Coup d’œil rapide sur le premier trimestre de la saison 2006/2007 à la Coopérative de Mai.
C’est la rentrée…
Ayant échappé à Seb Martel et consort, ma saison ne débute que le 23 septembre par la présentation de la compile MC1 made in coopé. Il semble que cela est d’ailleurs bien marché au vue de la nombreuse foule présente. Vous allez me dire que la soirée était gratos ! Certes, mais cela n’enlève en rien à la qualité du plateau présenté. Le moment fut donc très sympa et agréable. La vrai bonne surprise viendra des trois filles d’Eleasy. La pré sélection du groupe pour les découvertes du printemps de Bourges n’est d’ailleurs que fort méritée. Pour le reste, nous aurons la confirmation que les Elderberries et les Kissinmas sont sur la bonne voie du rock’n’roll. Que la furie des Smell of Fox, boostés par des Suppositorz chauds comme la braise, est toujours présente. Comme quoi nous n’avons rien à envier aux parisiens !
Des légendes à Clermont…
A l’annonce du passage des Radio Birdman dans notre ville, l’excitation était à son comble. Il faut dire que les vieux dépotent encore grave… Malgré un son pourri et des lights « pâlotte », le set des Australiens sera assez convaincant. Seul bémol à cette soirée, la prestation inhabituellement faiblarde des Suppositorz.
Le dub débarque pour une sixième nuit…
N’étant pas un grand spécialiste du truc, seul Mad Professor me semblait attrayant. Malheureusement j’allais vite déchanter pour m’enfuir vers d’autres horizons beaucoup plus attractifs…
Soirée métal prog…
Alors là, je ne donne pas ma part aux chiens. Amateur de rock progressif et de métal prog devant l’éternel, c’est déjà conquis que je me pointe à la coopé. Après une prestation intéressante de Poison Black, l’effet Lacuna Coil va se mettre en marche rapidement. Que du plaisir. La voix, la musique… tout me fait chavirer de bonheur. Comme quoi quand on n’est pas objectif. N’est ce pas Pierre !
Soirée filles…
Une fois de plus, nous allons vite nous rendre compte qu’ Eleasy est le groupe en forme du moment. Délivrant un set convaincant et plein d’envie, le temps passera bien trop vite pour tout le monde.
La suite de la soirée sera quand à elle beaucoup moins réjouissante. Il faut dire que Juliette & The Licks ne vont rien faire pour nous faire passer un bon moment de rock’n’roll. La prestation envoyée sera tout juste d’un niveau de campus américain ! Dommage.
La classe, tout simplement…
Recevoir The Divine Comedy est toujours un moment privilégié. Et nous n’allons pas tarder à nous en rendre compte. C’est avec une simplicité remarquable et un talent hors pairs que Neil Hannon et sa troupe vont nous gratifier d’une prestation remarquable. La « classe » est à portée de nos yeux et le rêve n’en sera que plus beau.
Garage club n° 7…
Les Hushpuppies devaient faire un garage club. Ils l’ont fait et même très bien fait. Devant un club plein et chaud comme la braise, les Perpignanais vont nous régaler durant une heure. Alternant le bon et le très bon nous serons rapidement pris par une bougeotte incontrôlable. Que tout cela fait du bien. Allez les gars, pondez nous un deuxième album aussi bon que le dernier et revenez nous secouer les bretelles à nouveau.
Métissage dépaysant…
Comment faire plus d’une heure trente de concert avec un album de quarante minutes ? Demandez à Ayo. Il faut dire que la jeune femme parle beaucoup. Mais le reste du temps… elle chante. Elle le fait d’ailleurs avec beaucoup de douceur et de talent en métissant avec bonheur le reggae, le folk, la soul et autres styles.
Voilà comment vous passez un moment agréable qui malheureusement s’étire vraiment trop en longueur.
Déferlante sonique…
Changeant de chanteur plus que de raison, Archive est vraiment un groupe à part. Malgré les inquiétudes liées à cela, le set proposé sera d’une grande intensité. De Light à Again en passant par Fuck, nous resterons scotchés par la puissance dégagée. Un très bon moment d’autant plus que la première partie, assurée par Redjetson, fut d’un haut niveau. Du post rock comme nous l’aimons.
