Un lord anglais dépravé, tour à tour violent ou charmeur, mais toujours ensanglanté, chante à la contrebasse des comptines sordides et des complaintes hilarantes, accompagné d'une momie qui a le rythme dans les bandelettes, du moins quand elle n'est pas évanouie. On adore !
Le Mini Monster Show - 30 mars 2008 - L'Embobineuse - Marseille
Et si l'on réunit la troupe d'artistes la plus déjantée de la ville et le lieu d'expérimentation le plus underground, est-ce qu'on a une chance de faire déplacer du monde un dimanche soir, alors .../...
Et si l'on réunit la troupe d'artistes la plus déjantée de la ville et le lieu d'expérimentation le plus underground, est-ce qu'on a une chance de faire déplacer du monde un dimanche soir, alors qu'en plus, on vient de changer d'heure pour basculer en été sous un temps maussade ? Et bien... oui !
Oui, jouer le "Mini Monster Show" à l'Embobineuse un dimanche soir fonctionne, et fonctionne plutôt bien. Et pour cause : c'est là le troisième soir de représentation de ce spectacle inclassable, et les deux premières ont déjà permis d'affirmer une évidence : le show est terrible; le lieu est idéal.
La veille de la première, de plus, l'inénarrable duo Cap'Tain Carnasse/Momie faisait une escale très remarquée au Moulin en première partie des Wriggles malgré une fin de résidence préparatoire à l'Embobineuse mouvementée...
Bouche-à-oreille, réseaux, curieux, fidèles, une faune aussi hétéroclite que respectueuse prend donc place dans le gradinage cosmopolite de l'Embobineuse entre carcasse de voiture, chaises, banquettes de récup et alignements de matelas indéfinissables, et avec une splendide heure et demie de retard, l'écran s'allume en plein centre de la scène, relayé par un poste de télé vétuste.
C'est parti pour 80 minutes d'une poésie iconoclaste, qui mèle dans l'ordre un intervenant mort, mielleux et condescendant, présentant tout le spectacle depuis une télé avec une hallucinante synchronisation, des mini films thématiques corrosifs ou absurdes, des voix off, et à intervalles réguliers, des numéros : chansons scabreuses ou macabres exécutées de mains de maître par un trio contrebasse/batterie/orgue à la technique imparable et à l'élégance minimaliste, soutenu par le chant du gargantuesque Cap'Tain Carnasse et celui d'une comédienne/chanteuse époustouflante qui change de costume, de rôle, de tessiture et d'atmosphère à la vitesse de l'éclair, tour à tour danseuse masquée lascive à la plastique irréprochable, femme mutilée vulgaire et lyrique, icône erotico-trashy extirpée d'une burqa ou scientifique sadique en blouse blanche...
80 minutes de prouesses, entre atmosphères premier degré soutenues par des harmonies imparables et des mélodies qui frappent juste sans avoir l'air d'y toucher, un duo saisissant entre une "Mama Brigitte" adipeuse et immonde au visage angélique figé sur l'écran comme une apparition spectrale (les plus aguerris auront reconnu une Anaïs métamorphosée !) et le Cap'Tain en live qui dévoile une voix profonde, magique, chaude en envoûtante, un entre-deux du "petit théâtre de la mise à mort" assuré de main de maître par un magicien charmeur et intriguant, qui enchaîne des scenettes farfelues, touchantes, drôles, salaces et provocantes avec un sens de la poésie baroque incroyable (que l'on reconnaîtra aussi dans la reprise du rôle de la Momie qu'il transfigure en spectre horrifique tecknoïdé...), bref, avalanche de voyages émotionnels réussis, où malgré soi, on se laisse emporter entre rire, mélancolie, frisson, émerveillement et fascination, pour finir par se retrouver comme l'enfant que nous fûmes autrefois, apeuré et excité tout à la fois devant sa première séance de cinéma ou de théâtre...
Final épileptique et intriguant dans une avalanche de stromboscopes, et voilà la troupe entière surgissant derrière le public pour s'auto-acclamer et applaudir ses spectateurs : succès total.
Tous ceux qui avaient vu le "Maxi Monster Show" au Moulin, duquel est tiré cette version "de poche" s'accorderont à saluer la classe, la pertinence et l'inventivité de cette formule, qui re-dimensionne curieusement le spectacle de façon inverse : le "Mini Monster Show" est devenu grand : c'est un Meta Monster Show.
Bravo.
Quelques autres photos par Pirlouiiiit en cliquant ici prise le lendemain et qui 1) n'avait pas son appareil et 2) a du partir un peu avant la fin et a donc raté le final Canrassien
Les Wriggles + Cap'tain Carnasse - 27 mars 2008 - Le Moulin à Marseille
Mais en voilà une soirée sympa dans ce cher Moulin ! Si à la base je retrouvais cette salle que j'adore, c'était par curiosité, et avec le souvenir d'une première partie de Raoul Petite y a .../...
Mais en voilà une soirée sympa dans ce cher Moulin ! Si à la base je retrouvais cette salle que j'adore, c'était par curiosité, et avec le souvenir d'une première partie de Raoul Petite y a quelques années, de ces Wriggles, qui maintenant remplissent trés correctement ledit Moulin en headliners. Une population en majorité bien jeune, avec par ci par là quelques metalleux, quelques parents accompagnateurs ou non, mais surtout une bonne ambiance relax.
