Art Brut + The Spinto Band + Buzzcocks (Le Printemps de Bourges 2006) - 28 avril 2006 - Le 22, Bourges
Art Brut ! Top of the pops !
Déjà aperçus cet été sur la grande scène de la Route du Rock à Saint Malo, les Anglais d'Art Brut nous ont fait une fois de plus un énorme effet à Bourges. Les changements (de line-up et de maison de disques) n'y ont rien changé : Eddie Argos et ses potes sont extraordinaires sur les planches. Le .../...
Déjà aperçus cet été sur la grande scène de la Route du Rock à Saint Malo, les Anglais d’Art Brut nous ont fait une fois de plus un énorme effet à Bourges. Les changements (de line-up et de maison de disques) n’y ont rien changé : Eddie Argos et ses potes sont extraordinaires sur les planches. Le groupe arrive avec classe, en jouant le riff d’Enter sandman de Metallica, la marque des plus grands, sans aucun doute ! Un bon riff de hard rock bien gras pour commencer un concert, on a beau dire, il n’y a rien de tel. L’instant d’après, Eddie Argos et ses musiciens s’attaquent pied au plancher à un de leurs titres emblématiques : Formed a band.
Et l’on remarque à nouveau que le leader de ce combo branché sur le 220 volts est un spécimen très rare, de ceux qu’on croise parfois au détour d’une salle de concert, ou dans un pub. Accent anglais très select, discours tous plus hilarants les uns que les autres, moustache du meilleur effet, embonpoint de buveur de bière invétéré, ce gars-là prend un pied incroyable à faire le con sur une scène ; former un groupe l’a semble-t-il libéré de toutes ses frustrations et il en profite, le bougre ! Il hurle à tous bouts de champs au public d’emmener chez lui l’énergie – incroyable, il est vrai – dégagée par ce concert pour former un groupe. Et c’est vrai qu’en écoutant Art Brut en live (en hurlant, en pogotant ou en s’essayant aux chorégraphies les plus débiles possibles), on a très envie de jouer dans un groupe aussi furieux. Pour faire la bringue, draguer les filles et jouer du rock ‘n roll fort. Comme Art Brut : avec des guitares ne tenant pas en place à la Buzzcocks/Gang of Four/The Fall, un bassiste hyper violent et un batteur qui joue debout pendant tout le concert. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup ! Ça veut dire qu’il veut être plus proche de ses petits camarades, qu’il veut faire le plus de vacarme possible et se faire remarquer en faisant l’idiot… Ce qui est bien agréable, non ?
Les histoires que raconte Eddie Argos avec une jubilation visible à l’oeil nu ne sont pas très reluisantes, mais c’est sans doute cela qui les rend attachantes, et extrêmement drôles. Par exemple, quand il parle de son petit frère – pas très intelligent visiblement – ou de son amour de jeunesse, Emily Kane, en énumérant le nombre d’années, de mois, de jours, de minutes et de secondes qui se sont écoulées depuis la dernière fois qu’il l’a vue. Ça fait sourire aujourd’hui toute cette autodérision, mais cela n’a pas dû toujours être facile pour le petit Eddie… Quand il déclare que la chanson suivante parle d’un membre du groupe qui est un mauvais coup, on ricane également, en découvrant la métaphore du flingue rouillé, Rusted guns of Milan… Quand il cite tous les groupes de la soirée et du Printemps de Bourges en hurlant ensuite « Top of the pops », (i>« Buzzcocks ! Top of the pops ! The Spinto Band ! Top of the pops ! Art Brut ! Top of the pops !» etc etc), on ne peut qu’hurler en choeur comme ce fou furieux moustachu. Comme on vocifère en cœur le refrain de Bang bang rock ‘n roll… En clair, Art Brut en concert, c’est un grand défouloir déclanché par des morceaux écrits avec une plume acide et originale. C’est si rare aujourd’hui de croiser la route d’authentiques songwriters barrés, qu’il faut célébrer ce moment à fond comme si c’était le dernier concert d’art punk rock auquel on allait assister. Le public dans son intégralité se lâche donc le plus possible, ce qui donne une d’énergie supplémentaire au groupe ! C’est un véritable cercle vicieux ! Et tout le monde finit sur les genoux…
Buzzcocks ! Top of the pops !