Un être vous manque…
Mon dieu, quelle déception. Je ne pensais vraiment pas retrouver Herman Dune comme cela. Perdu, décousu, hébété. Est-ce du au départ de son guitariste ? Sûrement. En tout cas, ils ne nous ont pas habitués à cela. Un concert à vite oublier.
Je n’aime pas le chocolat…
Poussé par la curiosité, je me décide à aller voir Olivia Ruiz. Heureusement pour mes oreilles, j’aurai la force de partir au bout de vingt minutes. Voix aigue et stridente, musique de baloche, blague à deux balles. Plutôt que de croquer à pleines dents dans une barre de Crunch, nous nous enliserons inexorablement dans un pot de Nutella.
Un ange passe…
Ben Kweller ne semble pas changer. Pourtant la paternité lui a quelque peu arrondi le ventre. Autrement il reste le même. Visage angélique et souriant, simplicité remarquable, bouclettes au vent… Nous avons donc bien à faire à ce jeune homme qui déjà, lors de son dernier passage à la coopé, nous avait fait vibrer.
Que ce soit seul ou accompagné de son groupe, le set, un peu court, sera parfait. Seul bémol, la venue sur scène, lors du rappel, de Pierre Guimard. Aïe, aïe, aïe.
Un peu de fraicheur…
Et oui, encore un nouveau groupe anglais composé de quatre jeunes garçons. A en croire les hurlements poussés dans la salle, les filles adorent The Kooks. Pour être honnête, cela est frais, sens bon l’Angleterre et les souvenirs. De la à dire qu’ils feront long feu.
Wait and see……
Chokebore nous manque…
Le moins que l’on puisse écrire, c’est que l’on est dans le bricolage. Il n’est d’ailleurs pas très facile de s’y retrouver. Le monde de Troy Von Balthazar est comme cela. Un point c’est tout.
Garage club n° 8…
Je n’irai pas par 4 chemins. Nous venons d’assister à un concert déplorable. Le garage club n°8 a tourné à la débandade, la débâcle. Je me demande encore comment j’ai supporté 30 minutes de Naast. Oui, trente minutes sans intérê. Point barre. Et dire que l’on nous casse les couilles avec la nouvelle scène rock parisienne.
Que les groupes de province se rassurent, ils ne risquent RIEN.
Soirée costumée…
Cradle Of Filth prend racine à la coopé. Et ce n’est pas le bon millier de personnes présentent qui s’en plaindra. Pour le reste que dire. Son métal, pardon dark métal, voix caverneuses, mise en scène très goth. Une soirée à ne broyer que du noir.
Le petit jésus en culotte de velours…
Quoi de mieux qu’une soirée avachie sur un canapé, pour se remettre de ses émotions de la veille. Et bien, il y a Jude. Mieux qu’une cure de thalassothérapie, l’américain vous berce et vous rempli l’âme de belles images. Ajoutez à cela une couche de Cocoon et vous allez vous coucher serein et détendu.
Un autre ange passe…
Avec Tearing Sky, son second album, Piers Faccini nous a confirmé tout le bien que nous pensions de lui. Et ce n’est pas sa superbe prestation, dans un club à l’écoute religieuse, qui nous fera dire le contraire. Tout n’est que douceur et caresses. Ce garçon semble être touché par la grâce. Merci pour ce moment merveilleux.
Un petit mot sur Christophe Adam Son association avec Daniel Larbaud à changé la donne. Très bon guitariste, ce dernier enrobe les textes de Christophe avec beaucoup d’à-propos. Du bien bel ouvrage. Un petit clin d’œil à Morgane, chanteuse de Cocoon, qui terminera le set, avec les deux gars, de bien belle façon.
Très haut en couleurs…
Mélangez sans modération du disco avec du rock, ajoutez y une pointe de funk et saupoudrez le tout de glam… El Présidente est né.
Ce savoureux mélange va secouer le club de la coopé de la plus belle des façons. Vous vous retrouvez le sourire aux lèvres sans vous en rendre compte. Vous devenez « bêta » en un rien de temps. Vous vous trémoussez comme lors de votre première boum. Vous êtes, en résumé, joyeux et heureux d’être là.
