Bête de scène à la fois populaire et en marge de la scène française, elle est aussi à l'aise dans la chanson minimaliste que dans les envolées aux accents soul, jazz et gospel.
Troisième édition couronnée de succès pour le festival Europavox : quatre chaudes soirées éclectiques avec Quidam, Girls In Hawaii, Cocoon, Birdy Nam Nam et Camille en têtes d'affiche à la Coopérative de Mai, à Clermont-Ferrand.
Birdy Nam Nam
Malgré un temps ultra pluvieux, des annulations dommageables (Gravenhurst et Does It Offend You, Yeah !), une programmation parfois fort discutable (les BB Brunes, Empyr, Sanseverino et Les Têtes Raides, des découvertes européennes ?) et un concept un peu fumeux obligeant à organiser des concerts pas forcément passionnants dans de nombreuses villes d'Auvergne et du Limousin, l'édition 2008 a permis au festival Europavox de décoller...
Quidam
Mercredi 4 juin : Quidam, Voicst...
Le cœur de ce festival atypique se situe véritablement à la Coopé ; c'est là en effet que les concerts les plus intéressants se déroulent... La soirée d'ouverture, le 4 juin, a permis - juste après une prestation anecdotique des faibles hollandais des Voicst - de mesurer l'étendue des progrès du groupe Clermontois Quidam, qui a donné un set sec et nerveux pour présenter son premier album En eaux profondes. Au menu : une flopée de titres joués avec une hargne et un esprit rock jubilatoires. Cerise sur le gâteau, une jolie reprise de Joy Division. Malgré une fin de set en queue de poisson (la faute à une organisation donnant la priorité à la fanfare jouant en plein air au même moment), Quidam a fait forte impression.
Cocoon
Jeudi 5 juin : Girls In Hawaii, Cocoon, Slimmy, The Amsterdams...
Le lendemain, le 5 juin donc, c'est Girls in Hawaii et Cocoon qui ont triomphé dans une salle quasi complète (on n'était pas loin des 1500 personnes). Désormais superstars des ventes d'albums, Cocoon a donné un très bon concert et présenté deux nouveaux morceaux prometteurs. Il aurait toutefois fallu s'abstenir de trop parler pour raconter des histoires pas drôles, du genre à ridiculiser le propos de très bonnes chansons folk 'n pop. Le succès public de la soirée assuré grâce à la présence de Cocoon, Girls In Hawaii a pu présenter juste après un set véritablement renversant.
Girls In Hawaii
Superbes harmonies vocales, compositions remarquables, musiciens classieux, attitude simple et sympathique : ces Belges ultra doués ont donné un concert tout simplement parfait. Le type même de concert qui donne envie d'écouter en boucle leur excellent dernier opus, Plan Your Escape. Après un inoubliable rappel en acoustique, c'est déjà fini. De quoi oublier la prestation hors sujet des Roumains de The Amsterdams, énièmes clones de Bloc Ferdinand Division ayant joué en première partie, juste avant le set de Portuguais de Slimmy.
Slimmy
Ce trio là, sorte de croisement entre Marilyn Manson et Depeche Mode a impressionné par sa conviction et certains de ses titres hyper accrocheurs. Si quelques morceaux sont dramatiquement "variétés FM", de nombreux autres donnent envie de danser grâce à un mélange électronico synthétique/punk radiophonique emmené par un chanteur guitariste positivement intenable.
Birdy Nam Nam
Vendredi 6 juin : Birdy Nam Nam, Dan Le Sac Vs. Scroobious Pip, Zak Laughed, Jim Yamouridis, St Augustine, Seb Martel, Camille, Las Ondas Marteles...
Belle soirée également le 6 juin avec en final, le triomphe pétaradant des français de Birdy Nam Nam, un groupe qui s'y entend pour transformer une salle de concert en dance floor hystérique. Quelques minutes avant le set époustouflant des quatre as des platines, la précieuse découverte des Anglais de Dan Le Sac Vs. Scroobious Pip a conquis les amateurs de hip hop intelligent et vrillant.
Dan Le Sac Vs. Scroobious Pip
Deux micros, un mac, et le tour est joué : on rentre immédiatement dans l'univers de ce duo dans la lignée du grand Buck 65. Dans un style radicalement différent, la soirée folk - sise au Magic Mirrors, à quelques encablures de la Coopé -, a permis d'assister (jusqu'au bout de la nuit pour les plus courageux) à des concerts de qualité de Zak Laughed (15 minutes bien envoyées), St Augustine (pour un set remarquable),
Jim Yamouridis
Jim Yamouridis (très en forme), Las Ondas Marteles (avec son rockabilly cubain), avec de temps à autres des interventions bien senties de Seb Martel à la guitare et de Camille au chœurs.