La LiveinMarseille team m'avait dit (ordonné !) de ne pas être à la bourre pour la première partie locale, Cap'tain Carnasse, un des projets de l'hyperactif Dominique Viger (HomoSuperior, Bawon Samedi, Cockring...). D'ailleurs j'avais pas fait le rapprochement immédiatement, mais Homo Superior est un combo dont me parle une très bonne amie (coucou Elena) depuis des années !
Et la bougresse était encore en deçà de la réalité quand elle me disait que l'instigateur de tout ça était un malade mental ! Inutile de cacher qu'à la base, un mec avec une contrebasse, et un gars déguisé en momie à la caisse claire/percus et je sais pas quoi, pour des chansonnettes en français, c'est pas ma came du tout. Quand j'ai vu arriver Dominique, soutenant une momie apathique sur les planches, tenter de mettre cette dernière bien assise derrière une caisse claire et une cymbale, je me suis demandé la raison du délire... en souriant déjà sans m'en apercevoir.
Et pourtant, pendant une courte demi heure, mon sourire s'est accentué, jusqu'à rigoler ouvertement et franchement apprécier le show. Car s'ils ne sont que deux, sans autres artifices qu'un costume mi Louis XVI (jolie la colerette immense !) mi tablier taché de sang, et un mec entièrement serti de bandelettes, c'est véritablement de show qu'il s'agit. De par la gouaille terrible du sieur Viger d'abord. Entre les titres il ne parlera qu'un anglais à l'accent français impeccable, bien trainant.
Ses textes sont souvent délicieusement délirants, poussant sans soucis dans le graveleux ("Au soleil", la chanson où il parle de sentir le cul de son petit frère, etc...). Et plus que tout, sa capacité à alterner les voix hystériques, les voix graves et profondes, les hurlements soudains, le débit rapide, un peu de beat box, différents accents, bref une multitude de voix et intonations en une seule gorge, est hallucinante. On sent le mec dérangé à fond dans son trip, et qu'il est à l'aise sur la scène plus que partout ailleurs. Du moins c'est comme ca que je l'ai ressenti.
Et le public ne s'y trompe pas, ça se marre à tout va. Car en dehors des chansons en elles même, y a le comic show de la momie. Et ça, dediou, c'était à pleurer de rire souvent ! Entre chaque titre Viger nous parlait d'elle, la taquinait, lui mettait entre les mains les instruments ou ustensiles nécessaires au morceau suivant, la relevait, jusqu'à l'a cappella final bras dessus bras dessous qui a gondolé tout le Moulin !
Fallait entendre les gémissements pitoyables de la Mummy, en rythme ou en décalé, l'accompagnement au sifflet de jour de l'an, le tititi qu'elle nous faisait d'un ton geignard sur le refrain d'une chanson... Que du bonheur visuel ! Faut vraiment aller voir ça pour comprendre l'ampleur du ressort comique, doublé de textes fendards et d'une interprétation unique.
Une bien belle surprise !
Pendant les trente minute de pause, je cherche en vain à voir ou comprendre les travaux qui ont justifié la fermeture du Moulin pendant quelques temps, et ma foi, à part une petite odeur de peinture, rien n'a changé en apparence, du hall à la salle en passant par les chiottes !
Puis ce sont les Wriggles qui déboulent, à trois cette fois. Il me semblait bien qu'ils étaient plus la première fois où je les avais vu, et en effet, après confirmation par Francois, ils étaient bien cinq.
Mais cela ne change rien à l'énergie et au plaisir dégagé pendant une bonne heure et demie par ce trio de chanteurs-acteurs toujours habillés de rouge orangé, avec pour seul accompagnement une gratte sèche de l'un (surtout) ou l'autre (plus rarement) des membres.
Mine de rien, proposer un tel spectacle vocal, accompagné de mini scketchs, c'est loin d'être simple. On se rend compte de tout le boulot qu'il doit y avoir derrière pour être autant en place, niveau vocal surtout (magnifique a cappela aux différentes tonalités sur le titre traitant d'une montgolfière par exemple - désolé je ne connais guère de noms-), tout en combinant avec les chorégraphies et mises en places scéniques, ainsi que les efforts physiques des multiples sauts, sprints, déplacements,etc... sans jamais perdre le souffle et la justesse.
Les textes sont tour à tour poilants avec de bonnes chutes ("Geraldine", Pourquoi ?"), "politisés", "culturisés", tendres ("Tant pis tant mieux"), originaux... Les supporters racistes du PSG en prennent pour leur grade dans un morceau chanté avec echarpe sur le nez et la bouche, salut nazi et violence suggérée ("PSG"), les CRS aussi ("CRS"), les majors de même...
C'est dit avec ironie et jolies tournures, j'apprécie leur phrasé et la manière de dénoncer certaines choses, ou simplement décrire d'autres choses.
Ajouter à cela du visuel simple (le décor ne doit pas etre le budget le plus important avec trois panneaux drapés de noir et un banc), mais un comique de scène très efficace (le running gag du "pif" rouge, le sujet récurrent de l'économie incomprise, la coté langue de pute entre les zicos, etc... donnant lieu à maintes rigolades dans le public), et ca suffit amplement à divertir et donner du plaisir aux fans présents, tout acquis à la causse wrigglienne dés la première note, avec forces ovations et nombreux rappels.
Chacun dans leur domaine (l'un qui joue le benêt bourrin, l'autre le plus cultivé, etc...), ces gars sont convaincants, mais n'oublient jamais leur mots, ni leur justesse vocale, qui se sublime lors de nombreux passages chantés ensemble sur divers tons.