Malgré un départ faiblard, les sept enragés de The Kissinmas vont nous délivrer un set bien à leur image. Agité et rafraichissant. Vivement la sortie de Disco Morning.
L’auvergne fleure bon…
Heureux d’être sur des terres connues, Kaolin va nous envoyer une première partie de concert bien rock. Une vrai bonne surprise. La guitare est agressive à souhait. La batterie martèle le public et la basse ronfle de bonheur. La deuxième partie sera beaucoup plus classique pour mieux redécoller avec Lilla Huset, morceau post rock versant pop, de toute beauté. Le final avec Rhésus et MacZde Carpate sera un grand moment d’originalité et de plaisir.
Il faut maintenant espérer que le martelage radiophonique de Partons vite permettra à Kaolin d’être enfin reconnu à l’échelon national.
C’est la fête…
C’est un air de carnaval qui a envahi la coopé en ce jeudi 30 novembre. La cause en est toute simple : Marcel Et Son Orchestre. Remarquez que les gars du nord, ne font pas dans la dentelle. Textes simples, mais très bien ciblés pour certains, déconnade en tout genre, bastringue à tout va… Le décor est planté. Et que dire de toute cette jeunesse ivre, dans tout les sens du terme, devant ses saltimbanques préférés. Chapeau bas.
La meilleure position…
Alors eux, ils valent des points. Originalité, fraicheur, humour, talent. La Position Du Tireur Couché c’est tout cela. Une heure de plaisir à réécouter les titres d’Acapulco, à en découvrir de nouveaux et à sourire béatement en chantonnant «…je suis le James Bond du quartier… » Vivement la suite.
Petit mais tellement grand…
C’est avec les King Size que cette soirée va débuter. Habitués des Quatre vents depuis de nombreuses années, les gars d’Amiens vont nous délivrer, malgré un départ poussif, un set bien pub rock.
Petit clin d’œil à Jean-Luc pour son intervention énergique en fin de set. T’es toujours aussi vilain quand tu brailles… Mais c’est comme cela qu’on t’aime.
Trente ans que ça dure. Oui, depuis trente ans Little Bob chante, hurle à la vie du rock’n’roll. Et même si l’homme est marqué physiquement, il dégage toute cette fraîcheur dont beaucoup devraient s’inspirer. Entouré de musiciens de qualité, Little Bob va nous gratifier d’un set tout à sa personne. Chaleureux, sincère et tellement bon.
Rock… Sanseverino… Pas rock…
Vous ne connaissez pas Thomas Vandenberghe ?
Dernier artiste F.A.R.* en date, ça nous change de Nosfell, cet ancien rock critique, roi du air guitare, tourne le rock en dérision avec beaucoup d’à propos. Un show à ne pas rater.
Une salle comble, une ambiance bon enfant et un Sanseverino plein d’entrain. Voilà la recette pour passer une agréable soirée teintée de swing. Seul bémol, une voix mixée trop bas.
*Favori A ne pas Rater
Garage club n°9…
Dernière date de l’année, ce Garage Club ne restera pas dans les annales. Public clairsemé, groupes en dessous de nos espérances. Une soirée décevante donc. Seul Le Cercle sortira quelque peu du lot. Quant à Amen Birdmen… Aïe, aïe, aïe.
Une fois de plus, DJ Pant Oofle sera le meilleur.
Heureusement pour nous et grâce à Arnaud, la fin de soirée sera très agréable. Réagir à cette critique
Une édition variée et réussie pour le festival Sémaphore en Chanson, à Cébazat… De Christophe Adam à Dominique A, en passant par de nombreux autres artistes, la semaine dédiée à la chanson française de tous bords a permis de faire un tour d’horizon plutôt réjouissant, sept jours durant.
