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Lundi 20 mai 2013 : 9957 concerts, 21931 critiques de concert, 4852 critiques de CD.

Daniel Darc, vos critiques de disques


pour Daniel Darc en concert

Daniel Darc Chansons - VariétésPop - Rock


L'ancien Taxi Girl Daniel Darc est devenu le dernier des grands poètes maudits - sous le cuir, les tatouages et la voix cassée, se cache un survivant, qui défie quotidiennement la Camarde à coups de chansons rock torturées, intimistes et viscérales. Nouvel album, La taille de mon âme (lire la chronique du disque ici ), en novembre 2011 et concerts fin 2011 puis en 2012... A lire, une interview de Daniel Darc datant de 2004... www.facebook.com/danieldarcofficiel
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Artiste : Daniel Darc  Titre : La Taille De Mon âme
Style : Pop - Rock
Daniel Darc - La Taille De Mon âmeDarc plus profond, plus sensible, plus humain, plus sincère que jamais.
« La taille de mon âme » sorti le 8 Novembre dernier est le nouvel album pour Daniel Darc. Plus de trente ans de carrière pour cet artiste somme toute encore trop peu connu du public, et pourtant l’un des tous meilleurs artistes français après Gainsbourg et Bashung.
Peu d’albums, pour une si longue carrière, mais combien de titres inoubliables, inusables : « Mannequin », « Cherchez le garçon », « Musée Tong » (remarquable album Sappuku !), « Pars sans te retourner », « Toutes les filles sont parties », « Je me souviens je me rappelle »...
Avec et sans Taxi Girl, impossible de ne pas voir en Daniel Darc, une plume, des mots qui claquent, un poésie immense, des arrangements typés, un son à part sur la scène Pop-Rock. Je ne le cache pas j’ai un faible pour l’œuvre de Daniel Darc.
Personnage tourmenté, désespéré, sensible, fragile, timide, généreux, Daniel, alterne depuis ses débuts, périodes sombres et moins sombres et nous a habitués à longs temps morts sans publications. Puis il y eut 2005, la rencontre de Daniel Darc - Frédéric Lo. Un album, un album sublime « Crève Cœur », album de la consécration, des victoires de la musique, album révélation de l’année. Il y eu aussi un second album avec Frédéric Lo « Amours Suprêmes », un album moins médiatisé, et pourtant, un épisode somptueux, l’album parfait, dense complexe. Un disque dans lequel rien n’est à jeter, à écouter, à réécouter au fil des ans et une mention toute particulière pour l’envoutant « La seule fille sur terre », sa grand-mère, les camps de concentration « Elle a tatoué sur le bras un poignard, une croix ». On aime, on n’aime pas, mais il faut l’avouer, à chaque nouvel album, la qualité des productions de Darc est toujours positionnée largement au dessus des productions du moment.
Novembre 2011, pour son nouvel album, Frédéric Lo n’est plus de la partie, remplacé par Laurent Marimbert (Christophe, Philippe Katerine, Emmanuelle Seigner et d’autres). Certains titres de ce nouvel album avaient été dévoilés au public parisien lors du concert du Palace en février dernier (concert à ranger côté Darc sombre).
Histoires de vie, d’amour, du temps qui passe, des amis disparus, racontées, parlées chantées avec une touchante sincérité « La taille de mon âme » rencontre un succès critique quasi-unanime. L’album est principalement remarquable et comporte aussi quelques faiblesses.
S’il ne fait aucun doute que les paroles de cet album sont plus poétiques, plus humaines, plus sensibles, plus somptueuses que jamais, très proches du meilleur de Gainsbourg ; d’un point de vue purement musical, certains titres (peu heureusement) se montrent un ton légèrement en dessous de ce à quoi nous a habitué Daniel Darc ces dernières années.
L’album commence d’ailleurs assez mal avec « Ira », titre insipide, tiède, ennuyeux. Il ne faut surtout pas arrêter l’écoute à cet instant car dès le second titre le contraste est saisissant « C’est moi le printemps » 1er single de l’album, ritournelle simple et magique. Piano, claviers somptueusement « Darckiens ». France Inter adore, bien sûr.
L’émotion qui nous avait jusque là envahis n’est rien par rapport à celle que produit le titre suivant, “La taille de mon âme”, valse sur fond d’extraits sonores issus du film “Les enfants du paradis”, véritable splendeur, “Si tu savais mes cris rien, si tu savais mes jours rien, si tu savais mes nuits rien, si tu savais mes rêves rien, si tu savais mes joies rien, et si seulement tu savais la taille de mon âme…”. On en a le souffle coupé. On chancelle.
L’écoute continue, Darc est maintenant magistral. Avec “C'était mieux avant”, nous sommes revenus au temps de Taxi Girl époque “Seppuku”, mais ici, les textes sont encore plus aboutis que par le passé (début des années 80), “Crade est Darc, Elvis versa un poison qui le réanima, et depuis comme Marvel, comme un mutant crade est Darc, de temps en temps Darc est crade à chaque instant… C’était bien mieux avant - elle dit ça lentement – moi je sais que le temps – n’attends personne pourtant – c’est vrai de temps en temps – je me dis si seulement…”
La suite de l’album est parfois un ton en dessous mais reste toujours d’un très bon niveau.
Quelques jolis titres, bien écrits, mais musicalement fades, menant parfois même à l’ennui. “Ana” qui résonne comme en echo au “Manon” de Gainsbourg. “Seul sous la lune”, paroles magnifiques, mais choix musical discutable (pourquoi ne pas avoir retenu l’option claviers/synthés à la Darc et tempo nerveux qui aurait transcendé ce titre dont le potentiel est évident dès la première écoute). “Vers l’infini” joli titre rendu ennuyeux par un traitement “lounge bar”, on s’endort avec l’impression d’écouter une soupe tiède concoctée par l’inégal Benjamin Biolay pour Henry Salvador. “Les filles aiment les tatouages”, on attend que le titre s’envole, le titre se termine, rien ne se passe.
Et pour le reste : “Les vœux de bonne année”, Gainsbourg, encore, toujours, tant mieux. Cette fois-ci, c’est du Gainsbourg époque “L’homme à la tête de chou”. Un hommage très certainement, car on le titre prodigue une impression de déjà entendu. “My Baby Left Me” toujours aussi incroyablement Gainsbougrien, quasi-parodique, époque BB initials. “Quelqu'un qui n'a pas besoin de moi” magnifique – Gainsbgourien toujours (mais un peu faible musicalement).
L’album se termine sur un majestueux “Sois sanctifié”. L’émotion est de retour !
Bilan global, bravo Daniel, ton talent est immense, « La taille de mon âme » est un grand album, à écouter en boucle à condition zapper 3 ou 4 titres.
Dommage, pour ces quelques titres, ils donnent le sentiment qu’avec cet album, Daniel Darc est passé tout près de ce que l’on aurait pu considerer comme un album majeur dans le paysage de la chanson et du rock français. On a envie de dire, “mais bon sang pourquoi Frédéric Lo n’a-t’il pas collaboré à cet album ?” Mais au fond celà ne nous regarde pas.
Reste que cet album est a ne rater sous aucun prétexte, à écouter, écouter encore et encore. Daniel, continue à nous offrir des albums comme celui-ci !