De l'excellent comique troupier avec quelques accords sur gratte sèche (très bon soit dit en passant, le guitariste principal) qui entrainent le public dans le monde frais et fun des Wriggles !
Une soirée bien sympa vous disais-je, d'où on ressort sans avoir vu passer le temps, avec les zygomatiques douloureuses, et une pêche juvénile !
>> Réponse (le 01/04/2008 par severine) C'est à la critique que je veux réagir. Rendre à César ce qui est à Caligula.
Bon, les textes sont de NADIA DRICI. La suite
J’y vais j’y vais pas … j’hésite … et puis comme Svet ne l’a jamais encore vu (alors que je lui en parle depuis 3 ans) et que c’est vraiment la dernière représentation du Cheap Show (elle nous avait dit dans l’interview de l’année dernière qu’il devait s’arrêter en décembre 2005) et que je ne l’ai finalement vue que 6 fois depuis qu’elle tourne seule (et u près de 20 fois au sein de Opossum), nous y sommes retournés.
En arrivant là bas beaucoup de monde devant l’entrée alors qu’il est à peine 20h. Nous arrivons tôt aussi car depuis qu’elle passe à la télé et tout (et sachant que le concert est complet depuis plus d’un mois), je crains qu’il ne soit plus difficile que d’habitude d’accéder aux premiers rangs, et puis je n’ai pas envie de rater le fameux Cap’tain Carnasse et sa momie qui comme lors des récents concerts à l’Olympia ouvre pour leur ancienne camarade de jeu.
Un peu après que nous nous soyons approché de la scène avec moins de difficultés que prévu, mais en me prenant quelques réflexions du genre vous êtes grand vous devriez aller derrière (je me suis retenu de ne pas faire mon vieux con à leur dire que si elles n'avaient pas attendu de découvrir Anaïs par la télé elles auraient pu la voir plus tôt, plus souvent et sans avoir un grand dadais devant elle ; mais ce n'est même pas sûr car avec un peu de malchance j'aurais été justement devant elles), Dominique Viger aka Cap’tain Carnasse fait son apparition du fond de la scène en traînant sa Momie jusqu’à la batterie.
Le décalage entre le fond et la forme est assez amusant … car sous des apparences de burlesque avec sa fraise et son costume d’époque le Cap’tain Carnasse n’en reste pas moins un gros tordu. Pillant sans vergogne dans le répertoire de Homosuperior il nous conte ses histoires macabres avec un sourire (ensanglanté révélant des dents gâtées) qui laisserait croire qu’il s’agit de chansons amusante.
Le public réagit super bien ; autour de moi les gens n’arrêtent pas de répéter « c’est énorme ! » et rient à la moindre des blagues de Carnasse ou des interventions de la Momie. Celle là est toujours aussi bonne. Quasiment immobile, et s’écroulant souvent sur sa batterie, elle se réveille de temps en temps pour agiter une araignée en plastique, gémir au bon moment, souffler dans un tortillon …
Tout passe même les paroles du sublime « Le soleil est bel » (voir vidéo ci-dessous) ou dans je ne sais plus quelle chanson où il raconte que petit il aimait « renifler le cul de son petit frère mais qu’il ne peut plus car celui-ci est six pieds sous terre ». Ce spectacle est en évolution constante et cette fois ci alors qu’il annonçait l’arrivée d’un invité surprise (et que tout le monde s’attendait à voir arriver Anaïs comme lors de son récent concert à la Friche avec Oshen) j’ai en effet eu la surprise de découvrir le fantôme de Georges Brassens …
Celui-ci nous a chanté avec son accent sétois un morceau, et est resté pour la fin du set au côté des deux autres, donnant un côté complètement irréel au plateau. Imaginez, vous arrivez en retard, vous êtes venus voir la chanteuse qui passe tout le temps à la télé et vous percevez sur scène un géant contrebassé avec un fraise autour du coup, une momie molle qui joue de la batterie et Brassens réincarné … bref un régal pour le public … et un projet à creuser encore un peu pour qu’il tienne sur la longueur.
Après une courte pause nécessaire à l’évacuation de la momie, de sa batterie et de la contrebasse et la mise en place de la pédale d’Anaïs, sa guitare et son tabouret avec miel, bouteille d’eau et œuf musical, la star est arrivée, accompagnée des cris hystériques d’une salle en délire (Patriiiiiiiiiiii … pardon Anaïiiiiiiiiiiiis !). Je m’attendais à une Anaïs survoltée et rentrant à fond dans le jeu de son public et je trouve une Anaïs zen et détendue, presque gênée de déclencher une telle réaction.
Jean baskets t-shirt blanc … elle attaque après avoir dit son plaisir de finir par Le Moulin à Marseille où elle a l’impression de ne pas être venue depuis longtemps. Impossible de me souvenir par quoi elle a commencé ni dans quel ordre elle a joué les morceaux ; mais tout le cheap show y passera. Une nouvelle fois, seule avec sa guitare, ses autosamples en directe et son kazoo elle mettra tout le public dans sa poche, impressionnante dans ses imitations et ses accents (écossais, américain, canadien, …), à la fois touchante, amusante et toujours un peu surprenante.
Comme lors du concert en faveur du Liban elle tentera une version en anglais de Mon Cœur Mon Amour (« une chanson écrite il y a 2 ou 3 ans, qui a eu pas mal de succès et dont vous avez peut être marre ? » - « Nooooooooooooooooon ! »), mais sera obligée de vite repasser en français face à un public qui commençait même un peu à siffler de ne pas entendre la copie conforme de leur chanson préférée.