Christophe Adam : morceaux superbes, arrangements réussis, duos bienvenus, inédits prometteurs…
C’est entouré par une section de cordes (superbement arrangées par Marie-Jeanne Serero) que Christophe Adam a l’opportunité d’ouvrir en grandes pompes le festival 2006, le dimanche 5 novembre. On connaissant déjà l’excellent répertoire du songwriter clermontois en version réduite (une guitare sèche, un micro, une guitare électrique brillamment tenue par Daniel Larbaud et un orgue caressé par Jean-Michel « speed » Plasse), mais la version « orchestre complet plus cordes » apporte un indéniable plus à l’ensemble. La voix joliment sexy, grave et éraillée de M. Adam (demandez aux femmes ce qu'elles en pensent… ), sa guitare sèche, celle de son acolyte électrique et l’orgue ont la chance d’être placés dans un superbe écrin, avec une batterie (celle de Christophe Pie, musicien et producteur de JL Murat), une contrebasse, des violons et un violoncelle… Le set de plus d’une heure et demi proposé au nombreux public réuni à Sémaphore atteint des sommets. Si la batterie et la contrebasse boostent les morceaux dans la première partie du spectacle, par la suite, l’arrivée des cordes fait littéralement décoller nombre de titres vers des cimes inespérées. La réalisation du rêve de tout musicien (voir son répertoire magnifié par des cordes) semble inspirer Christophe Adam, qui n’a sans doute jamais aussi bien chanté ses chansons folk/rhythm and blues… La mélodie interdite, La recette de l’amour fou, L’inconsistance... les compositions marquées du sceau de la classe se succèdent, avant de laisser la place à un nouveau morceau aussi émouvant que captivant, Les roses grises… Décidément, ce Monsieur sait écrire des chansons qui marquent les esprits ! Il apprécie également de mélanger sa voix avec celles de charmantes personnes du sexe féminin : Morgane du groupe Cocoon pour le très ironique Vivre tue et Gaëlle de La Position du Tireur Couché pour l'acidulé Je déteste ça. Des morceaux superbes, des arrangements réussis, des duos bienvenus, des inédits prometteurs, vous l’aurez compris le public est reparti conquis…
Le vendredi suivant, Arman Méliès déçoit, comme lors de sa première partie de Dominique A à la Coopérative de Mai en 2005. Car si le songwriter français sait composer et chanter de jolis morceaux sur disque, il se fourvoie sur scène dans une série de démonstrations techniques superflues avec son autosampler, sa guitare et ses micros. Après avoir enregistré toutes les parties assez longuement, chaque morceau est interprété puis étiré à l’infini avec des vocalises interminables. Ce traitement aboutit à uniformiser tout le répertoire et à lasser… Et l’on se dit qu’une chanson interprétée sobrement à la guitare et sans aucun artifice serait la bienvenue…
Emily Loizeau : un concert brillant.
Juste après et malgré un public assez difficile à faire réagir, Emily Loizeau a montré tout l’étendue de ses multiples talents. Entourée par un groupe réduit mais parfait pour ses morceaux, la belle Emily évolue en toute liberté au piano et au micro. Ses textes futés, drôles et/ou émouvants sont chantés d’une voix méritant tous les louanges. Délicatement voilées et superbement modulées, les cordes vocales de Mademoiselle Loizeau font vibrer le public, ses pitreries et autres harangues drolatiques se chargeant de faire sortir l’auditoire de son mutisme. Pour en arriver finalement à faire un triomphe à l’auteur de l’album L’autre bout du monde. Les rappels seront l’occasion de voir la chanteuse à l’œuvre sans micro, prouvant ainsi, s’il était besoin, l’authenticité et la puissance de sa voix. « Brillant » est le mot qui vient immédiatement à l’esprit à la vue d’un concert d’Emily Loizeau…
Polar : très inégal.
Bruyant, c’est le premier qualificatif qu’on trouve approprié au set de Polar, le dimanche soir… La guitare électrique surmixée et la batterie recouvrent la voix et la guitare sèche du chanteur suisse d’origine irlandaise. Il faudra que nombre de personnes quittent la salle et que quelques uns expriment leur mécontentement quant au volume sonore pour que Polar se décide à baisser (un peu) le volume et à venir chanter un titre, débranché au milieu du public. Dès le début du concert, les bruits de tôle à chaque coup sur la batterie auraient dû mettre la puce à l’oreille à l’ingénieur du son… mais, en fait, non. Pour ne rien arranger, le changement de direction de Polar (chant en français et beaucoup plus forcé qu'auparavant) n’est pas du goût de tout le monde dans les rangs du public. Car, si certains morceaux fonctionnent, la plupart sonnent comme si l’on avait plaqué une grosse guitare et un chant trop emphatique sur un titre folk. Le concert est donc décousu et très inégal, avec de belles réussites - comme sur le disque Jour blanc et des détours dispensables, on pense en particulier à certains titres où le refrain est interprété à l’infini, laissant l'impression d’un manque d’inspiration flagrant.
