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Echo and The Bunnymen + I Love You But I've Chosen Darkness + Cocoon + Tazio & Boy (Festival de Sédières 2006)

Grange du château de Sédières   22 juillet 2006

Concert à ne pas manquer

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    Dans un cadre toujours aussi magique, et avec un accueil du public amélioré (plus de place pour se prélasser près du plan d’eau entre les concerts), le festival de Sédières (Corrèze) a encore frappé un grand coup cette année, avec la présence en tête d’affiche des mythiques écossais d’Echo And The Bunnymen. Un groupe qui jouait au festival de Benicassim, en Espagne, deux jours plus tôt, devant 30 000 personnes… Compte rendu de la soirée du samedi 22 juillet, qui a permis d’oublier les prestations peu convaincantes (pour ne pas en dire plus) de Sophie Auster & One Ring Zero et Charlélie Couture, la veille…


    Tazio & Boy :

    Après le concert d’Avida Dolls, un jeune groupe pratiquant une musique peu intéressante entre métal et pop/rock, c’est au tour d’un autre groupe quasi inconnu de fouler les planches de la grange de Sédières, toujours aussi accueillante (malgré la chaleur suffocante). En moins de temps qu’il n’en avait fallu au groupe précédent pour nous faire sortir de la salle, Tazio & Boy captent notre attention. Les trois musiciens (chant/guitare électrique, voix/claviers et batterie) délivrent en effet une pop aussi envoûtante que torturée. Entre folk aride, pop neurasthénique et rock virulent, l’univers de Tazio & Boy évoque un mélange entre le chant de Chan Marshall de Cat Power et les ambiances désertiques, sans oublier les voix impressionnantes, de Will Oldham et Bill Callahan de Smog. Tout cela se révèle extrêmement envoûtant, grâce à une sobriété remarquable, des morceaux écrits avec un soin minutieux et des atmosphères joliment troubles… A découvrir !


    Cocoon :

    Peu de temps après, Cocoon a une fois de plus montré l’étendue de son talent pour obtenir en un rien de temps l’approbation d’une salle entière avec ses morceaux. Et ce malgré un trac visible (c’est la première fois que le duo clermontois joue dans un festival). Certains trouvent la musique de Cocoon « consensuelle », soit. Mais on objectera qu’il s’agit de chansons pop/folk directe et immédiates écrites avec une candeur plutôt normale pour l’âge des musiciens (21 et 19 ans). Et si les influences se sentent : Elliott Smith, Sufjan Stevens (le public a même droit à une reprise réussie de son titre To be alone with you) et Nick Drake, la touche personnelle est bel et bien présente. Pour couronner le tout, l’alternance (voulue) de mélancolie poignante et de légèreté rafraîchissante permet d’éviter de plomber l’ambiance, tout en permettant de passer un moment délicieux, bercé par ce duo de voix superbes, elles-mêmes portées par des morceaux et des arrangements marquants. On attend impatiemment l’album !


    I Love You But I’ve Chosen Darkness :

    Forts d’un excellent album et d’un nom de groupe intriguant, les peu charismatiques (on ne peut pas tout avoir… ) Texans d’I Love You But I’ve Chosen Darkness ont fait très forte impression avec leur set aventureux, chaotique et passionnant donné à Sédières. La recette musicale du groupe consiste à mélanger avec virtuosité et talent le post rock ombrageux (Mogwai), la new wave eighties (Joy Division, The Cure) et la pop/folk. La majorité des morceaux saisissent irrémédiablement l’auditeur, à la fois déboussolé, enthousiasmé et profondément marqué par l’intensité du cocktail proposé. Le contact simple et discret du groupe prouve que les musiciens sont là uniquement pour présenter sa musique, sans prendre des poses de rock stars, ce qui est réconfortant. Un peu timide également, la voix sombre du leader du groupe a néanmoins des vertus atmosphériques indéniables. Le concert se termine par une jolie et prolongée salve d’applaudissements ; la cathédrale sonore bâtie par I Love You But I’ve Chosen Darkness donne réellement envie de devenir un fidèle du groupe.


    Echo and The Bunnymen :

    Si l’on reste dans les ambiances orageuses du post punk des années 80 avec Echo and The Bunnymen, l’attitude du combo écossais est radicalement différente de celle des Américains : après une attente interminable, quand son groupe daigne enfin se pointer sur scène, Ian McCulloch donne l’impression de cachetonner, en étant un peu énervé par le manque de public (il devait s’attendre à un immense festival rassemblant des milliers de fans sur une pelouse). C’est l’ingénieur du son chargé des retours qui paye les pots cassés : Ian McCulloch, vieux beau à lunettes de soleil, lui adresse une remarque désobligeante entre chaque morceau... Quel tête à claques ! Cela étant dit, dès le début du show, il chante tout simplement divinement, en fumant négligemment clope sur clope ; sa voix marque durablement et porte les morceaux avec une force incroyable. Comme les guitares truffées d’effets superbes de Will Sergeant sont, quant à elles, toujours aussi pertinentes, il est difficile de ne pas se laisser emporter par Echo And The Bunnymen. La set list est de surcroît bien choisie : elle est composée d’un habile mélange des meilleurs morceaux des derniers albums, des titres imparables du groupe (Going up, Killing moon, Ocean rain, All that jazz, Do it clean, Lips like sugar, Villiers terrace, Seven seas etc), le tout entrecoupé de reprises (en forme de clins d’oeil appuyés) des Doors de Jim Morrisson - auquel Mc Culloch fait penser souvent quand il chante - et de Lou Reed, une autre influence facile à distinguer. A part quelques sons de claviers trop pompiers et l’attitude tout juste aimable du leader/chanteur et du guitariste, on a passé un excellent moment en compagnie d’Echo and The Bunnymen. Merci au festival de Sédières d’avoir, une fois de plus, permis cela…


    Sites Internet : www.sedieres.fr, www.chosendarkness.com, www.myspace.com/chosendarkness, www.bunnymen.com, www.myspace.com/thebunnymen, www.myspace.com/listentococoon, www.myspace.com/tazioandboy, http://mylittlecab.skynetblogs.be/.


    Signature : pierre andrieu
    le 28/07/2006
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