Tant et si bien que l’on ressent une grosse fatigue quand les mythiques Buzzcocks montent sur scène, tard dans la nuit. Le souvenir de leur impeccable concert dans un club minuscule en 1993 à Clermont-Ferrand étant toujours présent, on ressent une sorte de gêne à voir évoluer Pete Shelley, Steve Diggle et leur acolytes en live, 13 ans plus tard. L’énergie est là, mais bien sûr sans commune mesure avec celle dégagée par Art Brut quelques secondes auparavant. Les Buzzcocks sont vieux et Pete Shelley, qui a pris beaucoup de poids, peine un peu sur la guitare et le micro. Sous le regard d’un fan nommé Eddie Argos, qui n’en manque pas une miette. Et qui s’esclaffe quand le chanteur d’un de ses groupes préférés se vautre la tête première en se prenant les pieds dans les cables. L’incident est révélateur… Ce retour des Buzzcocks avec des nouveaux morceaux sonnant limite hard rock n’est pas des plus pertinents. Le guitariste Steve Diggle a beau faire son Pete Townshend avec de grands moulinets, la sauce ne prend pas vraiment, même si le public réserve un accueil ultra chaleureux à ces musiciens dont tout le monde se réclame ces temps-ci. C’est un peu chagriné d’avoir vu des héros punk en forme assez moyenne qu’on quitte discrètement les lieux, sans attendre la fin. On aura l’occasion de voir les Buzzcocks sous peu à la Coopérative de Mai, en espérant les découvrir plus affûtés. Ce qui devrait être le cas, car à cet âge là, il faut un peu de temps pour se dérouiller…
The Spinto Band ! Top of the pops !
Ce n’est donc pas avec les tubes des Buzzcocks en tête qu’on fend la nuit pour trouver un peu de repos, mais avec les hits singles imparables des Américains de The Spinto Band, qui avaient joué un peu plus tôt dans cette soirée. Voir ce groupe interpréter sur scène les morceaux survitaminés de son formidable album Nice and nicely done est une véritable cure de jouvence : chaque titre est un tube pop/rock en puissance (Late, Trust VS mistrust etc etc). Impossible de tirer la gueule ou de rester immobile devant un tel déferlement de mélodies accrocheuses, de chants illuminés, de solo de Kazzo et de rythmiques frénétiques… Les musiciens sont montés sur ressort, échangent leurs instruments (parfois au cours du même morceau) et respirent la fraîcheur, tout simplement. Sur Oh Mandy, un titre qui aurait pu figurer sur le génial premier album d’Arcade Fire, on se sent pousser des ailes. Et des cordes vocales, pour le plus grand malheur de nos voisins immédiats. Mais comme tout le monde fait pareil et s’éclate comme s’il avait 15 ans en découvrant la pop pour la première fois, cela n’a pas d’importance. Rien n’a d’importance d’ailleurs, seules comptent les compositions miraculeuses de ce combo léger comme une bulle de Champagne. The Spinto Band a semble-t-il les mêmes vertus euphorisantes et aphrodisiaques que la spécialité viticole de Reims ; on a maintenant très envie de faire l’amour à tout le monde, tout de suite, et dans tous les sens. Ce sont les rythmiques exécutées par l’un des deux guitaristes/chanteurs qui nous donnent ces idées : notre homme a en effet la particularité de jouer sur sa guitare en faisant de surprenants moulinets dans les deux sens. Il ne doit pas avoir d’os dans le coude… C’est la seule explication. Mais on s’en fout, l’important c’est d’écouter en boucle la musique de The Spinto Band et de voir sur une scène cette troupe à la joie de vivre hyper communicative. N’importe où, n’importe quand !
Photo Art Brut Flore-Anne Roth (Eddie Argos), François Mellet, Buzzcocks Steward Ravel Réagir à cette critique
Buzzcocks - 8 décembre 2003 - Bristol carling academy Arrivé trop tard, j'ai loupé le premier groupe (the nash).
La moyenne d'âge du public est plutôt élevée. La plupart des personnes présentes ont plus de 30 voire 40 ans. Certains ont emmené leurs gamins au concert. Sinon, on trouve quelques gamines avec des t-shirts nirvana plus un fan des wampas égaré...
Le deuxième groupe the moonies, c'est .../...
Arrivé trop tard, j'ai loupé le premier groupe (the nash).
La moyenne d'âge du public est plutôt élevée. La plupart des personnes présentes ont plus de 30 voire 40 ans. Certains ont emmené leurs gamins au concert. Sinon, on trouve quelques gamines avec des t-shirts nirvana plus un fan des wampas égaré...
Le deuxième groupe the moonies, c'est des fans des Ramones qui ont écouté placebo. Pas trop mon truc. Le public n'a pas bougé, ni même approché la scène.