Ca aussi c’était impressionnant ; voir à quel point les gens connaissent le disque par cœur, dans les moindre répliques ou intonations. Quelques intermèdes seront un peu plus longs comme le Pendant ce temps là sur MTV, un petit nouveau avec Pendant ce temps là au Pérou où viennent s’entrechoquer la flûte traditionnelle, les White Stripes, Shakira et d’autres … ça m’a rappeler les fins de concerts reprises où avec Opossum elle osait déjà de tels mélanges aussi improbables que réussis … mélanges que l’on retrouve maintenant avec les DJ qui font du bootleg, mais sans le côté live …
Niveau surprise pas grand-chose pour le public (en dehors du morceau inédit qu’elle avait déjà fait à la Friche), par contre pour elle deux petites avec l’apparition de son staff technique en kilt lorsqu’elle se retourne pour présenter ses musiciens virtuels après Pendant ce temps là en Ecosse, ou lorsque la Momie fait son apparition sur Rap Collectif … lui faisant d’ailleurs un peu perdre le fil … Tiens ça me fait penser qu’à ce moment là elle a commencé à nous ressortir sa petite voix genre série américaine doublée comme elle le fait sur les intermèdes du seul vrai disque d’Opossum : Excusez moi je voulais te demander
Le rappel commencera par la traditionnelle Carla Bourée que je trouve encore plus drôle depuis que j’ai enfin entendu l’originale. De longs remerciements pour Le Moulin, son équipe technique, son tourneur, son manager, … un petit mot sur Opossum … Pas d’invitation au public à sortir un peu plus et à aller dans les petites salles de Marseille … tant pis, mais de toute façon je ne suis pas sûr que cela aurait eu un réel impact.
Autre petit regret, j’aurais bien aimé la voir chanter la reprise de Mélanie (Look what they’ve done to my song) mais ce ne sera pas pour cette fois ; par contre j’ai encore passé une très bonne soirée (et Svet a adoré même sans comprendre parfaitement touts les jeux de mots). Ce n’était pas forcement son meilleur concert, mais une fois de plus, même fatiguée par une tournée marathon qui l’aura emmené sur tous les plateaux télés, dans toutes les villes de France, et fait d’elle en moins de trois ans la superstar que vous connaissez tous, elle était naturelle et sincère dans sa relation avec le public.
Laissons la souffler un peu et promis dans quelques mois on essaiera de donner une suite aux deux premières interviews qu’on avait fait avec elle lorsqu’elle était encore totalement inconnue et lorsqu’elle a commencé à être connue. Le lendemain Svet chantait La plus belle chose au monde et moi j’avais ressorti mes minidisc d’Opossum qui n’ont pas pris une ride … et je me suis même pris à penser que ce serait peut être une bonne idée qu’ils ressortent quelque chose d’officiel car tout ce qui fait le succès de Anaïs était déjà là (les textes sont d’elle) et il y avait en plus la patate et la bonne humeur d’un groupe qui s’éclate sur scène !
Oui redonnez vie à des chansons comme Le Moustique, Japanese Tourist, Pizza, Go West … en plus comme ça, ça lui laisserait tout le temps pour souffler, préparer son prochain album et répondre à la prochaine interview Liveinmarseille. Dernier petit mot aux lecteurs qui auraient continuer à lire jusqu’ici … soyez curieux, essayer de sortir un peu dans les petites salles de concerts voir des artistes, sans forcement attendre d’en avoir entendu parlé à la télé ou à la radio ! Vous soutiendrez ainsi les artistes et le processus créatif là où il commence vraiment ! Tous les artistes (même les plus grands comme Anaïs ce soir commencent dans les petits lieux et galèrent !)
>> Réponse (le 27/12/2006 par Adeline) Le Moulin - Marseille - 29 novembre 2006 Vraiment le concert à ne pas manquer ! Cette fin de tournée aura été surprenante par les nouveautés apportées au Cheap .../...La suite
Dominique Viger (HomosuperioR, Capt'ain Carnasse,...) - Interview - Septembre 2006 - Marseille Après une Nuit de l¹Horreur fort réussi, vient le Maxi Monster Show, nouveau spectacle de Dominique Viger et Nadia Drici d'Homosuperior. Ce spectacle d'horreur "comico-gore", mêlant ambiance .../...
Après une Nuit de l¹Horreur fort réussi, vient le Maxi Monster Show, nouveau spectacle de Dominique Viger et Nadia Drici d'Homosuperior. Ce spectacle d'horreur « comico-gore », mêlant ambiance horrifique, comédie burlesque,musique live et projection, nous plonge dans l'univers déjanté de l'odieux Cap'tain Carnasse.
Rencontre avec Dominique Viger, le malade mental aux multiples projets, d'Homosuperior à Bawon Samedi, en passant par System Beurk, Queen of Anal Insertion, Cockring, Iah ! Iah ! Shub Niggurat ! et Cap'tain Carnasse.
Tu peux te présenter ?
Bonjour, je suis Dominique Viger. Je suis grand et déjà un peu vieux, j’aime l’ivresse et la surprise. Je suis très impudique.
Vu tes différentes personnalités sur scène, ça entraîne pas une schizophrénie dans la vraie vie ?
Non, je ne pense pas. Je vois pas pourquoi. C’est plutôt sain psychologiquement de pouvoir interpréter plusieurs personnages. Ca permet de prendre un peu de distance sur sa propre existence, ça lui donne moins d’importance et c’est tant mieux.