Signature : philippe voss
Fleche concert Envoyer un message à philippe voss
Artiste : Daniel Darc  Titre : La Taille De Mon Âme.
Style : Pop - Rock
Daniel Darc - La Taille De Mon Âme. Tous les trois ans, au 21ième siècle, il se produit un événement musical exceptionnel (à l'échelle de la chanson française en tout cas) : Daniel Darc sort un nouvel album. Sur celui-ci, il apparaît sous une image pratiquement sous-titrée "Le Clochard Céleste" : on le dirait tout juste tombé à genoux dans son église, de retour après un grand voyage épuisant. Et pourtant, il a sur cet opus davantage le moral, et un peu moins de pulsions morbides, que sur le magistral et sombre Amours Suprêmes.
Bon, il s'acquitte bien vite du passage obligé du single (C'est moi le printemps, joyeuse et bien torchée, France Inter va aimer !), pour passer aux choses sérieuses : rendez-vous avec des dialogues des Enfants du Paradis (Arletty, Barrault and co), et une valse, une putain de valse comme vous n'en avez pas entendu depuis des années, de celles qui vous tordent les boyaux : La Taille de mon Âme semble chantée, tombé à terre, sous le porche d'une ancienne amoureuse qui n'a pas ouvert sa porte, effrayée par l'allure du voyageur de retour, et c'est une splendeur.
Car ses fans le savent : chacune des chansons de Daniel Darc, écrivain inaccompli mais parolier incroyable, est un poème, une nouvelle, presque un roman... C'était mieux avant est par exemple une histoire de filles et de garçons habillés en filles, qui discutent (et travaillent) sur un trottoir, magnifiquement mise en pop symphonique. Ana fait "tilt" directement : c'est orchestré comme du Christophe, bien sûr, à travers les doigts d'or de son arrangeur Laurent Marimbert (ici à la manoeuvre tout l'album, en remplacement des bons et loyaux services de Frédéric Lo), ça vous remue et ça finit par un solo de violoncelle à vous hérisser le poil.
My baby left me, c'est du Gainsbourg, influence digérée au point d'en devenir une filiation directe : terrible histoire en mode rock, d'une rupture par suicide, zébrée de phrases tranchantes comme un cran d'arrêt : "crever, c'est comme baiser, c'est pas parce qu'on a envie, qu'il faut le faire tout de suite..." et qui se fond dans une scansion du Heartbreak Hotel d'Elvis... Autre hommage, à son bien-aimé Coltrane peut-être, avec le piano et la songerie mélancolique et poignante, à propos d'enfants, d'amis partis et de jours enfuis Vers l'infini.
Et entre ces morceaux de bravoure, fort heureusement, de petites déconnades, des chutes de studio, des haïkus débraillés, des petites prières à ce dieu qui semble bien l'avoir définitivement sauvé - on lui en sait gré - et qu'il appelle des Variations : autant de respirations pour se reprendre, parfois même se marrer. N'empêche qu'on se souviendra longtemps de l'enchaînement de la deuxième (Amen), avec ce morceau d'un romantisme échevelé, aux arpèges enflammées rappelant l'intro mythique de House of the Rising Sun, et accompagnées d'une somptueuse trompette mariachi : Quelqu'un qui n'a pas besoin de moi, peut-être le plus beau texte de cet album qui pourtant, en déborde à plein seaux, et qui se finit a capella sous la pluie...
Et là aussi, pile au moment où ça pourrait tourner à l'apitoiement, vlan ! Une comptine marrante à l'ukulele et au melodica, Les filles aiment les tatouages... Avant de nettement plus glauques Voeux de bonne année, sous influence Gainsbarre à nouveau, et prétextes à une réflexion sur une possible damnation : celle du dernier survivant. Autre enchaînement qui tue, donc, et avec lequel Daniel Darc fait à nouveau preuve d'une admirable vision architecturale de l'album parfait, celui qu'il va bien finir par sortir un jour.
Avant de conclure, car c'est une vraie tradition chez ce chanteur, de plus en plus semblable dans ses intentions et ses convictions avec l'immense Johnny - le Man in Black de Memphis, bien sûr, pas l'idole des jeunes et des bikers de Thionville - avant de conclure, disions-nous, avec un splendide psaume mis en musique, Sois sanctifié, chanté d'une voix pleine de larmes. Nous laissant K.O. debouts, une fois de plus... Monsieur Darc, il paraît désormais évident que vous apparaîtrez au Jugement Dernier, sinon comme votre propre Sauveur, au moins comme celui de la chanson française et peut-être même, qui sait ? De quelques âmes perdues, sauvées in extremis par l'écoute d'un de vos textes...
(2011)
PS : Album confirmant tout son potentiel, peu après sa sortie, sur une petite scène magique !