Dominique A : un très grand moment.
Le manque d’inspiration ne semble pas affecter Dominique A, toujours aussi pertinent sur son dernier album en date, l’inépuisable L’horizon… Malgré quelques difficultés à réveiller le public du dimanche soir, M. Ané a sans doute donné l’un de ses meilleurs concerts à Sémaphore. Chant habité, musiciens parfaits (batterie, cuivres, guitares, claviers), éclairages sublimes, set list quasi idéale, il faudrait vraiment chercher longtemps pour trouver un défaut à ce concert saisissant de bout en bout… Comme Camille lors d’un concert proche du parfait le dernier jour du festival 2005, Dominique A a parfaitement tenu son rôle de tête d’affiche de la semaine. L’univers si particulier du Nantais est plus que jamais marquant sur les planches… et c’est un euphémisme. Comment pourrait-il en être autrement avec un répertoire abritant des perles à l’état brut comme La mémoire neuve, Rouvrir, L’horizon, Pour la peau, Le Commerce de l’eau, Dans un camion ou encore Le Courage des oiseaux ? Chaque titre subit un traitement de faveur à base d’arrangements aventureux et surprenants, si bien que l’auditeur/spectateur se retrouve dans une situation idéale : une sorte de tête à tête rêvé avec un artiste doué et au meilleur de sa forme… A force de tutoyer la perfection, Dominique A réussit à rendre folle l’assistance qui le réclame à corps et à cris pour des rappels, qui s’avéreront être de très grande classe. Un très grand moment que ce concert donc… Souhaitons à l’édition 2007 de Sémaphore en Chanson de pouvoir en proposer d’un tel niveau.
A lire bientôt sur le site, une interview de Dominique A réalisée le jour du concert pour Radio Campus Clermont (93.3 FM ou www.clermont.radiocampus.org)... L'entretien sera diffusé la semaine du 27 novembre au 3 décembre 2006 sur les ondes.
Bon cru, pour le millésime 2006 des auditions de la région Auvergne pour les Découvertes du Printemps de Bourges : cinq groupes sachant se produire sur scène, avec un univers bien à eux et des compositions percutantes, pour la plupart. Malheureusement, le public - qui s’était déplacé en nombre - était étranger au concept de respect des artistes… Petit rappel pour les distraits : quand on n’aime pas un concert intimiste nécessitant une écoute attentive, on va au bar, au lieu de hurler des inepties ou de raconter sa vie en parlant fort...
Shaolin :
Le trio Shaolin (deux MC, plus un DJ, le fameux Doctor Vince) n’a pas eu à pâtir du comportement déplacé du public, pour la bonne et simple raison que celui qui était présent à 20 h 30 était constitué de fans du hip hop asiatique ourdi par les trois protagonistes du groupe. Même si le style musical qu’ils ont adopté n’est pas forcément notre tasse de thé, il faut avouer que les deux très jeunes MC font bien ce qu’ils ont à faire (chanter, bouger, faire réagir positivement les gens), en bénéficiant des bonnes bandes son et des scratches percutants envoyés par Dr Vince. Si les clichés dans les textes et les attitudes déjà vues ne sont pas toujours évités, l’essentiel réside dans le fait que ce soit réalisé de manière sincère. Le passage final avec Doctor Vince au chant, au nunchaku (attention à ne pas se blesser, hein !) et à la danse de l’ours était fort drôle ; mais on doute que ce soit le but recherché…
Adam’s Family Five :
Changement radical d’ambiance juste après avec les quatre membres d’Adam’s Family Five, un groupe qui nous avait fait très bonne impression sur scène, il y a déjà 5 ans. La boîte à rythmes a été remplacée par un excellent batteur, mais le style reste le même : un garage punk ‘n blues viscéral, extrêmement convaincant il faut bien le dire. Le chanteur guitariste est assis - ce qui pourrait nuire à l’impact de sa musique -, mais sa voix gravement rock et son jeu de guitare stoogien assurent la réussite des compositions de son groupe, au même titre que l’apport d’un excellent guitariste organiste (Farfisa, s’il vous plaît) et d’un bassiste inquiétant. Dans ces conditions, comment ne pas remarquer que les morceaux d’Adam’s Family Five sont bien écrits et dégagent des atmosphères inquiétantes, énervées ou superbement lancinantes ? Tout cela est si bien ficelé qu'on pense aux excellents 22 Pistepirkko... Ce groupe possède toutes les qualités pour réussir. S’il le veut, bien sûr.
