Dee Lorelei,
Playdoh,
Kafka et
Rien avaient été conviés à la première soirée des Volcaniques de Mars 2004 dans le club de la Coopérative de Mai. Comme chaque année lors de ce festival, le public a pu découvrir sur scène des artistes débutants, peu commerciaux voire carrément expérimentaux dans leurs démarches.
Déjà en bonne forme sur la grande scène de la Coopé pour les découvertes du Printemps de Bourges, le jeune groupe clermontois
Dee Lorelei a donné un brillant concert en interprétant les morceaux de son premier album éponyme. Le public - plutôt nombreux - a donc eu tout le loisir de découvrir les multiples facettes du trio… Après une intro inquiétante sur le morceau
Got any Porno (à base de sample de film), la set list a permis de pénétrer le mystérieux univers de
Dee Lorelei. Les troublants
My Love et
My Slave, l’arabisant
My Lover, les bouleversants et épurés
Lone et
Another home, les glaçants
Hide & seek et
Controversial talking ou encore le puissant
U Want me ont impressionné par leur côté aventureux et original…
Dans un style évoquant les grandes heures de
Sonic Youth,
Playdoh a produit un effet saisissant sur son auditoire. Après quelques passages post rock, l’arrivée d’un chanteur dont la voix rappelle
Marc A. Huyghens de
Venus a propulsé la prestation de
Playdoh dans une autre dimension, le chant - grave et inquiétant - arrivant à point nommé pour surfer violemment sur des guitares acérées. Quand une voix féminine vient participer aux débats soniques peu après, on croit un instant à la présence de
Kim Gordon sur scène. Agrémentées par de bonnes projections, la prestation concise et percutante de
Playdoh a séduit…
On ne pourra pas dire la même chose de celle du groupe clermontois
Kafka déjà aperçu sur cette même scène aux côtés de
Chokebore et
Las Vegas Dead Brides. Lors de ces deux concerts, on avait passé son temps à se demander comment la musique de ce jeune trio pouvait faire autant d’effet sur une grande partie du public… Morceaux interminables évoquant des jams sessions entre musiciens virtuoses dans les années 70, solos de guitare interminables et démonstratifs, batterie reproduisant les tics de
Nick Mason sur les albums de
Pink Floyd, basse pseudo jazz exaspérante, n’en jetez plus ! Tout ceci provoque un profond ennui. Parfois, quand la virtuosité gratuite s’estompe,
Kafka réussit à envoyer des décharges sonores puisasntes puis à créer des montées psychédéliques assez fascinantes... mais immédiatement ruinées par ce qui suit, toujours aussi stérile. Pourtant, une assez forte proportion de l’assistance semble captivée par la musique du jeune trio et réclame un… rappel ! Encore un grand moment de solitude où l’on se surprend même à souhaiter une panne de courant pour abréger nos souffrances.
Forcément, c’est avec des capacités un peu entamées qu’on découvre sur scène le groupe
Rien dont le disque n’avait pas bouleversé à la première écoute… avant de révéler au fil du temps de captivantes qualités. L’enchaînement de deux groupes comme
Kafka et
Rien était sans doute une manière de tester la patience du public…
Immédiatement, ce
Requiem pour des baroqueux plonge dans la perplexité ; on nous ressert le coup du groupe post rock avec guitariste assis devant son multi effets infligeant des « expérimentations » entendues mille fois. Au moment où l’on se dit que ces gens tirent des gueules aussi sinistres que leur musique, deux joyeux lurons viennent interpréter un sketch anti consumériste avec en fond les effigies en carton de
Prince et
Pepito, les "amis" des enfants à l’heure du goûter. Assez drôles et plutôt bien tournées, ces diatribes anti "grand capital" requinquent un peu. Un peu plus tard, le temps du passage sur les planches d’un chanteur récitant une litanie bizarroïde avec une voix saisissante, un morceau fait resurgir le fantôme du groupe
Diabologum. Rien de franchement original là encore, mais sur ce titre les musiciens trublions semblent jouer pour le public au lieu de regarder leurs nombrils comme s’ils étaient dans leur local de répétition. Par la suite, le groupe continue à vider inexorablement la salle même si on apprécie de plus en plus son travail sur le son, finalement plutôt pertinent. Rapidement, les musiciens regagnent leurs loges avec, semble-t-il, un goût amer au fond de la bouche. Il faudra revoir
Rien dans d’autres conditions…
Sites Internet :
www.deelorelei.com,
www.undimanche.fr.st.
A lire également sur ConcertAndCo.com : une
interview de
Dee Lorelei.