Arrivent les buzzcocks. Les deux chanteurs-guitaristes sont bien motivés, les deux autres plus statiques. La sono est à fond. On entend bien les marshalls mais dans ce fouillis sonore, difficile de distinguer les solos. On s'en fout un peu. Les choeurs donnent plutôt bien, c'qui donne une autre dimension à leur punk mélodique. Les buzzcocks enchaînent les titres de 2 minutes 30 à toute vitesse, à peine le temps d'applaudir ou de brailler. Les titres viennent autant des vieux albums que du dernier. Le public réagit peu, guère qu'une dizaine à pogotter gentiment. Heureusement, pour le rappel, ça a fini par bouger. Faut dire qu'ils se sont bien donnés, surtout Diggle.
Excellent concert en tout cas, ces types enterrent Iggy Pop.
Peu de chances hélas de les revoir prochainement en france, vu qu'ils viennent de boucler deux tournées mondiales... Réagir à cette critique
Buzzcocks - 8 mai 2003 - La Rotonde du Botanique, Bruxelles Et oui, votre critique favorite est de retour dans vos boites deux jours seulement après la dernière édition... C'est la semaine concerts en ce début mai.
Hier soir, j'ai vécu une expérience unique et à en croire l'état de mes tympans encore aujourd'hui, supersonique.
Le temps de vous dire que la première partie, un groupe belge de Wee .../...
Et oui, votre critique favorite est de retour dans vos boites deux jours seulement après la dernière édition... C'est la semaine concerts en ce début mai.
Hier soir, j'ai vécu une expérience unique et à en croire l'état de mes tympans encore aujourd'hui, supersonique.
Le temps de vous dire que la première partie, un groupe belge de Wee s'appellant Hudson, était correcte. Son pas trop mal, bon look et jeu de scène satisfaisant, 5 bonnes chansons sur les 12 jouées, des inspirations parfois placeboesques... Et les voilà qui disparaissent au profit des tant attendus Buzzcocks. Pas trop tôt quand même!
Légende punk de la grande époque (leurs deux albums les plus connus, Love bites et Another music in a different kitchen datent de 1978), précédés de la réputation flatteuse de "plus mélodique des groupes punk", nos lascars anglais remontent sur scène 25 ans après pour une tournée anniversaire. Le public a répondu présent, et la petite salle ronde de la Rotonde du Bota est pleine à craquer. Environ 200 happy fews vont assister ce soir à une performance exceptionnelle de la part d'un des derniers groupes canal historique à jouer vraiment vite et fort. Il y a même un couple de grands parents à côté de moi, fans de la première heure, et amateurs entre autres de Ramones, Kinks et autres Sex Pistols. Surréaliste !
C'est donc dans ces conditions "concert privé" idéales que Steve Diggle, le gratteux, annonce la couleur d'entrée, telecaster en main : "Punk rock n'roll!" Le drapeau noir est hissé, il n'y aura pas de quartier ce soir. D'emblée, le son est au top. Les guitares attaquent fort, soutenues par le pilonnage précis d'une section rythmique à angles droits. C'est l'apocalypse par rapport aux versions studio ! Pete Shelley, gratteux-chanteur, démontre avec plaisir au public bruxellois qu'il a encore une pêche très respectable ! Là, j'ai un flash : je me représente le Thibs dans 30 ans, une fois sa mutation vers l'univers magique clasho-ramono-pistolien totalement terminée ; le même air espiègle et les mêmes cheveux blonds dressés sur le crâne.
Les Buzzcocks enchaînent alors tous leurs tubes sans aucun temps mort ni aucun répit. Haletant ! Et au bout d'une heure de concert, ils trouvent encore le moyen de finir sur une dernière song à donf !!!! On retrouve avec bonheur une partie des origines entre autres du Noir Dés' de la grande époque et de Placebo quand il s'énervent. L'énergie est bien là, la chaleur du rock se mêlant à la sueur punk dans un message nihiliste mode "no future" mais encore aujourd'hui d'une flagrante actualité. C'est tout retourné et les tympans déjà en feu que je tape des mains pour le rappel, qui se fait un peu attendre. Il finit par arriver, et là c'est reparti pour un quart d'heure mythique, du grand, du très grand rock n'roll, joué à l'ancienne, comme au bon vieux temps de l'autoroute de l'enfer alternative-continue. Chapeau bas messieurs!
Et bravo à Ellen, qui est venue avec moi à ce concert sans connaître les Buzzcocks, qui aujourd'hui n'entend plus rien mais qui arborait un grand sourire en sortant du Bota hier soir.
Punk's not dead!
RN'R