Christophe Adam :
Auteur d’un très bon album sorti il y a trois ans, de concerts parfaits en compagnie de Shivaree, La Position du Tireur Couché, Françoiz Breut et Marianne Faithull, Christophe Adam n’est plus un jeune artiste, il a en effet dépassé la quarantaine. Cela lui enlève-t-il ses mérites de chanteur, de musicien et de songwriter (qui sont grands) ? Non. Cela justifie-t-il qu’il joue dans une grande salle garnie de jeunes consommateurs de musique formatée s'en foutant royalement et le chahutant ? Assurément, non ! Rien n’y fera : ni les commentaires acides de Christophe Adam, ni les tentatives désespérées de ceux qui veulent écouter les morceaux ne changeront quoi que ce soit à l’affaire... Pourtant, les chansons sont excellentes, l’univers du monsieur est intéressant et original, ses musiciens (Jean-Michel Plasse à l’orgue Hammond sobrement classe et Daniel Larbo, un guitariste qui utilise sa superbe Gretsch à la perfection) apportent un plus indéniable. Mais de tout cela les gens qui vocifèrent, se racontent leur vie, voire discutent accoudés à la crash barrière en présentant leur dos à l’artiste, n’en ont que faire… Les CONS !
Eleasy :
Forcément, on est encore très énervé quand les trois jeunes femmes d’Eleasy débutent leur set… Mais c’est exactement ce qu’il nous faut pour repartir sur de bonnes bases : une musique sans fioritures lorgnant vers le punk (entre Elastica et Breeders, avec quelques passages bruitistes à la Sonic Youth) où l’on remarque des guitares distordues qui sonnent, une section rythmique qui claque et un chant à la Throwing Muses (Kristin Hersh), voire à la Sleater-Kinney. Si le propos d’Eleasy n’est pas de révolutionner la musique pop/rock, l’énergie rafraîchissante qui se dégage de ce jeune trio fait plaisir à voir… et à entendre. Il y a néanmoins des progrès à faire sur le chant, la présence scénique et la puissance de feu, mais l’on peut dire sans trop s’avancer que les trois musiciennes sont sur la bonne voie.
The Elderberries :
Sur la bonne voie, les Elderberries le sont depuis le début eux aussi, ils sont même en train de prendre à fond l’autoroute de l’enfer du succès, leur première partie façon Blitzkrieg des Datsuns le prouve… Sans surprise, c’est donc dans une grande salle de la Coopé pleine et chauffée à blanc que les Elderberries se sont produits en fin de soirée ; et ils n’ont rien fait pour refroidir les ardeurs du public avec leur punk hard rock virulent. Au contraire ! Comme les Datsuns, ces cinq jeunes rockers français, anglais et canadiens font se rencontrer dans leurs partitions incandescentes Led Zeppelin, AC/DC et les Stooges, et le résultat est hyper percutant en concert. Certes, il y a quelques incartades trop franchement hard rock à notre goût (voire hard rock FM pour un seul et unique titre) mais la majorité des compositions hystériques des Elderberries donnent envie de pogoter méchamment en poussant des cris de bête sauvage. Ce qui est plutôt bon signe, vous en conviendrez aisément, j’espère…
Verdict en février, après visionnage des vidéos par un jury parisien composé de professionnels de la profession, pour savoir qui ira jouer au Printemps de Bourges, en avril 2006. Il va falloir être patient, et ça va être dur pour les cinq présélectionnés auvergnats. C'est tout à fait compréhensible, on a également déjà envie d’y être à ce fameux Printemps de Bourges 2006 (et sans passer par la case "hiver", si possible), le PDB 2005 nous laissant un très souvenir...
