Tout démarre plutôt bien : Arrivée à 20H30 pétantes, afin de ne pas louper la prestation de Vibrion, j’ai la bonne surprise de découvrir la salle du Moulin coupée en deux, signe révélateur d’un public peu nombreux et donc d’un concert intimiste !! Egocentriquement, je m’en réjouis.
Fred Nevchehirlian, chanteur de Vibrion, attaque seul sur scène … et nous explique très rapidement que le reste du groupe ne le rejoindra pas (précisant avec beaucoup d’humour qu’ils n’ont pas splité .. ouf !!!). Il enchaîne donc en solo une série de morceaux, certains a capella, d’autres accompagnés d’un jeu guitare / sampler … Une sorte de florilège de Vibrion, avec dans le désordre une poésie, une création montrée pour la 1ère fois cet été aux Nuits Caroline, un des morceaux phares de l’album et un duo décalé et assez humoristique avec une chanteuse nommée Clara. Un bon moment qui laisse néanmoins un arrière-goût amer, une légère déception. Car même si la prestation de Fred V. est excellente, on ne peut s’empêcher de regretter l’absence de cette musique envoûtante, de cette ambiance hypnotique que la formation au complet sait si bien créer, et qui se marrie parfaitement aux textes. Dommage.
Entre ensuite en scène Sarah Slean. N’ayant pas pris le temps de me renseigner sur cette compatriote de Buck 65 je me réjouis de cette « surprise ». Et très vite je déchante ! Seule avec son piano, la jeune femme entame une série de chansons genre « cabaret blues ». J’ai soudain l’impression d’entendre Patricia Kaas à ses débuts en version canadienne … là je dois l’avouer, je m’enfuis au bar …
Arrive enfin celui que je vois pour la 3ème fois sur scène (merci à Marsatac et au Moulin) et sur lequel reposent tous mes espoirs de bonne soirée musicale, ce même si on m’a prévenue que son dernier album est plus « atmosphérique », moins brut que les précédents … Buck 65 commence son show avec une scénographie originale et intimiste (notamment un éclairage « à la torche »). Malheureusement il est rapidement rejoint sur scène par deux acolytes : une chanteuse qui, à mon goût, manque de prestance et surtout de voix pour réellement « faire le poids » et apporter quelque chose en plus au spectacle, et un grand bonhomme désarticulé au physique type « Deschiens » (un genre de François Morel …), dont le rôle principal consiste à faire le pitre avec des chorégraphies à deux balles et des vannes nulles.
Je suis dépitée : Qu’est-il advenu du charismatique Buck 65, l’homme qui seul sur scène réussit à envoûter toute une salle avec son hip hop avant-gardiste et marginal ?? Je repense notamment à sa prestation au Moulin l ‘an dernier où, malade comme un chien, il égrainait sur un rythme quasi-parlé des paroles souvent pleines d’ironie, parfaitement soutenues par des compositions de qualité et de bons vieux scratches. Heureusement pour moi cet homme-là refait surface à la fin du concert pour entamer à ma plus grande joie des morceaux comme «wicked and weird» ou «protest». Il était temps.