté, au 22 est, on transpirait au son de l’electro.
Christ, la moitié du duo culte,Boards of Canada, a fait planer le public : des nappes de synthé derrière le choc des beats electro servis par des visuels sur grand écran derrière lui. Un réel plaisir quand on sait que Boards of Canada se produit trop peu.
Les 2 dj’s, The Glimmer Twins, ont ensuite transformé la salle en dancefloor. Leur sélection house et leur technique impeccable ont fait lever les mains en l’air le public. Quelques classiques bien amenés, « Voodoo Ray d’A Guy Called Gerald », « Comfortability Numb des Scissor Sisters » et même « Sweet Dreams de Eurythmics » ! C’est la marque des grands !
Vitalic, enchaîné avec un live techno très punchy et très efficace : certains dansaient même sur les enceintes !
Puis, la foule surchauffée, attendait Miss Kittin en dj. Après deux titres électro assez incroyables, sans doute produits par elle, elle n’a cesser de demander au retour son de monter le volume de son casque. Est-ce que ça l’a vraiment gêné ? En tout cas le reste de sont set fut malgré l’enthousiasme du public assez fade et sans grande prouesse. En plus, elle n’a pas utilisé de micro pour distiller quelques paroles monocordes comme elle a l’habitude de le faire sur ses disques. Une vrai déception.