Peux-tu nous parler de ton parcours musical ?
J’ai commencé assez tard à jouer ou comprendre la musique, jusqu’à dix huit ans je ne comprenais pas quel instrument faisait quoi dans un morceau. Ma sœur (qui a fait le conservatoire) m’a donné des cours de solfège, je me suis acheté une basse puis un 4 pistes et j’ai commencé à écrire des chansons.
Mes influences à l’époque c’était la Cold Wave (là aussi j’étais un peu en retard) et j’écoutais des groupes comme Dead Can Dance, This Mortal Coil, tous les trucs de 4AD en gros ainsi que des trucs de Dark Folk comme Death in June ou Current 93.
Trois ou quatre ans après je découvrais le jazz avec Charles Mingus, j’ai acheté une contrebasse et j’ai commencé à monter des groupes (Les Chansons-Chansons, Rotobneu puis HomosuperioR).
Comment définis-tu ton style ?
Je ne sais pas. J’ai beaucoup de mal à définir, c’est très ouvert en tout cas. Comme il fallait bien le définir « médiatiquement » on a parlé d’abord de Jazz-Foutre puis de Rock schizophrénique. J’essaye de ne pas faire de concession à ce que je pense être du mauvais goût.
Revendiques-tu certaines influences ?
Bien sur. Et pas seulement qu’en musique. Beaucoup en cinéma et pas mal de jeux vidéo aussi. J’ai beaucoup trop d’influences pour ne pouvoir qu’en citer quelques une ici.
Comment se passe la composition des morceaux ?
Il n’y a pas de règles. Ca vient souvent d’une mélodie chantée, je chante à mon dictaphone et puis après zou, on fait un morceau. Le plus long ce sont les arrangements et la place de la voix et des textes. Les musiciens y sont pour beaucoup aussi.
Comment ta musique a évolué au fil du temps ?
Et bien je suis passé du rock au jazz puis retour au rock. En gros. Je n’étais pas assez bosseur pour continuer à faire du jazz. Avant j’étudiais l’harmonie et tout ces trucs là. Puis j’ai laissé tomber par ce que je rentrais dans la vie active. Je me suis mis à faire des choses plus spontanées. Et puis je me suis beaucoup ouvert, à toutes sortes de musiques.
Qu¹est ce qui te pousse à faire de la musique ?
Ben, c’est pour faire quelque chose. Sinon je reste au lit et je me branle.
De quoi parlent tes chansons ?
Souvent d’obsessions, de meurtres, de pouvoir. Des tas de trucs de la vie.
Peux tu nous parler de ton dernier projet, le Maxi Monster Show ?
C’est assez difficile de communiquer sur ce projet sans gâcher la surprise pour les spectateurs, disons que c’est surprenant, immersif et que c’est très riche. Il y a de la musique enregistrée, de la musique live, des duos avec des chanteuses, des vidéos (très) débiles, un discours sous-jacent sur la désinformation et le terrorisme. Et beaucoup de surréalisme. C’est un très bon spectacle, le meilleur qu’on ait fait.
Plutôt Muppet Show ou Rocky Horror ?
Aucun des deux je pense. Je n’ai jamais vu le Rocky Horror, mais ça m’a l’air un peu daté. Ce n’est pas non plus du Muppet Show.
C’est très sérieux mais ça ne l’est pas du tout, ça met quelquefois mal à l’aise mais c’est très drôle.
Comment t'es venu l'idée du personnage de Carnasse ?
Il y a plusieurs origines. Nous avions fait à l’époque un concert en costumes (du style Médicis) pour le projet «Queen of Anal Insertion ». Le personnage du Capitaine vient de là, avec la langue anglaise, la fraise et tout ça. Mais le nom il me semble bien que c’est Nadia. Le personnage de la Momie, et bien c’est la Momie qui s’est proposée. C’est une vraie Momie, donc là ça n’a pas été très dur. Moi je sais jouer un peu de contrebasse, la Momie a fait un peu de percussions (sous la IIIème Dynastie durant le règne de Djoser, l’Horus Netery-Khet).
J’avais un stock de vielles chansons écrites durant l’adolescence. Voila comment ça a commencé.
Maintenant c’est devenu une grande entreprise, on a perdu l’innocence des débuts, Nadia écrit de nouvelles chansons, Hossein fait la mise en scène et on a signé chez Le Moulin. Je n’ai plus la même liberté de parole. On va vraiment vers une uniformisation que je n’ai pas souhaité au départ. Mais c’est dur de revenir en arrière.
Je ne peux pas lâcher comme ça mon nouveau train de vie, avec les putes et tout ça. Et puis après tout, il faut faire ce qui plait au public. C’est la vraie fonction de l’artiste. Du moment que ça marche. Le monde est comme ça. Mieux vaut être fataliste. On peut rien changer. Ah la la. Ah moins de descendre dans la rue de détruire les institutions et de tuer un tas de gens. Mais on va dire que c’est moi qui ai eu l’idée après.
Quels sont les monstres de la troupe de Carnasse ?
Pour ce spectacle ci, il y a beaucoup de « monstres », la Femme Caddie, Le Mime nu émasculé, le Shérif, Karl l’injecteur de poison, Mama Brigitte, le Fauteuil Rouge, la Burqa, Mandrake, les Frères Monstrueux, Lady Snake, le retour d’Elasticman, et d’autres surprises.