Camille
Samedi 7 juin : Camille, The Tellers, Taxi Taxi !, Sophie Hunger, Martin Confused...
Europavox 2008 se termine en beauté avec un concert très attendu de la star Camille (son nombreux public très France Inter/Télérama a patienté toute la soirée assis sur les gradins avant son arrivée sur scène... ). Moins intimiste qu'au Printemps de Bourges 2008 mais tout aussi inspiré, le concert de la chanteuse toute d'orange vêtue a enthousiasmé par sa virtuosité non démonstrative et son intensité émotionnelle.
The Tellers
Les Belges de The Tellers, programmés avant le set de Camille, ont fait forte impression avec leur pop branleuse et gentiment arrogante. Voix éraillées et guitare électrique borderline à la Pete Doherty, compositions bien foutues, attitude décalée mais pas trop, les Tellers ont donné envie de s'intéresser de plus près à leur pop teintée de folk et de punk rock.
Taxi Taxi !
La prestation enthousiasmante des deux jeunes scandinaves de Taxi Taxi ! en a quant à elle bouleversé plus d'un et plus d'une. Les deux voix angéliques, les harmonies célestes et les arrangements minimalistes (piano, guitare, accordéon) de ce duo touché par la grâce méritent assurément d'être découverts par le plus grand nombre sur leur premier mini album. Le point d'orgue du concert : la reprise de l'immense Daniel Johnston (True Love will find you in the end) en rappel.
Sophie Hunger
Dans un style intimiste également, la folk/jazz de la troublante Sophie Hunger (une voix sidérante à la Beth Gibbons, des arrangements magistraux) et à moindre échelle, la délicate folk pop de Martin Confused ont complété l'affiche d'une soirée de clôture de fort bon aloi.
Martin Confused
Rendez-vous l'année prochaine, avec plus de découvertes européennes enthousiasmantes, moins de groupes alibi pour essayer de compléter l'affiche européenne, moins de boys band (éviter svp BB Brunes et Empyr - avec au micro, le chanteur de Kyo !) et, enfin, beaucoup plus de soleil et de chaleur...
Camille + Morcheeba - 30 Mai 2008 - Dock des suds, Marseille
Mauvaise surprise en arrivant à peu près à l'heure pour ne pas trop attendre, pas mal de monde a confondu l'ouverture des portes et le début des concerts, la longue queue sous le soleil avec ces .../...
Mauvaise surprise en arrivant à peu près à l'heure pour ne pas trop attendre, pas mal de monde a confondu l'ouverture des portes et le début des concerts, la longue queue sous le soleil avec ces immenses pubs pour l'affreuse radio et le non moins douteux café qui sponsorisaient la soirée n'étaient pas des plus agréables.
Raté la moitié du set de Morcheeba du coup.
Pas très grave vu que ce n'était pas pour eux que je venais mais dommage vu que c'était mieux que prévu.
Eux qui titraient leur superbe premier album "Who can you trust ? (1996) avaient perdu ma confiance depuis 2-3 albums foireux et surtout l'éviction de la chanteuse Skye Edwards à qui les chansons soul vaporeuse allaient comme un gant.
Sa remplaçante (qui parle un français impeccable) est loin d'être aussi troublante mais s'en sort pas si mal, même si on frôle parfois l'imitation.
Plusieurs chansons de l'album "Big calm" (1998) rappellent de bons souvenirs, des planants "The sea" et "Blindfold" au plus relevé "Let me see".
Les anglais finissent avec moult effets de manche (les frères Godfrey gagneraient franchement à la jouer plus souple quand même) avec le funky "Be yourself" qui s'achève avec un clin d'oeil au "Thank you" de Sly & The Family Stone et des scratches ravageurs, puis avec un "Rome wasn't built in a day" assez quelconque.
Camille relève sensiblement le niveau dès les premières secondes d'un show court mais intense, tout à l'image de celle qui a conquis public et critique avec son deuxième "Le fil" et déstabilisé un peu tout le monde (moi y compris) avec le récent "Music Hole".
Ce qui est toujours épatant avec la demoiselle, c'est sa faculté à faire le show sans en faire trop (bien que ses tenues affriolantes ne laissent pas de marbre), à s'autoriser les acrobaties vocales les plus folles tout en retombant toujours sur ses pieds, et à mettre à profit les musiciens, dont son pygmalion Majiker et choristes, deux gars, deux filles et puis le beatboxer Sly ex-Saian Supa Crew.
Aucune chanson du premier album, quelques tubes du deuxième et beaucoup de titres du dernier, qui s'apprécient plus sur scène pour laquelle ils semblent avoir été pensés.