Vignette PhilippeSignature : Philippe
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Artiste : Daniel Darc  Titre : Amours Suprêmes
Style : Pop - Rock
Daniel Darc - Amours SuprêmesIl est de retour, le grand poète maudit ! Après trois ans de silence, celui qui nous a bouleversé aussi bien en exposant ses tatouages de grand-brûlé émotionnel au soleil, qu'en nous ouvrant son coeur sur un disque inespéré, poignant et lumineux tout à la fois. C'est donc tout excité qu'on s'est précipité chez notre disquaire favori pour découvrir son visage hiératique sur un somptueux digipack, le même regard hanté qui orne toute la presse branchée de ce mois-ci. L'injection fera-t-elle le même effet que la première fois ?
Dès Les Remords on reconnaît avec émotion le timbre de voix presque parlé, et les orchestrations pop élégantes de Frédéric Lo. Bien sûr il ne sait toujours pas vraiment chanter. Bien sûr J'irai au paradis, single un peu calibré France Inter, n'est pas la plus réussie, classe malgré tout dans sa façon d'égréner des morbidités sur un air joyeux.
Mais bien sûr l'essentiel est ailleurs : L.U.V., superbe duo anglophone avec Alain Bashung à la guitare gainsbourgienne, La Seule Fille sur Terre, hymne à la tendresse d'une prostituée, à laquelle semble répondre la promesse de venir la chercher au bout d'Un an et un jour...
Avec le poème musical La vie est mortelle comme avec la très jolie Serais-je perdu, toujours sur le fil ou au bord de l'auto-destruction, Daniel Darc défie encore crânement le Temps et sa salope de copine la Camarde, avec des paroles simples et sincères. Fasciné par le côté obscur, dans un album finalement plus sombre que le précédent, qui s'achevait sur une sublime déclaration de foi dans l'avenir (Psaume 23), dûe à la certitude de l'existence d'un Au-delà. Croyance qu'il semble avoir perdue depuis malgré le, comme on dit, signe ostentatoire qui orne de façon splendide son poitrail...
Environ presque rien, c'est donc tout l'espoir qu'il reste au miraculé, heureusement toujours porté par l'amour de cette femme à qui il parle tout l'album. Comme on le craignait, la deuxième injection est moins éblouissante, le plaisir est presque intact mais la descente est bien plus amère... Ne prenez pas le risque que la prochaine soit fatale et allez voir sans tarder sur scène cet artiste toujours en sursis, pendant qu'il en est encore temps. La chanson française a désespérément besoin de grands romantiques comme lui, fussent-ils auto-destructeurs, et le lui faire comprendre par notre ferveur est peut-être encore notre meilleure chance de le garder longtemps parmi nous.
(2008)
PS Post 3 concerts, juillet 2008 : L'homme n'a rien perdu de sa superbe en salle... comme en festival breton ou belfortain !

