Le pape norvégien du jazz électronique surprend et captive par une jazzy-house intimiste et sensuelle.
Dernière actu : Devenu un classique du modern contemporain, l'album de Bugge est un alliage, mélange frais de genres. Un cocktail Jazz nouvelle école à déguster live !
Roy Ayers + Bugge Wesseltoft (Fiesta des Suds 2004) - 22 Octobre 2004 - Dock des Suds, Marseille Arrivés vers 21h on est pas mécontent de trouver des places assises (aubaine rarrissime dans une fiesta souvent bondée) car la première partie assurée par Bugge Wesseltoft était pour le moins soporifique.
Pas de mauvaise surprise pour autant, on en attendait rien donc on a pas été déçu, juste un peu impatient de voir la suite en s'interrogeant .../...
Arrivés vers 21h on est pas mécontent de trouver des places assises (aubaine rarrissime dans une fiesta souvent bondée) car la première partie assurée par Bugge Wesseltoft était pour le moins soporifique.
Pas de mauvaise surprise pour autant, on en attendait rien donc on a pas été déçu, juste un peu impatient de voir la suite en s'interrogeant quand même sur l'engoument succité par les compilations lounge et radios branchouilles auquel on a pensé en s'infligeant cet affligeant mélange de jazz et de house qui ferait passer St Germain pour un génie.
Seuls les musiciens et le dj ont l'air de s'amuser, plus sans doute quelques esthètes habitués à cette musique papier-peint où les morceaux semblent ne jamais commencer (ou s'arrêter ça dépend), aussitôt oubliés une fois terminés.
Cette Dock session ne deviendra vraiment interessante qu'à l'arrivée de Roy Ayers (plutôt discret sous son chapeau et derrières ses lunettes noires) et ses musiciens, pour un bon moment de funk et de soul millesimée 70's.
Bonne idée d'avoir programmé de gars-là : en général les pointures du genre préferent d'autres festivals (Montreux ou Nice, ce genre) ou pour certains une retraite dorée loin des scènes.
Ca commence avec "Runnin away" et ses fameuses onomatopées Doo-bi-bou-bam-bam-bam (euh c'est pas évident à retranscrire par écrit mais bon...), et en quelques minutes à peine il y a plus de vie qu'en une heure et des poussières avec la poussièreuse formation qui précédait.
Hommage est ensuite rendu à Curtis Mayfield sur un morceau soulful avec des bouts de Waiting in vain de Bob Marley dedans, chanté par le multi-instrumentiste de la bande qui, en plus d'avoir une voix tantot de velours tantot gueulard, maitrise le saxo et les claviers.
Le bassiste est d'un niveau correct, mais un peu eclipsé par un très bon guitariste qui connait ses riffs wah-wah du bout des doigts. L'absence de choristes feminines peut étonner quand sont joués des titres comme "Everybody loves the sunshine" mais on est souvent jamais mieux servi que par soi même et le maître chante toujours aussi bien.
Si on apprécie les improvisations faites et certains soli (du batteur notament, impressionant), on regrette parfois des relectures trop longues et alambiquées, du coup pas aussi flamboyantes que les versions originales, je pense notamment au superbe et sombre "We live in Brooklyn, baby", qui gagnait en groove ce qu'elle perdait en intensité.
Mais tout ça n'est que chipotage de puriste, il y avait une belle ambiance, avec des gens ravis qui tapent des mains, chantent et dansent sur des compos inusables et imparables. Respect !
On sera parti avant l'excellent dj's du label Ninja TuneMr Scruff(déjà vu à Pantiero l'an passé donc ce n'est pas bien grave) mais le début du mix de Dj Food entre hip-hop et funk laissait augurer une excellente fin de soirée.
Bugge Wesseltoft + Wibutee + Peter Phonix - 22 octobre 2001 - la Coopérative de Mai Clermont-Ferrand
Wibutee débute cette soirée à 20 h 30 précises. Ce groupe, emmené en tournée par Bugge Wesseltoft, est composé d'un saxophoniste, d'un batteur, d'un machiniste-électronicien et d'un bassiste-contrebassiste.
Des paysages urbains et des scènes de la vie de tous les jours défilent sur un écran géant derrière les musiciens. Le résultat de ces .../...
Wibutee débute cette soirée à 20 h 30 précises. Ce groupe, emmené en tournée par Bugge Wesseltoft, est composé d’un saxophoniste, d’un batteur, d’un machiniste-électronicien et d’un bassiste-contrebassiste.