Shivaree + Christophe Adam - 9 juin 2005 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Très prometteuse sur le papier, la soirée organisée à la Coopérative de Mai avec Christophe Adam en première partie de Shivaree n'a pas déçu, bien au contraire... Les deux artistes sont, en .../...
Très prometteuse sur le papier, la soirée organisée à la Coopérative de Mai avec Christophe Adam en première partie de Shivaree n’a pas déçu, bien au contraire… Les deux artistes sont, en plus, sur la même longueur d’ondes puisque la belle Ambrosia Parsley a craqué sur les chansons admirables du Clermontois, au point de l’emmener en tournée pour quelques dates en France.
Christophe Adam: des moments à part, entre chanson, pop, folk, rhythm and blues et rock.
Et on comprend la chanteuse de Shivaree, quand on assiste à la prestation - superbe en tous points - délivrée par l’auteur de l’inépuisable album La grande muette en 2002. Même si ce n’est pas une surprise - l’homme a déjà montré l’étendue de ses talents au même endroit avant La Position du Tireur Couché, Marianne Faithfull et plus récemment Françoiz Breut -, on se rend très rapidement compte que les concerts de Christophe Adam sont des moments à part, entre chanson, pop, folk, rhythm and blues et rock. Avec des textes très bien écrits, des musiques accrocheuses (fortement imprégnées par les hits I’ve been loving you too long et Sitting on the dock of the bay de ce génie qu’était Otis Redding), une belle voix rocailleuse et un guitariste du calibre de Daniel Larbo comme accompagnateur inspiré, le discret songwriter semble paré pour connaître une reconnaissance méritée.
Shivaree : tous les atouts sont dans son jeu.
Aucun problème de reconnaissance par contre pour Shivaree, depuis l’utilisation de l’intemporel hit Goodbye moon par Quentin Tarentino dans la bande originale de son fameux Kill Bill. Rendons hommage au bon goût du réalisateur : ce titre du premier album a permis à la carrière du groupe américain de se poursuivre après des démêlés avec sa précédente maison de disques. En assistant au charmant concert de Shivaree (dans une nouvelle configuration, sans les membres historiques du groupe Duke McVinnie et Danny McGough, mais avec des remplaçants de très haut niveau), on se dit qu’il aurait été vraiment dommage que la carrière de ces musiciens touchés par la grâce s’arrête si tôt. Fort heureusement, un nouvel album est paru en 2005, l’impeccable Who’s got trouble, parfait « prétexte » pour revoir Ambrosia Parsley fouler la scène du club de la Coopé, cinq ans après un concert troublant.
Et force est de constater qu’elle est toujours aussi craquante physiquement et vocalement, sans oublier d’avoir très bon goût : elle arbore un t-shirt I am a bird now d’Antony and the Johnsons. Et oui, on l’avait déjà remarqué lors de son premier passage, cette femme a tous les atouts dans son jeu. Elle est très agréable à regarder (je me répète, je sais… ), elle chante d’une voix enfantine absolument irrésistible, elle sait s’entourer de bons musiciens, elle est drôle (par exemple, quand elle fait monter un spectateur pour traduire l’histoire de la vie de sa grand-mère, pas exactement commode... ), elle semble ravie d’être sur scène et pour couronner le tout, elle est intelligente et lucide sur son pays (elle fustige avec humour Bush Junior dans I Close my eyes et déclare qu’elle a déjà rêvé de le torturer)… Avouez que cela tranche agréablement avec les propos patriotes et républicains de cet âne de Bruce Willis, malheureusement représentatif d’une partie du peuple américain (quelle tristesse) ! Le voyage dans l’Amérique de Shivaree est, lui, totalement réjouissant : les morceaux sonnent comme de véritables classiques avec guitares Western sursaturées, ambiances country/folk envoûtantes, passages soul pop touchants et accordéon cajun donnant une couleur très Nouvelle Orléans… Impossible de bouder son plaisir devant un tel déferlement de classe à l’état pur.
Marianne Faithfull + Christophe Adam - 10 octobre 2002 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand Nullement impressionné par le fait d'assurer la première partie d'une légende du rock, Marianne Faithfull en l'occurrence, Christophe Adam arrive en costard avec ses deux étuis à guitare dans les .../...