Tu es la grande gueule du spectacle, mais peux-tu nous parler du rôle de Nadia Drici ?
Nadia imagine les spectacles avec moi. Ensuite elle a la très difficile tâche d’écrire tous les textes et de me surveiller. Elle fait tout ce que je ne sais pas faire.
Qui d’autre bosse sur le spectacle ?
Beaucoup de très bonnes personnes pleines d’une très très bonne volonté.
Nous ne gagnons pas d’argent avec ça. Les quelques cachets qui permettront de rémunérer les artistes sur scène ne représentent rien par rapport à la somme de travail titanesque que cela représente. Particulièrement pour la vidéo et les graphismes sur ce spectacle, des nuits blanches en pagaille.
Il y a 25 personnes en tout sur le Maxi Monster Show.
Quel a été le rôle du Moulin ?
Le Moulin croit en nous, il a réussi à ce que nous devenions subventionné, il nous a toujours soutenu et il parait que je leur appartient pour toujours.
Y a-t-il un but derrière tout ça ?
C’est clairement de s’amuser.
Peux tu nous parler de tes autres projets :
* Homosuperior ?
HomosuperioR c’est un groupe de rock. Il y a des guitares et des types avec des cheveux. Le groupe a toujours été en mouvement, nous n’avons jamais joué deux fois un morceau de la même façon. D’un concert à l’autre on avait déjà changé de line up ou d’arrangements. Beaucoup de musiciens sont passés par là et on laissé leurs empreintes. Ca risque encore de changer.
Là on a enregistré une démo (la cinquième) en août 2005 et il se trouve que je n’ai toujours pas fini de la mixer. Les musiciens ça les énerve un peu. « C’est sûrement de la faute de Nadia ». Que je leur dis comme ça. Ca apaise les esprits.
Ils répondent « Ah la connasse ! » et ils sont calmés.
* Cockgring ?
CockRing c’est un duo de musique improvisée avec Christophe Rodomisto (un ex d’Opossum). Je fais ça pour aider Christophe par ce qu’il a des problèmes émotionnels fort. Disons qu’il est bipolaire pour parler franchement. C’est à l’hôpital quand je suis allez le chercher pour la première fois que le médecin m’a dit « faites quelques chose pour lui, please » (c’était un médecin anglais).
Bon je me suis dit qu’est ce qu’il sait faire d’à peu près bien ce grand gaillard ? Quelque chose pour l’épanouir…
Il se trouve que, à part baver ou manger du chocolat pensant des heures, il joue un peu de guitare. « Bingo ! » Me suis-je écrié.
Depuis ce temps on se rend sur des scènes improbables ou ils n’acceptent pratiquement que des malades mentaux (on joue à l’Embobineuse le 10 novembre) et on fait n’importe quoi. Mais alors vraiment n’importe quoi.
>
* Bawon samedi ?
Bawon Samdi c’était l’affaire d’un disque je pense. Il n’y en aura sans doute pas d’autres. C’était des trucs qui me traînaient dans la tête, j’ai enregistré ça en un mois, en août 2004 je crois. Je suis content, ça sonne bien je trouve.
L’inspiration venait plus ou moins du vaudou et de la déception amoureuse.
Comment jongles-tu entre tous tes projets ?
Je prends des stimulants. J’aurais la maladie de Parkinson à 40 ans, encore une première !
Comment vois-tu le rôle de l¹artiste ?
Je ne comprends pas cette question.
Tu attaches quelle importance à l’esthétisme ? Tu bosses avec qui à ce niveau ?
C’est très important et puis non. Je suis de l’école « spontanéiste » contrairement aux « perfectionnistes ». La première idée, c’est la bonne.
Mais pour le Maxi Monster Show, les graphismes ont été confiés à Stéphane Manicacci et lui par contre est perfectionniste et c’est beaucoup mieux que tout ce que j’aurais pu faire seul.
Comment gères-tu ton activité musicale et ? Quel est ton statut actuel ? Vis-tu de ta musique ou tu bosses à côté ?
Je gère comme je peux, je fais beaucoup moins de choses que ce que j’aimerais faire. J’ai un travail qui me prend beaucoup de temps mais qui me donne de quoi rembourser les dettes de nos précédents spectacles. On se débrouille quoi. Je suis en CDI.
Essaies/espères tu un jour vivre financièrement de ta musique ?
Ouais ! Tu crois que c’est possible ?
Que penses-tu du problème des intermittents ?
Je ne sais pas, je ne suis malheureusement pas assez informé là-dessus. Je pense que c’est très complexe et qu’il y a beaucoup d’injustices. Je crois tout de même qu’il faudrait renvoyer les intermittents dans leur pays.
Cela a-t-il été facile de sortir tes albums ?
Non. Nous n’avons d’ailleurs jamais sorti d’albums, juste des démos gravé sur des vieux PC grabataires.
Quel est ton rapport à la promo ?
J’aime faire des interviews avec les journalistes plutôt qu’ils se basent sur des dossiers de presse. Ca permet de donner des informations différentes à chacun et d’éviter des articles en « copier-coller ».
Tu as un site internet. Quel est ton rapport à ce média ? A Internet en général ?
Ca fait partie intégrante de ma vie depuis un bon moment déjà. Ca va être le cas de tout le monde d’ici peu.<
Tes projets ?
Pour l’instant on aimerait bien « capitaliser » sur ce qu’on a déjà fait plutôt que de faire à nouveau un spectacle déficitaire. On va travailler nos 4 précédents spectacles pour les faire tourner. Je vais remettre le couvert aussi pour HomosuperioR (le groupe) et développer le duo « Cap’tain Carnasse et sa Momie » qui lui peut tourner facilement et sans trop de dépenses.
