Même si je n'ai jamais réellement vu le groupe en solo,
Bumcello n'est certes pas composé d'inconnus pour moi ! Ayant déjà constaté l'excellence de leurs accompagnements pétaradants et ensorcelants de la cartoonissime rock star
-M- sur
scène comme sur son
DVD, je les ai même déjà aperçus aux
Eurockéennes en tant que résidents en 2005, mais sans suffisamment m'y intéresser pour cause de fatigue intempestive et de concurrences déloyales.
Le moment est donc venu de voir ce que valent réellement en solistes
Cyril Atef aka [
Boum] et
vincent Segal aka [
Chello], dont les
disques sont certes sympas, mais semblent surtout destinés à rendre fous les vendeurs de la FNAC, très ennuyés dès qu'un groupe déborde d'un style donné, la pluri-musicalité étant chez eux un art de vivre !
J'arrive hélas après le début du concert (
Pirlouiiiit notre vaillant photographe a heureusement assuré l'intérim, ça a commencé par des disques passés par
Cyril Atef apparemment). A mon arrivée
Vincent Segal est très occupé à poser des boucles funky, enregistrées avec son célèbre violoncelle éléctro-rouge (fruit des amours défendues d'une contrebasse et d'une Gibson SG). La salle n'est pas complètement pleine mais au moins elle est en configuration "grande" et il y fait bon (même si nos deux héros portent, qui une écharpe, qui un keffieh Arafat Style, à croire qu'ils n'ont pas chaud !).
La première chose qui frappe est qu'en fermant les yeux, on dirait qu'il y a plus de monde sur scène que la réalité grâce à une maîtrise parfaite de la "boîte à boucles". quand
Cello joue, au bout d'un moment on croirait qu'il y a 3 ou 4 instruments à corde sur scène ; quand
Bum maltraite ses percus, on croirait qu'il sont 5 ou 6 à jouer ensemble... Quand les deux se déchaînent en afro beat, on dirait que
Fela Kuti et tout son big band sont arrivés, il ne manque que quelques danseuses aux fesses virevoltantes pour s'y croire...
Puis quand on joue du rock, c'est pour démarrer sur un gros riff bien naze digne de
Van Halen mais ça se finit bien, enfin plutôt ça enchaîne sur une bossa nova trilingue (allemand, anglais, français), le tout joué avec la désinvolture (ou la classe) de musiciens en répétition. Puis quand on joue du jazz 70's avec un melodica, c'est pour le faire évoluer insensiblement vers de la B.O. de Blaxploitation ; en fermant les yeux on verrait presque
Huggie, Pam Grier et
Shaft se dandiner d'un air blasé dans leurs costards en cuir.
Puis quand on sudamérique un peu sa musique, c'est pour évoquer une batucada entière, vite attaquée par un violoncelle distordu qui me rappelle
Apocalyptica (ce kitsch et plaisant groupe scandinave qui s'était mis en tête de jouer du Metallica au violoncelle). L'évolution de la percussion vers le continent africain, voire les îles, nous mène en territoire inconnu et jouissif avec l'
Animal sophistiqué : peut-être du zouk métal (à moins que ce ne soit du mambo trash ?),
Bumcello prenant un malin plaisir à brouiller les pistes (il paraît que tout serait improvisé sur scène, peut-être ne font-ils même pas exprès), en tout cas un long solo de guitare graisseuse (effectué au violoncelle évidemment).
Puis quand on décide de jouer de la musique littéralement innommable, sorte de pop déglinguée orientale où
Cyril Atef part promener un peu son réservoir d'eau vide (élément essentiel de son appareillage), le chroniqueur rend les armes : les mots lui manquent pour évoquer tout ça... Même s'il reprend des couleurs avec les invités de
Papa Wemba : on est bien en Afrique avec cette étrange cloche à sons délicatement effleurée en mélodies exotiques, et puis finalement on part un peu en trip hop avant que
Vincent Segal ne vante les mérites de ces deux chanteurs, professeurs respectifs et probablement grands inspirateurs du duo.
En rappel,
Bumcello nous joue une sorte de rock aux sonorités afro qui pourrait s'appeler
Oh Dalila, puis une balade gentiment funky avec solos sautillants, qui rappelle
-M- (forcément, les yaourts -M- il y a de vrais morceaux de
Bum et de
Cello dedans). D'abord du violoncelle, puis de la basse, puis une guitare jouée en bottleneck ; ça donne finalemnt un morceau afro-punk cajun (ou un truc dans le genre), improbable et chouette.
Puis vient
leur tube (mais si, leur tube, je peux même le siffler, ne ricanez pas, on en peut pas être spécialiste de tout le monde, aidez-moi plutôt !) repris en choeur par un public enchanté. L'un des chanteurs black revient pour conclure sur une sorte de dombolo endiablé (ce qui est synonyme je pense, dans au moins une langue en Afrique) où les deux zicos donnent leur pleine mesure.
C'est terminé après presque deux heures de concert, enfin Cyril n'étant pas fatigué il continue à passer des disques. Tenté par d'autres aventures, après avoir battu mon record (3 tracts distribués), je le laisse finir la soirée et éteindre en partant. En tout cas
Bumcello ne m'a pas déçu ; si je n'ai pas eu une envie folle d'acheter leur dernier CD (vendu sur scène), j'ai en tout cas passé un très bon moment en leur compagnie.
Photos Pirlouiiiit, parti un peu avant la fin pour voir ce que donnait Christophe Mali l'un des chanteurs de Tryo en solo au Poste a Galene
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