Nullement impressionné par le fait d’assurer la première partie d’une légende du rock, Marianne Faithfull en l’occurrence, Christophe Adam arrive en costard avec ses deux étuis à guitare dans les mains, comme s’il descendait à l’instant du train… Il scrute le public et, pendant qu’il s’installe tranquillement sur scène, il « inflige » au nombreux public la traditionnelle bande enregistrée permettant de vérifier la qualité de sa chaîne hi-fi.
Comme son disque La grande muette le prouve à chaque écoute, monsieur Adam sait écrire des chansons ! Tour à tour tendres, drôles, acides ou énervées, elles ont toutes un petit plus par rapport au tout venant de la chanson française diffusée sur les ondes. Le public, venu entendre la voix grave de madame Faithfull, a d’ailleurs immédiatement adhéré aux compositions en rigolant et en applaudissant, en faisant comprendre à l’artiste son bonheur d’assister à un moment à part, tout simplement… La recette de l’amour fou, Je déteste, Tout contre, L’inconsistance ou La mauvaise soirée sont immédiatement entrées dans la mémoire du public, conquis par la simplicité et la classe de l’écriture de Christophe Adam. Avec une telle collection de chansons, le songwriter clermontois devrait connaître le succès sous peu.
L’arrivée de Marianne Faithfull et de ses quatre musiciens donne des frissons à une bonne partie du public ; on n’a pas tous les jours l’occasion de passer une soirée avec une artiste comptant autant dans la musique des 40 dernières années. Habillée sobrement en noir et visiblement ravie de reprendre sa tournée promotionnelle pour l’album Kissin time, la dame a captivé le public pendant une heure et demi qui a semblé durer quinze petites minutes, tant ces moments étaient magiques…
Délivrées par un gang d’Ecossais de Glasgow (claviers, basse, guitare) soutenu par un Irlandais de Dublin (batterie), les orchestrations ont rendu grâce aux compositions signées par les plus grands talents actuels et passés. Le son, plutôt années 80 - claviers clinquants rappelant Pulp ou Beck - a évolué vers des univers un peu plus rock pour servir les chansons de manière appropriée… La seule fausse note du concert sera un solo de guitare virtuose et sonnant affreusement : 10 secondes chrono, c’est à dire rien du tout sur la durée du spectacle.
Le répertoire interprété ce soir sera un pur bonheur, et même l’absence d’As tears goes by cosignée avec les Rolling Stones et de Nobody’s fault but my own du génial Beck ne viendra pas ternir l’éclat de cet instant unique. Commencée avec le dernier titre de Kissin time, Something good, cette soirée verra se succéder des titres tous plus mémorables les uns que les autres ! Signés Blur (Kissin time), Billy Corgan (Wherever I go, I’m on fire), Beck (Like being born), Will Oldham (le surprenant et bienvenu A king at night), Dave Stewart (Song for Nico), Pulp (Sliding through life on charm), Tom Waits (Strange weather) ou extraits du magnifique album datant de 1979, Broken english, (The ballad of Lucy Jordan, Why d’ya do it, Broken english, Working class hero de John Lennon) ces morceaux seront magnifiés par la voix et l’interprétation habitée de Marianne Faithfull.
Il faut donc faire un effort vraiment surhumain pour extraire les moments forts de ce magma de qualité... Essayons quand même : Song for Nico, un hommage à l’égérie du Velvet Underground, présenté longuement et avec humour, restera dans les mémoires, I’m on fire, avec des chœurs aériens du pianiste et du guitariste, résonnera dans la tête pour longtemps encore, Sliding trough life on charm donnera l’agréable impression de voir jouer les sautillants Pulp, enfin le final sur Strange weather verra une guitare en slide avec un son époustouflant transporter cette magnifique chanson vers des sommets inégalés.
Si on ajoute des lumières d’une sobriété bouleversante, un son parfait et le sentiment que Marianne Faithfull et ses muisciens sont heureux de jouer ensemble sur scène, on obtient une soirée inoubliable. Seul petit bémol, on aurait volontiers passé une heure de plus en compagnie de Marianne Faithfull…