Tu tournes beaucoup en dehors de Marseille ?
Bah non. Malheureusement.
Que représente la scène pour toi ?
J’y suis à l’aise, c’est un endroit béni.
Si quelque chose était à refaire ou changer ?
Je n’ai jamais de regrets. Sur quoi que ce soit. Ou alors pendant cinq minutes.
Avec qui es-tu en réseau au niveau local et national voir international ?
Nous ne sommes pas dans un réseau.
Dans les groupes que tu as croisés sur la route, qui t’a le plus marqués ?
Personne. Je ne sais pas.
Ton meilleur souvenir de concert (sur scène ou/et dans le public) ?
Sur scène c’était je sais pas, c’est toujours un bon moment, même pour les concerts de merde.
Dans le public c’est, je crois, Tomahawk, un groupe américain que j’ai vu à Paris. L’énergie était incroyable. Mais je vois pas beaucoup de concert, je sors pas beaucoup. Alors je peux pas dire.
Avec qui aimerais-tu faire un duo ?
Je ne sais pas. J’ai pas d’envie particulière.
Qui admires-tu le plus comme artiste (musical ou pas) ?
Alexander Shulgin. Et un tas d’autres, dont bien sur Mike Patton, John Zorn, Yamatsuka Eye, Trey Spruance, Blaise Cendrars, Louis Ferdinand Céline, Bret Easton Ellis. Rien de particulier quoi. Et puis ça dépend des moments. C’est toujours en mouvement ça.
Que penses-tu de la question du téléchargement ?
Ah c’est bien. Ah oui j’aime bien. Mais je télécharge pas grand-chose, j’ai pas le temps d’écouter les trucs que j’ai téléchargé déjà.
Dans les disques que tu as récemment acheté lequel t¹a le plus plu et lequel t¹a le plus déçu ?
Peeping Tom m’a beaucoup décu. Du coup je l’ai pas acheté. Les Chants Inuits par contre, ça c’est très bien.
Tu écoutes quoi en ce moment (oldies et nouveautés) ?
Ben rien. J’écoute des vieux trucs que j’ai fait pour me pomper les idées à moi-même. J’ai pas le temps de « mal écouter » de la musique. J’en entends parfois.
Si tu devais décrire Marseille, qu¹en dirais-tu ?
C’est une ville. En été c’est horrible, il fait trop chaud et il n’y a plus personne.
Une initiative dans la région que tu aimerais mettre en avant ?
L’incivilité. C’est pas super, mais tout le monde adore cette initiative on dirait.
Penses-tu qu¹il soit possible de se faire connaître hors de Marseille ?
Of course, and i profite of that moment to talk to other people outside France : Take me with you please, i’m a good boy and a good sucker. And i speak a wonderful kind of english language.
Un plus grand dynamisme de la scène musicale du Nord, mythe ou réalité
Bah, j’en sais rien du tout.
Pour finir, peux-tu nous citer 10 groupes de la région (en précisant leur style ?)
Hum.
Alors, il y Biocide (Métal machin d’autres trucs aussi)
Et puis…je suis désolé pour ceux que j’oublie.
J’ai pas de noms qui viennent là. Anaïs et Océane, mais elles sont à Paris maintenant.
Après je vois bien qu’il y a un tas d’autres groupes mais je les connais pas bien et ça m’intéresse pas beaucoup en fait.
Si tu étais :
un animal : Je suis pas un animal. une couleur : Malheureusement je dois vous avouer que ce n’est pas mon cas encore une fois. un plat : Je ne souhaite pas être un plat merci. un livre : Aucune idée. un film : Un film de cul, ça ouais.
Pour nos lecteurs marseillais ou de la région :
- un conseil resto : J’ai pas d’argent.
- Un conseil bar : Avant j’allais dans les bars et tout ça. Ils sont tous bien je crois. Ca dépend dans quel état d’esprit on est. En général j’étais bourré, donc plutôt bien.
Le mot de la fin ?
Merci de votre intérêt pour notre entreprise. Vous recevrez bientôt un tas de chèque cadeaux pour acheter juste des trucs de nous.
Je voulais dire une dernière chose, parce que je ne le dis pas assez, mais sans Nadia, tous ces projets n’existeraient sans doute pas.
Un interview Mystic Punk Pinguin pour Liveinmarseille.com
Plus d'un an après ses premiers méfaits et une très pimpante Nuit de l'Horreur, revoilà donc au Théatre du Moulin le salace, pervers, violent, ensanglanté et néanmoins ... sympathique Cap'tain Carnasse. Bon, en fait non, c'est un "Colloque phrénétique" (24 heures après j'ai enfin compris cette contrepèterie entérologique), on ne devrait en principe pas le voir. De fort pimpantes et hôtesses nous remettent un badge et le programme, nous prenons place dignement, pour un peu on se croirait à une réunion du Medef...
Un docte professeur (mort, quand même, donc télévisé) et qui ressemble quand même étrangement à Captain C, se livre alors à un exposé, visant à nous convaincre que des menaces pèsent sur l'univers. Réchauffement climatique ? Chute d'un astéroïde ? George Bush ? Non ! Carnasse, sa vie, son oeuvre, son vié !! Pendant ce temps deux intervenants (un scientifique et la présidente de l'association des victimes de Carnasse) attendent plus ou moins sagement leur tour.