Avec à peu près dans l'ordre des "Canards sauvages", "Home is where it hurts", "Kfir", "Waves" euphorisants.
Sa reprise du "Too drunk to fuck" des Dead Kennedys fait toujours son effet, elle semble plus que jamais dire pas besoin de guitares saturées pour être punk.
Quelques moments creux ensuite : pas très convaincu par "Cats and dogs" et ses cris d'animaux grotesque, ni par l'interminable interlude "Janine" qui n'apporte rien si ce n'est d'amuser la galerie.
Par contre toujours aussi conquis par les perles que restent "Pale septembre" et "Au port" même si on aurait aimer que la partie neuneu du public qui applaudit sans arrêt comme dans une émission tv la mette un peu en veilleuse à ces moments-là.
Quand aux singles "Ta douleur" et "Gospel with no lord", puis au rappel "Money note", l'interprétation et l'ambiance générale était aussi bluffante qu'un concert de soul, style qui va le mieux à la miss dont la réputation scénique volcanique ne s'est pas démentie ce soir.
Plus de photos par Pirlouiiiit (qui n'a pas été suffisemment captivé par la presation de Camille - voire énervé par ses grimaces - pour rester plus de 5 morceaux - préférant filer au Poste voir Tanger) en cliquant ici
>> Réponse (le 31/05/2008 par Mouiiil) Docks des Sud Marseille - 30 mai 2008 Arrivé un peu à l’avance, placement libre oblige, je constate que beaucoup de monde a eu la même idée. Malgré tout on a .../...La suite
>> Réponse (le 01/06/2008 par Baz) Je suis un grand fan mais le concert a été très décevant:
- son micro saturait
- basses en résonance dans la .../...La suite
Camille (Le Printemps de Bourges 2008) - 18 avril 2008 - Théâtre Jacques Coeur, Bourges
Camille : une flamme qui se consume en transmettant des éclairs de génie à ses acolytes doués...
Epoustouflant, brillant, inspiré, renversant, osé, bouleversant, on ne sait pas .../...
Camille : une flamme qui se consume en transmettant des éclairs de génie à ses acolytes doués...
Epoustouflant, brillant, inspiré, renversant, osé, bouleversant, on ne sait pas très bien quels adjectifs utiliser pour décrire le nouveau spectacle de la chanteuse Camille, qui était présenté au magnifique théâtre Jacques Coeur dans le cadre du Printemps de Bourges 2008. Entourée d'un groupe de sept musiciens/choristes (en tous points parfaits) pour un spectacle sonorisé et éclairé avec talent, la récente auteure de l'album Music Hole a présenté sa dernière livrée avec foi, drolerie et concentration.
En grande forme vocale, la toujours fofolle tête de file de la chanson française non figée a véritablement irradié la scène de ses vocalises impressionnantes, de ses textes originaux, de ses chorégraphies réjouisantes et de ses facéties imprévisibles... Lors d'un morceau joué en milieu de set, la belle - habillée en orange et éclairée en ombre chinoise au cours d'un danse débridée -, donne l'impression d'être une flamme qui se consume en transmettant des éclairs de génie à ses acolytes doués. La scénographie, très travaillée, comme la totalité du show d'ailleurs, contribue à rendre la présentation des incroyables morceaux de Camille (Gospel with no lord, Vous, Baby Carny Bird, La jeune fille aux cheveux blancs, Janine I... ) complétement irrésisitible.
Entre gospel fiévreux, hip hop vocal, chanson française stellaire, pop avec human beat box, Camille et ses musiciens proposent un saisissant voyage de près de deux heures, un aller simple pour le paradis de la chanson festive (dans le bon sens du terme), onirique et évocatrice... Avant un superbe final disco avec lacher de paillettes sur le public, Camille avait eu tous son temps pour parcourir gracillement son répertoire magistral et reprendre de manière bien décalée Too drunk to fuck des Dead Kennedys. Entre chanson gospel et punk rock, la provocatrice artiste évolue à sa guise sur le fil ténu de son inspiration, sans se fixer de limites et sans suivre ses prédécesseurs. Avec une insolente réussite !
>> Réponse (le 19/04/2008 par Chloro Phil) Superbe chronique, qui lève les doutes que l'on peut (à juste titre) avoir concernant cette Camille, dont on pourrait .../...La suite
>> Réponse (le 10/06/2008 par Judith Cahen) La Cigale Paris - 27 mai 2008 Unique ! Jamais vu ni entendu une chose pareille... C'est beaucoup plus qu'un concert. On en oublie qu'il n'y a qu'un .../...La suite