Des paysages urbains et des scènes de la vie de tous les jours défilent sur un écran géant derrière les musiciens. Le résultat de ces projections est assez anecdotique. En plus, le bassiste fait exprès de saboter le tout en laissant traîner sa basse devant. Bravo la coordination. Décale toi d’un mètre, s’il te plaît Ingmar ! Tout cela relève du détail, car les trois longs morceaux joués par le groupe seront absolument superbes.
Les boucles électroniques montent doucement en puissance, elles sont soutenues par un batteur qui apporte une touche humaine appréciable. Mais ce sont les interventions du sax qui donnent tout leur cachet à la musique de Wibutee : elles sont discrètes, bien placées et inventives. Il se sert de manière aussi inspirée d’une flûte traversière. Quel talent ! Le contrebassiste rajoute des bidouillages avec son archet puis délivre des lignes de basse hypnotiques très réussies. Un très bon groupe à revoir le plus vite possible, et plus longuement SVP !
Bugge Wesseltoft arrive après une courte pause durant laquelle il monte lui-même son matériel. Comme Frank Black, il n’hésite pas à jouer les roadies, et ne joue pas les stars inaccessibles. Son nom est improbable, il vient de Suède, il n’en rajoute pas, et pourtant… Dès qu’il effleure un de ses claviers, on comprend qu’on a affaire à un virtuose avec un feeling incomparable.
La musique est construite autour de son clavier, toutefois, il ne s’accapare pas tout l’espace et laisse tous les instruments s’exprimer librement. Contrairement au jazz, chaque musicien ne fera pas un solo d’une heure pour prouver sa virtuosité, c’est heureux ! Les morceaux sont tous longs et envoûtants, les ambiances crées sont vraiment prenantes. Le plus souvent, les titres sont de longues montées paroxystiques : commencés très calmement avec une ligne de basse répétitive, quelques notes de claviers et un rythme en boucle discret, ils se finissent le plus souvent en feu d’artifice électro très dansant. On passe tout le concert en apesanteur, c’est bien agréable de décoller comme ça sans se droguer !
Bugge présente ses musiciens dès le début, les associe aux applaudissements à chaque fin de morceau, on sent une véritable complicité et une joie de jouer ensemble. Ça fait plaisir à voir, des musiciens souriants et contents de jouer ! Farceur, Bugge glisse un sample de 2 secondes du Rose rouge de Saint-Germain.
Pendant un morceau, il filme chaque musicien, puis il exécute un solo d’une main en se filmant : c’est mieux que la retransmission des gros concerts sur écran géant ! A part ça, les images projetées en fond de scène, si elles sont plus réussies que celle de Wibutee, ne me font pas un effet énorme. Les projections des Pink Floyd de Syd Barrett en 1969 étaient tout de même plus psychédéliques !
Puis, pendant les deux titres incroyables jouées en rappel, des images urbaines retravaillées apportent un plus aux superbes lumières vertes. Les yeux restent rivés sur l’écran, on a l’impression de déambuler nuitamment avec une soucoupe volante dans une mégalopole américaine (ou suédoise).
Les deux derniers morceaux constitueront l’acmé de ce génial concert. Ah, quand même, je l’ai placé ce mot cher à Jon Spencer ! Un moment tout simplement grandiose. En plus, le nombreux public l’a apprécié à sa juste valeur.
Peter Phonix, un groupe de Clermont-Ferrand découverte du Printemps de Bourges 2001, clôture la soirée. La configuration scénique est à peu près la même que les deux groupes précédents : machines, claviers, basse, saxo, batterie. Une soirée entière sans la moindre trace de guitare sur scène. C’est lamentable, inconcevable, certes, mais je m’en aperçois seulement à cet instant. Au moins, ça change !
J’avais déjà vu un concert de Peter Phonix chez Jean-Luc, aux Quatre vents. J’avais apprécié la musique mais je n’avais entrevu qu’un bout du sax à cause de l’énorme poteau qui m’interdisait de voir les musiciens. Envoyez les bulldozers ! Ce soir la vue est imprenable, et, si j’ai moins aimé que les deux premiers groupes, les locaux ont cependant délivré un bon concert. Même s’il y a des breaks de temps en temps, leur musique est plus axée sur le dance-floor.
Au bout de quelques morceaux, tout le monde danse comme dans un club, mission accomplie donc. Après un temps d’adaptation, on rentre dans le truc et il faut reconnaître que c’est assez réussi ! Le bassiste est excellent et s’y entend pour jouer en boucle des lignes de basse bien groove. Les scratches de Dr Vince apportent le petit plus nécessaire. Au début, j’ai l’impression que Francis Bourre ne fait que le chef d’orchestre et laisse tourner les machines, mais en y regardant de plus près, il lance des samples et joue aussi des parties de claviers bien envoyées. Une excellente soirée électro-jazz, ça c’est une surprise !