On nous montrera un petit film bien flippant sur le somnambulisme (et un vrai somnanmbule), un invité-mystère en ombre chinoise (déjà là l'an passé), des petites séquences qui font témoigner l'espiègle Mandrake, le Professeur aux faux airs de Dr Mabuse, qui nous démontre scientifiquement que Carnasse = Sarbacane, un diaporama de présentation de la galerie de personnages, et enfin un témoignage pitoyable de la malheureuse Momie... qui évidemment attirera immanquablement le pervers officier.
Le colloque part alors irrémédiablement en couilles : après avoir aperçu un horrible mime émasculé (à propos de partage en couilles...), on ne sait comment, nous voilà en compagnie d'un trio de gueules de zombies qui nous joue du metal, pendant que Carnasse himself chante des opérettes sataniques et détraquées, dans un style inécoutable - et donc jouissif - que ne renierait pas Mr Bungle lui-même.
Un nouveau maître de cérémonie nous prend alors par la main : une voix étrange qui nous promènera entre chaque séquence dans une maison génialement suggérée par un simple montage video, sur une musique toute Badalamentienne. On y rencontrera alors la galerie, déjà en bonne partie connue, de personnages pitoyables et horrifiants qui accompagne le malencontreux Capitaine.
Nouveauté notable, le chant hurlé d'un grand type saignant du ventre, le Mort Accidenté d'après la brochure, que farfouille l'immonde petite Burqa (big up en passant pour cette idée - la burqa est monstrueuse ! pas bête). Bref cette séquence est assez éprouvante - elle n'est pas sans rappeller les hurlements de l'estropié en chaise de l'autre fois.
Suit un petit trio chanté sans façons mais avec une chorégraphie marrante, en opéra-rock de Carnasse, la Momie (relookée il me semble) et de l'Injecteur de Poison (c'est Oshen, pas Anaïs, bougre de crétin !). Preuve en est faite : la créature emprisonnée en momie est donc bien, comme je le soupçonnais, la malheureuse Mia Frye qui ne sévit plus à la télé, comme par hasard, à peu près depuis la première fois que j'aperçus Carnasse and his Mummy à l'Embobineuse. Au moins peut-elle encore agiter ses bandelettes en rythme dans ses rares périodes de conscience...
Evidemment on aura droit aussi à la galerie de maîtresses de Carnasse : duo d'opérette avec l'horrible Femme-caddie, amante malheureuse condamnée à l'attendre patiemment, ou duo staracadémique avec cette spectaculaire et obèse blonde que l'ordure aime à saillir, et qui n'accouche que de sextuplés informes. Intervention aussi du malheureux shériff qui traque sans succès Carnasse dans les limbes.
Petit passage des 3 têtes d'Homosuperior (les Frères Monstrueux, et la conclusion inquiétante de ce capharnaüm est livrée sous une forme semblable à l'année passée mais toujours impressionnante : un tableau final consistant en un alignement d'à peu près toute la galerie. De mémoire, le Shériff se livre à son passe-temps favori : fesser le Cap'taine Carnasse avec des foetus morts, pendant que l'Injecteur de Poison tente de le vasectomiser, que Burqa menace d'enlever le haut, que la Momie essaye de se pendre à ses bandelettes et que Mandrake tente de se faire disparaître (je ne sais plus ce que fait Lady Snake mais tant pis, il y aura les photos pour compléter). Quelle ambiance sympathique !
Le colloque s'achève sur un message d'outre-tombe nous invitant à nous méfier du Fauteuil Rouge (David Lynch toujours), et un putain de stroboscope pénible qui videra en tout cas très efficacement la salle. Mais alors quel bilan tirer du colloque monté par Dominique Vi(g)er et Nadia Drici ? Si l'effet de surprise s'est un peu émoussé, il marche cependant bien pour ceux qui n'étaient pas là l'an passé et qui repartent assez enchantés.
Pour les autres, les moyens supplémentaires ont permis de mieux caler l'ensemble, d'y donner un côté plus cabaret, et probablement de produire les nombreuses séquences vidéo - assez de nouveauté pour ne pas s'ennuyer, et retour des morceaux de bravoure comme le tableau final. On a aussi perdu un peu du côté potache de la Nuit de l'Horreur (genre, chiottes ensanglantés et explosions diverses), qui faisait davantage sursauter, et s'était conclue sur un chouette cabaret dans l'entrée de Carnasse and his Mummy. Bon et puis clairement quand même, une sous-exploitation de certains personnages qui gagneraient à être davantage montrés ! Dans un prochain spectacle peut-être ?
Cela dit le talent y est habilement distillé : les vidéos, mine de rien, font preuve d'une maîtrise digne d'un grand cinéaste : ambiance années 20, horrifique, lynchienne, etc. De même la musique, échappée d'Homosuperior, démontre une palette de talents digne d'un Mike Patton (surtout quand on connaît les nombreux projets musicaux de Dominique Viger et son acolyte Christophe Rodomisto). Les costumes, lumières, sons, enfin tout le bazar, sont tout à fait parfaits : une vraie création théatrale, musicale, vidéo, multimédia, classe et originale !
Donc au final, ce spectacle (certes encore perfectible) est déjà de très haute tenue, drôle et horrifique à la foi, et pour un prix dérisoire, prêt à l'exportation sur les scènes de France et du cosmos. Après tout, Carnasse s'est échappé, donc des menaces pèsent toujours sur l'univers, le monde a le droit de savoir...