Vignette PhilippeSignature : Philippe
Fleche concert Envoyer un message à Philippe
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Artiste : DANIEL DARC  Titre : CRèVECOEUR
Style : Rock
DANIEL DARC - CRèVECOEURComme Johnny Cash, son idole disparue en 2003, Daniel Darc a connu une carrière avec des hauts et des bas, beaucoup de bas… Mais en 2004, loin d’être inutile et hors d’usage, l’ex chanteur de Taxi Girl effectue un tonitruant retour parmi les vivants, même s’il se souvient des heures sombres. La tonalité générale de Crèvecoeur n’est donc pas franchement gaie mais elle n’est en aucun cas sinistre… En se rappelant quelques histoires d’amour ou d’amitié passées, Daniel Darc réussit à faire réellement ressentir chaque mot qu’il chante avec une voix fragile évoquant souvent Serge Gainsbourg. Si les textes - superbement évocateurs - de Darc contribuent grandement à la réussite de cet album, ils bénéficient de surcroît des musiques de Frédéric Lo ; le musicien signe là de petites merveilles de sobriété qu’on qualifierait volontiers de Lo-Fi si l’on osait. Quelques notes de piano, des arpèges de guitare égrenés nonchalamment, une boite à rythme flinguée, des cordes synthétiques discrètes, des claviers/clavecins antédiluviens, le tout entrecoupé d’un habile recyclage de thèmes classiques ou du riff de You really got me des Kinks… et le tour est joué : les chansons fonctionnent et vont droit au cœur. De La pluie qui tombe à Psaume 23 en passant par Rouge rose, Elégie #2 ou Mes amis (tour à tour), on se laisse envoûter par ces morceaux de vie chantés et mis en musique… et c’est un véritable Crèvecoeur de s’en passer trop longtemps.

Site Internet : www.danieldarc.net.

Février 2004 (Mercury - Universal)

Vignette pierre andrieuSignature : pierre andrieu
Fleche concert Envoyer un message à pierre andrieu
Page Web Conseillée : www.foutraque.com
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